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27/05/2015

Les machines étaient en train de former un monde autonome

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« Quelle que soit l'issue de cette guerre, elle façonnerait complètement le monde d'après, comme aucune ne l'avait fait avant elle. Les Allemands, les Américains, et sans doute les Russes de leur côté, fabriquaient les composants essentiels de toutes les guerres de l'avenir, donc de la paix universelle dont le régime serait celui de cette innovation technique permanente, cette guerre incessante que se livraient les machines entre elles, et dont les humains n'étaient au final que les cobayes. Dans l'aube blême qui se levait sur les ruines de l'Europe, une intuition s'était logée en lui comme une munition fatale : ce n'était plus les hommes qui testaient les machines pour les améliorer en vue d'augmenter leurs facultés de compétition contre les autres hommes, mais les machines qui étaient en train de former un monde autonome en se servant des êtres humains pour éprouver leurs compétitivité avec eux. »

Maurice G. Dantec, Métacortex

 

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Quelle serait une société universelle qui n’aurait point de pays particulier ?

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« La folie du moment est d’arriver à l’unité des peuples et de ne faire qu’un seul Homme de l’espèce entière, soit ; mais parmi tous ces êtres blancs, jaunes, noirs, réputés vos compatriotes, vous ne pourriez vous jeter au cou d’un frère. Quelle serait une société universelle qui n’aurait point de pays particulier, qui ne serait ni française, ni anglaise ni chinoise, ni américaine, ou plutôt, qui serait à la fois toutes ces sociétés ? Qu’en résulterait-il pour ses moeurs, ses sciences, ses arts, sa poésie ? Comment s’exprimeraient des passions ressenties à la fois à la manière des différents peuples dans les différents climats ? »

François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

 

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26/05/2015

L'anomalie et le péché

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« Il est clair et même évident que le mal dans l'homme est enfoui beaucoup plus profondément que ne le pensent les sociologues-médecins et qu'on ne peut l'éviter par aucune organisation de la société ; l'âme humaine restera telle qu'elle est, et c'est d'elle que naissent l'anomalie et le péché, et enfin les lois de l'esprit humain sont encore si mal connues, si peu expliquées par la science, si indéterminées et si mystérieuses, qu'il n'existe pas, qu'il ne peut encore exister ni médecins ni juges définitifs, mais seulement celui qui dit : "À moi la vengeance et la rétribution !" »

Fiodor Dostoïevski, Journal d'un écrivain

 

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25/05/2015

Ne désespère pas au milieu de la lie du siècle !

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« Je préfère m’entretenir avec toi, berger de ton troupeau, père, mère dans la pauvre chaumière ! À toi aussi mille stimulants et attraits sont enlevés, qui jadis faisaient de ton rôle de père le ciel pour toi. Tu ne peux décider de la destinée de ton enfant ! On te le marque de bonne heure, peut-être dès le berceau, d’un lien d’honneur mis à sa liberté — le suprême idéal selon nos philosophes ! — tu ne peux l’élever pour le foyer paternel, les moeurs paternelles, la vertu et l’existence — il te manque donc toujours une sphère d’action, et comme tout est confus et marche confusément, il te manque le ressort qui facilite le plus d’éducation : l’intention. Il te faut appréhender qu’une fois arraché à tes mains il ne tombe brusquement dans le grand océan de lumière du siècle, cet abîme ! et ne s’y enfonce — bijou englouti ! irremplaçable existence d’une âme humaine ! L’arbre tout en flets, arraché trop tôt à la terre maternelle, transplanté dans un monde de tempêtes auquel souvent le tronc le plus dur résiste à peine, peut-être même transplanté à l’envers, la cime à la place des racines, et la triste racine en l’air — il menace de se dresser bientôt devant toi tout desséché, affreux, ses fleurs et ses fruits à terre ! — Ne désespère pas au milieu de la lie du siècle ! quels que soient menaces et obstacles — fais oeuvre d’éducateur. Donne une éducation d’autant meilleur, d’autant plus sûre et ferme — pour toutes les conditions sociales et toutes les tribulations au milieu desquelles il sera jeté ! pour les tempêtes qui l’attendent ! Tu ne peux rester sans rien faire; bonne ou mauvaise, il te faut donner une éducation : qu’elle soit bonne — et quelle vertu plus grande ! quelle récompense plus grand que dans chaque paradis aux buts plus faciles et à la formation plus uniforme. Combien un seul être formé à la vertu toute simple est plus nécessaire que jamais au monde actuel ! Là où les moeurs de tous sont identiques et toutes identiquement convenables, droites et bonnes, qu’est-il besoin de peine ! L’habitude sert d’éducation et la vertu se confond en une simple habitude. Mais ici! C’est une étoile brillant dans la nuit ! un diamant sous un tas de cailloux et de calcaire ! Élever un homme au milieu de bandes de singes et de masques politiques — comme il peut à son tour former son entourage dans un vaste rayon autour de lui par la divine vertu silencieuse de l’exemple ! Répandre des ondes autour de lui et après lui jusque dans l’avenir peut-être ! Pense en outre combien ta vertu est plus pure et plus noble ! Des moyens d’éducation plus nombreux et plus grands par certains côtés, plus toi-même et ton jeune homme vous manquez par ailleurs de ressorts extérieures ! — pense à quelle vertu tu t’élèves, supérieure à celle à laquelle Lycurgue et Platon aient le pouvoir et le droit d’élever ! — le plus beau siècle pour la vertu silencieuse, muette, généralement méconnue, mais si haute et en train de se répandre si loin. »

Johann Gottfried von Herder, Histoire et cultures

 

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Minces rameaux branlants

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« N’avons-nous "pas de guerres civiles", parce que nous sommes tous des sujets tellement satisfaits, rassasiés, heureux ? ou bien n’est-ce pas justement pour des raisons qui souvent accompagnent précisément le contraire ? — "Pas de vices" — parce que nous avions tous tant de vertu qui nous entraîne, liberté grecque, patriotisme romain, piété orientale, honneur chevaleresque, et toutes au suprême degré — ou bien n’est-ce pas justement parce que nous n’en avons aucune, et que malheureusement nous ne pouvons pas non plus avoir les vices assortis ? Minces rameaux branlants ! »

Johann Gottfried von Herder, Histoire et cultures

 

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24/05/2015

Absoudre les péchés

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« Auparavant l'Eglise absolvait les pécheurs, aujourd'hui elle a résolu d'absoudre les péchés. »

« Dans le sein de l'Eglise actuelle, sont "intégristes" ceux qui n'ont compris que le christiannisme a besoin d'une nouvelle théologie, et "progressistes" ceux qui n'ont pas compris que la nouvelle théologie doit être chrétienne. »

« Le chrétien moderne se sent professionnellement obligé à se montrer jovial et blagueur, à sourir complaisamment en exhibant sa denture, à affecter une cordialité niaise, pour prouver à l'incrédule que le christiannisme n'est pas une religion "sombre", une doctrine "pessimiste", une morale "ascétique". Le chrétien progressiste nous empoigne la main en arborant un large sourire électoral. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Toute excellence nous incommode

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« La société démocratique se contente, dans le meilleur des cas, d'assurer la coexistence des gens. Les sociétés aristocratiques, en revanche, élèvent sur la glèbe humaine un palais de cérémonies et de rites pour éduquer les hommes. »

« Toute excellence nous incommode : la beauté ou la bonté, le génie ou Dieu. La notion d'idéologie est une invention idéologique née du désir d'humilier la grandeur. »

« L'égalitarisme n'est pas respect des droits de ceux qui viennent derrière nous, mais allergie aux droits de ceux qui sont devant nous. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Des insolences de l'univers

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« Le prolétariat fait son apparition quand le peuple se transforme en une classe qui adopte les valeurs de la bourgeoisie sans posséder les biens des bourgeois. »

« Pour l'homme moderne, les catastrophes ne sont pas des leçons, mais des insolences de l'univers. »

« La révolution française paraît admirable à celui qui la connaît mal, terrible à celui qui la connaît mieux, grotesque à celui qui la connaît bien. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Une "vie sexuelle harmonieuse et équilibrée"

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« Rien de plus répugnant que ce que les idiots appellent une "vie sexuelle harmonieuse et équilibrée". La sexualité hygiénique et méthodique est la seule perversion qu'exècrent autant les démons que les anges. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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La condition transcendantale

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« La plus grande erreur moderne, ce n'est pas d'annoncer que Dieu est mort, mais de croire que le diable est mort. »

« Dieu est la condition transcendantale de notre écoeurement. »

« L'idée du "libre développement de la personnalité" paraît admirable tant qu'on n'est pas tombé sur des individus dont la personnalité s'est librement développée. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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Une confrérie de saints

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« Le pauvre n'envie pas chez le riche les possibilités de noble comportement que la richesse lui procure, mais les abjections qu'elle lui permet. »

« Je n'appartiens pas à un monde qui disparaît. Je prolonge et je transmet une vérité qui ne meurt pas. »

« Seule l'Eglise se considère comme une congrégation de pécheurs. N'importe quelle autre collectivité, religieuse ou laïque, pense être une confrérie de saints. »

Nicolás Gómez Dávila, Les horreurs de la démocratie - Scolies pour un texte implicite

 

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22/05/2015

Un assas­sin à la plume

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« Un assas­sin à la plume est encore plus dan­gereux pour la société qu’un meur­trier au couteau, car son crime se répète inlass­able­ment lecteur après lecteur. Je suis dev­enue raide-dingue d’un tueur inces­tueux fas­ciste et sui­cidaire par procu­ra­tion lit­téraire. Un écrivain de droite quoi. Français de sur­croît. Les pires. Leur réac­tion se man­i­feste dans la destruc­tion. Leur ironie se plaît dans la tragédie. Leur idéal­isme se con­sume dans le cynisme. Leur soif inas­sou­vie de l’amour exclusif se gâche dans l’infidélité chronique. Leur croy­ance roman­tique et pure se noie dans les grands crus et les cock­tails trou­bles. In vino “deli­tas”. Leur respect extrême dans les valeurs, déçu, se perd dans le nihilisme. Saupoudré de trop d’humour, leur amour trans­forme vos rires com­plices des pre­miers jours en larmes de soli­tude. Dès que j’ai vu Roger, puis, après que je l’aie lu, j’ai su qu’il était de ces jeunes gens gâtés qui finis­sent par casser leurs plus beaux jou­ets à force de vouloir pren­dre la vie comme une farce aussi ludique que mor­bide. Les fas­cistes ne sont-ils pas tous des fascinés de la mort ? Les sui­cidaires, des effrayés de la fin. Et les sui­cidés, des jeunes hommes, si non ras­surés, tout du moins apaisés. “Viva la muerte” n’était cer­taine­ment pas le cri de guerre préféré de Sartre et Mal­raux. Étouffé ou scandé, il a tou­jours été l’appel dés­espéré d’une jeunesse extrême refu­sant telle­ment la déchéance du temps qu’elle est capa­ble des pires excès, des plus atro­ces com­pro­mis­sions, para­doxale­ment par une crainte presque naïve, puérile et pure, des com­pro­mis et de la fin. Ces jeunes imper­ti­nents qui tou­jours refusent de douter des idéaux qu’ils savent per­tinem­ment dou­teux parce que, quitte à choisir de faire une con­nerie, ils préféreront tou­jours être des cons damnés que des cons promis. »

Edmond Tran, “Mar­tine et Roger”, in Revue Bor­del n°17: Hus­sards

 

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Sans un mot, ils contemplent cette dernière défaite...

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« Le lendemain, à quatorze heures, dans un nuage de poussière torride, nous arrivons, parmi mille autres voitures, sur le lieu des danses. En voulant nous garer près de la sortie, nous nous laissons coincer et nous ne pourrons partir qu’en dernier. Premier malheur ! Nous croyons arriver dans un village indien ; nous sommes dans un champ de courses. Le village indien est bien là, au milieu, mais il est en carton, genre Hollywood. Entrée : un dollar. Un programme (ça sonne mal), et sur ce programme : "Les danseurs que vous allez voir sont tous des Blancs, businessmen et women de Prescott qui, désireux de conserver la tradition symbolique des danses indiennes, consacrent leurs loisirs"..., etc. Ça y est, nous sommes refaits et bien refaits. Et on nous a fait venir de Los Angeles pour voir ça ! Pouvoir de la publicité. Il y a bien trois mille personnes. Le spectacle dépasse toutes les prévisions. Les fonctionnaires et les dames du téléphone de Prescott assouvissent avec feu le besoin d’exhibitionnisme qu’il faut croire inhérent à leurs fonctions. Le corps teint d’un bronze qui déteint aux aisselles, un mince chiffon rouge coincé dans des chairs opulentes, ils sautillent, tels les élèves de Dalcroze, en poussant des gloussements symboliques. Ils n’ont probablement jamais vu une danse indienne ni une danse primitive quelconque autrement qu’en film. Le public trouve ça très bien et applaudit aux effets de croupe. Du moins le public des premiers rangs car le haut des gradins est rempli d’une foule silencieuse d’hommes petits, aux chemises brillantes et aux sourcils froncés, et de femmes énormes, couvertes d’enfants : les Indiens, les vrais.
Sans un mot, ils contemplent cette dernière défaite : le vainqueur couvert de leurs dépouilles et imitant burlesquement les danses qu’ils dansaient pour les dieux. »

Alain Daniélou, Le tour du monde en 1936

 

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21/05/2015

Je préférerais d'ailleurs qu'il se dégonflât, qu'il allât s'installer à Tel-Aviv

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« Ses oeuvres de circonstances, "Bagatelles", "Les Beaux draps" sont des chefs-d'oeuvre de polémique et de courage. Mais elles ne sont rien d'autre. "Bagatelles", écrit au galop, contre la montre, visaient à sauver les Français, Juifs ou pas, d'une guerre absurde et perdue d'avance. Ecrites en 1937, en 1939 elles n'avaient plus aucun sens puisque la guerre était là, la guerre que seul Ferdinand avait voulu éviter.

Le philosémitisme délirant de "Bagatelles" a été très mal compris par la plupart des Juifs qui, entre nous, sont de sacrés cons quand ils s'y mettent. Pour certains d'entre eux, au contraire, surtout parmi les sionistes, Bagatelles est un livre de chevet ; un monument élevé à la gloire d'Israël. C'est absolument exact.


(...)


Il y a une erreur à propos de Céline, c'est de mêler son nom à la question juive. En 1947, l'erreur était partagée par beaucoup de non-Juifs.

Hé là ! diront certains, insinuez-vous que Ferdinand se déballonne, qu'il veut tourner youtron. Je répondrai que ces mots n'ont pas de sens. "Bagatelles" était un pamphlet pour l'annnée 1937. Je préférerais d'ailleurs qu'il se dégonflât, qu'il allât s'installer à Tel-Aviv, comme il le souhaitait souvent, pour que l'immensité de son oeuvre ne fût plus faussée et qu'il nous apparût dans sa vraie lumière. »

Albert Paraz, Le gala des vaches

 

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Dea Silvarum

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« Déesse de la sylve et de la nuit, "dea silvarum", comme la nomme Ovide, portant dans ses cheveux d’or un croissant de lune, Diane-Artémis est toujours accompagnée d’un cerf ou de biches. Elle est à la fois la protectrice de la nature sauvage et l’incarnation de la chasse. Deux fonctions complémentaires dont la juxtaposition antique est constante. Contrairement à Aphrodite, Artémis n’est pas associée à l’amour et à la fécondité. Elle est en revanche la déesse des enfantements, la protectrice des femmes enceintes, des femelles pleines, des enfants vigoureux, des jeunes animaux, et pour tout dire, de la vie avant les souillures de l’âge. Son image s’accorde avec l’idée que les Anciens se faisaient de la nature. Ils ne la voyaient pas à la façon doucereuse de Jean-Jacques Rousseau ou des promeneurs du dimanche. Ils la savaient redoutable aux faibles et inaccessible à la pitié. C’est par la force que Diane-Artémis défend sa pudeur et sa virginité, c’est-à-dire le royaume inviolable de la sauvagerie. Elle tuait férocement tous les mortels qui l’offensaient ou négligeaient ses rites [...] La pudeur et la virginité d’Artémis sont une allégorie des interdits qui protègent la nature. La vengeance de la "dea silvarum" est celle de l’ordre du monde mis en péril par une pulsion excessive, l’ "hubris", la démesure. »

Dominique Venner, Dictionnaire amoureux de la chasse

 

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