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15/10/2011

L'écriture

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Sur mon chemin de pèlerinage intérieur, ma Métanoïa si difficile, ma confrontation avec moi, moi-même et je, avec le Diable, autant le dire, pour accéder de la Maladie à la Grande Santé, de l'agnostique dérive à la fermeté de la Foi, je n'ai comme arme unique pour structurer ma méditation, ma réflexion et ma prière, que l'écriture, la musique me faisant défaut pour raison de nerf cubital coincé avec fourmillements handicapants.

« Tyrannique, l'écriture était le Tout, la quête mythique qui régénère et désintègre, l'acte de violence et la génuflexion, la splendeur et le simulacre, la transfiguration et le rictus : une "guerre des mondes" sans cesse recommencée, une odyssée où le cerveau, tout comme la sonde pénétrant les espaces, rencontre queues de comètes et trous noirs, fournaises solaires et blocs de méthane sale, continuant d'émettre cependant, antennes, caméras et systèmes de régulation tout entiers tournés vers le Verbe, afin d'en retrouver, qui sait, la divinité. »

Yves Adrien, "2001, Une Apocalypse Rock"

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14/10/2011

Perceptions littérales et binaires

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J'ai relu ceci qui m'a remué en confirmant ce que je pense :

« Toutes les consolations religieuses de la négativité sont infantiles. L'espoir d'un "ciel" qui ne connaîtrait pas la coupure des transcendances n'est qu'une inversion imaginaire de cette négativité et en quelque sorte sa confirmation. Mais les consolations blasphématoires de cette même négativité sont également infantiles, elles ne sont que la compensation ultra-négative des précédentes.
On ne peut réellement sortir de la négativité qu'en y fondant consciemment une positivité non associable, et celle-ci ne peut consister qu'en l'expérimentation et la connaissance de la loi de croissance de la négativité elle-même et de la positivité associée. »

Raymond Abellio, « Assomption de l'Europe », Chapitre : « Déterminisme et Liberté dans l'activité ineffable du "je". »

Une fois de plus on en revient à l'essentiel postulat écrit dés le premier livre de la Bible, la Genèse, dés le premier chapitre aux versets 26 et 27 :

« Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.

Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.»

Puisque nous sommes faits à son image nous nous devons de chercher à transcender les faits et la lecture que nous en avons. Pour nous consacrer au Bien Suprême et nier le Mal dans ce qu'il a de plus abominable il nous faut bien aller par-delà Bien et Mal dans notre lecture du monde en même temps que dans nos actes. Mais cette attitude qui organise son acte n'est pas donnée à tout le monde puisque nous sommes porteurs du péché depuis l'Exil et la Chute, mais quelques rares "élus", pèlerins de l'indicible, peuvent comprendre et agir en conséquence, le grand nombre, la triste multitude, ne peut que se soumettre au Décalogue et mener une vie simple aux perceptions littérales et binaires.

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13/10/2011

Ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent...

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Ces mots terribles de Nietzsche, tirés du "Gai Savoir - Livre Troisième, 125" :

« Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu'à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau. — Qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d'inventer ? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement — ne fût-ce que pour paraître dignes d'eux ? »

Le constat est saisissant. L'Homme se retrouve seul dans le trou béant de l'Univers et il n'a d'autres issues, s'il veut poursuivre sa course en ce bas monde, que de trouver un moyen de remplacer la Divinité absente. Dans ces jours qui sont les miens, je ne puis que rentrer en résonance avec ce que nous certifie ici le philosophe. Oh, non pas que je souhaite revenir en arrière, avant ma rencontre violente avec le souffle de Dieu, mais je lis entre les lignes du penseur allemand combien sa relation au Christianisme ressemble bien plus à une paradoxale lutte avec la Divinité plutôt que contre, à l'image de Jacob exigeant de voir la Sainte Face. On connaît la suite, au terme d'une nuit de lutte Dieu ne l'autorisera à le voir uniquement que de dos, est-il dit, sans que cela ne soit d'une lumineuse clarté sur le plan littéral.

Pourtant dans "Ecce Homo", au chapitre "Pourquoi je suis si avisé", Nietzsche est bien plus proche d'une démarche chrétienne, qu'il n'en n'a l'air, en faisant l'éloge de l'Amor Fati.

« Ma formule pour ce qu'il y a de grand dans la vie est amor fati : ne rien vouloir d'autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans des siècles et des siècles. Ne pas se contenter de supporter l'inéluctable, et encore moins de se le dissimiler - tout idéalisme est une manière de se mentir devant l'inéluctable - mais l'aimer. »

La seule vraie liberté n'est possible que dans l'adhésion sereine à un Ordre dépassant notre petite finitude humaine trop humaine et non pas comme un processus issu des impulsions négatives de notre petit Moi social qui se croit l'égal des dieux symboliques de l'Olympe ou du Dieu Créateur de l'Univers, une adhésion qui rentre en résonance avec l'acceptation stoïcienne de ce qui est, la vacuité taoïste qui pousse au non-agir (qui, paradoxalement, est la meilleure action qui soit) ou l'abandon chrétien qui n'est pas une résignation, mais un acquiescement aux choses qui se doivent d'arriver. Comme il est dit au Chapitre 21 de l'Evangile de Luc : « Ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent. »

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09/10/2011

Satanisme

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Le mot de Chesterton est bien connu, le monde est mené par des vertus chrétiennes devenues folles.

Le Christ parle admirablement du Bien.
Le Bien c'est cette pauvre femme en haillons qui vient déposer une petite pièce au Temple, discrètement, sans se montrer, avec l'assurance que Dieu seul la voit, après la parade du riche Pharisien habillé de ses plus beaux vêtements qui est venu pour se montrer aux yeux de tous.
Le Bien, c'est cet homme qui vient au Temple et qui n'ose même pas regarder l'Autel, qui se frappe juste la poitrine en demandant pardon de n'être qu'un pécheur, belle préfiguration de la plus belle prière orthodoxe faite non pas pour les bavards mais pour les humbles : "Gospode pomilouï !" Seigneur aie pitié. Alors que d'autres s'abîment dans la prière de façon ostentatoire pour que l'on dise d'eux : "Quelle Foi remarquable !"

Car en vérité nulle chose n'est aussi discrète que le Bien lorsqu'il est authentique qui refuse de clamer son nom. Car sitôt il le fait il chute, et interrompt son cours naturel qui est celui de l'humilité, même lorsqu'il accomplit de très grandes choses, il cesse d'être ce qu'il est et devient son contraire de manière masquée, il prend le visage du politiquement correct, endoctrinement et persuasion, prosélytisme, réclame et publicité, bourrage de crâne. En un seul mot : Satanisme.

 

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08/10/2011

Les sûrs d'eux-mêmes, les orgueilleux

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La pratique de la Vérité que certains pensent avoir ne les rend ni lucides ni raisonnables. Ils se crispent dans le sérieux sous prétexte de piété et même lorsqu'ils sont bien éduqués ils en oublient de faire preuve d'objectivité. Or, comme le disait si bien Ayn Rand, il n'y a que les faits qui ont force de conviction et qui permettent d'élaborer les actes de circonstance. Il faut passer par la réalité pour avoir part au Réel. Il faut traverser le monde sans en épouser l'esprit pour avoir part à l'Esprit. Il faut vivre au milieu des malades pour atteindre à la Grande Santé. Il faut côtoyer les ordures et les putains, pour avoir sa part de sainteté. Se mélanger aux brigands et aux saltimbanques pour accéder aux paraboles du Christ. Il faut laisser parler les possédés pour conserver en soi le Verbe car si ceux-ci ne savent tourner leurs langues sept fois dans leurs bouches avant de vociférer, soi-même il faut bien s'éduquer à le faire.

 

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29/09/2011

Parts obscures

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République ? Démocratie ? Les Lumières du XVIIIème siècle n'ont jamais été réalisées... seules l'ont été pleinement leurs parts obscures... dont, d'ailleurs, depuis la Terreur, nous ne sommes jamais sortis. C'est ainsi, le Diable aime à se déguiser en l'Ange de Lumière qu'il fut, jadis, avant que son déploiement nombriliste ne le fasse chuter de la Grâce que lui octroyait Dieu. Ainsi, il déguise, il promet, il intrigue... mais il réalise, toujours, le contraire. C'est un fin politicien qui, comme tous les fins politiciens, se délecte de nos plaintes par son mépris.

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Oui

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Je disais, il n’y a pas longtemps, combien je méprisais ceux de mes collègues qui à la question « ça va ? » me répondaient le lundi : « comme un lundi ! », et le vendredi, bien entendu, « comme un vendredi ! » ou autre variante : « ça ne peut qu’aller, c’est le week-end ! ». À croire qu’il traversent l’enfer durant toute la semaine dans l’espoir de vivre deux jours de délivrance à partir du vendredi soir. Je les comprends. Notre métier n’est pas des plus joyeux, mais cet enfermement auquel ils consentent déjà intérieurement m’exaspère au plus haut point, néanmoins je dois me rendre à l’évidence, la maladie aidant, en bien des points de ma vie je tends vers l’aigreur et je me prends à consulter l’heure bien des fois au cours de ma journée afin de tourner les talons au plus vite pour sortir de cet enfer prolétaire qui ne me convient plus du tout mais face auquel je ne puis que faire bon cœur. De nature à la fois hédoniste et consentante, aimant mon destin et m’efforçant d’en faire bon usage, je n’ai jamais pu me faire aux plaintifs qui passent leur temps à ruminer une aigre colère ravalée et se plaindre de l’état qui est le leur, mais me voici rattrapé par ce que je déteste. Il va me falloir livrer un double combat. J’ai un besoin d’espace, une soif et une faim énormes. Du temps de Venice je voyageais, il y avait tout le temps un projet, un objectif, à présent mes buts sont réduits, limités, même si le premier est de guérir. Et Dieu est avare, me semble-t-il, en miséricorde en ce domaine. J’ai le sentiment meurtrier que je suis livré à moi-même et n’ai point d’autre possibilité que de m’en remettre à ma seule volonté qui se débat dans cet océan de souffrance et d’incertitude.


J’aurai beau chercher, misérable, par la prière, à moins souffrir, réflexe de conservation, pourtant je sais que souffrance et jouissance ne sont que les fluctuations d’un seul et même état, c'est-à-dire soi. La jouissance n’a de sens que parce que son contraire existe et, sans celui-ci, elle serait vide de toute joie.

Nietzsche, tout comme les Proverbes ou l’Ecclésiaste dans la Bible, nous apprennent que la souffrance ou le bien-être n’ont pas à entrer dans une quelconque chaîne de valeurs. La vie jaillit à travers l’émotion, la passion, la sensation. Il est bien inutile de vouloir éliminer toute blessure, de nous réduire à une existence clinique et sans aspérités, cela réduirait de même la voie vers le plaisir. Pour Nietzsche, dans Le Gai Savoir, plaisir et déplaisir sont intimement liés : « Et si plaisir et déplaisir étaient liés par un lien tel que celui qui veut avoir le plus possible de l’un doive aussi avoir le plus possible de l’autre, - que celui qui veut apprendre l’ "allégresse qui enlève aux cieux" doive aussi être prêt au "triste à mourir" ».

Dans l’Ecclésiaste, au Chapitre 3 :

« 3.1 Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux :
3.2 un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ;
3.3 un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ;
3.4 un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
3.5 un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements ;
3.6 un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter ;
3.7 un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler ;
3.8 un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
3.9 Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?
3.10 J'ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l'homme.
3.11 Il fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur coeur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'oeuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin.
3.12 J'ai reconnu qu'il n'y a de bonheur pour eux qu'à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie ;
3.13 mais que, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c'est là un don de Dieu.
3.14 J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne.
3.15 Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé.
3.16 J'ai encore vu sous le soleil qu'au lieu établi pour juger il y a de la méchanceté, et qu'au lieu établi pour la justice il y a de la méchanceté.
3.17 J'ai dit en mon coeur : Dieu jugera le juste et le méchant  ; car il y a là un temps pour toute chose et pour toute oeuvre.
3.18 J'ai dit en mon coeur, au sujet des fils de l'homme, que Dieu les éprouverait, et qu'eux-mêmes verraient qu'ils ne sont que des bêtes.
3.19 Car le sort des fils de l'homme et celui de la bête sont pour eux un même sort; comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle ; car tout est vanité.
3.20 Tout va dans un même lieu ; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière.
3.21 Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte en haut, et si le souffle de la bête descend en bas dans la terre ?
3.22 Et j'ai vu qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme que de se réjouir de ses oeuvres : c'est là sa part. Car qui le fera jouir de ce qui sera après lui ? »


Pour citer Maurice G. Dantec dans Le Théâtre des Opérations : « Une connaissance sans danger est comme une éducation sans douleur. Elle ne vous apprend rien. » 


Cette volonté de ne pas souffrir qui est un des traits de caractère de notre époque atrocement minable et petite, futile car désincarnée et sans consistance, et dont je ne parviens à m’extraire que par un énorme effort intérieur qui mobilise une grande part de mon énergie, me condamne, nous condamne, à rétrécir notre champ des possibles, et donc notre joie potentielle, notre expérience et par son biais l’apprentissage que l’on peut avoir de soi. Les peines, comme les joies, sont des guides dans notre existence, des Maîtres de vie. Cela ne signifie pas qu’il nous faille intentionnellement nous offrir à la douleur. Il n’est pas question, ici, de masochisme, encore que je puisse deviner les liens évidents qui puissent être reliés à ces pratiques névrotiques, j’y reviendrai plus loin. Mais pour goûter au bonheur, il faut convenir que le malheur n’est pas exclu du chemin qui nous mène à la satisfaction car douleur et volupté sont les deux faces d’une même pièce qui ne peuvent se passer l’une de l’autre tant que le monde que nous connaissons est appelé à aller comme il va. La différence de leurs actions à tour de rôle ou de concert, en combinaisons secrètes, font accéder à une tension toujours renouvelée ainsi qu’à plus d’intensité vivante. Nietzsche compare d’ailleurs cette alternance au plaisir sexuel : « Il y a même des cas où une espèce de plaisir dépend d’une certaine séquence rythmique de petites excitations douloureuses : c’est ainsi qu’une croissance très rapide du sentiment de puissance et de plaisir est atteinte. C’est par exemple le cas du chatouillement, ainsi que du chatouillement sexuel du coït ; nous voyons là la douleur agissant comme un ingrédient du plaisir. Il semble qu’une petite inhibition y soit surmontée, immédiatement suivie par une autre inhibition à son tour surmontée aussitôt – c’est ce jeu de résistance et de victoire qui excite le plus vigoureusement le sentiment global de puissance excédentaire et superflue qui constitue l’essence du plaisir. » (Fragment posthume de 1888).


L’orgasme une fois atteint il n’est plus possible de poursuivre l’entreprise charnelle, ce qui indique que l’acte sexuelle va de la jouissance à l’insupportable arrêt et transforme certains amants, après la « petite mort », en léthargiques fascinés. Post coïtum animal triste.


La souffrance fait donc partie de la vie et l’homme ne peut se soustraire à celle-ci. Il est même prêt à l’accepter ou la provoquer, à condition qu’elle fasse sens, nous dit Nietzsche. Si elle lui permet de parvenir à quelque chose qui le plongera dans la joie et le fera se connaître davantage.

Ainsi ça n’est pas la souffrance qui affaiblit mais plutôt l’absence de sens. Certains croyants meurent dans de terribles souffrances dues à une atroce maladie, mais avec la paix dans le cœur et l’âme, confiants. Nietzsche quant à lui précise dans La Généalogie de la Morale : « […] mais la souffrance-même n’était pas son problème, son problème était l’absence de réponse au cri d’interrogation : "La souffrance, pourquoi ?" L’homme, l’animal le plus courageux et le plus exercé à souffrir, ne refuse pas la souffrance ; il la veut, il la cherche même, pourvu qu’on lui montre le sens, le pourquoi de la Souffrance. » 

On peut avancer l’idée que l’homme vient au monde sans stratégie, dépourvu de consigne, sans plan de campagne ni boussole. La seule solution est de s’offrir totalement au devenir. Cette idée ne fonctionne que dans la mesure où l’individu se fait pèlerin et accepte d’épouser son avancée toujours recommencée en dépoussiérant le placard de ses ancêtres, en nettoyant sa lignée, toujours un peu plus au fur et à mesure que sa vie se déroule devant lui et qu’il exprime clairement sa soif d’évoluer et cela sans qu’aucun but ne soit inscrit. Nietzsche a critiqué le christianisme en ce sens qu’il voyait en celui-ci une optique réduite, des buts clairement déterminés qui ne pouvaient que limiter les esprits forts à avoir une expansion sur leur existence. Or, à y regarder de près, Dieu, selon la Bible, ayant mis le goût de l’Infini dans le cœur de l’Homme, puisqu’il est fait à son image, et que lui-même, Singularité des singularités est Infini, le but n’est jamais atteint. Il est même écrit qu’à la suite de l’Armageddon de nouveaux rouleaux seront ouverts. Il n’y a pas le moindre intérêt à croire que la Création va s’arrêter un jour et que l’Univers ne sera plus qu’un pré carré. Si cela devait être le cas, tout Gigantesque que la Création puisse paraître à nos yeux de petites créatures pensantes capables de l’englober par la pensée (merci Pascal), elle n’en deviendrait pas moins, aussitôt, plate et sans saveur. Une Prison, à notre échelle sans limites, mais avec des limites tout de même. Et à supposer que nous soyons du nombre des élus au Jour du Jugement, nous n’aurions plus qu’à nous satisfaire d’une bien curieuse béatitude en n'étant plus que l’Ombre soumise de la vision de Dieu. Il faut être un croyant littéraliste et arrêté pour croire semblables balivernes qui contredisent même les plus élémentaires notions de physique quantique. Dieu n’a rien contre le Devenir, ici-bas. Jacob se met en marche et devient Israël. Moïse est abandonné au Nil, il devient Prince d’Egypte, puis père d’une Nation sous l’œil de l’Éternel. Le fils prodigue quitte le foyer, part dilapider sa part d’héritage puis revient vers son père anéanti par le vide de sa vie autant que celui de sa bourse. Le Peuple Hébreux ère 40 ans au désert pour se préparer à supporter son élection, qui est une charge et une obligation. L’absurdité ne manque pas de venir les visiter tous. Si la Bible demande de tenir ferme, car c’est en tenant ferme face à l'Absurde que les choses s’éclairent, pour Nietzsche, cette absurdité constitue la seule réalité puisqu’elle autorise à se mettre en mouvement, en retroussant ses manches. Albert Camus imagine bien Sisyphe heureux. Pour le Grand Nombre cette idée est tout simplement insupportable. Pour le chrétien moderne, qui prenait déjà visage au temps de Nietzsche, Il faut à tout prix la présence d’un idéal pour donner du sens à l’existence, préciser l’orientation en chaque point de notre jour. Des arrières-mondes à venir. D’où le grand succès de l’Islam, du Communisme, du fascisme, du Nazisme, de la République Sociale, avec leurs règles figées, leurs convictions acquises et définitives, leurs rituels impossibles à éviter. Le nihilisme crée les conditions de son propre discrédit sans même s’en douter, car le Nihilisme est toujours sûr de son crédit, de son au-delà gouvernant l’existence humaine, écrasant le Réel avec la Réalité et estimant que toute lucidité n’est que blasphème. Dans un Fragment posthume de 1887-1888, Nietzsche note : « Etant donné ces deux vérités, à savoir qu’on n’atteint aucun but à travers le devenir et qu’il n’y règne aucune grande unité qui permettrait à l’individu de s’y plonger complètement, comme dans un élément de suprême valeur : il ne reste comme échappatoire que de condamner intégralement ce monde du devenir comme une illusion et d’inventer un monde qui se trouverait au-delà de celui-ci et qui serait le monde vrai ». Mais Nietzsche voit les hommes forts et supérieurs, parmi ceux qui acceptent ce fait inéluctable en stoïciens : on n'atteint aucun but à travers le Devenir, non, on est là et on danse et on s’amuse d’être là. Et c'est tout. Ce qui, paradoxalement, est très chrétien. Dire « oui » à la vie sous n’importe quel angle de vision qu’elle se présente à nous est non seulement gage de changement constant, au moins intérieur, mais c’est une acceptation vivante qui nous permet de découvrir le Monde et nous-mêmes au lieu de nous figer dans la Règle et, ce qui en découlera forcément, le Ressentiment.

Religion, Métaphysique, Politique, toutes sont illusoires, et on leur concède le statut de vérités que pour mieux masquer ce vide foudroyant qui jamais ne nous quitte. D’où le constat saisissant de « la mort de Dieu » très mal compris et célébré par les lecteurs athées de Nietzsche comme une simple déclaration de guerre du philosophe à la Religion, alors qu’il ne fait qu’un profond constat et se demande, pour prendre un raccourci, « par quoi allons nous combler ce vide terrifiant ? ».

L’Homme est l’unique être qui porte en lui le désarroi du monde car il est le seul apte à en mesurer l’étendue, et le seul capable de tout tenter pour s’en préserver. Mais au lieu de se réfugier derrière des promesses mensongères, qu’elles soient religieuses, politiques ou métaphysiques, Nietzsche nous invite à nous donner des objectifs nous-mêmes afin de trouver ou de fabriquer un sens à notre vie. Mais une lecture attentive des Proverbes ou de L’Ecclésiaste dans la Bible nous indique clairement que dans l’attente de la mort il nous convient d’aimer ce que nous sommes et d’agir en conséquence sans manquer notre cible. Le péché, étymologiquement, est bien un ratage de la cible. Si le Judéo-Christianisme propose un à-venir eschatologique, il indique également que pour être au rendez-vous il nous faut accomplir notre singularité, dans le Voie du Seigneur, certes, mais avec une souplesse d’accomplissement. Dieu donne le cadre au sein duquel tout est possible… même la faillite du corps ou de l’esprit. Il n’est pas seulement question d’une attente désespéré d’un arrière-monde et les chrétiens, au temps de Nietzsche, qui émergent de plus en plus sont ceux-là mêmes qui sont guidés par ce que Chesterton a nommé « des vertus chrétiennes devenues folles ». En d’autres termes ça a le goût du christianisme, ça en a la couleur et l’aspect, mais ça n’est qu’un artefact. Pourtant voyez, ne serait ce qu’au Chapitre 12 de Romains du Nouveau Testament :

« 1 Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.
2 Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.
3 Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.
4 Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction,
5 ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres.
6 Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi ;
7 que celui qui est appelé au ministère s’attache à son ministère ; que celui qui enseigne s’attache à son enseignement,
8 et celui qui exhorte à l’exhortation. Que celui qui donne le fasse avec libéralité; que celui qui préside le fasse avec zèle ; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie. »

En ce sens, l’individu peut trouver une signification à son incarnation miraculeuse ici-bas en se fixant soi-même des buts, en exploitant les ressources de sa volonté et en s’aménageant une autonomie comme remède à sa condition. Celui qui se complaît dans le ressentiment, le nihilisme, l’attente par la seule rumination est surtout quelqu’un qui fait preuve d’incroyance, se met des œillères et manque de force pour croire à sa capacité à créer lui-même du sens dans sa vie puisqu’il est fait à l’image de Dieu. Dès lors, sa négation permanente l’isole proportionnellement à son angoisse et il finira, tôt ou tard, par accepter que d’autres lui dictent sa voie, ou se croyant libre que sa souche génétique le fasse à sa place, que ses ancêtres le portent, avec leurs péchés, plutôt que lui ne les porte avec sa Foi. Et du nihilisme au totalitarisme il n’y a souvent qu’un pas à franchir. Dans un fragment posthume datant de 1888, Nietzsche écrit : « J’ai connu des cas où des jeunes hommes d’origine respectable, qui pendant longtemps ne savaient pas donner un but à leur vie, disparaissent à la fin dans des mouvements franchement malpropres – juste parce qu’ils leur offrent un but …Certains, par exemple, deviennent même antisémites… »

Nietzsche méprise les idoles, mais il a oublié que Dieu les méprise tout autant et qu’il a en horreur qu’on fasse de lui une idole à son tour. Car l’idolâtrie mène au fanatisme qui est pour Nietzsche un aveu de faiblesse et pour le Christ une abomination. Chaque époque a ses Pharisiens.

En qualité de représentant de l’humanité et, pour le croyant, de représentant de Dieu, l’homme est bien plus ce qu’il est dans la création que dans l’obéissance.

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13/08/2011

Viens !

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Attentat fascistoïde en Scandinavie... émeutes en Grande-Bretagne... économie qui vacille... et commentaires de toutes sortes à ne plus savoir où donner de la tête... ça n'est rien. C'est juste le même merdier qui se poursuit.
Rien ne va se dissoudre d'avantage. Tout va continuer comme avant. Et c'est tant mieux. Il faut que les moissons du Seigneur se fassent.
Ce que j'apprécie particulièrement avec le système capitaliste marchand (moi qui ai pratiqué largement le système communiste d'un pays aujourd'hui défunt), c'est que vous pouvez rester chez vous en lisant la Bible ou l'Intégrale de Dostoïevski sans que l'on vienne vous faire chier. Ou la Somme Théologique de Saint Thomas d'Aquin si ça vous chante. Un pays Capitaliste Marchand vous autorise largement à être situationniste... les publicitaires l'ont compris le mieux puisqu'ils sont, dans la forme, des situationnistes par excellence... le défilé Gould pour le bicentenaire de la révolution, l'homo-festivus tant analysé par Muray sont autant de minables tentatives pour un situationnisme médiocre mais qui existe... nous avons la banalité, l'exiguïté, l'insuffisance, la pauvreté, la bassesse que nous méritons.
Désormais, et depuis un moment déjà, les émeutes elles-mêmes font partie intégrante du système. Les hommes et femmes de bonnes volonté n'ont qu'une seule chose à faire, et ça n'est certainement pas la révolution (chaque révolution est elle-même orchestrée... si ce n'est par la volonté clairement humaine, du moins par l'Egrégore créé de toutes pièces psychiques par la Multitude, souvent sur plusieurs générations... le Diable y a sa part à jouer et il y excelle...) c'est de préserver ce qu'il y a à préserver et qui fait de nous des membres de l'Humanité appelée à s'élancer vers le Divin au moment voulu, lorsque l'épée flamboyante se présentera au seuil du jugement et si le Très-Haut daigne nous recevoir avec son Amour au sein de la Céleste Ieroushalaîm. Bref... il nous faut juste veiller et dire sans cesse : "Viens".

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22/07/2011

Brûlure nocturne

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A 4h passées du matin je réalise comme par une massive massue sur la tête pourquoi je bloque sur mon roman en cours depuis des mois et des mois de vide et de léthargie. Je suis par l’écriture précisément au moment où le personnage principal de mon histoire qui en est, en même temps, le narrateur désabusé et cynique, est sur le point de retrouver son père après une longue coupure et une enfance blessée. L’expérience fut réelle pour moi, authentique, pleine d’appréhension en même temps que de douleur et de joie. C’est l’année de la canicule, en 2003, que je fis un saut de 5 jours en Serbie afin de retrouver mon père durant 2 jours et demi après plus de 20 années de coupure. Entre mes 4 ans et mes 12 ans, mon père n’a pas donné signe de vie. A l’été 1977, je me souviens, c’était l’année de la mort du King, j’avais 12 ans, j’étais chez mes grands-parents maternels, comme chaque année, à savourer un royaume de liberté en plein pays communiste lorsque mon père, à la surprise générale, vint me rendre visite de manière imprévue. Nous passâmes quelques heures dans l’après-midi à parler avec lui puis il partit me disant que j’avais un frère et une sœur et qu’ils désiraient me connaître. Il avait cessé d’être communiste, portait une croix autour du cou et probablement, pauvre homme, avait-il ressenti le besoin de se confronter à l’épreuve de ces retrouvailles pour se délester de ses erreurs, de ses péchés. Je suppute qu’il devait estimer que la balle était désormais dans mon camp et qu’il m’appartenait si j’en faisais la requête à ma mère et qui y consentait d’avance, que je demande à mon tour, à lui rendre visite. J’avais 12 ans. J’était perdu. Et bien entendu je n’en fis rien. Ce n’est que vers ma trentaine, vers 1994, 1995, que ma grand-mère maternelle, ma petite baka d’amour, m’apprit que le bruit courait que mon père était mort et que « c’était probablement vrai » en raison des conditions de guerre qui avaient prévalues en Croatie où vivait mon père, serbe, dans la ville de ma naissance, Vinkovci. Je pris la nouvelle avec une certaine désinvolture et ma nonchalance en étonnât quelques uns. Mais à l’été 2002 un homme se présenta en Serbie chez ma grand-mère et demanda que je prenne contact avec mon père, numéro de téléphone à l’appui, car celui-ci était bel et bien vivant, et l’avait envoyé pour me chercher. Le choc. Durant une année entière je fus en contact avec lui via appels téléphoniques avant des retrouvailles émouvantes à l’été 2003. Je repousse donc ces retrouvailles cette fois-ci littéraires et largement romancées car la douleur est insoutenable face au sentiment d’inachevé que les retrouvailles réelles m’ont laissé. Mon père est mort un an après. Nous n’avons pas été en mesure de dénouer tous les nœuds, ou tout au moins une partie, qui entravaient nos vies nous interdisant une authentique communion père-fils. Probablement que par ce roman j'aurais cent choses à lui dire que j'appréhende comme si nous étions dans la réalité. La fiction romanesque a cette force et cette charge.

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21/07/2011

La vie en vaut la peine ne serait-ce que pour ces lumineux petits plaisirs.

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Mon roman au point mort depuis des mois et des mois et des jours et des nuits. Je ne l'ouvre même plus. Et ça n'est même pas la crampe de l'écrivain. Dégoût. Dépit. Nausée. Inconsciemment, je sais que mon cerveau note les moindres palpitations nerveuses, émotionnelles, striures émergeantes du creuset des souvenirs qui me traversent dans la banalité de mon quotidien. Travailler. Tenir tête. Considérer mon fils qui se tait. Regarder ma fille fuir mon regard, avec ce mélange de crainte, de colère ravalée et de fierté mal placée qu’ont les jeunes femmes de son âge. Ces derniers jours, mon modeste I-Pod shuffle me donne beaucoup d’air pur, me préserve un refuge à l’abri des cons et des abrutis que je me dois de tolérer, de supporter, d’admettre tout au long de ma journée de travail. Mon Cadre étant en vacances neuf heures de musique sur les oreilles, je me perd dans les allées des meubles contenant les livres, les cds, les dvds et j’exécute, scrupuleusement ma tâche, avec sérieux, mais comme un automate programmé par bientôt 20 ans de présence au même poste tant bien que mal, soutenu que je suis par le chant de Chris Cornell, la guitare de Frank Marino ou David Grissom, le puslations du saxophone de John Coltrane ou les gémissements existentialistes de la trompette de Miles Davis. Et je lis Ernst Jünger. Ma vie est ce qu’elle est. Un écrivaillon dans le creux de son époque nauséabonde qui survit comme il peut. J’aime encore boire du vin et faire l’amour, même si le vin, en ce moment, m'est interdit pour des raisons de santé... mais ça reviendra, je m'y attelle. La vie en vaut la peine ne serait-ce que pour ces lumineux petits plaisirs.

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16/07/2011

Ne point désirer l’impossible

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Le Che a dit : « Soyons réalistes, exigeons l’impossible. » et Léonard de Vinci : « Ne point désirer l’impossible. » L’un veut entrainer toute la réalité avec lui dans son rêve. L’autre ne tenant compte que de la réalité palpable (comme les corps qu’il dessine) fait descendre un peu de ses rêves dans le domaine de la réalité. La phrase du Che est pour l’impétuosité de la jeunesse, celle de Vinci est pour l’artiste plein d’assurance qui n’aura pas fini tout au long d’une vie d’explorer les champs du possible et du possible uniquement. Le premier, courant derrière ses exigences impossibles a laissé, derrière son passage, des monceaux de cadavres et le mythe vulgairement christique du révolutionnaire intransigeant et en marche. Le deuxième allait, la nuit, avec quelques complices grassement payés, déterrer les cadavres frais mais pour en étudier l’anatomie mystérieuse et parfaire ses connaissances de l’incarnation humaine. Le premier exécutait un garçon de 17 ans parce qu’il avait volé un morceau de pain dans les provisions des guerrilleros. Le deuxième séduisait les garçons de 17 ans pour des ébas tout aussi tabous que les cadavres qu’il déterrait pour son étude. Ami lecteur, choisi ton camp.

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28/05/2011

Ma seule arme, l'écriture

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Sur mon chemin de pèlerinage intérieur, ma Métanoïa si difficile, ma confrontation avec moi, moi-même et "Je", avec le Diable, autant le dire, pour accéder de la Maladie à la santé, de l'agnostique dérive à la fermeté de la Foi, je n'ai comme arme unique pour structurer ma méditation, ma réflexion et ma prière que l'Ecriture, la musique me faisant défaut pour raison de nerf cubital coincé et fourmillements dans les doigts handicapants.

« Tyrannique, l'écriture était le tout, la quête mythique qui régénère et désintègre, l'acte de violence et la génuflexion, la splendeur et le simulacre, la transfiguration et le rictus : "une Guerre des mondes" sans cesse recommencée, une odyssée où le cerveau, tout comme la sonde pénétrant les espaces, rencontre queues de comètes et trous noirs, fournaises solaires et blocs de méthane sale, continuant d'émettre cependant, antennes, caméras et systèmes de régulation tout entiers tournés vers le Verbe, afin d'en retrouver, qui sait, la divinité. »

Yves Adrien, 2001, une Apocalypse Rock

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27/05/2011

"Toutes les consolations religieuses de la négativité sont infantiles."

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J'ai lu ceci qui m'a remué en confirmant ce que je pense :

« Toutes les consolations religieuses de la négativité sont infantiles. L'espoir d'un "ciel" qui ne connaîtrait pas la coupure des transcendances n'est qu'une inversion imaginaire de cette négativité et en quelque sorte sa confirmation. Mais les consolations blasphématoires de cette même négativité sont également infantiles, elles ne sont que la compréhension ultra-négatives des précédentes.
On ne peut réellement sortir de la négativité qu'en y fondant consciemment une positivité non associable, et celle-ci ne peut consister qu'en l'expérimentation et la connaissance de la loi de croissance de la négativité elle-même et de la positivité associée. »

Raymond Abellio, Assomption de l'Europe, Chapitre : Déterminisme et Liberté dans l'activité ineffable du "je"

Une fois de plus on en revient à l'essentiel postulat écrit dés le premier Livre de la Bible, la Genèse, au premier Chapitre, versets 26 et 27 :

« Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. »

Puisque nous sommes faits à l'image de Dieu, nous nous devons de chercher à transcender les faits et la lecture que nous en avons. Pour nous consacrer au Bien Suprême et nier le Mal dans ce qu'il a de plus abominable il nous faut bien aller par-delà Bien et Mal dans notre appréhension du monde en même temps que dans chacun de nos actes. Mais cette attitude qui organise son acte n'est pas donnée à tout le monde, puisque nous sommes porteurs de péché depuis l'Exil et la Chute, mais quelques rares "élus", pèlerins de l'indicible, peuvent comprendre et agir en conséquence, la Grand Nombre, la Triste Multitude, ne peut que se soumettre ou se caler sur le Décalogue et mener une vie simple aux perceptions littérales et binaires.

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25/05/2011

J'ai rencontré Jean-Paul Bourre

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J'ai rencontré Jean-Paul Bourre, hier, enfin, après toutes ces années durant lesquelles j'ai écouté, certaines nuits avec une fascination évidente, ses bourlingues métaphysiques sur "Radio Ici et Maintenant", et après avoir lu ses livres avec une jubilation certaine. Nous avons bu un coup à la terrasse d'un café sur la Rue de Rennes à Paris, en compagnie d'Irina, avons évoqué Venise et par la même occasion VENICE, avant de parler de son dernier livre, "Ca' Dario".
Ce que nous savons, lui et moi, c'est qu'il est des cieux vénitiens, des rues mystiques aux dorures florentines, des silences qui s'organisent en bandes-sons magnétiques et font s'égrener le temps en méditatives missives monacales autorisant le déplacement d'un point à un autre par le chemin le plus court : celui de l'immobilité offerte, ouverte et accueillante dans l'enracinement sublime d'une terre qui respecte ses morts. Des choses nous séparent, mais pour mieux nous unir. Il m'a parlé du paganisme et je n'ai pas eu le temps de lui dire que les dieux anciens, du moins ceux dans leur positivités lumineuses, n'étaient, à mes yeux, que les préfigurations amoindries des infinis noms du Dieu Unique, de ses qualités, de ses figurations idéelles, symboliques ou réelles et, surtout, des perceptions que les humbles ont eu de lui avant la Révélation Christique. Mais peut-être en aurai-je l'occasion un jour, car mon seul Luxe, par les temps qui courent, semble bien être Dieu et lui seul.

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28/04/2011

"Aussitôt le père de l'enfant de s'écrier : Je crois ! Viens en aide à mon peu de foi !"

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Je traverse des moments difficiles. Mais le large qui crie et m'aspire vers ses nues est un fait indiscutable que seul mon coeur comprend, que seule ma chair éprouve, un fait auquel seul mon esprit peut consentir ou non. Mon corps est un corps de pécheur et mes désirs sont ceux d'un être à la dérive. Je peux me trouver toutes les excuses que je veux, le Réel de l'Être me rattrape à cause de mon intelligence informée, mais il ne touche pas au but à cause de mon intelligence également qui l'embaume avec la sinistre réalité. Intelligence bien humaine. Petite aux heures du paroxysme.

Je sais depuis des lustres ce que je trouve par mille subterfuges malins (et le terme est parfaitement approprié) le moyen d'éviter en trouvant des excuses... en noyant le poisson dans l'eau... qui ne se noie pas et glisse entre les doigts pour reprendre la nage qui lui convient.

Des problèmes de santé qui pourraient me mener sur la table d'opération me torturent depuis des semaines et me laissent exsangue face à mes échecs d'homme. Tout est bien futile dans cette affaire sauf l'essentiel qui se saisit de moi. Je suis un minable Jacob qui a eu la prétention de vouloir lutter avec l'Ange pour dire qu'il tenait tête, agnostique, à Dieu en personne. Le Seigneur ne changera pas mon nom... il m'a juste corrigé à ma juste mesure en me mettant face à mes oeuvres, celles-là mêmes qui ont réduit mon corps de l'état de temple à l'état de décharge.

Pauvre de moi qui sais, pauvre de moi qui entend, pauvre de moi qui veille et se confronte au vide. Pauvre de moi qui affirme : "je ne sais pas !" Incrédule parmi les incrédules qui se perd toujours un peu davantage en détours hasardeux dont le Seigneur se moque.

"1 : 19 Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, Et j'anéantirai l'intelligence des intelligents.
1 : 20 Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?" (1Corinthiens 1 : 19-20)

Qui suis-je, d'un autre côté, pour aspirer à une totale absence de doute, à une Foi telle qu'elle soulèverait des montagnes ? Jean-Baptiste lui-même a douté en Prison, alors que son exécution se préparait par les affres maléfiques de ses sataniques geôliers.

 "11 : 2 Jean, ayant entendu parler dans sa prison des oeuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples :
 11 : 3 Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?
 11 : 4 Jésus leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez :
 11 : 5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
 11 : 6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute !
 11 : 7 Comme ils s'en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean : Qu'êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?
 11 : 8 Mais, qu'êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d'habits précieux ? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois.
 11 : 9 Qu'êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.
 11 : 10 Car c'est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.
 11 : 11 Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui."
(Matthieu 11 : 2-11)

J'ai entendu le cri de Jésus, son exclamation redoutable :

"9 : 19 Engeance incrédule, leur répond-il, jusques à quand serai-je auprès de vous ? Jusques à quand vous supporterai-je ?" (Marc 9 : 19)

et la supplique d'un père dont l'enfant est possédé...

"9 : 24 Aussitôt le père de l'enfant de s'écrier : Je crois ! Viens en aide à mon peu de foi !" (Marc 9 : 24)

Me restent les tremblements et les larmes et la violence de l'émotion. De ce que je ne suis pas et que je pourrais être si je faisais le petit pas... que je m'apprête à faire... pour que Dieu puisse en faire un grand vers moi.

Mais je crie : "Je crois ! Viens en aide à mon peu de Foi."

 

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