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07/09/2008

En dehors...

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Attaques lâches, traitresses et déloyales. Minables procès d’intention voilà comment se comportent les vertueux vis-à-vis de ma personne. La montée en puissance de la « pensée unique » a créé un « no man’s land » où elle entasse, comme son nom l’indique, tous ceux qui ne sont pas dignes de faire partie du monde des hommes car ne répondant pas à ses critères moraux. « No man’s land » déployé, comme dans L’Enfer de Dante, en cercles concentriques où chaque sujet est placé selon le poids de ses supposées fautes. Conformisme de la névrose, paresse intellectuelle, embourgeoisement hystérique, voilà le règne qui dresse les tribunaux. Abordez un sujet estimé clos par ces tristes éminences et votre affaire est scellée. Leur haine frétille comme l’œil de verre de Le Pen et elle a la bave facile. Les chiens s’aboient dessus et se mordent avec délectation. Sado-masochistes se manuelisant mutuellement leurs pauvres neurones et n’ont de défouloir que dans les plaintes profondes, les gémissements mondains, la haine sonore scandée sur les tribunes, le mépris de soi et de l’autre synthétisé par des idées courtes. À gôche comme à drouâte. Grand est mon bonheur d’être en dehors de ces meutes.

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Écrire - XII

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Par l’épanchement à la source, l’acte vif saisi l’instant propice et cristalise les mots en une sculpture qui fige un nouveau point de départ pour d’autres pensées à venir. Le miracle du verbe se nomme infini. L’écrivain ne crée rien. Conscience pleine et présente il n’est que le dépositaire d’une œuvre reçue à accomplir. Il ciselle ses phrases comme une canne d’ivoire à la parfaite droiture et un pommeau d’or pur taillé à la convenance de l’être. Artisan il quête la forme porteuse du fond, le fond expulsant la forme, œuf de l’athanor surgi, sphère de l’intellect et flèche du désir. Sel de l’âme offerte aux transes sans alcool. Vibrations de l’univers qui s’immiscent telles des hordes en fête dans les territoires intérieurs d’où le nomade guette l’arrivée des anges à l’amour sans pareil.

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05/09/2008

Soif de vinaigre

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Puiser dans mes ressources intimes pour trouver le chemin. Quoi qu’il arrive on est vivant jusqu’au bout. Déposer mon parcours de vie aux pieds de l’autel de Dieu. Mettras-tu Seigneur les mots dans ma bouche, pour dire ma carne comme un témoignage ? Pourquoi le flux du temps me tourmente-t-il au point de ne pas ressentir ta présence comme mon cœur le souhaite ? Certains jours comme celui-là je comprends plus que jamais la phrase de Nietzsche : « Dieu est mort ». Comme une ouverture vers ton souffle. Et puis j’oublie. La clarté se dissipe. Le chaos me réclame. Ma soif se doit d’être abreuvée de vinaigre.

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04/09/2008

Rien... Tout...

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La souffrance est toujours personnelle et unique. Physique, psychique. L’inconnu ouvre sa mâchoire béante et carnassière et nous avale. Au-delà du corps et de l’âme, voilà toute une vie qui hurle. Acceptation. Je suis petit. Je ne suis rien. C’est pour cela que je suis tout. Je suis. À l’image de Dieu.

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02/09/2008

L'imagination dans les chaussettes...

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En allant de ci, de là, sur la toile ensorceleuse du net, de blog en blog, de forum en forum, je peux dire que ça pulse, ça fourmille, ça s’agite, ça vibre, ça jouit parfois, mais ça danse et ça rit très rarement. Généralement, il faut l’avouer, ce sont les blogs à tendance droitière qui s’avèrent les mieux tenus et les plus légers, les mieux écrits, les moins naïfs, structurés très sérieusement par des tenanciers qui savent tenir la maison sans se prendre au sérieux. De même, les blogs tenus par quelques francs-tireurs littéraires s’avèrent remarquables, sans afficher de sensibilité politique particulière, leurs instigateurs peuvent être de droite, de gauche ou apolitiques, mais au moins acceptent-ils la controverse avec ouverture et jubilation. Pourquoi j’écris tout ça ? Certainement pas pour balancer des liens que j’estime et vais visiter au quotidien ou ponctuellement. Non. En fait, j’écris simplement ces lignes pour dire que la gauche à l’imaginaire dans les chaussettes, comique pour ceux qui se disent les descendants spirituels de la main qui traça sur les murs de Paris en Mai 68, « l’imagination au pouvoir ». L’imagination dans les chaussettes, le rêve dans la législation, la révolte dans le poncif, la conscience dans la flagellation. La tristesse optimiste ceint son front, la vertu la guide depuis toujours, particulièrement dans les périodes troubles et sanglantes… pour ériger des tribunaux, pointer du doigt, lâcher les sans-culottes comme les nazis lâchaient leurs chiens à la gorge des insoumis. Aujourd’hui, justement, avec le masque vulgaire et poisseux de la « coolitude », elle envoie ses accusateurs carnassiers sur les blogs et les forums, où ils se spécialisent dans l’insulte dépourvue de style et la distribution du point Godwin. C’est leur dernière jouissance possible, car ça ne bande plus, non, ça chante plus que jamais les lendemains qui chantent. Qui déchantent, si vous préférez...

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01/09/2008

Clair et Obscur

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En 1988 dans une « fiche bibliographique » publiée par le Magazine littéraire, Gilles Deleuze décrivait ses « signes particuliers » comme suit :
« Voyage peu, n’a jamais adhéré au parti communiste, n’a jamais été phénoménologue ni heideggérien, n’a pas renoncé à Marx, n’a pas répudié Mai 68 ».
Car si c’est bien la face sombre de Mai 68 qui a traversé, a posteriori le temps, si c’est la chienlit qui s’est emparée des rennes de l’Histoire de ce pays, et du monde occidental en général (tout ce qui a émergé de la « contre-culture » de la fin des années 60 de Bohn à Berkeley, de Prague à Londres en passant par Paris), si anéantissant des hiérarchies qui, dans certains cas, étaient bien poussiéreuses mai 68 n’a pas été capable, étouffé dans son œuf, d’accoucher de sens, de hiérarchiser des perspectives nouvelles, il n’en demeure pas moins que cet événement eut aussi un côté solaire et lumineux, un champ des possibles. Ce fut, aussi, un éclatement dionysiaque de la réalité, une expérience de l’immédiateté, une suspension de la grisaille en cours, la création — certes ratée — de situations dans la ville éventrée, renversée, ouverte comme une femme aux cuisses saillantes, offerte. Bras d’honneur à la police, pied de nez à la bêtise tranquille. C’était encore possible, il n’y avait pas autant de racailles que de nos jours. C’est une sottise sans nom qu’ont certains de dire que les émeutes récentes des banlieues leur laissent l’espoir d’un nouveau Mai 68, quarante ans après, car je doute fort que nos défoncés au mauvais shit des quartiers prennent soudain la peine de s’embarquer dans des discussions à n’en plus finir, des débats outranciers, des confrontations idéologiques, des postulats exacerbés, des insultes rieuses, des exaltations sensuelles, paresseuses et luxuriantes. Car Mai 68 a eu, aussi, ses fulgurances de droite : ironie, désinvolture, insolence. Quelque chose que les personnages ni de Déon, ni de Blondin ou Nimier n’auraient rejeté. Une manière d’insulter l’ordre et le ciel que Céline aurait approuvé. Une acidité dans le style digne de Retz via Debord. Oui. Il y a eu, aussi, de ça, on l’oublie un peu vite.

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Artistes...

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Les artistes finissent-ils tous par se vendre ? Par nécessité ? Par épuisement ? Par lâcheté ? Par découragement ? Par opportunisme ? Par envie de fédérer dans le consensus ? Le rebelle de nos jours est conventionnel, éteint, avec droit de cité et ausweis de circonstance. Quel courage, quelle détermination, quelle pureté intérieure est nécessaire pour faire face aux vieillards séniles, aux « sépulcres blanchis », aux pompes funèbres des institutions, des mausolées ouverts du système.

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31/08/2008

Négation Totale de l'Europe

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Frantz Fanon dans Les intellectuels et la contrainte idéologique en appelait à « la négation totale de l’Europe ou, plus exactement, affirmation totale du sous-développé, du relégué, du déshérité, face à cet Autre qui avait fait de lui une créature de deuxième qualité. »



Vous pensez bien que l'apprenti "Fanoniste" retient exclusivement l'idée de "négation totale de l’Europe". Les raccourcis facilitent la vie, n'est-ce pas ?


Il y a dans cette lamentable démarche intellectuelle qui honore la négation littérale d’un continent une soumission inconsciente et obsessionnelle qui participe à la fixation du tiers-monde dans la périphérie qui est la sienne et qui plonge le blanc occidental sans cervelle ou sans culture, dans l’auto-flagelation comme seule liturgie morale. Ainsi, une fois ce cancer propagé dans la multitude, la haine est en terrain propice à sa propre propagation. Désormais, l’écrivain nègre, fécondé par cette attitude mentale, en est réduit à produire des tableaux exotiques pour attirer l’attention, sous la lecture bienveillante du blanc bec bien pensant et, est-il nécessaire de le souligner, anti-raciste. Or, de part et d’autre le racisme, ou tout au moins le racialisme, est plus présent que jamais, enterré, caché par les bons sentiments, par les nobles âmes démocratiques.

Je ne peux m’empêcher de songer à la révolte irrationnelle de l’esclave vis-à-vis du maître, se croyant capable de bâtir un homme nouveau et qui ne fait que semer des ressentiments aux quatre vents sans même réaliser un seul instant l’ampleur des dégâts qui seront signés de son sang… et de celui d’autrui. Et j’ose espérer que le lecteur aura bien compris que l’esclave que j’évoque en ces lignes n’est pas le pauvre nègre qu’on transbahutait à fond de calle comme du bois d’ébène, mais peut-être bel et bien lui-même, le lecteur de passage qui vomit sa bile « gôchisante » sur tout et sur rien…


Une révolte rationnelle c’est autre chose.

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13/06/2008

Cohorte

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Parfois, comme ce jour, me reviennent ces lointains souvenirs, telle une cohorte bariolée et sanglante, un défilé de fantômes, mes frères passés d’un instant perdu dans les limbes de la destruction, avec lesquels j’ai partagé des dérives creuses, des naufrages plein des rêves éteints, des espoirs futiles. Stéphane M., Guy D., Kiki (guitariste prometteur), Gauge, Gros Bob, Tifton, Titi (batteur de métal redoutable), Pupuce, Mingo, Milo, David B., Jean-Michel D. (guitariste avec moi au sein d’un groupe de hard rock pendant six mois), et tous ceux que j’ai oubliés qui m’apparaissent, parfois, subreptissement, malgré moi, sans que je saches pourquoi, et, enfin, tous ceux dont j’ai oublié le nom mais dont les visages sont restés gravés sur le celluloïde de ma mémoire. Une bande de pirates nocturnes, d’agités du bocal, de « dingues et de paumés », de déglingués de la vie. Toujours dans des piaules sordides, sombres et sales, humides, puantes et enfumées. Fournaise de joints et aiguilles semeuses d’éclairs. Pilules et buvards. Acides de toutes sortes. Alcools qui rendent fou. Et même tout en même temps. Tous sont morts. Overdose, Sida. La déchéance spectaculaire projetée sur nos écrans argentés étalée dans nos médias vampires ne présente au grand public que la partie visible de l’iceberg de la souffrance. Comment ai-je fait pour survivre à cette longue chute de deux longues années ? 1983-1985. Est-ce ma bonne étoile ? Dieu existe-t-il ? Ai-je été touché par une grâce céleste ? Couché sur des matelas aux tâches douteuses, de sang, de foutre, de sueur et d’urine, tandis que mes compagnons d’infortune refaisaient le monde guère mieux que des piliers de comptoirs, c’est-à-dire capables de s’enterrer dans les plus sordides certitudes avant de briller quelques instants en se surprenant eux-mêmes, moi, de corps présent mais d’âme absente et alors que mes yeux les fixant leur signifiaient mon accord de principe, mon regard, en vérité, basculait progressivement vers les territoires intérieurs où, en secret silence, je radiographiais mes cellules, mes neurones, mon système lymphatique et musculaire, équarrissais mon âme que je suspendais aux crocs de ma boucherie interne. Géographe de mes viscères, de mon foie, de mon cœur, de mes poumons, de ma bite accrochée à mes bijoux de famille. Cartographe de ma colonne. Explorateur de ma moelle. Curieusement je n’ai pas désintégré mon esprit. Mon âme vivante. Je n’ai pas anesthésié mes énergies dans cette longue et éblouissante liturgie personnelle. Hallucinante théologie. Cosmogonie écarlate. Quel outrage que cette comète qui fut la mienne. Six heures du matin, quatorze heures : sommeil profond. Après-midi entières passées à la bibliothèque à lire comme un pèlerin possédé par le Verbe. En début de soirée un unique repas de la journée : des pâtes et des œufs au plat. Ma mère me faisant la guerre ne faisait plus aucune course. Les meubles de la cuisine étaient désespérément vides mais je me débrouillais. Il y a prescription. À partir de 20h, la nuit une fois installée, je m’enfonçais dans la jungle des fièvres futuristes et antiques avec mes frères de défonce. À la maison vers 2 ou 3h du matin, j’écrivais jusqu’à ce que l’exorcisme et la catharsis réduisent mes forces à néant. Alors je sombrai comme un cadavre au fond de mes abysses. Mais au réveil je trouvais sur la table de ma chambre les feuilles et les cahiers dans lesquels gisaient des quartiers de viandes : mes mots concrets que je pouvais sentir, toucher, sucer, mâcher et même vomir jusqu’aux larmes. Bah ! Que les souvenirs demeurent mais que la chasse se poursuive.

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12/06/2008

Homme précaire

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« Combien d’œuvres avons-nous choisies, ou par combien d’œuvres avons-nous été choisis ? »
André Malraux, L’Homme précaire et la littérature

« L’Homme précaire » s’adonne, entre autres choses, à la littérature. Elle donne à chaque plume l’orientation adéquate correspondant à chaque caractère par une sorte de distanciation avec la Réalité afin de saisir le Réel. On se doit de s’emparer de cet Ordre qui est innommable, tel le saint tétragramme.
Ecrivant, je ne souhaite être le guide de personne, perdu que je suis sur mon propre chemin. Mais si mon lecteur pouvait user de ma modeste contribution en guise de boussole et de carte, j’en serai ravi. Car quel chemin prendre ? Je ne sais. Par contre, savoir les divergences, les contradictions des chemins ainsi que leurs nœuds aux carrefours et tendre à les résoudre est la seule manière pour demeurer sur et dans LA Voie. Correspondances. Ainsi, où que l’on aille, on sort de la brume de la noire forêt et on s’avance, éclairé par les éclairs de l’orage, vers le soleil du Grand Midi.

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11/06/2008

Réel

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Lorsque le Réel se donne à voir, il est explosif et transfigurant.

Souffrance, si je te murmure, c’est comme pour te mettre sous une roche, mais tôt ou tard tu te manifestes à nouveau et me délabres, me dévastes, comme une demeure offerte à un ouragan. Cyclone de l’Equateur, la jungle à même la mer, océan de l’inconscient scrutateur. Etuve de ma mémoire blessée, bordel de mes déraisons nocturnes. Trois heures du matin devant ma page qui exige sa pitance. Irina dort d’un sommeil profond. Les dalles de béton qui nous portent sont celles d’un caveau paisible. Une barre HLM parmi tant d’autres, perdues à l’horizontal dans leurs verticalités orgueilleuses. Le ciel tourne au-dessus de nous comme un malheur et une espérance. Nous sommes vivants.

« Le milieu physique où nous vivons nous tous ceux du Soleil, est le pus qui convient aux bactéries que nous sommes. »
Louis Scutenaire, Mes inscriptions. 1943-1944

Me frayer au milieu de tout ça par l’écriture, comme par un repli sur soi en même temps qu’une ouverture qui est intrusion. Le sens de LA Présence je le trouve en un Exil Absolu et l’encre de mes spasmes est un acide corrosif. Une fois l’impossibilité d’exister digérée on peut tout prendre et le mettre en abîme, c’est-à-dire chercher à voir ce qui tient la route et ce qui glisse et s’échappe comme des couleuvres. Je sais jouir dans la négativité, ma jeunesse en est la preuve, mes jours actuels aussi dans une certaine mesure c’est que je ne me dérobe pas à ce que décrit Louis Scutenaire.

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10/06/2008

Caravane

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« L’état de ce monde me révulse, m’indigne, me déchire, et c’est mieux que l’indifférence, mais rien ne sera changé si je n’entre pas dans la compassion. »
Christiane Singer, Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?

Mais nous aurons nos querelles, nos massacres, nos envolées festoyantes, nos râles ravalés jusqu’à la nausée ultime, jusqu’à ce que la terre transformée par nos soins en désert nous prenions la décision de former une caravane pour le traverser et partir à la recherche de LA Présence qui est, pourtant, à portée de main.

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Issues secrêtes

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Notre époque est paradoxale. Elle est lourde et rapide. Et elle est d’autant plus lourde et rapide qu’elle est violente dans l’abjection la plus totale. Les issues secrètes, dont je parlais hier, sont des expériences musicales intérieures. Notre époque est wagnérienne, pathologique, bruyante. L’issue secrète est mozartienne, un feu qui brûle mais ne consume pas, purifie.

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09/06/2008

La Glèbe en nous...

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L’Homme ne serait-il réduit qu’à n’être qu’une statistique, un chiffre binaire codé dans la Matrice qui l’a chié ?

« Les droits de l’homme ne nous feront pas bénir le capitalisme. Et il faut beaucoup d’innocence, ou de rouerie, à une philosophie de la communication qui prétend restaurer la société des amis ou même des sages en formant une opinion universelle comme « consensus » capable de moraliser les nations, les États et le marché. Les droits de l’homme ne disent rien sur les modes d’existence immanents de l’homme pourvu de droits. Et la honte d’être un homme, nous ne l’éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Levi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité d’existence qui hantent les démocraties, devant la propagation de ces modes d’existence et de pensée-pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. L’ignominie des possibilités de vie qui nous sont offertes apparaît du dedans. Nous ne nous sentons pas hors de notre époque, au contraire nous ne cessons de passer avec elles des compromis honteux. Ce sentiment de honte est un des plus puissants motifs de la philosophie. Nous ne sommes pas responsables des victimes, mais devant les victimes. Et il n’y a pas d’autre moyen que de faire l’animal (grogner, fouir, ricaner, se convulser) pour échapper à l’ignoble : la pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate. »
G. Deleuze, F. Guatari, Qu’est-ce que la philosophie ?

C’est l’enfer sur terre. « Tout ce qui est en haut est en bas. Tout ce qui est en bas est en haut. » dit la sapience des alchimistes. Et l’Enfer, ici-bas, est bien implanté : Ignorance revendiquée, répétition programmée, lourdeur inconsciente, esclavagisme du corps soumis au puritanisme ou à la jouissance orgiaque (ce qui est la même chose), mensonge généralisé, absence de sortie (« s’il y avait une sortie, je l’aurais trouvée » disait espièglement Emile Michel Cioran). Quelques issues secrètes ici et là, données aux pèlerins seuls, issues pleines de promesses paradisiaques. Car c’est un voyage que peu assument. Un souffle intérieur qui vient gonfler la voile et même immobile, le monde dans son intégralité vient tourner autour de nous, yeux clos et souriants, regard pur et attentif. Pleinement Homme, l’espace d’un brin d’éternité. Printemps ensoleillé dont nous voudrions faire passer la lumière à travers les murs de la Citadelle grise et sanglante de ces hommes binaires qui ont oublié leur glèbe en eux.

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04/06/2008

Clergé

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Je ne saurai dire avec précision, pris de court, pour quelle raison précise j’écris toutes ces lignes. Je pourrais, bien sûr, en me penchant sur la question élaborer une suite de réponses diverses fusionnées en une sorte de réponse générale unique et étayer mes propos par des allusions à la purge, à l’angoisse existentielle et métaphysique, à la volonté de poser des questions et de tenter des percées par des réponses créatrices, progressivement, de valeurs nouvelles au fil des ans et des pages tracées dans la fièvre et la brume. Mais je sais que j’écris pour survivre et avoir suffisamment de forces pour m’aménager des instants de pure vie bienheureuse. J’écris, surtout, pour les bienheureux, la vérité est là. Les bienheureux inquiets. Ceux dont le front se plisse devant le précipice du cosmos, mais qui dansent de joyeuses prières face à lui. Poètes qui s’assument ou s’ignorent, musiciens sachant jouer et même, mieux, composer sur le clavier de l’Être, sur la guitare du Réel, sur la harpe de la Création qu’ils transcendent de leurs notes. J’écris, donc, pour les insoumis légers, les rebelles propices à la valse.

Les incultes pénétrés d’eux-mêmes, les sinistres mondains « people », les certains de leur merde, les assurés sentant la naphtaline, les pétitionnaires ambitieux, les politicards rayonnants, les éditeurs véreux, les journaleux à l’âme propre, les universitaires bilieux, les révolutionnaires bobos, les médiatiques cancéreux, les moralistes immoraux, les affairistes littéraires, les religieux sclérosés, les apocalyptiques de la haine de soi, les pétainistes masqués, les fascistoïdes populistes, les démocrassouillards humanitaristes, les rancuniers vengeurs, les sacraliseurs de la chair, les contempteurs du corps, les peine-à-jouir, les employés grisâtres, les déprimés contaminants, les militants de gôche et les militants de drouâte, les féministes couillues et les tapettes castrées, bref… tous les membres du clergé nihiliste : passez votre chemin. À moins que vous ayez pris la décision du risque de la métamorphose radicale, vous ne trouverez dans mes mots que vos propres marécages plutôt que mon haut soleil. Car c’est trop vous demander que d’apprendre à lire. Lire, à vos yeux, est une perte de temps. Lire, vous vous en passez à merveille. C’est votre force. Vous ne vous consacrez qu’à vos réseaux, votre domination ou votre soumission. Votre contrôle. Votre Golem abstrait, votre Big Brother virtuel tellement présent, comme le Diable. Vous aimez que ça fourmille, que ça s’agite, que ça sautille, dans la fureur, la violence ou la paix calculée, qui n’est pas moins violente. Un géant de fer et d’acier et de câbles de communication aux pieds d’argile, avec entre les jambes un petit pénis ridicule mais, juste en dessous, une chatte béante, puante et pondeuse de clones, pondeuses de bruit, pondeuse de mauvais livres, de pitoyables films, de tableaux insignifiants, de pensées obtuses, d’artifices sans culture, de mort. De mort vers laquelle nous devrions l’encourager à aller se dissoudre, ô Matrice purulente.

La solitude de l’écrivain, la solitude de l’artiste, est récupérée par la jolie société qui est la nôtre sur le mode de la sacralisation de sa souffrance. Mais peu sont ceux qui parviennent à en lire la profondeur, à en éprouver l’ardeur, à en mesurer le poids. Un poids qui est celui d’une croix. Les crucifixions emmerdent notre époque qui se rêve propre et bien portante (grand bien lui fasse), puritaine elle abhorre les purs. L’antisémitisme supposé d’un film magnifique comme La Passion de Mel Gibson n’a été mis en avant que pour masquer le vrai problème : le dégoût que la croix, en tant que telle, inspire : instrument de supplice et de rédemption non assumé.

Méfiance. Le nihilisme qui consiste aussi à nier l’instinct violent, l’agressivité dans la sphère clinique du politiquement correct qui nous sculpte et nous domine finira par entrainer une violence et une agressivité supérieures à tout ce qu’a vécu le Christ, ont écrit Sade, Bataille ou Artaud. Le clergé aime à organiser et entretenir avec une constance volontaire l’abandon de ses ouailles à la servilité ambiante, à l’angoisse et à la dépression, à l’incapacité de regarder la mort en face.

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