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07/02/2009

Flamme

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De l’âtre intérieur la flamme se fraie un chemin et trouve toujours la fissure, la faiblesse pour surgir. La douleur une fois atténuée, viennent les mots pour la dire. Puis le grand silence de la purification. Et l’écriture, elle, laisse les phrases éparses annotées dans la liturgie des fièvres comme autant d’insectes qui dessinent un semblant d’âme. Un vrai écrivain doit avoir la force de regarder le phénomène de sa pleine présence au monde avec tout l’art du scrutement chirurgical. Observation scientifique, claire, précise et effroyable de la palpitation sombre qui nous fait vivre et nous dévore. Enfer et purgatoire, ici et maintenant, nous captent dans leurs rayonnements respectifs ! et le paradis ? me direz-vous. Il est là aussi, tout au bout des territoires intérieurs où quelques rares nomades aboutissent et trouvent les portails d’ivoire massifs de la cité oubliée qui cache le secret du labyrinthe et ouvre les fleuves de l’infini qui sortent de la source et y reviennent indéfiniment.

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03/02/2009

Inferno...

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La liturgie quotidienne est celle de la peur. Les bénédictions distribuées par la mécanique routinière sont des malédictions masquées par un voile sur lequel sont projetées les images du porc paré d’or aux reluisantes promesses. Il montre ses dents carnassières, sa bave putride, son œil rouge au regard vif sous ses pantelantes oreilles et son groin d’argent percé, l’anneau de la néfaste alliance. Nous avançons, démantibulés, déséquilibrés, lâches, éteints avant même de mourir. Lui nous dévore sans vaillance aucune, tellement la soumission s’impose en une trêve prolongée. Il a prit toutes ses aises. Il jouit de son vit pénétrant la blessure purulente de l’humanité prostrée et éjacule son écume maligne dans les flancs de la plaie dégoulinante. Pointe, camarade, trime, mange et chie. Produis ton propre malheur et le malheur d’autrui. Rêve de grands simulacres pour te donner le sentiment de n’être pas fou. Et meurs, si tu en as le temps. Insatiable, le porc enveloppé de fange et de parfums, sous les encensoirs néfastes, se repait de la chair blanche dont le jus fait reluire ses dents jaunes et grises, glaives tranchants pour son doux massacre. Et, en fait, ce n’est pas qu’un porc, c’est, aussi, une truie aux arrogantes mamelles gorgées de poison. Animal hermaphrodite en sinistre pâmoison.

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Nuit excessive...

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Dieu, toi-même, si tu es bon Père, considère, je te prie, la plaie qu’est le monde, le mensonge grouillant de vie pourrissante qui tournoie sous tes yeux attristés. Ne retarde plus ton imminence. Ta Haute Demeure aux murailles éblouissantes, aux lucarnes ruisselantes de lumière, qu’elle descende pour la proclamation ultime. Nous sommes tous fatigués de tout. Nous n’avons plus de mots pour évoquer et soigner nos maux. La nausée est générale. Une nuit excessive nous entoure. Dépôt de ténèbres, noir tanin, hordes d’ombres.

Christ prend pitié de nous.
Christ prend pitié de nous.
Christ prend pitié de nous.

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02/02/2009

Non-Ville...

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La neige s’est abattue sur la cité lui conférant un peu de féérie. Car ici, ce n’est rien d’autre qu’un socle de béton planté avec violence dans le sein de la terre pour y ériger la non-ville, la négation du lieu, le non-sens des petites certitudes, pour un petit peuple qui divague dans l’acceptation de sa soumission. A croire qu’il est prêt pour son futur statut de dhimmi.

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21/10/2008

Terrible sera le jour de Dieu

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"SONNET
sur le massacre des chrétiens en Bulgarie

Christ, es-tu bien vivant ? Ou tes os desséchés,
Dans le sépulcre en pierre, ont-ils blanchi sans trêve ?
Ta Résurrection ne fut-elle qu’un rêve
De celle qui, t’aimant, racheta ses péchés ?

L’air est horrible, et plein de cris d’hommes écorchés,
Les prêtres sont tués, qui invoquaient ton nom,
N’entends-tu pas l’amère lamentation
De ceux dont l’enfant gît, sur la dalle couché ?

Viens vers nous, Fils de Dieu ! L’ombre du crime tombe,
Couvrant tout le pays, et, dans ce ciel si noir,
Je vois ta Croix et un Croissant qui la menace !

Si tu as dit la vérité, brisé la tombe,
Viens vers nous, Fils de l’Homme ! et montre ton pouvoir,
Que Mahomet n’ait pas de couronne à Ta Place !"

Oscar Wilde

L’histoire se répète pour ceux qui portent témoignage. Nuit noire et aube blanche et froide. Les cadavres fumant comme des encensoirs. Fous ceux qui croient que la paix est à ce prix. Les fantômes rendent la vie dure. L’Histoire veut qu’ils ressurgissent à un moment ou un autre et l’ignorer c’est conserver la braise ardente sous la cendre qu’on croit définitive. Mais viendra un jour, c’est une espérance, une cascade de feu et d’amour.


Eglise de la Sainte Trinité à Petric, au Kosovo, détruite en 1999 par les Albanais

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20/10/2008

Paradoxe

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Quand on croit il faut parler. Moi je parle sans croire et c’est une croix difficile à porter.

 

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Up & Down

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Lame de fond qui entrave me progression vers moi-même. Moi-même si je suis habité par un peu de cette lumière qui fait tenir le monde, comment atteindrai-je, alors, l'échelle de Jacob ? Si la mort est morte, si Christ est ressuscité, comment rendrai-je ma vie plus vivante encore ? Graver Le Nom dans la paume de ma main. Et n’avoir de larmes que celles de la joie.

 

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19/10/2008

Élégance

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Désabusé, je ne trouve refuge que dans un scepticisme tantôt élégant, tantôt vociférateur.

 

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Apparences

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Les destins se croisent, s’enrichissent et se défont. Je crains que tout ce que j’écris ne soit au final rien d’autre que l’énumération malheureuse et sans intérêt, comme un ridicule catalogue existentiel, des étapes de ce parcours difficile à assumer qui est le mien. Mais j’imagine qu’elles sont rares les personnes qui parviennent à se saisir des cornes du destin comme des cornes du taureau pour le mener dans l’arène, sous les hourras comme sous les hululements de désapprobation. Si je dois mourir à l’instant, aurai-je été un bon mari, un père aimant, un fils digne, un ami fidèle, un tendre amant, un camarade joyeux ? Mais, moi, si petit, un rien, une possibilité à peine, ne suis pas Job comme je l’indiquais hier par les méandres de mes tâtonnements. Je tiens tête au monde, je tiens tête à Dieu et mon monologue indique que je perds contre le monde et quant à Dieu, il reste muet face à mes pitoyables griefs et mes néfastes reproches.

« Le temps est le vainqueur des apparences, et combien cruel ! Que de grandeurs n’a-t-il pas réduites à néant ! »

Julian Stryjkowski, Le Salut était à l'Est

 

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17/10/2008

Hors les murs

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Depuis tout petit et autant que je me souvienne, j’ai toujours été une graine de rebelle. Volonté de me dégager d’une autorité qui m’apparaissait comme exagérée. Absence d’air. Désir vif de déployer mes ailes. Tension foudroyante en moi. Tension entre moi et moi-même. « Je est un autre ». Tension entre moi et le monde, cet ici-bas qui voulait m’organiser, me modeler, me soumettre. En approuvant cette tension je me suis refusé l’adhésion au troupeau, à la subversion mièvre et stérile.

« Le recours aux forêts peut s’opérer à toute heure, en tout lieu et même contre une supériorité numérique écrasante. Dans ce dernier cas, ce sera la seule résistance que l’on puisse concevoir. » Ernst Jünger, Traité du rebelle ou Le recours aux forêts

Mais à présent, plus que jamais, rejet de toute ma force des hordes de rebelles officiels, tous issus du grand moule, fabriqués à la chaine. Le Rebelle authentique est un homme seul, faisant face à tous. Individualiste par excellence il se querelle avec Dieu en personne, c’est un combat qui peut conduire au gouffre nihiliste comme vers une théologie apophatique. Il ose tutoyer le créateur, non du tutoiement de la douceur amoureuse, mais du tutoiement qui exige des comptes. Ce tutoiement peut faire advenir un éblouissement. Celui de Job, centre d’une controverse universelle, devant le tribunal des anges saints et des anges maléfiques, comme si d’une certaine façon Job prenait sur lui les souffrances et les malheurs du monde pour servir de justification aux uns et aux autres, mais juste parmi les justes il en vient à exiger des explications au « pourquoi » qu’il obtient comme une violente illumination.

 

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16/10/2008

Corne d'Abondance...

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 Royauté de l’amour. Impossibilité de dire la trame profonde de cette miraculeuse occurrence. Le monde contribue à l’amoindrir dans le temps par le goût du déclin qu’il lui infuse, le chargeant de mille préoccupations qui ne sont pas de son Royaume. La peur s’installe. Le doute. Lente pourriture. Gangrène. On ne sait plus regarder l’Autre, beau reflet pourtant tangible. Le démon s’y installe et agite ses crécelles. L’éloignement s’établit. La chair devient tiède, puis se refroidit. Un cirque en plein milieu des marécages. Mais l’amour pourrait être fou et sans douleur. Une adoration sublime. Tout au bord du précipice se tient la citadelle imprenable où s’élabore le jeu des amants mutins. Délice de cette retraite, vase clos ouvert — de l’intérieur — vers l’infini que refuse le monde. Abondance y est maîtresse. Délices et compréhension. Profusion souveraine de l’intelligence mobile. Hauteur des mots. Souffles haletants.

« CORNE D’ABONDANCE

Ô BELLE corne, d’où
penchée vers notre attente ?
Qui n’êtes qu’une pente
en calice, déversez-vous !

Des fleurs, des fleurs, des fleurs,
qui, en tombant font un lit
aux bondissantes rondeurs
de tant de fruits accomplis !

Et tout cela sans fin
nous attaque et s’élance,
pour punir l’insuffisance
de notre cœur déjà plein.

Ô corne trop vaste, quel
miracle par vous se donne !
Ô cor de chasse, qui sonne
des choses, au souffle du ciel ! »

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

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15/10/2008

Moraline évacuée

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« À la fin du IVe siècle de notre ère, une patricienne romaine écrivait patiemment son journal sur des tablettes de buis odorantes. Dans la liste des "signes du bonheur" elle fit figurer ceci : "la compagnie d’un homme qui aime le plaisir, c’est-à-dire la politesse du plaisir. " »

Pascal Quignard, Les Tablettes de buis d’Apronenia Avitia

Je crains la raréfaction de ce type d’êtres, aptes à aimer avec distinction, sans exigence autre que la politesse du plaisir, l’échange gratuit sans attache mais qui en aucun cas ne transforme l’autre en objet malléable et soumis. Une sexualité heureuse où les jeux de pouvoir ne sont que jeux enfantins, rieurs et délicats. Pathos tenu à l’écart et douce reconnaissance. Moraline évacuée, tabous maîtrisés donc pudeur authentique. Corps comme de bons vins dans la lumière du jour. Regards qui transpercent les malentendus. Plaisir qui fait, démultiplie les forces, agrandit les âmes, au point d’avoir le sentiment de remplir de soi la vie entière, et de s’emplir soi-même d’un vif jaillissement possible, toujours recommencé. Caresses reconnaissantes. Tout le contraire du consumérisme sexuel et social. Êtres rares, disais-je ? oui. De ce fait je consomme peu. Pas de temps à perdre. Pas de faux plans à tirer sur la comète. Viennent les aigris, les donneurs de leçons, qui agitent le blasphème dans mes propos afin de donner de la consistance à leur propre auto-persuasion. Comment puis-je, par exemple, être en quête spirituelle, me questionner avec une telle constance sur le souffle puissant de la Bible, tout en relisant Nietzsche et en baisant partout où les effluves de l’Eden semblent m’investir. Pas par goût du blasphème, je vous rassure. Je n’aime que la paix. Je n’aime que la joie. Je n’aime que l’amour. Par goût de la contradiction ? Probablement. Sollers, citant Louis-Ferdinand Céline qui écrivait à Henry Miller à propos de son Tropique du Cancer : « Sachez avoir tort. Le monde est plein de gens qui ont raison, c’est pour cela qu’il écoeure. » Puis Walt Whitman : « Je me contredis ? Eh bien, je me contredis. »

Mes lectures m'apportent beaucoup de joie...

 

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14/10/2008

Source

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« Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux… » René Char

En particulier comme ce jour où j’ai abattu sans le moindre effort une dizaine de pages, ces jours où ça déborde et où chaque phrase devient une purification, un délestage, une plus juste compréhension. La feuille devient un miroir où le reflet de ma prière, de ma méditation, évaluent des ellipses, formulent des vibrations, tracent des chemins de traverses où l’être enraciné attend le jaillissement propice. On va, ensuite, dormir serein, de ce sommeil de plomb qui emporte tout sur son passage vers la douce quiétude. On coule à pic sans phénomène de pression.

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13/10/2008

Le Vide, Démoniaque, souvent menace

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Le vide souvent menace. Là même où je désire la plénitude. Comment mener cette bataille ? Je suis plus grand que mes fautes. Mes échecs présents si lourds, mais ils sont insignifiants face au possible qui me clame. Accueillir, accomplir et prodiguer. Comme le Père qui accueille la fumée du sacrifice, le Fils qui accomplit la loi dans son écrin, l’Esprit qui prodigue en retour ce que le Père a reçu. Être, là, procède de ces actes, accueillir, accomplir, prodiguer, qui se répercutent en noms, dans la gratuité. Comme le Père qui reçoit les louanges de la création, le Fils qui, Verbe, élabore et Fait, l’Esprit qui donne en notre creuset pour que nous fassions comme le Fils, ayant reçu comme le Père et offrant, à notre tour, comme l’Esprit. Inspiration. Expiration. Respiration. Création. Et le démon ? Il prend, défait et garde. En séduisant.

« C’est le diable qui tient les fils qui nous remuent !
aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. »

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

 

"Ni ange ni bête…

Nul autre n’a connu que l’homme est la plus excellente créature. Les uns, qui ont bien connu la réalité de son excellence, ont pris pour lâcheté et pour ingratitude les sentiments bas que les hommes ont naturellement d’eux-mêmes ; et les autres, qui ont bien connu combien cette bassesse est effective, ont traité d’une superbe ridicule ces sentiments de grandeur, qui sont aussi naturels à l’homme.
Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns ; voyez celui auquel vous ressemblez, et qui vous a fait pour l’adorer. Vous pouvez vous rendre semblable à lui ; la sagesse vous y égalera, si vous voulez le suivre. «  Haussez la tête, hommes libres », dit Épictète. Et les autres lui disent : Baissez vos yeux vers la terre, chétif ver que vous êtes, et regardez les bêtes dont vous êtes le compagnon.
Que deviendra donc l’homme ? Sera-t-il égal à Dieu ou aux bêtes ? Quelle effroyable distance ! Que serons-nous donc ? Qui ne voit par tout cela que l’homme est égaré, qu’il est tombé de sa place, qu’il la cherche avec inquiétude, qu’il ne la peut plus retrouver ? Et qui l’y adressera donc ? Les plus grands hommes ne l’ont pu.

L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.

Cette duplicité de l’homme est si visible, qu’il y en a qui ont pensé que nous avions deux âmes. Un sujet simple leur paraissait incapable de telles et si soudaines variétés d’une présomption démesurée à un horrible abattement de cœur.

S’il se vante, je l’abaisse,
S’il s’abaisse, je le vante ;
Et le contredis toujours,
Jusqu’à ce qu’il comprenne
Qu’il est un monstre incompréhensible.

Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre. Mais il est très avantageux de lui représenter l’un et l’autre.
Il ne faut pas que l’homme croie qu’il est égal aux bêtes, ni aux anges, ni qu’il ignore l’un et l’autre, mais qu’il sache l’un et l’autre.

Je ne souffrirai point qu’il repose en l’un, ni en l’autre, afin qu’étant sans assiette et sans repos…

L’homme ne sait à quel rang se mettre. Il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver. Il le cherche partout avec inquiétude et sans succès dans les ténèbres impénétrables.

Je blâme également, et ceux qui prennent parti de louer l’homme, et ceux qui le prennent de le blâmer, et ceux qui le prennent de se divertir ; et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant."

Pascal, Les Pensées

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12/10/2008

Floraison III

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Le souffle court
des poumons
gonflés d’une alchimie
secrète et infinie.
Le Haschisch,
la bière,
l’or sous la mousse.
L’océan primitif retrouvé.
Tandis que je bois
je plonge dans ma propre gorge.

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Floraison II

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Etonnement
de la Présence
de Dieu
dans le tombeau pourtant vide
du Christ ressuscité.

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Floraison

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Fleuve qui s’engouffre
Entre le cerveau
Et le cœur.

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Grâce

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Quand on est brisé, enterré, à plat au plus bas dans les platitudes, rongé, anéanti, je me demande si ce n’est, en vérité, une grâce.

« Le Billard noir

Entre deux profondeurs de sommeil et d’oubli,
La terre tourne, et ferme, et rouvre son œil bleu.
Notre état naturel est d’absence dans ces ténèbres.
Mais sans fin convoqués nous franchissons par vagues
L’espace que nos cils cernent ici dans l’épaisseur
Qui nous berce et nous abandonne. Morts. Normalement
Morts (sauf pour ce coup d’œil rapide et circulaire), car
N’étions-nous pas déjà des morts avant de naître, à quel
Désir soudain jetés en pâture, et sur le drap
Du billard noir lancés dans les trajectoires des sphères ? »

Jacques Réda, Retour au calme

Et je pense, je ne sais pourquoi, à André Breton, dans L'Amour Fou : « J’hésite, il faut l’avouer, à faire ce saut, je crains de tomber dans l’inconnu sans limites. » On peut sautiller sur place et faire le fier si ça nous chante. Bomber le torse. Rouler des mécaniques. Les planètes redoutables continuent de tourner. On n’a rien à opposer aux émanations fulgurantes. « Toutes sortes d’ombres » poursuit Breton « s’empressent autour de moi pour me retenir, pour m’opposer de hauts murs que j’ai grand-peine à frapper d’inconsistance. » On cherche le point nodal où se résoudraient les contradictions de notre incarnation et on ne fait que franchir des portes, passer des degrés et rencontrer chaque fois un peu plus une sorte d’éblouissement.

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11/10/2008

Faire Face

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Redevenir le conquérant du tison qui rallume. Je suis en ma demeure et y’a pas l’feu au lac. Le temps a beau se jouer de moi et creuser ses rides sur ma face, je sais tricher et, moi aussi, je joue contre lui.

« Je vous connais, ô monstre ! Nous voici de nouveau face à face. Nous reprenons ce long début où nous l’avions laissé.
Et vous pouvez pousser vos arguments comme des mufles sur l’eau : je ne vous laisserai point de pause ni répit. »

Saint-John Perse, Exil

Je mourrai un jour, ô belle découverte ! En attendant je poursuis ma danse tantôt furieuse, tantôt délicate. Le naufrage du monde est un spectacle dont je ne me lasse pas, même si à l’occasion une symphonie lacrymale vient me laver de la merde.

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Arbre de Vie...

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Amour.
Singularité première.
Informations.
Esprit.
Point zéro.
Propagation calculée.
Sons élaborés.
Trône élevé.
Émanations somptueuses.
Pour qu’advienne le devenir.
Vibre la matière.
Énergie foisonnante.
Ordre.
Amour.
Dès le commencement : Ecriture dans la structure.
Du fond : la forme noble.
Du fond : la joie d’être.
Être pour prendre forme.
Être pour toucher le fond.
Jaillissement du chant de gloire.
Cantique des quantas.
Gloire.
Gloire de la gratuité la plus totale.
Étreinte.
Amour.


=--=Arbre de Vie...=--=

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10/10/2008

Écrire - XV

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L’écriture doit tout exiger de nous. Quand nous écrivons vraiment. Quand nous lisons vraiment aussi. S’il n’y a pas d’exigence dans une écriture, dans une lecture, autant arrêter tout de suite. Posons le stylo. Jetons le livre. Le verbe exige tout de nous puis nous renvoie. Nous renvoie à notre voie. Nous renvoie à notre voix. Nous soumet toujours à l’errance. Écriture ou lecture sont des intermèdes à la dérive, même si elles y participent comme stations tournoyantes, vortex qui happent vers l’infini. Les découvertes, comme des extases, sont impossibles à fixer. Passé. Avenir. Âge d’or du présent en l’écrin intérieur. Établissement impossible. Hors temps et pourtant bien là. Comme les villes qui s’érigent et tentent leur fondation pour dire comme une céleste couronne, bien vite gâchée par la montée du fumier.

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28/09/2008

De là d'où je souris...

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Je suis effroyablement fatigué ces jours derniers. Comme un marin de retour à la terre ferme. Au sortir d’une période de lectures intenses, les livres refermés, l’errance maritime se poursuit sans les mots, dans le creuset de ma chair, par intuitions multiples plantées là et qui font leur chemin. J’ai le sentiment violent que ma vie entière est un code impénétrable, le monde de même et l’histoire humaine, n’en parlons pas, un texte crypté qui m’échappe, tissant une trame dirigée vers l’abîme. La tête tellement pleine que vide. Le cœur enflé de douleur. La bouche sèche et close. Ce monde post-moderne où la fête perpétuelle a trouvé une fondation digne de la gangrène qu’elle veut propager, en vérité enivré de lassitude, alourdit de néant, masque sa médiocrité derrière l’agitation perpétuelle qu’il met en scène quotidiennement.



Il faut une sacrée patience pour traverser Sodome et Gomorrhe chaque jour sans prendre la peine de purifier son entourage avec un cocktail Molotov bien ajusté. Casser une ou deux mâchoires, quelques dents et quelques nez, au mieux botter quelques culs, voilà qui me semble au-dessus de mes humbles forces et me confine, bien souvent, au désespoir duquel je parviens à me tirer par ma nature hédoniste avec une certaine volonté. Il m’arrive de me faire violence pour éclairer ma ténèbre.

« … Non point des larmes — l’aviez-vous cru — mais ce mal de la vue qui nous vient à la longue, d’une trop grande fixité du glaive sur toutes braises de ce monde,

(ô sabre de Strogoff à hauteur de nos cils !)

peut-être aussi l’épine, sous la chair, d’une plus jeune ronce au cœur des femmes de ma race ; et j’en conviens aussi, l’abus de ces trop longs cigares de veuve jusqu’à l’aube, parmi le peuple de mes lampes,
dans tout ce bruit de grandes eaux que fait la nuit du Nouveau Monde.

… Vous qui chantez — c’est votre chant — vous qui chantez tous bannissements au monde, ne me chanterez-vous pas un chant du soir à la mesure de mon mal ? un chant de grâce pour mes lampes,
un chant de grâce pour l’attente, et pour l’aube plus noire au cœur des althoeas ?

De la violence sur la terre il nous est fait si large mesure… Ô vous, homme de France, ne ferez-vous pas encore que j’entende, sous l’humaine saison, parmi les cris de martinets et toutes cloches ursulines, monter dans l’or des pailles et dans la poudre de vos Rois

un rire de lavandières aux ruelles de pierre ?
(…) »

Saint-John Perse, Exil – Poème à l’étrangère


Saint-John Perse

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27/09/2008

Utopia

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Ce que la révolution française a su faire ? Fonder puis poursuivre le désordre affectif érigé comme succédané à la raison, surtout en matière politique. La tyrannie du cœur. Une gigantesque rave party collective et régicide. Un égrégore qui n’en finit pas de broyer. Un névrotique caca nerveux qui chie du sang et de la bile, mais prend le temps d’afficher un sens certain de la solidarité avec l’hébétude qui convient. Infantiliser le peuple et en faire les moutons d’une utopie… puis d’une suite d’utopies toutes issues de la première : nationalisme, fascisme, nazisme, communisme, socialisme… tous, à mesure que nous avançons dans le temps, de moins en moins sensés, de plus en plus sordides. C’est bien la guillotine qui a inauguré la mise à mort industrielle.

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22/09/2008

Voie... Voix...

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L’œil et la raison sont traitres. Mon problème est que je cherche à voir. Or, en ce cas précis, peut-être que la puissance et la noblesse seraient de ne pas voir afin de croire. N’être que le reflet du ciel. Sanctuaire.

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Tourments

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1h30 du matin. La nuit est un drap frippé tombé sur la ville. Le froid, les néons, par la fenêtre de la cuisine, participent à l’amplification redoutable de l’écho qui me parvient de la réalité distordue, cette étrange présence indéfinissable soulignée par le tabac et l’alcool. C’est un de ces instants où la vie a un poids double, où l’on n’ose pas s’attarder sur le fond des angoisses cueillies en chemin et on aspire à la paix, mais pas à cette paix confortable du pourrissement de la sécurité que mon corps a fuit quitte à perdre son âme dans le brasier des errances. Je ne sais si je formule mes questions comme elles se doivent d’être formulées, mais les questions me cisèlent, c’est sûr. Le cercle quotidien est un hachoir. Les convenances, les commandements sournois, la ligne droite sans bifurcation. Mais doux est mon exil qui, à l’intérieur, me fonde, malgré les mêmes nausées que du temps de mon enfance. Les questions me cisèlent, me taillent comme une pierre brute, tournoient dans mon désert comme une félicité de feu. Le plongeon négatif qui s’ouvre sur le ciel.

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