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22/09/2008

Tourments

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1h30 du matin. La nuit est un drap frippé tombé sur la ville. Le froid, les néons, par la fenêtre de la cuisine, participent à l’amplification redoutable de l’écho qui me parvient de la réalité distordue, cette étrange présence indéfinissable soulignée par le tabac et l’alcool. C’est un de ces instants où la vie a un poids double, où l’on n’ose pas s’attarder sur le fond des angoisses cueillies en chemin et on aspire à la paix, mais pas à cette paix confortable du pourrissement de la sécurité que mon corps a fuit quitte à perdre son âme dans le brasier des errances. Je ne sais si je formule mes questions comme elles se doivent d’être formulées, mais les questions me cisèlent, c’est sûr. Le cercle quotidien est un hachoir. Les convenances, les commandements sournois, la ligne droite sans bifurcation. Mais doux est mon exil qui, à l’intérieur, me fonde, malgré les mêmes nausées que du temps de mon enfance. Les questions me cisèlent, me taillent comme une pierre brute, tournoient dans mon désert comme une félicité de feu. Le plongeon négatif qui s’ouvre sur le ciel.

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21/09/2008

Qu’il y ait des oraisons partout !

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Ce furieux sentiment que la langue dépasse, de loin, la pensée. Celle-ci tente juste d’organiser le tout, l’ensemble, croyant selon la formule bien connue que l’être en jaillit. Mais c’est de la langue, il me semble, que l’être se manifeste et s’impose. Et si par miracle l’une et l’autre se lovent en un tourbillon quantique tout est détruit et renouvelé. La langue s’empare de moi. Je crois la travailler mais c’est elle qui me travaille. Et si un soleil grec, avec un peu de chance, vient se mêler à cette curieuse affaire, l’inachèvement et la discontinuité deviennent un bonheur : celui de l’infini toujours possible, du même texte toujours différemment recommencé, du même texte qui est le monde, du même texte qui est la vie. C’est une surprise que tout soit. C’est un mystère que je pense cela et l’écrive sans l’avoir voulu. C’est un mystère que je respire. Principe. « Qu’il y ait des oraisons partout ! » Jack Kerouac, Grand voyage en Europe.

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15/09/2008

Racines

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J’aime cette citation de Léon Daudet, tirée de ses Souvenirs Littéraires, un court chapitre, deux pages, consacré à Charles Maurras : « L’avenir ne s’éclaire que dans la mesure où le présent demande au passé ses leçons éprouvées. L’Humanité procède par reviviscence et par enveloppements d’aspects renouvelés, dans les principes éternels de la Raison. »
Et cette citation de Georges Bernanos, tirée de La France contre les robots : « on ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

Lorsque l’on voit que toute vie intérieure est désormais reléguée dans un passé lointain, mort et enterré, ou au mieux autorisé dans le grand shopping new-age où chaque imbécile peut se construire son petit autel intérieur bardé de syncrétismes individuels plats, sans profondeur ni reliefs, on se dit que le présent ne questionne plus le passé et que les voies de l’avenir sont bouchées comme des égouts coincés de merde.

« (…) l’oubli rapide des évènements, même récents, semble être une des caractéristiques de la culture de masse. [on] enseigne de moins en moins l’histoire dans les écoles. Prenons toutefois conscience de ce qui se passe simultanément. Jamais encore toute la peinture et toute la musique du passé n’ont été aussi universellement accessibles, à travers les reproductions et les disques, jamais on n’a su reconstituer d’une manière aussi visuelle la vie des civilisations révolues, jamais non plus de telles foules n’ont visité les musées et les galeries d’art ancien. Ainsi la technique, qui chasse l’histoire des salles de classe, récupère ce qu’elle a détruit, et peut-être même davantage. »
Czeslaw Milosz, Témoignages de la Poésie

« Est-il vrai qu’il faille enseigner l’histoire aux enfants sans qu’ils la comprennent et de façon à meubler leur mémoire de quelques dates et de quelques évènements ? C’est extrêmement douteux. On ne s’y prendrait pas autrement si l’on voulait tuer l’intérêt. En tout cas, un âge vient, et très vite, où l’on a besoin d’un fil conducteur, où l’on soupçonne que les hommes d’autrefois ressemblaient à ceux d’aujourd’hui et que leurs actions avaient des motifs pareils aux nôtres. On cherche alors la raison de tout ce qu’ils ont fait et dont le récit purement chronologique esst insipide ou incohérent. » Jacques Bainville, Histoire de France – Introduction

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14/09/2008

Saint...

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Le feu de la sainteté brûle. Saint est le souffle qui enfle mes poumons. Sainte est la pensée qui me torture. Saints les cauchemars qui me réveillent en sueur. Sainte la malédiction qui nous est donnée comme un défi. Sainte est la langue quand elle est entendue.
Claudel : « Le clair dialogue avec le silence inépuisable ». Le langage quotidien annihile, réduit les mots aux balbutiements informatifs. La langue puise, nomme, élève la sainteté. Sainte est l’érection matinale. Saintes les menstrues. La poésie est martyre : elle porte témoignage, elle dit l’inavouable. Mais il faut pouvoir l’entendre avant que d’oser se brûler au feu de la Sainteté. Le réel voilé attend le dévoilement. « Le citoyen d’un état moderne, non plus seulement de son village ou de son district, et qui sait lire et écrire, est mal préparé à accéder aux biens intellectuels d’ordre supérieur. Il est maintenu artificiellement à un niveau plus bas par la télévision et les magazines illustrés, et ces médias — indépendamment de leur aspect technique — sont pour l’esprit comme les chaussures qui blessaient les pieds des femmes dans la Chine antique. Dans le même temps, l’élite s’occupe de ce qu’on dénomme culture, c’est-à-dire qu’elle s’adonne en général à des rites imposés par le snobisme et supportés avec ennui. » (Czeslaw Milosz, Témoignages de la Poésie)

Sainte est la rue, poisseuse et humide, puante et sanglante. Saintes les cathédrales que caressèrent des mains d’homme. Dans le cercle, tourbillonnant, nous sommes saints sans le savoir, perdus, éteints, chancelants et fiers. Saint sera l’éveil quand les yeux injectés de sang s’ouvriront. Saints les maudits qui se complaisent dans leur malédiction. Saint l’écrivain, christ mineur, qui porte sa croix en silence et attise la forge du Verbe. « Le feu qui dévora Sodome et Jean Huss et la cigarette que je viens de jeter, le feu court sur la mer et les marais, au flanc des cimetières, dans la fumée des locomotives, aux hublots des transatlantiques. » (Robert Desnos, Deuil pour deuil). Sainte est la mort qui nous surveille. Saint le froid de l’hiver qui vivifie et qui tue, comme l’Esprit Saint et sa flamme qui éclaire les synapses. N’allez pas croire que je mets tout à niveau égal. Je décris une ronde qui nous submerge chaque jour. Je décris la subjugation qui nous surprend comme une proie. Je décris la soumission qui nous interdit. Je dis notre carne au milieu du brasier.

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13/09/2008

Écrire - XIV

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Cela fait longtemps que je tourne autour du livre que je voudrais écrire, mais je ne parviens pas à me décider. Le temps passe et rien ne se passe, mais cela ne dépend que de ma petite volonté. La vie dans ce qu’elle a de plus médiocre m’enserre et me malmène, me bouffe les nerfs, me soumet à sa routine. J’amoncèle des feuilles, des carnets, tiens un journal intime que ne lirons, peut-être, même pas mes propres enfants. Je gère mal un Blog sur internet qui ne doit pas servir à grand chose. Mais je m’amuse, au moins, de tout ça, sans y accorder l’importance que d’autres accordent à leurs blogs avec une fièvre qui n’est pas la mienne. Malgré tout, il y a dans ma façon de faire comme une nécessité qui me dépasse.
Verlaine : « La vie est là, simple et tranquille. » Je la perçois dans le rugissement du monde. C’est un geste de négation magistral, quand on y songe, ô lumineuse conscience, ostentatoire dans l’acte, radical dans le positionnement. Le souffle fétide du monde et, pourtant, « la vie est là, simple et tranquille ». Paradoxe de la conscience ouverte qui étreint le temps et cet espace. « La vraie vie est ailleurs » mais elle est construite avec méthode ici et maintenant, dans un replis, une aristocratique mise à l’écart, une minutieuse création, pensée, réfléchie, une concertation entre moi, moi-même et je. Et « je est un autre ». Écrire, au cœur des ténèbres, c’est se façonner une aire de liberté que ne soupçonne guère le commun des mortels. L’homme du repli que je suis, n’est pas asservi à la multitude qui s’agite sous le soleil de Satan. Cloitré, tel un moine, je respire au souffle de mon écriture, contrairement aux fous qui dansent mal et qui hurlent en dehors de ce cloitre qui est le mien, ma tour au milieu des marécages, sous le déluge constant de la bêtise humaine, du conditionnement et du conformisme viscéral qui s’est installé dans chaque parcelle des malades qui se complaisent à n’être rien. C’est une négation qui affirme.

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12/09/2008

Ici-bas...

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Avancer toutes voiles dehors.
Respirer l’air du grand large.
S’afficher contre la finitude classique qui crispe les corps, le désir, le langage. On veut ne voir en moi qu’un triste réactionnaire, un conservateur arrêté, un fascîîîîîîîsteuh élémentaire. Cela sied à merveille aux vomisseurs professionnels qui n’osent pas se demander si l’homme existe vraiment, convaincus que la sinistrose du jeu social est la seule réalité qui vaille, sa seule et unique fondation, dont la compréhension puis la gestion assurerait un séjour stable ici-bas, sur cette terre qui se dérobe pourtant sous ses pieds d’où Dieu semble s’être absenté.

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11/09/2008

Signes...

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Signes visibles que cette fureur générale, ces cadavres disséminés, ces râles, cette souffrance que vomit l’humanité sans un seul instant de suspension, morte espérance qui se relève, âmes damnées dans des corps troublés, rivières de larmes et de sang, puanteur des charniers, siècles qui valsent dans la fournaise qu’alimente l’Homme en se mouchant dans des lambeaux de chair. Signes visibles d’une fin proche, d’une fin qui a déjà eu lieu, d’une fin qui n’en finit pas de finir et de recommencer.

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10/09/2008

Voilé...

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J’entrouvre la porte des mondes secrets. À l’affut. En attente. Une archéologie insoupçonnée. Ces mondes sont le monde, lorsque la réalité ne nous requiert pas, que nous voyons au-delà, et que la terre fait sens. Rilke :

« Promptitude des métamorphoses du monde,
Comme formes de nuages,
Toute chose accomplie
Retourne au sein du Tout-ancien
(…)
Seul le chant de la terre
Consacre et maintient. »


Étroite est la Réalité fermée à la douleur, à l’amour et à la mort. Un voile recouvre tout ce qui est essentiel et creuse davantage l’abîme de l’être, l’enterre, le clos. Mais « l’assombrissement du Monde n’atteint jamais la lumière de l’être. » (Heidegger)

« Si ce monde vous ennuie, changez-en ! » Philip K. Dick.


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Ouverture...

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Agencement des mots.
Qualité de silence.
Impatiente patience.
Jour de joie dans le secret de mon cœur.
Patiente impatience.
Empathie totale.
Amour.
Pas d’ennui.
Pas de violence.
Présence claire.
Visage.
Être.

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09/09/2008

Question of choice...

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Ce qui a permis au protestantisme d’assurer sa pérennisation c’est la persécution qu’il a subi qui l’a orienté vers le libéralisme, sinon son idée que notre destin est scellé quoi que l’on fasse est un totalitarisme inexistant dans le catholicisme ou l’orthodoxie. Je ne suis pas du tout surpris de savoir que les protestants allemands ont plus facilement collaboré avec les bêtes sanguinaires nazis comparativement aux catholiques. En Italie, en signant les accords du Latran, en 1929, sous Mussolini, l’Église Catholique se donnait une liberté d’action par rapport à l’État fasciste et aux États à venir. Faits à l’image de Dieu, le libre arbitre nous couronne. Le choix. La décision.

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Verbe

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Novalis a dit que l’on revient toujours à la maison. Au foyer où brûle l’âtre. Là où Heidegger affirme que l’être est enraciné, par ces chemins qui clament le vide pour combattre le néant. Le vide qui fait advenir ce que nous sommes vraiment. Homme tu es un être des horizons, l’ici et maintenant se dérobe à ta présence et tu esquives sa présence. Et Hölderlin :
« Je reviendrai donc dans mon Ionie : c’est en vain que j’ai quitté ma terre natale et cherché la vérité.
Et comment des mots auraient-ils apaisé la soif de mon âme ? Des mots, j’en trouvai partout ; partout des nuages, Héra nulle part.
Je les hais comme la mort, ces misérables compromis de quelque chose et de rien. Devant l’irréel, toute mon âme se hérisse.
Ce qui ne peut m’être tout, pour l’éternité, ne m’est rien. »

Thalia

Quel est ce vestige obscur, là et aussi en retrait, affleurant à la lumière que l’être ne distingue pas ou si mal ? Il n’y a qu’un seul et unique monde qui nous porte, que nous pensons, qui est le flux même de la vie, à commencer par nos « collines inspirées » si nous savions les écouter et en entendre la voix portée par les vents qui la croisent.

La langue parle, il faut l’écouter.

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08/09/2008

Écrire - XIII

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L’écriture est la forme d’art la plus libre et la plus abordable. Des cahiers, quelques stylos, et ouverture des écoutilles. Les cahiers peuvent finir pour un long temps dans un tiroir, un grenier, une cave. Aucune importance. Un jour une main vient, se saisit de l’objet, l’ouvre et s’illumine de la découverte. Entre les lignes on devine le souffle de l’écrivain, ses doutes, ses certitudes, sa vision se plantant dans sa chair, sa plume épuisant le monde. C’est pour cela que je suis heureux d’écrire dans le secret de mon alcôve. Le charme opère sur moi, au moins, je l’assure. Pas de prétention particulière, si ce n’est l’envie de creuser mon sillon tranquillement, n’attendant rien du système à part son écroulement prochain.

« La solitude ne plante rien : elle fait mûrir…
Encore te faut-il en plus l’amitié du soleil ! »

Friedrich Nietzsch, Poèmes

Dans le désarroi de ce monde que je scrute comme un nomade en exil je suis vivant de ma vie heureuse. J’ai péché, pauvre de moi, en aimant. Les imprécateurs peuvent hurler et vomir leur bile. « On est ce qu’on est devant Dieu, et rien de plus » dit une phrase du Curé d'Ars. Les contempteurs peuvent reprendre leurs reniements, leurs jugements, leur néantisation générale, leur glissement abbyssale qu’ils croient paradisiaque. Grand bien leur fasse.

« Il est nécessaire à la vie commune de se tenir à hauteur de mort. »
Georges Bataille


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Enclume

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Dans un monde de nains les médiocres sont rois et les clercs de la République mènent la danse au-delà de leurs cénacles. Je ne me fais aucune illusion. Je parviens à danser du milieu du brouhaha selon les exigences de ma nature.

J’ai voté pour Nicolas Sarkozy car je préfère être gouverné par une enclume que par une cruche.



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07/09/2008

En dehors...

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Attaques lâches, traitresses et déloyales. Minables procès d’intention voilà comment se comportent les vertueux vis-à-vis de ma personne. La montée en puissance de la « pensée unique » a créé un « no man’s land » où elle entasse, comme son nom l’indique, tous ceux qui ne sont pas dignes de faire partie du monde des hommes car ne répondant pas à ses critères moraux. « No man’s land » déployé, comme dans L’Enfer de Dante, en cercles concentriques où chaque sujet est placé selon le poids de ses supposées fautes. Conformisme de la névrose, paresse intellectuelle, embourgeoisement hystérique, voilà le règne qui dresse les tribunaux. Abordez un sujet estimé clos par ces tristes éminences et votre affaire est scellée. Leur haine frétille comme l’œil de verre de Le Pen et elle a la bave facile. Les chiens s’aboient dessus et se mordent avec délectation. Sado-masochistes se manuelisant mutuellement leurs pauvres neurones et n’ont de défouloir que dans les plaintes profondes, les gémissements mondains, la haine sonore scandée sur les tribunes, le mépris de soi et de l’autre synthétisé par des idées courtes. À gôche comme à drouâte. Grand est mon bonheur d’être en dehors de ces meutes.

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Écrire - XII

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Par l’épanchement à la source, l’acte vif saisi l’instant propice et cristalise les mots en une sculpture qui fige un nouveau point de départ pour d’autres pensées à venir. Le miracle du verbe se nomme infini. L’écrivain ne crée rien. Conscience pleine et présente il n’est que le dépositaire d’une œuvre reçue à accomplir. Il ciselle ses phrases comme une canne d’ivoire à la parfaite droiture et un pommeau d’or pur taillé à la convenance de l’être. Artisan il quête la forme porteuse du fond, le fond expulsant la forme, œuf de l’athanor surgi, sphère de l’intellect et flèche du désir. Sel de l’âme offerte aux transes sans alcool. Vibrations de l’univers qui s’immiscent telles des hordes en fête dans les territoires intérieurs d’où le nomade guette l’arrivée des anges à l’amour sans pareil.

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