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07/06/2015

Pour l’instant, l’homme n’est qu’un pionnier de lui-même...

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« L’homme - mais bien sûr, mais comment donc, nous sommes parfaitement d’accord : un jour il se fera ! Un peu de patience, un peu de persévérance : on n’en est plus à dix mille ans près. Il faut savoir attendre mes bons amis, et surtout voir grand, apprendre à compter en âges géologiques, avoir de l’imagination : alors là, l’homme ça devient tout à fait possible, probable même : il suffira d’être encore là quand il se présentera. Pour l’instant il n’y a pas de transes, des rêves, des pressentiments… Pour l’instant, l’homme n’est qu’un pionnier de lui-même. Gloire à nos illustres pionniers ! »

Romain Gary, Gloire à nos illustres pionniers

 

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04/06/2015

Taches grises dans le 93

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« Les renseignements généraux ont établi la liste des cent soixante-douze "cités interdites" de France, où les lois de la République ne sont plus en vigueur. Si un géomètre urbaniste se penchait sur le sujet, il calculerait -cadastre en main- la superficie de ces zones de non-droit. nous saurions ainsi quelle proportion du territoire français est tombée dans cette catégorie nommée par les géographes "taches grises", ces étendues -- comme le Changtang tibétain, la Corée du Nord ou la ligne de contrôle indo-pakistanais -- rendues inaccessibles par une situation politique et qui retournent peu à peu à l’état de terres méconnues où toutes les explorations redeviennent possibles. »

Sylvain Tesson, Géographie de l'instant

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Ces lieux où l’on trouve encore des vierges

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« Au sommet du Petit Dru, dans le massif de Chamonix, il y a une Vierge Marie en aluminium. Elle regarde vers le couchant. L’alpiniste qui arrive au sommet - passablement épuisé - se porte vers elle instinctivement, la touche, la caresse et la photographie. Il lui murmure quelques mots de gratitude. Le crâne de la statue est constellé d’impacts qui ont fait fondre le métal. Une vierge n’est pas à l’abri des coups de foudre. »

Sylvain Tesson, Géographie de l'instant

 

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On se réfugiera dans le cinquième tome du très profond "Journal" d'Ernst Jünger...

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« Parution des "Mémoires" du légendaire Pierre Guillaume. Ce lieutenant de vaisseau est un Surcouf en habit d'officier avec un coeur d'or, une volonté d'airain, et une tête aussi dure que le granit armoricain. Guerres d'Indochine et d'Algérie, clandestinité, navigations solitaires, naufrages, emprisonnements, évasions, renflouements de bateaux : les chapitres de sa vie se succèdent comme les salves d'une fantasia.
Hégel disait de Napoléon qu'il était l'esprit de l'Histoire sur un cheval. Pierre Guillaume c'est l'esprit d'aventures au bord d'une Jonque. Et par "aventure", il faut entendre la grande : celle qui fait du monde un théâtre, de l'action une mystique, de la vie une monture, de l'obstacle un objectif. Son existence fut tout entière dédiée à la mer, dont les Bretons déplorent que les accidents de la tectonique l'aient empêché de recouvrir la totalité du globe terrestre.
Un bémol cependant à la lecture du livre : le passage où les marins français se livrent à ce que l'auteur n'appelle pas un viol collectif mais qui en est bel et bien un : pendant la guerre, cinquante matelots passent sur deux femmes philippines séquestrées dans le bateau où Guillaume est en poste. Tout en réprouvant ses camarades, il lâche laconiquement : "La plus jeune en avait ramassé une vingtaine et était assez "out". Toutes les deux étaient des putains, mais enfin, à cette cadence... Tout cela n'était quand même pas glorieux..."
Etrangement après cet infâme épisode, on perd un peu de sa capacité d'indignation devant les épreuves subies ensuite par les valeureux officiers français ! On se réfugiera dans le cinquième tome du très profond "Journal" d'Ernst Jünger où l'officier allemand évoquant sa campagne de France écrit : "Je n'ai pas vus d'atrocités de mes yeux. Je les ai arrêtées dans l'oeuf." »

Sylvain Tesson, Géographie de l'instant

 

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Séduisante chimère

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« Ceux qui avaient interprété la démocratie individualiste issue des Lumières comme une décadence, semblent souvent justifiés aujourd’hui. Elle est bel et bien entrée elle-même en décadence par rapport à ses propres valeurs et à ses ambitions. Son système de sociabilité qui n’a jamais bien fonctionné en Europe est en plein dérapage, surtout en France, lieu de sa fondation. La république contractuelle une et indivisible implose sous nos yeux. Dans sa lucidité, Raymond Aron, pourtant libéral convaincu, l’avait pressenti au terme de ses "Mémoires"(Julliard, 1983): "Sans adopter l’interprétation spenglérienne selon laquelle la civilisation urbaine, utilitaire, démocratique marque en tant que telle une phase de décadence des cultures, il est légitime de se demander, [...] si l’épanouissement des libertés, le pluralisme des convictions, l’hédonisme individualiste ne mettent pas en péril la cohérence des sociétés et leur capacité d’action."
De cette nocivité, la plus grande partie du monde européen était convaincue avant 1914. Mais ce qui donnait de la force au rejet de l’idéologie des Lumières et de 1789, c’est que ce monde européen des monarchies et de l’ancien ordre féodal rénové était aussi le plus efficace, le plus moderne et le plus compétitif sur le terrain économique, social et culturel. Ce fait oublié, il convient de le rappeler. D’abord parce que c’est une réalité historique et à ce titre méritant d’être connue. Ensuite, parce que cette réalité permet de prendre du champ par rapport à l’illusion d’optique que les victoires répétées des Etats-Unis ont imposé depuis la fin du XXe siècle. Illusion qui fait prendre le phénomène particulier et contingent de la société américaine pour une nécessité universelle. Cette séduisante chimère s’est installée d’autant plus aisément que dans nos sociétés les esprits ont été formés depuis longtemps par l’imprégnation inconsciente de la vulgate marxiste à une interprétation déterministe et finaliste de l’histoire où le succès momentané vaut preuve. »

Dominique Venner, Le Siècle de 1914

 

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29/05/2015

La présence des autres affadit le monde

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« C'est fou ce que l'homme accapare l'attention de l'homme. La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui vous rend jouissance des choses. »

Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie

 

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28/05/2015

Des choses dangereuses, inflammables

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« Je ne peux écrire qu’en touchant à des choses dangereuses, inflammables et qui déplaisent. »

Philippe Muray, Ultima Necat I - Journal intime (1978-1985)

 

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Adolfo Wildt

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« De même que je vous ai recommandé de garder votre marbre toujours propre, y compris pour des raisons d'ordre spirituel, je vous conseille de ne pas laisser prendre à votre personne, dans le maniement de vos outils (foret, ciseau ou autre), des attitudes grossières ou vulgaires ; faites plutôt preuve d'énergie et de correction : car tout se reflète dans l'esprit, et par là dans l’œuvre. »

Adolfo Wildt, L’Art du marbre

 

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Aimez votre solitude, supportez-en la peine

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« Aussi, cher Monsieur, aimez votre solitude, supportez-en la peine : et que la plainte qui vous en vient soit belle. Vous dites que vos proches vous sont lointains ; c'est qu'il se fait un espace autour de vous. Si tout ce qui est proche vous semble loin, c'est que cet espace touche les étoiles. »

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

 

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La Nature ouvre toujours les bras pour étreindre l’homme

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« Même en des lieux isolés, parmi des objets sordides, un acte vrai ou héroïque semble toujours attirer vers lui le ciel pour en faire son temple et le soleil son cierge. La Nature ouvre toujours les bras pour étreindre l’homme, si ses pensées sont à la hauteur. »

Ralph Waldo Emerson, La Nature

 

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27/05/2015

Les théories imaginaires de ces législateurs des rêves

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« Finissons-en avec les théories imaginaires de ces législateurs des rêves, qui, en plaçant le but hors de portée parce qu’il est hors de la vérité, consument le peuple en vains efforts pour l’atteindre, font perdre le temps à l’humanité, finissent par l’irriter de son impuissance et par la jeter dans des fureurs suicides, au lieu de la guider sous le doigt de Dieu vers des améliorations salutaires à l’avenir des sociétés.

Rousseau et ses disciples en politique n’ont pas jeté au peuple moins de fausses définitions de la liberté politique que de l’égalité sociale.

Qu’est-ce que la liberté, selon ces hommes qui ne définissent jamais, afin de pouvoir tromper toujours l’esprit des peuples ?

La liberté de J.-J. Rousseau, c’est le droit de se gouverner soi-même, sans considération de la liberté d’autrui, dans une association dont on revendique pour soi tous les bénéfices sans en accepter les charges. »

Alphonse de Lamartine, Cours familier de littérature

 

 

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Il souhaitait être lui-même à la plus haute puissance

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« On se rappelle le point de départ de M. Barrès.
II s’est donné tout d’abord comme un fervent du culte du "moi". On connaît son point d’arrivée : il est aujourd’hui l’un des chefs de l’école traditionaliste.
Une formule, "la Terre et les Morts", revient toujours sous sa plume,
"Avec quel plaisir", s’écrit-il, "en quittant cette Athènes fameuse, je retrouverai mon origine lorraine !
Là je me rappellerai mon enfance et mes morts."
Le culte, la religion du sol natal, une acceptation soumise et constante des pensées et des sentiments transmis par les aïeux qui les ont reçus eux-mêmes de la petite patrie, de ses paysages, de son climat autant que de son histoire ; l’appel aux énergies inconscientes et nourricières qui dominent dans nos hérédités ; la foi dans les vertus mystérieuses de la race ; un silence auguste de tout l’être pour mieux écouter les morts qui parlent — suivant l’admirable image de M. de Vogüé, — telle est la doctrine à laquelle aboutit l’égotisme systématique, effréné, très voisin d’être morbide, du héros de Sous l’œil des barbares, de l’Ennemi des lois, du Jardin de Bérénice ; et, ce qu’il y a de plus saisissant pour qui suit les étapes marquées par chacun de ces ouvrages, c’est que l’apparente contradiction de ces deux attitudes morales est en réalité une concordance.
Cette pensée n’a pas évolué, en ce sens qu’elle n’a pas changé.
Elle s’est simplement creusée.
Mais, pour accomplir ce travail, elle a dû se débattre dans une fièvre horriblement douloureuse d’impuissance et d’incertitude, et traverser une crise intérieure où d’innombrables âmes de ce temps retrouveront l’histoire de leur propre jeunesse.
On pourrait l’appeler la tragédie de l’individualisme.‌

Qu’est-ce en effet que ce "culte du moi" qui provoqua des discussions si passionnées quand le jeune écrivain s’en proclama le pontife ?
Rien d’autre que la revendication individualiste qui semble la caractéristique même de la société contemporaine.
La formule pourtant enveloppe quelque chose de plus.
Ce mot de culte, adopté sans doute par ce ton d’arrogance agressive cher aux adolescents farouches et fiers, avait son sens de rectification.
Il signifiait, chez celui qui l’employait, un parti pris non seulement d’indépendance irréductible, mais de primauté.
Cet individualiste prétendait ne pas se contenter d’être lui-même.
Il souhaitait être lui-même à la plus haute puissance.
Il voulait être un individu supérieur.
Ingénument, instinctivement, il se heurtait à ce qui demeure la plus saisissante peut-être des antinomies du monde issu de la Révolution.
Car si c’est un des lieux communs des moralistes actuels, que notre société a pour caractéristique l’individualisme, c’en est un autre, et trop justifié, que la diminution, parmi nous, des individualités vigoureuses.
Cet âge de personnalisme à outrance se trouve aussi être un âge de personnalités de plus en plus faibles, de plus en plus anémiées.
Qui de nous n’a entendu déplorer, qui n’a déploré, dans les heures difficiles que le pays a pu traverser depuis la guerre de 70, cette pénurie d’hommes remarquables, comme la vieille France, même finissante, en a tant produit ?
Qu’était cette élite d’admirables ouvriers civils et militaires qui collaborèrent avec Bonaparte à la prodigieuse aventure impériale, sinon des enfants de l’ancien régime ?
Tous avaient eu leurs vingt ans aux environs de 89.
Tous sortaient d’un ordre social systématiquement, séculairement hostile à l’individualisme, et le résultat fut un pullulement de robustesse et d’initiative, "Napoléon, professeur d’énergie !..." ce cri échappé à M. Barrès ramasse dans son raccourci des jours et des jours de réflexion, de "méditation", — pour parler le langage d’Un Homme libre, -— devant cette énigme : le contraste entre les dégénérescences d’une époque libérée, mais si féconde en avortements, et tout près, à deux âges d’homme, les vitalités d’un temps hiérarchisé, emmaillotté de préjugés, mais si riche en destinées glorieuses, si magnifique de virilité triomphante !‌ »

Paul Bourget, Études et portraits III, Sociologie et littérature

 

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Une approbation quasi unanime des lettrés de tous les partis

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« L’entrée de M. Maurice Barrès à l’Académie française a été saluée par une approbation quasi unanime des lettrés de tous les partis.
C’est un des signes réconfortants de l’heure présente — et à y regarder de près, ils commencent à se multiplier — que cette trêve des discordes civiles, et dans la compagnie elle-même et au dehors, en présence d’un écrivain de grande race.
Les violences du polémiste ont été oubliées pour une heure, par un tacite accord devant le beau talent d’un des meilleurs prosateurs et des plus rares qui aient paru depuis ces vingt ans.
Il y a une haute leçon dans le chiffre de voix obtenu par l’auteur de Leurs Figures et de l’Appel au soldat.
Sans chercher à pénétrer le détail du scrutin, il est évident que le nouvel élu a réuni sur sa tête les suffrages de confrères qui ne partagent ses jugements, ni sur les hommes qu’il a pu défendre ou attaquer, ni sur les causes qu’il a servies.
Ce sera l’honneur des adversaires des idées chères à M. Barrès, qu’ils lui aient rendu cet hommage, et c’est son meilleur éloge qu’il l’ait mérité, non seulement par ce don de la phrase frémissante et passionnée, mais par un développement de sa pensée de plus en plus sérieux et sincère.
Je voudrais indiquer ici en quoi a consisté ce développement, je dis l’indiquer, car retracer l’histoire de cette sensibilité et de ces idées, ce serait écrire une histoire de la sensibilité et des idées de toute une génération.
Si M. Barrès est, sans conteste, parmi les artistes littéraires d’aujourd’hui, celui qui a sur la jeunesse la prise la plus forte, il le doit à ce que son originalité enveloppe de représentatif.
II s’est posé, à vingt-cinq ans, un des problèmes essentiels de notre âge, et il lui a donné une solution qui se trouve être celle d’un groupe déjà très considérable, parmi les nouveaux venus.
Ce mouvement ira-t-il s’accentuant ?
Pour ma part, j’en suis persuadé, et que la thèse psychologique qui circule d’une extrémité à l’autre de cette œuvre si contrastée en apparence, d’Un Homme libre au Voyage à Sparte, n’a pas fini de porter tous ses fruits.
Mais cela, c’est l’avenir :‌

L’Avenir dont les Grecs ont dit ce mot pieux ;‌
C’est un enfant qui dort sur les genoux des Dieux. ‌

Nous pouvons, dès aujourd’hui, affirmer que nous possédons, dans ces livres de M. Barrès, un document indiscutable sur ce que nos pères appelaient romantiquement la jeune France.
Ceux qui la composent ne s’intéresseraient pas à cet écrivain si raffiné avec cette partialité s’ils ne trouvaient en lui des réponses à quelques-unes des questions qui leur tiennent le plus au cœur.‌ »

Paul Bourget, Études et portraits III, Sociologie et littérature

 

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De siècle en siècle

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« Le fleuve coule de siècle en siècle et les histoires des hommes ont lieu sur la rive. Elles ont lieu pour être oubliées demain et que le fleuve n'en finisse pas de couler. »

Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être

 

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Les machines étaient en train de former un monde autonome

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« Quelle que soit l'issue de cette guerre, elle façonnerait complètement le monde d'après, comme aucune ne l'avait fait avant elle. Les Allemands, les Américains, et sans doute les Russes de leur côté, fabriquaient les composants essentiels de toutes les guerres de l'avenir, donc de la paix universelle dont le régime serait celui de cette innovation technique permanente, cette guerre incessante que se livraient les machines entre elles, et dont les humains n'étaient au final que les cobayes. Dans l'aube blême qui se levait sur les ruines de l'Europe, une intuition s'était logée en lui comme une munition fatale : ce n'était plus les hommes qui testaient les machines pour les améliorer en vue d'augmenter leurs facultés de compétition contre les autres hommes, mais les machines qui étaient en train de former un monde autonome en se servant des êtres humains pour éprouver leurs compétitivité avec eux. »

Maurice G. Dantec, Métacortex

 

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