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29/11/2014

C’est la pensée magique qui est de retour, avec l’ère hyperfestive

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« Quand il ne fait pas de ski à travers Paris, Homo Festivus va se promener en moyenne montagne avec ses raquettes ; et déclenche une coulée de neige qui, dans un bruit de cauchemar, dégringole pour l’engloutir. Ou bien il participe, dans un petit port de pêche quelconque, à une Fête de la mer qui se termine en naufrage. Lorsque ce n’est pas son camping qui se retrouve noyé sous un torrent de boue. 

Toutes ces horreurs n’ont rien de drôle. Mais ce qui est singulier, c’est l’air de stupéfaction infinie, c’est l’expression de douloureuse surprise d’Homo festivus chaque fois que la Nature lui joue un de ses tours. La montagne serait méchante ? L’océan dangereux ? Les rivières peuvent grossir jusqu’à devenir des fleuves mortels ? Même la recherche systématique des responsabilités, les mises en examen, la traque des coupables, ne consoleront jamais Homo festivus de ce genre de trahison. Il n’y a qu’à voir, chaque hiver, lors de l’habituelle "vague de froid", qui se débrouille en général pour coïncider avec les vacances de février, tous ces gens bloqués sur les autoroutes, naufragés, coincés dans les trains arrêtés, et stigmatisant la négligence des autorités, pour comprendre qu’en fait, derrière toutes ces accusations, c’est la pensée magique qui est de retour, avec l’ère hyperfestive, même si les termes dans lesquels elle s’exprime ont un peu changé. On ne danse plus pour faire tomber la pluie ou la convaincre de cesser, mais on cherche les responsables s’il y a du verglas ; et on les lyncherait volontiers si on les avait sous la main. 

Depuis que le concret n’existe plus, les décors naturels, devenus terrains de jeux, se sont rapprochés vertigineusement des Idées platoniciennes. On exige d’eux, en plus, la même transparence que des affaires de l’état et de la vie privée des vedettes en vue. Homo festivus croit dur comme fer que la montagne ou l’océan sont synonymes du mot bonheur ; qu’ils n’ont été inventés que pour servir d’écrin à la perfection de son divertissement. Le moindre accident, dans ces conditions, devient un scandale ; et un coup de canif dans le contrat festif. Que la montagne ou la mer rappellent, de temps en temps, leur existence indépendante de la vision hyperfestive est une sorte de crime. Comme tous les enfants, Homo festivus prend son désir pour une réalité qui n’existe plus. Il ne veut pas envisager que la Nature puisse être tortueuse, vicieuse, compliquée. Sa puérile religion est censée l’assurer contre le hasard et les accidents, ces résurgences d’Ancien Régime, ces spectres d’un temps où l’on n’avait pas encore inventé le risque zéro. »

Philippe Muray, Après l’histoire

 

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28/11/2014

Une dévotion servile

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« Selon Kreizler, nous autres Américains, n’avons jamais cessé de courir. Quand personne ne nous regarde, que nous sommes seuls face à nous-mêmes, nous courons, toujours aussi rapides et peureux que naguère, pour fuir les ténèbres que nous savons cachées derrières la porte de tant de foyers apparemment sans histoire, pour fuir les hantises greffées dans la cervelle de nos enfants par ceux-là même que la nature leur dit de croire et d’aimer, nous courons, plus pressés et plus nombreux encore, vers le mirage de ces potions, de ces médications, de ces prêtres, de ces philosophies, qui nous promettent de terrasser nos frayeurs et nos cauchemars et qui nous réclament, en échange, une dévotion servile. »

Caleb Carr, L’aliéniste

 

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Je ne suis personne, personne

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« Je suis les faubourgs d'une ville qui n'existe pas,
le commentaire prolixe d'un livre que nul n'a jamais écrit.
Je ne suis personne, personne.
Je suis le personnage d'un roman qui reste à écrire,
et je flotte, aérien, dispersé sans avoir été,
parmi les rêves d'un être qui n'a pas su m'achever. »

Fernando Pessoa, Le Livre de l'intranquillité

 

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Un scepticisme de masse débilitant

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« Le système fonctionnait parce que les petits criminels et contrevenants plaidaient coupables la majeure partie du temps et ne déposaient pas, par simple routine, des recours en appel devenus une vraie plaie. Le système fonctionnait parce que les séjours à l’ombre d’avant la cassure étaient acceptables. C’étaient des criminels d’avant la psy. Ils acceptaient l’autorité. Ils savaient qu’ils étaient de la fange et de la raclure parce qu’ils le voyaient à la télé et le lisaient dans les journaux. Ils étaient verrouillés, prisonniers d’un jeu truqué. L’autorité gagnait habituellement. Ils prenaient plaisir à des triomphes mesquins et se délectaient des machinations de la partie qui se jouaient. Et la partie qui se jouait se résumait à être au parfum. Etre au parfum et fataliste, c’était cool. Si on parvenait à ne pas aller jusqu’à la chambre à gaz, le pire qu’on pouvait attendre était un séjour au pénitencier. Un séjour à l’ombre d’avant la cassure, c’était acceptable. On pouvait y siffler de la gnôle maison, y baiser les fiottes dans le cul. Le système fonctionnait parce que l’Amérique n’avait pas encore eu à se confronter aux émeutes raciales, assassinats, conneries écologistes, confusion des sexes, prolifération des drogues, maniaques des armes, psychoses religieuses, le tout lié à une implosion des médias et à l’émergence d’un culte de la victime – une traversée de vingt-cinq années de poisse semeuse de discorde, qui avait eu pour résultat un scepticisme de masse débilitant. »

James Ellroy, Ma part d’ombre

 

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Ce n'est qu'au cimetière que les hommes trouvent une égalité absolue

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« La foi surprenante, naïve et inhumaine de tous les socialistes dans la vertu de l'éducation a transformé nos années scolaires en supplice et couvert le pays de camps de concentration. Chez nous, on éduque tout le monde, du plus petit jusqu'au plus grand, et tous doivent s'éduquer mutuellement. D'où les réunions, les meetings, les discussions, l'information politique, la surveillance, les contrôles, les activités organisées, les “samedis communistes” et les “émulations socialistes”. Et, pour les plus difficiles à élever : les travaux physiques les plus pénibles dans les camps, ceux auxquels aspirait le cher Tolstoï. Mais comment construire autrement le socialisme ? Tout cela était très clair pour le gamin de quinze ans que j'étais. Mais, demandez maintenant encore à un socialiste de l'Occident : que faut-il faire, en régime socialiste, des gens qui sont inaptes ? Les éduquer ! répondra-t-il. »

« Ce n'est qu'au cimetière que les hommes trouvent une égalité absolue et, si vous voulez transformer votre pays en un gigantesque cimetière, alors oui, enrôlez-vous chez les socialistes ! »

Vladimir Boukovsky, ... et le vent reprend ses tours – Ma vie de dissident

 

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Tout travail comporte quelque chose qui ne peut se payer et donne une satisfaction qui se suffit à elle même

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« Ce matin en forêt, pour abattre du bois. Je m’y suis pris trop tard dans l’année : les bouleaux saignaient abondamment. Travail fatiguant. Je me suis dit : "Au fond, tu aurais pu envoyer quelqu’un d’autre, en le payant. Pendant ce temps, tu aurais pu gagner chez toi, et confortablement, plusieurs fois ce que tu perdais ainsi."

Réplique : "Oui, mais tu ne te serais pas mis en sueur."

Bien – car dans notre monde, il n’est rien de plus inadmissible que de comparer deux activités en prenant l’argent pour critère. Nous tombons alors au niveau du "times is money", cette devise qui est aux antipodes de la dignité humaine. Au contraire il y a de la vérité dans la réflexion de Théophraste : "Le temps est une dépense précieuse."

Tout travail comporte quelque chose qui ne peut se payer et donne une satisfaction qui se suffit à elle même. C’est sur ce principe que se fonde l’économie véritable du monde, l’équilibre en profondeur du gain et de la dépense, le bénéfice assuré.

S’il en était autrement, le paysan devrait se mettre sous la dépendance du cours de la Bourse, et non de la terre, du soleil et du vent.
L’auteur devrait étudier l’humeur changeante des masses et adapter son œuvre aux lieux communs reçus. Les fleurs disparaîtraient des jardins, et le superflu de la vie. Il n’y aurait plus ni haies, ni bosquets d’agrément, ni ruisseaux serpentants, ni espace vide entre deux champs.

Le travail devient sacré par ce qui, en lui, ne peut être payé. Nés de cette part divine, bonheur et santé se déversent sur les hommes. On pourrait aussi dire que la valeur du travail se mesure à la part d’amour qui s’y dissimule. En ce sens, le travail devient semblable au loisir : au plus haut niveau, l’un et l’autre se confondent. J’ai vu un laboureur derrière ses chevaux ; devant lui, la glèbe se retournait aux rayons du matin et semblait se revêtir d’or. La récolte n’est qu’un revenu tiré de cette opulence. »

Ernst Jünger, La cabane dans la vigne, Journal de guerre, 1939-1948

 

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27/11/2014

Retournement d’un malheur en manifestation de la beauté pure

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« J’admire ce retournement d’un malheur en manifestation de la beauté pure. C’est un trait constant du meilleur de l’âme européenne qui transpose par exemple de grandes défaites en sagas, les Thermopyles ou Roncevaux, Waterloo ou Dien Bien Phu. Mais cette disposition d’esprit ne se cantonne pas aux épopées militaires. Notre littérature, de l’Antigone de Sophocle à La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, magnifie des destins tragiques et courageux. »

Dominique Venner, Un samouraï d'Occident, Le Bréviaire des insoumis

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La société qui peut lire son avenir dans son passé est une société en repos

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« Comme l’a souligné Marcel Conche, la société qui peut lire son avenir dans son passé est une société en repos, sans inquiétude. Sur cette permanence se fonde le sentiment de sécurité. Au contraire, les nouveautés, le “progrès” apporteront le trouble. À partir du moment où l’on rêve de cité idéale et de lendemains meilleurs, se trouve tué en chacun le contentement. Dès lors, domine le mécontentement de soi et du monde. Ce qui est figuré sur le bouclier d’Achille est au contraire une société heureuse, tout à la joie de vivre comme elle a toujours vécu. Les noces sont joyeuses, l’équité règne, l’amitié civique est générale. Quand la guerre survient, la cité attaquée fait front, tout le peuple se porte sur les remparts, l’ennemi n’a pas d’allié dans la place. »

Dominique Venner, Un samouraï d'Occident, Le Bréviaire des insoumis

 

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La source des énergies fondatrices...

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« La tradition n’est pas une addition composite. La tradition est la source des énergies fondatrices. Elle est l’origine. Et l’origine précède le commencement. Il en est ainsi pour tous les peuples, grands ou petits, qui ont duré dans leur être à travers le temps, Arabes, Basques, Hébreux, Japonais, Africains, Chinois… Et cela est vrai pour les Européens, riches de leurs petites patries et d’héritages qui sont les manifestations multiples de leur grande traditions princeps, chantée voici longtemps par les poèmes primordiaux de la Grèce antique. »

Dominique Venner, Un samouraï d'Occident, Le Bréviaire des insoumis

 

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Un esprit trop plein de choses...

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« A un visiteur européen très savant qui venait l’interroger, un maître zen lui versa du thé et continua une fois la tasse pleine jusqu’à la faire déborder. "Maître, ne voyez-vous pas que la tasse déborde ?" s’écria le visiteur. Ce à quoi le maître répliqua doucement : "Comment voulez-vous que je puisse vous enseigner quelque chose puisque votre esprit est semblable à cette tasse. Vous êtes venu avec un esprit trop plein de choses. Non pas pour apprendre mais pour critiquer, pour discuter. Donc je ne peux rien vous enseigner." Un tel propos peut heurter un esprit occidental formé au questionnement. Mais il est pourtant révélateur de la non-pensée du zen et de sa méthode éducative.
Voilà pourquoi chez les samouraïs, zen et entraînement aux armes s’interpénètrent tellement qu’on ne discerne plus ce qui revient à l’un ou à l’autre. De nombreux temples zen comportent une salle de méditation, le dojo qui est utilisé par les maîtres pour l’enseignement de leur art martial. Et ces maîtres peuvent être des moines zen, type monastique fort différent des moines chrétiens.
A la racine de tout, domine dans le zen le sentiment très fort que la beauté, l’équilibre, l’ordre et l’harmonie atteignent leur perfection dans la Nature. Avec quelques nuances, ce sentiment était également présent dans l’Antiquité européenne.  Si l’ont compare les humains aux autres êtres de la Nature, plantes, animaux, oiseaux, poissons, ils semble souvent des handicapés. Rien n’est plus beau et inexplicable que le jaillissement d’une fleur au printemps. La jeune fille la plus gracieuse peut difficilement rivaliser avec de jeunes biches s’échappant à travers les bois dans une danse aérienne. Le guerrier le plus rapide est lent comparé au lion ou au léopard.
Explication du zen : les humains sont entravés par la raison. Loin d’apparaître comme une supériorité, pour le zen, la raison est donc un obstacle dont il importe de se libérer. La pensée s’interpose entre l’acteur et l’acte. La raison que les Occidentaux placent au-dessus de tout, apparaît comme le stade rudimentaire et grossier de la perception et de l’action. Pour agir avec l’aisance foudroyante du léopard, il faut échapper à la pensée en acquérant des automatismes parfaits.
"Ne jamais fixer son esprit sur la pointe du sabre, le geste, les yeux de l’adversaire, ou la cible" disent les maîtres épéistes. La règle est de voir sans voir, de percevoir sans fixer son attention, de pressentir et non de parer une attaque. "Tout l’art consiste à s’exercer au point que l’adversaire devienne transparent, que l’intention de son attaque soit perçue avant l’attaque…" Pour prendre une comparaison triviale et réductrice, c’est un peu à cela que, dans leur registre, parviennent les conducteurs d’automobiles expérimentés ou les virtuoses du ski… Les arts martiaux sont cependant loin de se limiter à l’apprentissage de réflexes. Comme le montre l’exemple du Kendo, ils comportent une part fort de religiosité. »

Dominique Venner, Un samouraï d'Occident, Le Bréviaire des insoumis

 

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Reconstituer vos forces

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« Chaque jour, quelques instants de lecture. Mettez-vous en retrait, non pour fuir le monde, mais pour reconstituer vos forces et faire le plein d'énergie. Ce que faisait Marc Aurèle, chaque soir en campagne, après la marche ou le combat, pour rédiger ses Pensées. Comme lui, s'affranchir chaque jour, même pendant quelques minutes, des contraintes imposées par de multiples obligations. »

Dominique Venner, Un samouraï d'Occident, Le Bréviaire des insoumis

 

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26/11/2014

Comme une barrière entre moi et l’autre côté

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« La gratuité a disparu de nos moeurs, malheureusement. On trouve de moins en moins de gens disposés à agir “pour rien”, à accomplir un acte désintéressé, un acte pur — un de ceux qui ont pourtant un énorme pouvoir. La France traverse une période de terrible vulgarité louisphilipparde, tout y est corrompu par l’argent, il n’y a plus d’élégance morale. Dans les milieux où je vais parfois, il n’y a que trois sujets de conversation : la vie privée d’abord (qui couche avec qui), la grande politique vue à travers les petits intérêts (la dernière parole du Président va faire baisser nos intérêts), et la vantardise (j’ai récemment ridiculisé monsieur Untel). Bref, c’est la grossièreté. Mais ce n’est pas là mon milieu. Ce n’est même pas la bourgeoisie traditionnelle : je n’ai jamais entendu parler de tout cela chez mes parents.
Il semble d’autre part, que les gens soient rassurés par le fait d’arrêter leurs contours. Le résultat, c’est qu’ils bloquent leurs possibilités en fixant certaines limites. Moi, au contraire, quand j’ai l’impression que quelque chose en moi est figé, stable, arrêté, c’est la panique. Comme une barrière entre moi et l’autre côté. Je n’aime pas les habitudes, le cadre qui a déjà vécu  : je déménage tout le temps, c’est une manie. La vie matérielle m’ennuie à un point qui frise la maniaquerie. Lorsqu’on me demande ce qu’il faut faire pour le dîner, cela me plonge dans des abîmes de perplexité, d’ennui, d’angoisse. »

Françoise Sagan, Je ne renie rien, Entretiens 1954-1992

 

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Tas de boyaux, tas d’esclaves !

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« Même le jour de la fin du monde, on n’oublierait pas l’électeur ! Il a d’ailleurs les chefs qu’il mérite. La classe ouvrière ? Tas de boyaux, tas d’esclaves ! Ça fait la grève pour cinq sous de plus par semaine, que l’État et les patrons leur reprendront le lendemain. Mais il n’y en aura pas un pour se révolter contre l’abattoir, pour dire non aux bouchers ! »

Lucien Rebatet, Les Épis Mûrs

 

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Trouver la grande issue

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« Je vois notre art brûler dangereusement les étapes, tout essayer sans en tirer les conséquences, courir tout droit à une impasse. Je pense souvent, et je ne suis pas le seul, que tout est fichu, que toutes les agrégations possibles ont été employées, qu’il n’y a plus d’avenir que pour la fausse note systématique ou le contrepoint détérioré, un triste avenir ! Mais voilà vos partitions. Et je me dis que je ne suis qu’une vieille bête, qu’il y a encore des forces magnifiques, pour secouer les barreaux, trouver la grande issue, qu’il y en a toujours eu, qu’il y en aura toujours. »

Lucien Rebatet, Les Épis Mûrs

 

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Le siècle de la camelote

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« Plus que de la laideur, à mon avis, le XXe siècle fut le siècle de la camelote. Et rien n’en témoigne mieux que tous ces pavillons qui éclosent le long de toutes les routes et à l’entrée de toutes les villes, petites ou grandes. Ce ne sont pas des maisons, ce sont des idées de maisons. Elles témoignent pour une civilisation qui ne croit plus à elle-même et qui sait qu’elle va mourir, puisqu’elles sont bâties pour ne pas durer, pour dépérir, au mieux pour être remplacées, comme les hommes et les femmes qui les habitent. Elles n’ont rien de ce que Bachelard pouvait célébrer dans sa poétique de la maison. Elles n’ont pas plus de fondement que de fondation. Rien dans la matière qui les constitue n’est tiré de la terre qui les porte, elles ne sont extraites de rien, elles sont comme posées là, tombées d’un ciel vide, sans accord avec le paysage, sans résonance avec ses tonalités, sans vibration sympathique dans l’air. »

Renaud Camus, Du sens

 

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