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19/03/2012

Questions sur la barbarie antisémite à Toulouse - par Guy Millière

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=


Il est encore trop tôt pour savoir ce qu’étaient les motivations de l’assassin qui a frappé à l’école Ozar Hatorah, à Toulouse ce matin. La seule chose claire est que l’homme concerné s’est exclu de l’humanité, mérite lui-même la mort et doit être mis au plus vite hors d’état de nuire. Vient-il d’une extrême droite nostalgique du nazisme ? Ce n’est pas impossible : des liens pourraient exister entre la tuerie de ce matin et les assassinats de militaires commis ces derniers jours dans la même raison : les militaires tués étaient maghrébins et antillais. Un individu d’extrême droite peut frapper tous ceux qui ne sont pas des blancs chrétiens. Vient-il de l’islam radical ? Un islamiste pourrait vouloir frapper des militaires français appartenant à un régiment impliqué dans la guerre contre les talibans en Afghanistan, a fortiori des militaires français de confession musulmane. Il pourrait aussi vouloir tuer des Juifs, tout particulièrement des Juifs franco-israéliens (le rabbin Yonatan Sandler et deux de ses enfants font partie des victimes, la quatrième victime est la fille du directeur de l’école Ozar Hatora). Que le tueur vienne de l’extrême droite ou de l’islamisme n’est pas l’important aujourd’hui.

 
Ce qu’on peut légitimement se demander est comment une école juive n’est-elle pas davantage protégée par la police dans le contexte français, européen et mondial actuel. Il n’y avait pas même un seul policier en faction ? Pourquoi ? Et qu’on ne me réponde pas que c’est parce qu’il n’y a pas de menaces antisémites : partout où je me rends dans un lieu culturel ou religieux juif en France, je ne peux que constater les extrêmes mesures de sécurité déployées, et celles-ci ne sont pas déployées par hasard. On sait qu’il existe tout particulièrement des menaces pesant sur les lieux de culture et les lieux culturels juifs, ainsi que sur les écoles juives en France. Des mesures de sécurité doivent être prises par la communauté juive. L’Etat français fait très mal son travail et manque au premier des devoirs d’un Etat vis-à-vis de ses citoyens : les protéger et garantir leur liberté. En l’occurrence, les Juifs de France ne sont pas protégés. J’écrivais récemment que l’Etat était presque partout où il n devrait pas être et quasiment nulle part où il devrait être : on en a une accablante démonstration.
 
Ce qu’on peut se demander aussi est comment se fait-il qu’un assassin puisse s’enfuir si aisément après avoir commis son acte. Que des soldats puissent être tués à la sortie d’une banque et que le tueur puisse partir, devant témoins, sans être retrouvé peu de temps après laisse déjà perplexe : aucun témoin n’a appelé la police avec un portable ? La police n’avait aucun moyen d’intervenir rapidement ? Mais que des enfants puissent être tués dans l’enceinte d’une école juive et repartir ensuite tranquillement passe l’entendement. Nul n’a appelé la police. Celle-ci a-t-elle des moyens d’intervention qui date d’avant l’ère des technologies modernes ? Je n’imagine pas une telle inefficacité aux Etats-Unis ou en Israël. Je sais que la France va très mal, mais tout de même ! Je sais aussi que la démultiplication des barrières, plots métalliques et parpaings de béton destinés à entraver « écologiquement » la circulation rend la poursuite de malfaiteurs en deux roues plus difficile, mais tout de même, oui !
 
Ce qu’on doit constater est qu’a suivi le cortège des paroles vaines de dirigeants politiques, tous, bien sûr, « indignés » et en deuil, mais aussi le cortège des antiracistes professionnels venant s’efforcer d’écarter l’idée de crime antisémite et user pour cela de l’amalgame entre les assassinats de soldats et la tuerie de ce matin : quand bien même l’assassin serait le même dans tous les cas, et quand bien même il aurait tué un antillais, des Maghrébins musulmans et des Juifs, il n’empêche que les assassinats de ce matin sont d’une autre nature. Tuer des militaires adultes désarmés est assassiner, c’est clair. Tuer des enfants et un rabbin dans la cour d’une école juive est pratiquer un assassinat antisémite, c’est tout aussi clair. Et la communauté juive est la communauté la plus menacée de France, et la plus agressée de France, c’est tout aussi clair. Je participais hier, dimanche, à un journée d’information du Consistoire de France en compagnie d’un homme exceptionnel et d’un courage remarquable, Sammy Ghozlan, qui dirige le Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme (BNVCA). Sammy a rappelé un ensemble de faits accablants, que je connaissais, hélas. Les faits d’aujourd’hui viennent s’ajouter à la liste.
 
Il va de soi que tous les racismes doivent être combattus, mais j’ajouterai pour terminer que l’antisémitisme serait moins présent dans la société française s’il était effectivement combattu, ce qui n’est pas vraiment le cas, et si les incitations à la haine anti-israélienne, qui conduisent toujours à la haine antisémite étaient moins présents dans les grands médias et dans divers discours politiques. Je trouve particulièrement hypocrite les réactions de certains de ceux qui se disent horrifiés de la barbarie de ce matin, mais qui participent jour après jour, à la diabolisation de l’Etat du peuple juif et des Juifs qui y habitent. Il n’existe pas de différence de nature entre l’assassin qui a tué ce matin un rabbin et deux de ses enfants, et une petite fille, et les assassins qui ont tué un rabbin, son épouse et ses enfants à Itamar voici un an. Les journaux qui ont insulté la mémoire de la famille Fogel l’an dernier devraient songer qu’en ayant insulté la mémoire de la famille Fogel, il y a un an, ils ont contribué à armer l’assassin de la famille Sandler ce matin.
 
Je sais qu’en écrivant que l’assassin de ce matin mérite la mort et doit être mis hors d’état de nuire, je ne suis pas politiquement correct. Je l’assume : entre l’assassin et les victimes, je suis résolument du côté des victimes et résolument favorable à l’élimination des assassins. En Israël et aux Etats-Unis, le port d’arme est bien moins limité qu’en France, et la sécurité des honnêtes gens est plus grande, c’est un fait. Les tueries aux Etats-Unis ces dernières années ont toujours eu lieu dans des zones où le port d’arme était interdit. Aux Etats-Unis, un assassin est condamné à la perpétuité réelle ou à la peine de mort, et l’immense gravité d’un assassinat est dès lors prise avec le sérieux qu’elle mérite.
 
Je sais, comme l’a écrit Jean-Patrick Grumberg, que si l’assassin est un islamiste, psychologues et psychiatre seront convoqués pour édulcorer, et que si l’assassin est d’extrême droite, une chasse aux sorcières va être organisée. C’est ainsi que l’aveuglement fonctionne en ce pays.
 
En 2011, il y a eu 389 agressions antisémites déclarées en France. Plus d’une par jour. Et c’est sans compter les agressions non déclarées. Ailleurs en Europe, ce n’est pas mieux. C’est parfois pire.
 
Qu’en déduire ? Je laisse la question en suspens. Vous trouverez aisément la réponse.

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20/02/2012

"Le petit-bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui."

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=


Je me moquais d'Alain Soral, il y a quelques jours, mais doit-on être surpris qu'il en vienne à recevoir le soutiens d'un membre du PCF, le bien nommé Philippe Marx qui, depuis, se répand en excuses, déclarant qu'il ne connaissait pas ce bon Soral ? S'il ne le connaissait pas, voilà qui est grave de la part d'un responsable politique, mais nous savons bien, ici, que les gauchistes ont plutôt tendance à être irresponsables. Toute leur histoire politique le prouve. Mais ça n'est pas cela qui est intéressant dans cet incident. Ce qui est intéressant, une fois de plus, c'est que cela montre l'indéniable proximité mentale entre les Rouges et les Bruns. Rouges et Bruns que je ne porte pas dans mon coeur, en aucune manière.


Pour savoir de quoi qu'j'vous cause... voyez l'article du Républicain Lorrain...

 

Rappelons, sobrement, quelques faits indiscutables.

En 1934, Adolf Hitler soulignait bien les liens qui existaient entre le National-Socialisme et le Communisme :

« Ce n’est pas l’Allemagne qui va devenir bolchevique mais le bolchevisme qui se transformera en une sorte de national-socialisme. En plus il y a plus de liens qui nous unissent au bolchevisme que d’éléments qui nous en séparent. Il y a par-dessus tout, un vrai sentiment révolutionnaire, qui est vivant partout en Russie sauf là où il y a des Juifs marxistes. J’ai toujours fait la part des choses, et toujours enjoint que les anciens communistes soient admis dans le parti sans délai. Le petit-bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui. » (Hermann Rauschning, "Hitler m'a dit")

Poursuivons dans "Mein Kampf" où Hitler se déchaîne contre le capitalisme et "la finance internationale", influencé par l’économiste allemand Gottfried Feder, qui deviendra un membre influent du parti nazi :

« A mes yeux, le mérite de Feder consistait en ceci, qu’avec une tranchante brutalité, il précisait le double caractère du capital : spéculatif, et lié à l’économie populaire ; et qu’il mettait à nu sa condition éternelle : l’intérêt. Ses déductions dans toutes les questions fondamentales, étaient tellement justes que ceux qui, a priori, voulaient le critiquer, en contestaient moins l’exactitude théorique qu’ils ne mettaient en doute la possibilité pratique de leur mise à exécution. Ainsi, ce qui, aux yeux des autres, était un point faible dans l’enseignement de Feder, représentait à mes yeux sa force. »

Toujours dans "Mein Kampf" :

« La lutte contre la finance internationale et le capital de prêt est devenu le point le plus important de la lutte de la nation allemande pour son indépendance et sa liberté économique. »

Rappelons aux adorateurs du Caporal hystérique, comme aux communistes fans de Soral, que c'est la finance internationale et le capital de prêt qui ont permis à l'Allemagne de se reconstruire, au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu'ils lui ont donné les moyens de tenir tête à la triste Allemagne de l'Est durant la guerre froide, et que ce sont encore eux qui ont présidé à la chute de l'abominable mur de Berlin ainsi qu'à la réunification d'un Peuple séparé par les jeux morbides de Hitler comme de Staline.

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17/02/2012

Le fils français caché d'Adolf Hitler : Info ou INTOX ?

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=


Adolf Hitler avait un fils français... qui était résistant durant la seconde guerre mondiale ! Incroyable mais, apparemment, vrai !

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Par JÉRÔME BÉGLÉ

Hitler aurait eu un fils avec une Française ! Celui-ci a voulu faire reconnaître sa terrible ascendance. Avant d'y renoncer sur les conseils de son avocat et de ses enfants... Récit, photos et documents d'époque.

 

"Maître, je suis le fils d'Hitler ! Dites-moi ce que je dois faire." François Gibault, avocat parisien, n'en croit pas ses oreilles. L'homme qu'il a devant lui est plutôt grand, parle un français parfait sans accent, et n'a rien d'un hurluberlu. Son histoire édifiante n'en est pas moins vraie.

Engagé en 1914 dans l'armée allemande, le caporal Adolf Hitler combat contre les troupes françaises près de Seboncourt en Picardie. De temps à autre, les soldats sont envoyés à l'arrière pour récupérer, reprendre des forces et parfois... s'amuser. À Fournes-en-Weppe, petite ville située à l'ouest de Lille, Hitler fait la connaissance de Charlotte Lobjoie, une jeune femme d'à peine 16 ans.

"Un jour, je faisais les foins, avec d'autres femmes, lorsqu'on vit un soldat allemand, installé de l'autre côté de la rue, révèle celle-ci à son fils bien des années plus tard. Il avait une sorte de carton et semblait dessiner. Toutes les femmes trouvèrent intéressant ce soldat et se montrèrent curieuses de savoir ce qu'il dessinait. Je suis désignée pour essayer de l'approcher." L'inconnu se montre attentif, puis chaleureux, et même amical avec la jeune paysanne. Commence alors une relation qui durera plusieurs semaines.

"Lorsque ton père était là - très rarement -, il aimait m'emmener dans des promenades à la campagne. Mais ces promenades se terminaient en général plutôt mal. En effet, ton père, inspiré par la nature, entreprenait un discours auquel je ne comprenais pas grand-chose. Ne pouvant s'exprimer en français, il déclamait en allemand, s'adressant à un auditoire absent. Si je parlais l'allemand, je ne pouvais le suivre, d'autant plus que l'histoire de la Prusse, de l'Autriche ou de la Bavière ne m'était pas familière, loin de là. Ma réaction mettait ton père en colère en me voyant rester de marbre à ses effets oratoires !" Sous le petit caporal perçait déjà le tribun illuminé...

Un soir de juin 1917, revenant un peu éméché d'une soirée avec un ami, il se fait très entreprenant auprès de Charlotte. En mars de l'année suivante naît un fils. Aux yeux des enfants du village, le petit Jean-Marie est un "fils de Boche". Souvent, il fait le coup de poing avec ses camarades pour laver cette infamie. Les années passent, et Charlotte refuse de s'exprimer sur les mystérieuses circonstances de la naissance de son fils. Pire, miséreuse et vaguement honteuse, elle délaisse son fils et le confie à la garde d'un couple plus aisé chez qui l'une de ses soeurs est employée. Cette "nouvelle famille" finira par adopter l'enfant en 1934. Son "vrai père" de son côté ne le reconnaît pas, refuse de le voir, mais continue de loin en loin à prendre des nouvelles de sa mère. Chose extraordinaire, au début des années vingt, sa famille d'adoption se retrouve propriétaire d'un immeuble à Francfort qu'elle ne paye pas...

 

Quelques semaines avant de mourir, au début des années cinquante, Charlotte avoue à son fils la véritable identité de son père. Le choc est terrible. "Afin de ne pas tomber dans l'anxiété, je travaillais sans relâche, ne prenant jamais de vacances, jamais de distraction : 20 ans sans rentrer dans une salle de cinéma", raconta Jean-Marie Loret dans un livre (*) qu'il publia dans l'indifférence générale en 1981 aux éditions de l'Université et de l'Enseignement moderne.

 

Car au milieu des années soixante-dix, devenu adulte et père de famille, Loret souhaite faire officialiser sa triste ascendance. Il s'adjoint les services d'un historien, retourne sur les lieux de son enfance, interroge quelques rares témoins et diligente une série d'enquêtes : une expertise en méthode d'identification par la physionomie comparative(.PDF), une autre de l'Institut d'anthropologie et de génétique de l'université de Heidelberg(.PDF), qui montre notamment que père et fils ont le même groupe sanguin, une étude comparative psychographologique entre Adolf Hitler et Jean-Marie Loret(.PDF) ainsi qu'une comparaison graphologique des écritures des deux hommes(.PDF). Toutes aboutissent à la même conclusion. Jean-Marie Loret est sans doute le fils d'Adolf Hitler. Des photos plaident également pour cette thèse, tant il y a un "air de famille" entre les deux hommes...

Cette thèse a toujours fait l'objet d'une grande dispute entre historiens. En Allemagne et au Japon elle semble désormais acquise, tandis qu'en France, elle n'a jamais été sérieusement discutée. Pourtant d'autres éléments troublants émergent : il est établi que, pendant l'Occupation, des officiers de la Wehrmacht apportaient des enveloppes d'argent liquide à Charlotte. À la mort de sa mère, Jean-Marie Loret découvrira dans le grenier de la maison des toiles signées "Adolf Hitler" tandis qu'en Allemagne on mettra la main sur un portrait qui ressemblait trait pour trait à celui de sa mère...

"Lorsqu'il vient me voir en 1979, se souvient maître Gibault, j'ai devant moi un homme un peu paumé qui ne sait pas s'il doit se faire reconnaître comme le fils d'Adolf Hitler ou s'il doit effacer tout cela d'un trait de plume. Il éprouve ce que ressentent beaucoup d'enfants naturels : l'envie de retrouver un passé aussi lourd soit-il, mais la peur de retourner de vieilles boues. J'ai énormément parlé avec lui, jouant plus le rôle d'un psychologue que d'un avocat. Certes, il pouvait revendiquer une part des droits d'auteur de Mein Kampf et, pourquoi pas, des comptes en banque que le Führer avait peut-être ouverts en Suisse, mais à 60 ans passés était-ce raisonnable ? Après avoir conversé avec moi et avec ses enfants, il a de lui-même décidé de ne pas révéler son sulfureux état civil." Quelques mois plus tard, Jean-Marie Loret publie un livre qui passera inaperçu. Dans la France d'alors, Maurice Papon est ministre du Budget (de 1978 à 1981) tandis que François Mitterrand élu en mai 1981 reçoit René Bousquet à sa table. Au Japon, la télévision publique recevra dans ses studios ce curieux personnage qu'elle présentera comme le fils du dictateur nazi.

Ironie du sort, Jean-Marie Loret s'enrôle dès 1939 dans les corps francs qui se battirent en avant de la ligne Maginot. L'année suivante, son unité mène une bataille violente contre les troupes allemandes dans les Ardennes en 1940. Pendant l'Occupation, il est même contacté par le réseau de la Résistance OCM (Organisation civile et militaire) au sein duquel il porta le nom de "Clément". Ignorant alors ses origines, il devient naturellement un résistant aux armées hitlériennes. Bon sang saurait mentir...

 

(*) "Ton Père s'appelait Hitler" de J.-M. Loret et R. Mathot. Les Dossiers de l'Histoire, éditions de l'Université et de l'Enseignement moderne

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SOURCE : LE POINT (EXCLUSIF)

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Incroyable mais, apparemment, vrai ! Apparemment... car selon ATLANTICO (via Marianne) ce ne serait qu'un vulgaire BUZZ...

Croyez ce que vous voulez...

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C'est le buzz de la journée : depuis ce matin, le site du Point retrace "en exclusivité" l’histoire incroyable du fils caché français d’Adolf Hitler. Or, sur son site internet, l'hebdomadaire Marianne précise que Le Point "oublie toutefois de mentionner que l’histoire du fils caché français d’Hitler a trouvé son issue définitive en 2008". Date à laquelle le journaliste flamand Jean-Paul Mulders a mis un point final à cette histoire.

Le journaliste a en effet retrouvé la trace d’individus ayant un lien de parenté avec Hitler. En comparant leur ADN avec celui de Jean-Marie Loret (le soit disant fils caché du Führer), ils se sont aperçus qu'il n'y avait aucun lien de parenté entre les deux partis. Les résultats de ces tests ont été publiés dans le journal belge Het Laatste Nieuws en 2008, souligne Marianne.

Il s’appelle Jean-Marie Loret, il serait né pendant la Première Guerre mondiale de l’union entre une jeune Française, Charlotte Lobjoie et un jeune caporal allemand qui aurait été… Adolf Hitler. Le Point révèle, ou du moins rappelle, dans son édition cette semaine, que Jean-Marie Loret a publié un livre en 1981 dans lequel il révélait son ascendance. Mais l’ouvrage est passé totalement inaperçu.

Or, selon Le Point tout porte à croire que l’homme est bien le fils du Führer. Sa mère lui aurait avoué la vérité quelques semaines avant qu’elle ne meure. Traumatisé, il mettra 20 ans à entreprendre les démarches pour tenter de faire vérifier l’affirmation de sa mère. Qui semblerait concorder. Il fait réaliser, "une expertise en méthode d'identification par la physionomie comparative, une autre de l'Institut d'anthropologie et de génétique de l'université de Heidelberg, qui montre notamment que père et fils ont le même groupe sanguin, une étude comparative psychographologique entre Adolf Hitler et Jean-Marie Loret ainsi qu'une comparaison graphologique des écritures des deux hommes", écrit l’hebdomadaire. Et à voir les photos, il y a effectivement un air de ressemblance.

Par ailleurs, il serait établi que pendant l’Occupation l’armée allemande apportait régulièrement de l’argent à la mère de Jean-Marie Loret. Dans le grenier de sa mère, il découvrira également des toiles d’Hitler, de l’époque où celui-ci nourrissait encore des ambitions artistiques, bien que déjà recalé des Beaux-arts de Vienne.

Jean-Marie Loret a hésité à faire valoir des droits d'auteur sur Mein Kampf, voire à chercher à récupérer de l’argent sur des comptes d’Hitler en Suisse. Mais renoncera, notamment après en avoir parlé avec ses enfants.

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08/02/2012

Toutes les civilisations se valent-elles ? L'opinion du philosophe Robert Redeker

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"Qui croit sérieusement que la civilisation aztèque était égale à la civilisation espagnole ?"

Comment doit-on comprendre l’assertion du ministre Claude Guéant “Toutes les civilisations ne se valent pas” ? (hors contexte de la campagne électorale française) ?

Philosophiquement, rien n’est plus juste que ce propos. Si on le nie, on se trouve en face de grandes difficultés. Les civilisations dans lesquelles les sacrifices humains étaient obligatoires valaient-elles celles où ils sont proscrits ? Malgré certaines beautés, la civilisation aztèque ne valait pas la civilisation espagnole. Vivre, construire, édifier des civilisations signifie évaluer, s’évaluer soi-même comme capable de faire mieux que les autres. S’il existe un universel - par exemple les droits de l’homme, l’égalité, l’importance de la vie individuelle - alors les civilisations se hiérarchisent par rapport à leur plus ou moins grande proximité à cet universel. Elles ne se valent donc pas. Refuser cette évaluation ne revient pas seulement à refuser l’universalité, c’est aussi refuser l’idée de progrès. Si toutes les civilisations se valent, aucune n’est meilleure que d’autres et la barbarie ne peut être condamnée.

Comme accusent certains détracteurs, est-ce de la xénophobie que d’affirmer cela ?

On peut trouver choquantes par leur psittacisme les réponses-réflexes adressées par la gauche à M. Guéant. Dire que tout se vaut est dire que rien ne vaut, bref c’est la définition du nihilisme. La réaction de la gauche à ses propos montre à quel point celle-ci est encore le porte-parole du nihilisme. Elle n’est pas la voix du peuple, des sans-grade, mais celle, comme Nietzsche l’avait vu (en particulier lorsqu’il fustigeait le socialisme), du nihilisme. De plus, la xénophobie n'est pas condamnable en soi, elle ne peut-être tenue, au contraire du racisme, pour une faute morale. Le racisme est biologique (il regarde l’autre comme appartenant à une autre espèce), la xénophobie est politique (elle regarde l’autre comme appartenant à une autre cité, à un autre Etat). Le racisme brise l’unité biologique de l’humanité, quand la xénophobie renforce les entités politiques. La vertu civique et la xénophobie vont souvent ensemble. Rien de grand dans l’histoire de l’humanité - y compris la Révolution française, en particulier dans son moment expansionniste - ne s’est fait sans un sentiment de supériorité teinté de xénophobie.

Dire cela maintenant, fait-il partie d’une stratégie électorale de l’UMP face au FN en France ?

Probablement. Mais ce n’est pas parce qu’un énoncé aurait pu être prononcé par le FN ou pour attirer les électeurs du FN qu’il est faux. Donnons un exemple inverse, sur la même thématique, d’un énoncé prononcé par un politicien hautement respectable, et faux pour autant. Voici ce qu’a dit Léon Blum dans un discours devant l’Assemblée nationale le 9 juillet 1925 : "Nous admettons qu’il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu’on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation." Bien que prononcée par un socialiste légendaire, l’ami du philosophe Alain et le futur chef du Front Populaire, la phrase de Léon Blum n'est pas vraie du fait de l’emploi du concept de race, scientifiquement contestable. La rectitude de l’intelligence doit inciter à juger les propos selon leur contenu plus que selon l’opinion que l’on se fait de leurs locuteurs.

 

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05/02/2012

L'écharde Marine Le Pen

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D'abord, l'article de Caroline Fourest, paru dans le Journal Le Monde il y a deux jours...

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A chaque élection, le Front national se plaint d'avoir du mal à trouver 500 parrains et crie au déni de démocratie. Pourtant, la France n'est pas seulement une démocratie mais une République, attachée aux valeurs d'égalité et de fraternité. Il est donc logique, et même rassurant, qu'un parti fragilisant ces valeurs ait du mal à trouver des parrains.

La démocratie n'est pas non plus une auberge espagnole, où l'on peut se présenter au suffrage universel, et prétendre bénéficier de subventions publiques, sans respecter quelques règles. En l'occurrence convaincre 500 élus sur environ 47 000 (maires, parlementaires, conseillers généraux ou régionaux...) que votre candidature présente un intérêt. La barre n'est pas si haute. L'étrange Jacques Cheminade parvient à la sauter, grâce à une armée de bénévoles qui labourent le terrain. On ne peut pas en dire autant du Front national, plus crédible et plus haut dans les sondages, mais qui peine à quadriller. En tout cas cette année. Carl Lang a longtemps fait ce travail pour le FN, mais démarche aujourd'hui les communes pour son propre compte : celui du Parti de la France. A sa grande surprise, de très nombreux maires ayant accordé leur parrainage à Jean-Marie Le Pen en 2007 n'ont pas été approchés par les militants de Marine Le Pen : "Quand nos amis sont allés les voir à Noël, ils n'avaient vu personne du FN." Un constat valable pour plusieurs départements. Comment l'expliquer, sachant que la candidate frontiste dit s'inquiéter pour ses parrainages ?

La première raison est technique : le FN a perdu la plupart des cadres ayant ce savoir-faire, notamment au profit du Parti de la France. L'autre est stratégique. Marine Le Pen croit moins au quadrillage qu'au fait d'arracher, au dernier moment, une consigne de la part des grands partis. Sa non-candidature pouvant susciter un retour de bâton, dans l'opinion puis dans les urnes aux législatives. Il peut être très sévère. Surtout si le gouvernement envisage une dose de proportionnelle dès 2012 pour émietter la prochaine majorité...

Jeu de dupes

Le pari est risqué mais crédible. En 2007, à en croire d'anciens militants frontistes, c'est Nicolas Sarkozy qui aurait donné le coup de pouce nécessaire. Pour ne pas prendre le risque de froisser des électeurs, dont il avait besoin au second tour. Cette année encore, Marine Le Pen se dit qu'il suffit d'apparaître comme martyr pour obtenir ses signatures sur un plateau. Gilbert Collard en fait même un peu trop. Lors d'une manifestation organisée face au Sénat, il est allé jusqu'à dénoncer des "pressions" dignes de la "mafia", censées dissuader les maires de parrainer Marine Le Pen. Quelle mascarade et quel jeu de dupes.

Si pressions il y a, ce sera pour donner les signatures à Marine Le Pen, et non l'inverse. Si le FN est candidat pour tonner contre l'"UMPS" à cette élection, ce sera grâce à l'UMP et au PS. Non pas parce qu'il aura convaincu des élus de l'intérêt de sa candidature, mais par chantage indirect. Le FN souhaite en prime que ces parrainages - et donc tous les arrangements possibles - soient anonymes et ne puissent être observés par les Français. A y regarder de près, ce n'est pas la démocratie, mais du chantage.

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Ensuite je vais y aller de ma p'tite humeur.

"Il est donc logique, et même rassurant, qu'un parti fragilisant ces valeurs (les valeurs de la République) ait du mal à trouver des parrains."

C'est un peu rapide. Jean-Marie Le Pen qui avait des déclarations nauséabondes trouvait, donc, plus facilement ses signatures que sa fille qui a entamé une manoeuvre de dédiabolisation de son mouvement politique ?

"Lors d'une manifestation organisée face au Sénat, il est allé jusqu'à dénoncer des "pressions" dignes de la "mafia", censées dissuader les maires de parrainer Marine Le Pen. Quelle mascarade et quel jeu de dupes."

Ah bon ? Mascarade et jeu de dupes ? Mais comment appeler autrement que "pressions dignes de la Mafia" des procédés qui consistent à suggérer à des maires que leurs subventions régionales leurs passeront sous le nez s'ils donnent leur parrainage à Marine Le Pen ? S'il est un chantage et une absence de démocratie, personnellement je ne les vois que là.

Il faut croire que si Marine Le Pen dérape en dansant la valse avec des gens infréquentables, l'UMP et le PS, pour ne pas dire l'UMPS, utilisent des manières de faire qui rejoignent, de loin, les pires manipulations qu'utilisa Goebbels pour faire advenir un hystérique caporal aux portes de la chancellerie du Reich.

Personnellement je suis assez perdu et n'ai pas la moindre idée pour qui je vais aller voter à ces élections présidentielles. Jean-Marie Le Pen avait des déclarations puantes mais il était libéral. Marine Le Pen tente de supprimer de son parti les éléments gênants, mais affiche un programme économique dont la mousse déborde largement sur sa gauche et me laisse bouche bée.

Qu'une Nation puisse chercher à retrouver une réelle souveraineté m'apparaît comme primordial, seulement aucun des mouvements souverainistes dans la course, que ce soit celui de Chevènement, celui de Dupont-Haignan, celui du FN ou celui de De Villiers qui est parti se faire masser au sein de l'UMP, ne semblent porteurs de promesses dignes d'intérêts. On y sent une odeur de moisissure qui sous prétexte de chercher à mettre en avant ce qui fut, jadis, la grandeur de la France, n'en récupèrent que les miettes et les jettent avec mépris au pied de leurs adversaires comme au pied de leur électorat.

Cependant je vois bien que Marine Le Pen dérange tout le monde. La gauche d'abord, en lui soufflant une bonne partie de son électorat populaire, mais surtout la droite conventionnelle, et Sarkozy en premier lieu qui s'est fait élire en réussissant le coup de maître de siroter au FN suffisamment de voix afin de se faire élire président, mais sur des promesses en matière d'immigration et de sécurité qu'il n'a absolument pas tenues. Quelques 200 000 étrangers supplémentaires sont rentrés en France chaque année de façon légale, avec des papiers, depuis son arrivée au pouvoir, soit 1 000 000 de personnes en un quinquennat, et sans compter les étrangers en situation irrégulière qui sont Légion. Quant à l'insécurité, les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Que l'UMP travaille d'arrache-pied à l'absence de Marine Le Pen au second tour semble de plus en plus une évidence. Cela permettrait à Nicolas Sarkozy de durcir quelque peu son discours, comme il l'avait fait en 2007, et de remporter l'adhésion d'une partie de l'électorat du FN à défaut de candidat pour les représenter. Il s'amuserait, ainsi, à combler un vide.

 

Sur Le Blog du Conseiller où l'on trouve quelques perles concernant les agissements de nos politiques dans les coulisses de la République, on peut trouver cette note :

 

Le document qui montre que la droite travaille bien sur l’hypothèse d’une absence de Le Pen à la présidentielle

L’un de mes associés a transmis en début de semaine cette note à l’un de ses interlocuteurs de la majorité. Ce document est intéressant car il révèle et justifie les initiatives en cours pour éviter que Marine Le Pen, identifiée comme « Gamma » dans ce document, ne puisse recueillir les 500 parrainages nécessaires à la présentation de sa candidature. C’est l’articulation entre enquête d’opinion et stratégie de communication qui mérite d’être observée ici.


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Je suis bien incapable de dire qui se trouve derrière ce mystérieux Blog, mais au train où vont les choses j'ai tendance à croire que les informations qui y sont distillées sont exactes. Daignez me corriger si je me trompe, il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis. 

Je ne partage pas les idées du FN, même pas pour les mots douteux qu'a pu avoir par le passé Jean-Marie Le Pen à propos du "point de détail de l'Histoire de la seconde guerre mondiale" et autres joyeusetés du même acabit que j'ai toujours trouvés minables et blessants, mais plus simplement parce que je n'ai jamais considéré que l'amour de la Patrie dans laquelle je me suis enraciné, de l'Histoire de celle-ci, de son Identité, de sa Langue n'étaient l'apanage que de ce seul parti politique. Et pour le reste, les vieilles postures poussiéreuses et rances avec relents de pétainisme et ce malgré la tentative positive de Marine Le Pen pour faire accéder son Parti vers un nouveau seuil de respectabilité, ça n'est pas mon univers du tout. Il n'existe pas en France de mouvement libéral sur le plan économique, patriote mais sans exagération douteuse, libertaire dans le sens où l'état serait fort mais ne s'occuperait que de son cul et non de la manière dont vivent les gens pour emporter mon adhésion. Je vote donc souvent pour les moins pires et je ne me suis mis à voter qu'à un age tardif, presque à 42 ans. Plus exactement en 2007. Et je me tâte de plus en plus pour ne plus me rendre aux urnes à nouveau. En tout cas il est amusant de recevoir des leçons de démocratie de la part de l'UMP et du PS, lorsqu'avec un air emprunté ils prennent la pause de l'indignation et présentent le FN comme un danger alors qu'ils appliquent des méthodes qui font passer ces derniers, au final, pour des enfants de choeur.

 

D'ailleurs un sondage envisage des élections sans la présence de Marine Le Pen. Un premier tour qui profiterait à qui ? A bibi Sarkozy, bien-sûr... 

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29/01/2012

Rémi Brague : « Le principal danger pour comprendre et dialoguer avec l’Islam est la paresse intellectuelle »

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=


N’essayez pas de coller une étiquette à Rémi Brague, l’humour pince-sans-rire de ce grand connaisseur de C.S. Lewis s’empresserait de vous renvoyer dans vos cordes. Intellectuel ? « Je ne suis pas assez photogénique pour être intellectuel : trop de poil sur la poitrine et pas assez sur la tête. » Philosophe catholique ? « Se demande-t-on s’il existe des plombiers catholiques ? » avait-il répondu à un journaliste du Figaro il y a quelques années.

Rémi Brague est donc professeur de philosophie médiévale et arabe à la Sorbonne et à Munich. C’est à ce titre que nous avons souhaité nous entretenir avec lui sur les conditions intellectuelles d’un dialogue entre christianisme et islam. Conditions malheureusement rarement remplies, de part et d’autre...

Le Temps d’y Penser : L’une des difficultés du dialogue avec l’islam, ou du dialogue entre responsables religieux islamo-chrétiens, est qu’il semble tourner en rond : on en vient rapidement à se dire qu’on ne croit pas la même chose, qu’on s’aime bien quand même, mais qu’il est difficile de parler théologie puisque le statut même du Coran ne prête pas à discussion : c’est la parole de Dieu, pourquoi irait-on la discuter ?

Rémi Brague : Se dire qu’on ne pense pas la même chose mais qu’on s’aime bien quand même n’est déjà pas si mal, non ? Pas seulement parce qu’on s’aime bien, mais également parce qu’on prend conscience du fait qu’on ne pense pas la même chose, ce qui ne va pas de soi. C’est précisément à partir du moment qu’on a pris la mesure de la différence qu’on peut ressentir la nécessité de vivre ensemble et recevoir les moyens de le faire. Le danger serait de penser qu’au fond, nous croyons tous à la même chose et que nos religions sont des variétés finalement insignifiantes. Ce n’est pas vrai, même si on entend assez souvent un tel discours : « Nous avons le même Dieu »…

Peut-on se limiter à dire que dans tous les cas, c’est le Dieu d’Abraham, c’est un Dieu qui a donné un livre ? J’ai au contraire essayé de montrer dans mon livre Du Dieu des chrétiens et d’un ou deux autres, que, même si dans les trois religions monothéistes – et il en existe d’autres – il n’y a bien sûr qu’un seul Dieu, un seul Dieu ne veut pas dire la même chose dans les trois cas.

Le Temps d’y Penser : Un seul Dieu mais lequel ?

Rémi Brague : Et surtout de quelle manière est-il un ? Cette question soulève deux difficultés.

D’abord, elle pose un problème aux chrétiens, et un problème intellectuel avant tout, parce qu’il n’y a pas de catégorie chrétienne pour ranger l’islam. L’événement fondateur du christianisme est antérieur de sept siècles à l’islam et il s’est cristallisé en dogmes trois bons siècles avant lui. Alors dans quelle « case » mettre les Musulmans ? Ce ne sont pas des Juifs. Ni des chrétiens. Des païens ? Mais des païens qui croient en un seul Dieu, qui croient en Abraham, qui ont un rapport avec certains personnages de la Bible… Ce sont donc des païens un peu particuliers ! Ainsi l’islam n’entre dans aucune des cases que le christianisme a pu définir à ses débuts…

De l’autre côté, la théologie islamique s’est constituée dans un contexte d’antichristianisme, mais surtout de post christianisme : il s’agissait pour les conquérants arabes de se distinguer le plus possible de leurs sujets chrétiens. Ils prétendaient soit corriger le christianisme soit le ramener à une pureté primitive qu’il aurait perdu, à la suite d’on ne sait quelle cause – il y a plusieurs théories à ce sujet. En ce sens, le dialogue avec l’Islam est plus difficile qu’avec le bouddhisme, même si en apparence on n’a rien de commun avec le bouddhisme : il n’y a pas de dieu, ou alors il tient un rôle de pur auxiliaire dans le processus du salut, et en tout cas ses dieux ne sont pas l’objet d’une foi. Cet éloignement même permet de se placer plus facilement sur le terrain de l’identité commune : essayer de voir quelles expériences mystiques on peut essayer de comparer, etc. Pour l’islam c’est plus difficile à cause même de la proximité. Vous vous souvenez de la fameuse plaisanterie de Churchill disant que les Anglais et les Américains étaient divisés par une langue commune. On a un peu appliqué la même plaisanterie au christianisme par rapport à l’islam : nous sommes divisés par des références communes : référence à un seul dieu, référence à un livre sacré (qui n’est d’ailleurs pas le même pour les trois) et référence à un certain nombre de personnages, dont le nom apparaît dans les trois textes sacrés, mais qui ne sont peut-être pas les mêmes personnages – mis à part peut-être Abraham, qui n’est qu’un cas particulier de ce problème, mais le portrait de Jésus dans le Coran ne ressemble pas beaucoup à celui des Evangiles !

Le Temps d’y Penser : Il existe un groupe anonyme d’Allemands qui essaient de proposer une lecture du Coran en mettant des points voyelles araméens, où cela en est-il ?

Rémi Brague : Il existe effectivement, en Allemagne, tout un groupe appelé Inâra, qui veut dire « éclaircissement ». C’est la façon dont on traduit habituellement Les Lumières en arabe. Ces recherches portent sur l’islam primitif, la naissance du Coran, bref, les deux premiers siècles. Y travaillent également des Français (Claude Gilliot, professeur émérite d’arabe à l’Université d’Aix et dominicain ou Geneviève Gobillot, qui enseigne l’arabe à Lyon). Ils proposent des thèses révisionnistes, au bon sens du mot, bien entendu (on peut au passage regretter que cet adjectif ait été monopolisé par ceux qui nient la Shoah, parce que le mouvement même de l’histoire consiste à réviser les prétendus acquis de l’histoire précédente !).

Ces chercheurs proposent donc des thèses dans lesquelles il y a certes à boire et à manger, mais toutes fascinantes par leur nouveauté, voire leur caractère révolutionnaire. Par exemple, il n’y aurait pas eu de conquête arabe, mais une dévolution du pouvoir au Moyen-Orient de la part des autorités centrales byzantines à leurs auxiliaires arabes. N’étant pas historien, je me garderai bien de juger !

Concernant votre question, il s’agit précisément des recherches de Christoph Luxenberg. Il essaie de montrer pourquoi le Coran abonde en passages obscurs – des raisonnements bizarres, des phrases sans sens par rapport aux précédentes… Selon lui, les premiers Arabes auraient inventé des histoires destinées à justifier, expliquer certains dires du Prophète. Ils auraient été obligés d’imaginer des histoires que le texte ne raconterait qu’en partie.

Dans un livre retentissant paru il y a environ dix ans, Luxenberg a proposé une thèse originale : le Coran est écrit dans une langue qui est un mélange entre le dialecte arabe qu’on parlait dans la région de la Mecque et la langue de culture religieuse à l’époque qui était le syriaque. Le Coran ne serait donc pas du mauvais arabe mais du bon syriaque mal compris par des gens qui ne savaient plus le syriaque et ont essayé de trouver un sens en mettant des points diacritiques (un même ductus peut exprimer jusqu’à cinq sons différents !). Ces points diacritiques ne sont pas dans les manuscrits les plus anciens, pas plus que les voyelles.

La thèse est bien entendu controversée, parce que cela remet en cause le gagne-pain de certains – et peut-être tout n’est-il pas juste dans ce qu’il dit. Mais certaines choses sont intéressantes et, au prix d’une correction assez minime, permettent de donner un sens à des textes impénétrables autrement. C’est le cas pour le récit de la naissance de Jésus. La traduction usuelle dit qu’à ce moment, une source s’est mise à couler, ce qui est incompréhensible. En corrigeant selon la méthode de Luxenberg, on arrive à une idée plus claire : « Dieu a rendu ton accouchement légitime. »

Ce qu’il y a de plus sensationnel, c’est qu’il montre, en tous cas prétend montrer, que les fameuses houris qui attendent les guerriers d’Allah sont en réalité des grains de raisin blanc. C’est très vraisemblable par le contexte… même si moins efficace pour motiver des mâles ! Il est d’ailleurs amusant que cette raison-là se retrouve chez Avicenne : pour lui, le paradis chrétien est très bien pour des philosophes, mais la vision de Dieu n’est pas très motivante pour des guerriers ! Pour des raisons politiques il vaut mieux un paradis sensuel. Le sens actuel aurait donc été donné plus tard.

Un autre groupe à Berlin, beaucoup plus prudent, académique si je puis dire, essaie de replacer le Coran dans son milieu d’origine qui serait l’Antiquité tardive. C’est le groupe autour d’Angelica Neuwirth. Quand on regarde le Coran de façon honnête et attentive, on se rend compte de certaines choses bizarres et inattendues.

Ainsi Geneviève Gobillot a constaté qu’il y a une histoire qui se retrouve dans deux endroits et dans deux seulement : le Coran et un livre de Lactance. C’est l’histoire de marins qui, surpris en pleine mer par une tempête, invoquent le dieu unique et qui, une fois rentrés au port sains et saufs, retournent à leurs dieux particuliers.

On voit donc que dans le Coran on trouve un peu de tout, des éléments viennent de Perse, d’autres du manichéisme… Bref, le tout repose sur un fond syncrétique extrêmement compliqué…

On a surtout l’impression que le Coran contient des polémiques plutôt contre les chrétiens que contre les païens. Par exemple, l’expression « les associateurs » viserait ainsi davantage les chrétiens avec leur trinité que les polythéistes : les témoignages qu’on a sur des cultes polythéistes en Arabie concernent une période et une région bien antérieures ; en gros le Yémen des II-IIIe siècles mais pas le Hedjaz du VIIe siècle. Il y a d’autres bizarreries comme ça.

Ou encore, Patricia Crone, une danoise qui enseigne à Princeton, a fait cette remarque toute simple qu’il est question que les adversaires qu’attaquent Mahomet cultivent l’olivier. Or il n’y a pas d’olivier dans le Hedjaz… Ce serait donc la Palestine ou l’extrême nord de la Syrie.

Autre allusion, à Sodome et Gomorrhe (pas directement nommées dans le passage « Vous passez devant ces ruines matin et soir »). Or les ruines de Sodome et Gomorrhe sont des concrétions volcaniques qui ressemblent à des ruines de ville – qui n’ont jamais été une ville – et se situent… au sud de la Mer morte.

Pour toutes ces raisons, certains renoncent carrément au cadre traditionnel de la vie du Prophète telle qu’il a été canonisé dans sa biographie, la Sirah, dont la version que nous possédons a été écrite deux siècles après les événements, à Bagdad, dans des conditions sociales, économiques, culturelles tout à fait différentes.

Une bonne partie de cette biographie traditionnelle fut établie pour des raisons théologiques. Par exemple l’idée selon laquelle Mahomet était illettré vient toute entière de l’usage d’un adjectif qui veut dire : le prophète des nations, le prophète païen, le prophète non juif. Or le mot « nation » a la même racine que le mot « mère », ce qui donnerait donc « Tel qu’il est sorti de sa mère », et donc illettré. L’interprétation est un peu tirée par les cheveux mais a une raison théologique : il faut pouvoir interdire l’hypothèse selon laquelle le Prophète aurait pu lire des livres antérieurs. Comme s’il était également sourd, mais passons…

On est donc amené à fortement relativiser les éléments qui composent cette biographie. L’ennui est que toutes les biographies du Prophète, toutes les études menées se fondent sur cette source… Ainsi le livre de Maxime Rodinson, pourtant critique – Rodinson était marxiste, il donne une explication purement matérialiste de la naissance de l’Islam – reprend pour l’essentiel les faits qui n’ont peut-être jamais existé !

L’idée à retenir est donc qu’une bonne partie de la biographie traditionnelle du Prophète est une construction destinée à justifier des dogmes antérieurs.

Le Temps d’y Penser : Ces initiatives exégétiques sont exclusivement occidentales ?

Rémi Brague : Quasiment. Dans ces groupes, il y a deux anciens Musulmans. L’un signe sous le pseudonyme Ibn Al-Warraq, tiré du fameux conte du fils du marchand de feuilles qui dit ce que tout le monde pense tout bas (« Le roi est nu »). Il y a un Tunisien qui s’appelle Mondher Sfar. Eux ne sont plus musulmans du tout. Y a-t-il des Musulmans qui essaient de s’approprier ces méthodes ? Ils sont peu nombreux. On les comprend : l’un d’eux enseignait en territoire palestinien, et avait suggéré que certains récits du Coran pouvaient être des légendes, des paraboles et ne pas avoir prétention d’historicité… Ses étudiants l’ont défénestré et il n’a pas survécu très longtemps à ses blessures. Une certaine prudence est donc de mise quand on ne vit pas en Occident…

Le Temps d’y Penser : Ces initiatives sont le fait de Musulmans qui ont perdu la foi. Pensez-vous que l’Islam est prêt à vivre ses propres Lumières, et puisse y survivre comme le christianisme, bien que malmené, a pu survivre aux siennes ?

Rémi Brague : Il faut se méfier de ces parallèles parce que les deux religions étaient, dès le départ, extraordinairement différentes. Vous le savez, le christianisme ne considère pas que la Bible a été écrite par Dieu. Il s’agit d’un livre inspiré, ou d’un ensemble de livres inspirés. Leurs auteurs ont été garantis d’erreurs en matière de foi et de mœurs, mais l’inspiration ne les a pas rendus omniscients en matière d’histoire et de cosmologie… La clé de voûte de l’Islam, en revanche, c’est que le Coran a été dicté. Son auteur est Dieu, au sens où Milton est l’auteur du Paradis perdu et pas ses filles, à qui il dictait le poème après être devenu aveugle. De même Mahomet a retranscrit fidèlement les paroles divines. C’est sans doute ce qui explique dans la biographie traditionnelle le surnom d’al-Amin qui lui est donné. Amin, c’est celui qui restitue un dépôt qu’on lui a fait sans rien ajouter ni surtout sans rien y retrancher.

Le Temps d’y Penser : Pensez-vous que l’Islam peut évoluer, subir une mutation – au sein de nos sociétés ou ailleurs ?

Rémi Brague : Qui peut le prédire ? La question est surtout de savoir s’il resterait suffisamment des données islamiques pour que cela mérite encore le nom d’Islam – et que tout le monde s’y accorde. Il n’y a pas de magistère en Islam, c’est un avantage d’une certaine façon, mais c’est aussi un gros inconvénient : en ce sens personne n’est autorisé pour dire ceci est l’Islam et cela non. Aussi quand des musulmans, ouverts, tolérants et vivant en Occident vous disent que les Islamistes sont de mauvais Musulmans, ils n’en ont tout simplement pas le droit. C’est leur opinion strictement personnelle.

Le Temps d’y Penser : Et réciproquement…

Rémi Brague : Exactement ! Ils se renvoient l’un l’autre toutes sortes de noms d’oiseaux, les islamistes considèrent que les autres sont des musulmans tièdes, et il n’y a pas d’autorité capable de trancher et désigner la vérité. La présence d’un magistère dans l’Eglise catholique a peut-être eu des conséquences désagréables, mais au moins sait-on ce qui est catholique et ce qui ne l’est pas. Nous avons un catéchisme, il n’y a pas de catéchisme musulman.

Le Temps d’y Penser : Ce que reconnaissent certains Musulmans quand on aborde des éléments clés comme la divinité de Jésus : « Mais nous, nous n’avons pas de catéchisme ».

Rémi Brague : C’est un problème : beaucoup de Musulmans ne savent pas précisément en quoi ils croient. Lorsqu’un musulman dit : « Ca c’est dans le Coran », il faut vérifier. Parfois ça n’y est pas. De fait, les Musulmans lisent peu le Coran. Déjà ils ne peuvent guère le comprendre, car c’est dans une langue qui ne correspond plus du tout à l’arabe parlé maintenant, ni même celui de chaînes de TV.

Le Temps d’y Penser : Il n’y a pas de traduction ?

Rémi Brague : Si. Il y en a eu même assez tôt, en turc et en persan, pour les populations non-arabes. Déjà, ça ne s’appelle pas traduction, car le Coran est intraduisible. J’ai un exemplaire ici intitulé « Essai d’interprétation du Coran inimitable ». Ils évoquent aussi la traduction du sens, et non traduction des mots. Les traductions du Coran sont plutôt à l’usage des non-musulmans.

Le Temps d’y Penser : N’est-il pas dès lors plus facile, si on se place dans une perspective d’annonce du message chrétien, de dialoguer avec les Musulmans qui ne connaissent pas réellement le Coran ?

Rémi Brague : Pas forcément, je connais au contraire le cas de Musulmans qui ont abandonné l’Islam après avoir lu le Coran ! L’ignorance n’est jamais souhaitable.

Pour beaucoup de Musulmans, être un « bon » Musulman c’est être avant tout quelqu’un de bien, respectueux, bien élevé. Le contenu du Coran n’est à la rigueur pas leur problème.

Ainsi, leur demander de cesser d’être musulman serait un peu comme leur demander de cesser d’être honnête, de bien se comporter… Il y a un mélange entre la religion et une sorte de morale naturelle tout à fait respectable par ailleurs ! Le sens de l’hospitalité, le respect de la parole donnée existent en Islam, aussi bien que dans toute société préindustrielle d’ailleurs.

Une bonne partie des récits sur Mahomet est basée sur la sagesse populaire qui traînait dans le Moyen-Orient à l’époque. Du coup, on a un certain raisonnement inversé du genre : « Si c’est vrai, c’est que le prophète l’a dit ». On y trouve des enseignements de parfait bon sens, de parfaite humanité. L’ennui, c’est qu’on y trouve également des choses un peu plus désagréables.

Mon passage préféré est celui où Mahomet torture quelqu’un pour savoir où il a caché l’argent. Ce qui n’étonnerait pas chez Al Capone surprend un peu chez un prophète, non ? Le problème est que pour un juriste, si le prophète a fait quelque chose, c’est que c’est juste. C’est pour cela que, lorsque le parlement iranien a essayé de remonter l’âge légal du mariage à 12 ans, le conseil des religieux a rappelé que Mahomet avait consommé son mariage avec Aïcha alors que la petite avait 9 ans. S’il l’a fait, c’est donc que ça ne peut être mal. Et l’âge légal du mariage est resté à 9 ans. C’est un petit peu embêtant, non ?

Ce que Mahomet a dit et fait a valeur de loi. Tout ce qu’il a fait n’est certes pas obligatoire, mais est permis, (exception faite du nombre d’épouses, mais je ne crois pas qu’il y ait d’autres exceptions).

Le Temps d’y Penser : On soulignait l’ignorance du Musulman moyen…

Rémi Brague : … elle vaut celle du chrétien moyen, notez bien : nous sommes de ce point de vue logés à la même enseigne !

Le Temps d’y Penser : Justement ! Nombre de rencontres entre chrétiens et musulmans ont lieu dans un tel esprit d’ouverture que les chrétiens ne sont plus dans une posture d’annonciation. Comme s’il fallait convertir les athées, les agnostiques, mais qu’au fond, la religion musulmane était bien assez suffisante pour eux, peut-être pas la vraie, mais au fond pas si éloignée de la foi chrétienne…

Rémi Brague : Il faut ici se méfier de ce qu’on entend par religion. En Occident, même l’athée le plus recuit croit savoir ce qu’est une religion et pense que c’est une sorte de christianisme. Mais c’est plus compliqué que ça. Regardez le bouddhisme : une sagesse, une philosophie ? Pour l’Islam, il faut également prendre garde. Une doctrine qui vous dit tout ce que vous pouvez et devez faire, ce n’est plus une religion, c’est une loi. Au Moyen Âge, les médiévaux appelaient l’Islam – ainsi que les deux autres religions – lex, la loi. Ca me semble plus juste. C’est une manière de vivre plus que de croire. En ce sens, nous avons plus affaire à une orthopraxie qu’une orthodoxie.

Le Temps d’y Penser : On peut être un bon musulman sans être croyant, alors ?

Rémi Brague : Non, aucun Musulman ne vous dirait ça. Il est très difficile qu’un Musulman soit athée. Même non pratiquant, s’il est en terre d’Islam, il fera le ramadan, et pas seulement par hypocrisie ou peur, mais aussi par solidarité. De ce point de vue, c’est vraiment différent et comprendre l’Islam réclame une véritable ascèse intellectuelle : essayer de comprendre une autre religion comme elle se comprend elle-même.

Le Temps d’y Penser : On comprend l’extrême difficulté du dialogue interreligieux, même de bonne foi, même entre bons spécialistes.

Rémi Brague : Le principal danger est la paresse intellectuelle : « Au fond, ils disent Allah, ça doit être Dieu, Issa c’est Jésus, Ibrahim pour Abraham, Iman c’est la foi, etc. »

Il faut extrêmement prudent et regarder ce qu’il y a derrière les mots. Quand ils disent « Dieu est miséricordieux, » parle-t-on de la même miséricorde que celle du Dieu des chrétiens ? Allah n’est miséricordieux qu’envers ceux qui croient en lui et hait les incrédules (Coran, XL, 10) : il y a une différence, non ?

Propos recueillis par Louis Charles et Henry le Barde


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27/01/2012

Jean-Paul Bourre, suspendu d'antenne par le CSA !

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=


Mon pote Jean-Paul Bourre vient d'être suspendu d'antenne, sur Radio Ici et Maintenant, par les Goebbels du CSA sous prétexte que son émission du 27 Octobre dernier serait "raciste" ! Sur le site de la Confédération Nationale des Radios Associatives on peut lire :

« Assemblée plénière du 20 décembre 2011

Le CSA a constaté que la station Ici et Maintenant avait diffusé, le 27 octobre 2011, des propos à caractère injurieux, insultant et raciste au cours de l’émission consacrée à la disparition de la civilisation européenne dans laquelle la parole était donnée à M. Jean-Paul Bourre.

Il a considéré que ces propos méconnaissaient les stipulations de l’article 2-4 de la convention de la station qui lui prescrivent "de ne pas encourager des comportements discriminatoires à l’égard des personnes en raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée (…)"

Le Conseil a mis en demeure l’éditeur de respecter ces stipulations. »

Nous assistons une fois de plus à un glissement sémantique du terme "racisme", meilleure manière d'évacuer le débat et de ne pas aborder les sujets qui fâchent. Il n'y a selon moi aucun "racisme" dans cette émission, juste des vérités. Vous pouvez vous faire votre propre idée, par vous-même, en écoutant l'émission dont je mets le lien ici.

L'émission se trouve encore sur le blog d'Archives de Radio Ici et Maintenant... pour l'instant.

Et à présent, répétez, avec ferveur, après moi : Csa ? Zieg Halde ! Csa ? Zieg Halde ! Csa ? Zieg Halde ! Csa ? Zieg Halde !

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23/01/2012

Dieu a-t-il créé le Mal ?

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22/01/2012

Place du Maghreb

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Ma douce Irina est en colère...

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Place de France est le centre commercial où nous faisons nos courses chaque samedi.
Place de France ? Hum.
Plus de poissonnerie depuis un an.
Le « Nicolas » où nous achetions notre vin a fermé il y a maintenant plusieurs années.
La crèmerie où j’aimais acheter du fromage de « chez moi » fermée depuis environ 2 ou 3 ans.
Eram, disparu.
Une première boucherie remplacée par une boucherie halal.
Une deuxième boucherie également remplacée par une boucherie halal.
Un magasin de fringues remplacé par une boucherie halal.
Une assez bonne boulangerie reprise par des maghrébins avec un large rayon de patisseries arabes.
Un kebab.
Deux kebabs.
Un magasin bio, disparu.
Un autre remplacé par une épicerie arabe.
Seul, tel le dernier village gaulois, un boucher traditionnel résiste. Nous le connaissons depuis toujours ou presque, et nous allons chaque samedi lui acheter de la viande, nous papotons, plaisantons, bref, un petit plaisir après la corvée des courses chez Carrefour.
Hier, comme d’habitude, la corvée courses terminée, nous nous rendons chez notre boucher et là, le choc : une boucherie halal a pris place !
La colère monte.

Notre commune qui compte un peu plus de 40 000 habitants ne possède donc aujourd’hui, à ma connaissance, qu’une seule boucherie traditionnelle, dans la vieille ville.
Je me suis crue un moment dans la 4e dimension. Qu’est-ce qui arrive à ce pays ?! Que les immigrés aient leurs commerces, ça ne me pose aucun problème mais que du jour au lendemain, ils soient quasiment les seuls à être représentés, ça non ! Que fait-on des « français de souche » du quartier qui ne mangent pas halal et qui aiment trouver chez leur boucher du porc ? C’est quand même totalement hallucinant non ?
« Place de France » devrait être rebaptisée « Place du Maghreb », parce que là, ça n’a plus aucun sens.
Les mots me manquent, la colère est encore trop présente.

Certains quartiers comme celui-ci vont finir par être désertés par les « français de souche » qui n’ont qu’une envie : partir ! Non seulement les commerces ne les représentent plus mais ils se sentent de plus en plus dans l’insécurité. Tout cela devient insupportable et je ne comprends pas comment les choses ont pu aller jusque là. Le pire c’est que ça va encore empirer. Alors soit les « français » vont tous partir soit on va aller vers une guerre civile. Parce qu’à force de supporter, de fermer sa gueule, il va y avoir un moment où on ne pourra plus supporter, où on ne pourra plus fermer sa gueule.
On reproche à la France ses années de colonisation. No comment.
Nous ne sommes pas en pleine colonisation avancée là ?
Imaginez un peu le contraire : je vois mal un centre commercial en Algérie où toutes les boucheries halal disparaitraient au profit de boucherie où l’on pourrait acheter du porc ... sous prétexte qu’une communauté chrétienne y grossirait.
Je ne sais pas ce qu’il faut pour que les gens se réveillent et prennent conscience de ce qui est en train de se passer dans ce pays !
Bien sûr, beaucoup ne sont pas personnellement concernés, alors forcément, pour eux, c’est facile de défendre les immigrés et de trouver normal que nous aménagions toutes sortes de choses pour eux. De toute façon, pour n’importe quoi, à partir du moment où cela ne concerne pas les gens, où ça ne les dérange pas dans leur petite vie, rien ne les concerne.
En revanche, pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement que d’habiter dans des banlieues et où les étrangers sont nombreux, je peux vous dire que la vie au quotidien n’est pas facile. Entre les agressions (notre fils qui s’est fait raquetter, tabasser, et encore raquetter, tout ça en moins d’un an... et pas par des alsaciens, des auvergnats ou des bourguignons), les quartiers où les dealers font la loi et où il vaut mieux ne pas se promener, les islamistes (il y en a de plus en plus) qui vous regardent avec de la haine et du mépris (non non, je ne suis pas parano) et pour couronner le tout, on vous enlève la dernière boucherie où vous pouviez acheter de la viande non halal et du « hallouf », là, ça commence à bien faire. On a l’impression d’être étranger dans son propre pays ! Il y a de quoi péter les plombs.

En conclusion, je paraphraserais Shakespeare : il y a quelque chose de pourri au royaume de France.

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Bientôt dans notre ville...

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05/01/2012

Comment mentir aux non musulmans avant de les menacer de mort après leur "conversion"...

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Grande spiritualité, n'est-ce pas ?

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19/12/2011

Arte : Stig Dagerman, 1946 - un automne allemand

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Si vous ne l'avez pas vu sur ARTE, à regarder... bien entendu. Les questions qui dérangent...

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Lire ou relire...

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13/12/2011

Pouvons-nous donner un nom aux animaux ? par Robert R. Reilly

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Pour rentrer en résonance avec l'article d'Irina d'hier, voici un article publié sur le site de La France Catholique, lui-même traduction d'un article du site The Catholic Thing.

Merci au commentateur Serge de me l'avoir fait découvrir.

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Le second des forums catholique-musulman dus à l’initiative de Benoît XVI en 2008 pour encourager le dialogue entre les deux plus grandes religions mondiales s’est tenu en Jordanie le mois dernier. Il a réuni 24 responsables, chercheurs et universitaires de chaque côté. Il est difficile de tirer un bilan de telles rencontres. Comme le très astucieux père Samir Khalil Samir l’a dit : « Le dialogue est préférable à l’indifférence et au silence réciproque ».

Le sujet du forum était « Raison, Foi et Humanité ». Le roi Abdallah a accueilli les participants en affirmant que « ce forum était le fruit d’initiatives destinées à développer les concepts qui sont communs aux musulmans et aux chrétiens ». Les deux ont certainement des choses en commun, principalement en matière de morale, mais les sources de la morale sont différentes en vertu de l’autorité dont elles découlent.

Chrétiens et musulmans ont travaillé de conserve lors de la conférence des Nations Unies sur la Population au Caire en 1995. Aux États-Unis et au Moyen-Orient, dès lors que les musulmans voient que vous êtes motivés par des préoccupations morales qu’ils partagent, le mur de séparation tombe rapidement.

Si vous essayez de pousser plus loin, vous rencontrez des problèmes théologiques. A ses frères dominicains, Thomas d’Aquin donnait ce conseil pour aborder les Musulmans : vous ne pouvez pas vous réclamer de votre Révélation, car ils ne la reconnaissent pas ; vous ne pouvez pas vous réclamer de leur Révélation, car vous ne la reconnaissez pas ; vous devez donc traiter avec eux comme des hommes de nature.

Ce qui veut dire appeler à leur raison. La difficulté vient du fait que les musulmans doivent aussi vous considérer comme des hommes de nature. Or pour un musulman, tout homme est par nature un musulman. En ce sens, vous ne vous convertissez pas à l’islam, vous y retournez.

La question centrale est celle de la raison. Pouvons-nous raisonner ensemble ? C’était la question posée par Benoît XVI dans sa conférence de Ratisbonne. Il y répondait par l’affirmative dans la mesure où eux et nous sommes hellénisés, donc si nous reconnaissons que la raison nous rend capables d’appréhender la réalité.

Un participant turc au forum jordanien, le philosophe Ibrahim Kalin, en est d’accord. « Le Coran, a-t-il déclaré selon The Tablet, enseigne un droit naturel familier aux thomistes. Les accusations d’irrationalité persistent toutefois parce que l’islam a conservé un équilibre entre raison et foi qui a été rompu en Europe par les Lumières au profit de la raison et de la science ».

Kalin omet cependant de préciser que la seule école théologique dans l’islam qui se rapproche de ce modèle, les Mu’tazilites, au début du neuvième siècle de notre ère, a été réprimée irrémédiablement à partir du calife Al-Mutawikkil. C’est à cette période de dé-hellénisation que le Pape se référait.

La notion de droit naturel a ainsi disparu de l’islam, Dieu, omnipotent, ne pouvant être contraint par rien, pas même la raison. Dieu étant cause première et unique de toutes choses, toute autre approche naturelle, toute relation de cause à effet, devenaient anathèmes.

Certes le Coran contient certaines suggestions en faveur d’une théologie de la nature, mais il contient aussi bien d‘autres choses moins avenantes. Ainsi du récit de la Création. Dans la Genèse, c’est Adam qui nomme les animaux. Dans le Coran c’est Dieu lui-même. Ce détail est symptomatique de la différence entre les deux visions de l’homme. Le pouvoir de nommer est le pouvoir de connaître. « La réalité devient intelligible à travers les mots. L’homme nomme les choses et par là rend le réel intelligible. » (Joseph Pieper) Si vous ne nommez pas une chose, comment pouvez-vous la connaître ?

Cela va même plus loin dans le Coran puisque les Anges s’étant plaints, Dieu leur demande de donner eux-mêmes des noms aux animaux, ce qu’il sait pertinemment qu’ils ne peuvent pas faire. Ils répondent à Dieu : Toi seul sait tout. Tu sais que nous ne savons rien d‘autre que ce que tu nous as enseigné.

Nous en tirons la conclusion d’une incapacité épistémologique de l’islam à appréhender la réalité et à connaître autre chose que ce que Dieu lui-même a révélé. L’islam a ainsi perdu l’accès rationnel à la réalité à travers une théologie biaisée qui a elle-même produit une culture dysfonctionnelle. Aussi longtemps que l’on n’aura pas traité ces questions (encore perceptibles lors des récentes élections dans les pays arabes), il sera très difficile de raisonner ensemble.

Qu’ils commencent donc par le droit de donner un nom aux animaux.


-- Robert R. Reilly --

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Lisez également, si vous pratiquez l'anglais, cet entretien de Robert R. Reilly à propos de l'abandon de l'usage de la Raison par le monde musulman.

 

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12/12/2011

Le Virgin Megastore du Qatar “recommande” Mein Kampf

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Quand j'use mon temps à tenter de démontrer qu'il y a une proximité mentale évidente entre Communisme, Nazisme et Islam et que l'on me répond par des haussement d'épaules...

Au Qatar, pays du Golfe qui s'occupe de notre football comme d'investir dans nos banlieues, le Virgin Megastore local propose comme livre... Mein Kampf d'Adolf Hitler. Pas moins. On savait déjà que ce livre était un Best-Seller dans le monde arabe, mais c'est de plus en plus affiché de manière décomplexée.

Article du site Actu-Chretienne.Net

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On savait déjà que Mein Kampf est un best-seller en Turquie. Charles Gendelman de passage au Qatar a diffusé sur son twitter une photo d’une tête de gondole au Virgin Megastore, confirmant l’attrait des islamistes pour le nazisme, sentiment décomplexé déjà confirmé par Youssef Al-Qaradawi, chef du Conseil mondial des Oulémas et directeur du Centre européen de la fatwa et de la recherche, organe juridique de référence pour l’UOIF (association contrôlant les mosquées de Poitiers, Nantes, Bordeaux, Mulhouse, Lille, Caen…)

Qaradawi le 28 janvier 2009 sur Al-Jazeera TV: “Tout au long de l’histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu’il leur a fait – et bien qu’ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C’était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans.”

Tariq Ramadan dans Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, Aziz Zemouri, l’Archipel, 2005, page 135, étale tout son respect pour le “savant” pro-nazi, sans qu’aucun journaliste français ne lui reproche :

« Toute personne, musulmane ou non, qui a étudié les sciences et le droit islamiques contemporains, sait quelle est la contribution de Yussuf Al-Qaradawi au débat et combien certaines de ses propositions juridiques sont novatrices. J’éprouve un profond respect pour l’homme et le savant et serait le dernier à m’en cacher »

Ce qui n’empêche pas Claude Guéant et ses proches prédécesseurs de délivrer des visas courts séjours pour tous les conférenciers étrangers invités par l’UOIF, dont Qaradawi et Ramadan et des dizaines d’autres appelant à conquérir Rome ou a exterminer les Juifs. Il faut dire que nombreux sont les députés et maires UMP à financer sur fonds public les mosquées islamistes, ou a leur mettre à disposition des terrains public, comme je l’ai prouvé dans mon enquête Ces maires qui courtisent l’islamisme (éditions Tatamis, 2010).

Alors que les Juifs sont de plus en plus maltraités par des musulmans dans toute l’ Europe, (de la Suède à la Belgique, les Juifs fuyant aujourd’hui Anvers) on ne peut que être révolté par l’attitude de “responsables” politiques entrant dans une véritable collaboration matérielle pour quelques voix. Avec l’UMP, la liste s’allonge de jours en jours. Alain Juppé est assurément le meilleur d’entre eux.

-- Joachim Véliocas --

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De chouettes années en perspective...

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Douce schizophrénie arabe

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Elle est revenue de Beyrouth, au Liban, où elle a passé 4 jours pour raisons professionnelles liées au monde de l'édition. La parole est à ma douce Irina...

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Comme l’an passé, c’est à l’occasion de rencontres entre éditeurs que je me suis rendue au Liban cette année. Rencontres franco-arabes organisées à l’Institut Français de Beyrouth (locaux situé à l’Ambassade) — nous essayons toujours d’organiser ce type de rencontres au moment d’un salon du livre, ce qui était le cas l’an passé à Moscou.

Liban.
Beyrouth.
Des mots qu’on voit dans les journaux, qu’on entend au 20h et qui prennent tout à coup une toute autre dimension dès qu’un séjour là-bas se planifie. De l’excitation mêlée à un peu d’appréhension, voilà ce que j’ai d’abord ressenti, et puis de l’impatience.

Arrivée en milieu d’après-midi à l’aéroport de Beyrouth, les pistes à quelques mètres de la mer, les palmiers, un ciel parfaitement bleu, une luminosité très particulière, je réalise que je suis « ailleurs ».
Je récupère mes bagages et prends un taxi. Beyrouth est tout près et j’ y suis en quelques minutes.

Drôle d’impression, une disparité incroyable des bâtiments ; se côtoient des ruines et des buildings tout neufs. Les restes de guerres d’un côté et un « mini Dubaï » de l’autre... Des impacts de balles sur les façades témoignent de ce que cette ville a subi ;

il semble que certaines de ces bâtisses soient habitées : pas de fenêtre mais des bouts de tissus en guise de rideaux.

Et puis, juste à côté, une maison de deux, trois ou quatre étages qui a miraculeusement échappé aux attaques, intacte, magnifique.

Et puis, un peu plus loin, un building, presque indécent tellement il est luxueux.

Une ville schizophrène, c’est le premier mot qui me vient à l’esprit en arpentant ses rues.

Pas d’infrastructure à Beyrouth. Des routes et des trottoirs déglingués, pas de gare, pas de métro, pas de bus, seules quelques lignes privées assurent le transport dans Beyrouth et la banlieue, mais ils sont rares. Quatre ou cinq coupures électriques par jour (au début, ça surprend, après on s’habitue).
Les pays du Golfe investissent dans la reconstruction et les buildings poussent comme des champignons, des grues à tous les coins de rues, les chantiers marchent nuit et jour.

La Place des Martyrs, telle que je l’ai vue il y a quelques jours :

Et voici cette même place telle qu’elle sera en 2020 :

Si la ville est hétéroclite dans son architecture, elle ne l’est pas moins par les gens qui l’habitent. Se côtoient au quotidien musulmans (sunnite et chiites) et chrétiens (catholiques, maronites, coptes, et puis des orthodoxes et des protestants). Dès 4H45 l’appel du muezzin me sort du sommeil et le dimanche matin, les cloches des églises carillonnent ; cette cohabitation semble paisible et me plonge dans la réflexion. Je ne peux m’empêcher de penser que je suis dans un des pays que la Bible mentionne, le Christ y a laissé des empreintes et je suis au cœur de mes racines spirituelles finalement, c’est très troublant.

Chacune de ces communautés a son quartier mais la Corniche (sorte de promenade des anglais) est le lieu où tout le monde se retrouve pour une ballade. On y croise de jeunes femmes « hyper lookées » en train de faire leur jogging (c’est tout juste si on ne se croirait pas sur un bord de mer de L.A.), des femmes voilées (peu de burqas), des familles (chrétiennes, d’après leur apparence), des couples issus de milieux sociaux élevés (homme en costume, femme très élégante) et puis des vendeurs de pains.
Un bord de mer bétonné et un accès à la mer quasi impossible, pas de plage (un peu frustrant) mais une vue magnifique de la ville encastrée entre la Méditerranée et les montagnes.

Quant aux restaurants et cafés, ce sont des lieux extrêmement conviviaux où la shisha est de rigueur. La table libanaise est opulente, on ne sait pas quand les plats vont finir d’arriver sur la table ! Tout est très frais et vraiment excellent. Je vous conseille un endroit incontournable à Beyrouth, un café traditionnel libanais : Al Falamanki. Ce n’est pas tant pour ce qu’on y mange (rien de sophistiqué) mais plutôt pour l’ambiance car c’est un endroit où l’on se retrouve pour jouer aux cartes, au backgammon, boire, manger et fumer la shisha entre amis. Nous avons découvert cet endroit un soir et nous avons tenu à y retourner le soir précédant notre départ en compagnie d’éditeurs arabes avec qui nous avions sympathisé. Sans aucun doute, si un jour vous allez à Beyrouth, ne repartez pas sans y avoir passé une soirée.

Les rencontres avec les éditeurs arabes ont été particulièrement riches et émouvantes. L’an passé, les Russes ne m’avaient pas laissée indifférente mais ce que j’ai entendu à Beyrouth m’a profondément attristée et m’a aussi donnée beaucoup d’énergie.

A l'occasion de conférences et débats organisés le premier jour, les éditeurs arabes nous parlent sans langue de bois de l’analphabétisme (parfois plus de 50% de la population d’un pays, et surtout des femmes), de l’absence totale de législation concernant la propriété intellectuelle, rien ne protège ni les auteurs, ni les traducteurs ; aucune infrastructure concernant la distribution, ce qui fait qu’un éditeur doit avoir plusieurs casquettes, il est aussi libraire et distributeur.
Et puis bien sûr, la censure, en tout genre, qu’elle soit politique, religieuse, sexuelle ou géographique.

Quelques exemples :

Un éditeur algérien qui veut que son livre soit présent au Maroc doit transiter par le Liban ! La censure marocaine veille. Il faut savoir que le Liban et l’Egypte font circuler leurs livres vers le reste du monde arabe, l’inverse est quasi inexistant. D’ailleurs, Beyrouth et le Caire sont les deux places principales pour l’édition, les plus libres. Les Syriens par exemple font publier leurs ouvrages à Beyrouth.

Censure du contenu : une éditrice me racontait qu’elle venait de sortir un ouvrage sur Alzheimer, à 3 ou 4000 exemplaires (ce qui est pas mal là-bas) et elle attendait qu’il passe la censure et elle m’a avouée qu’elle avait bien peur que son ouvrage soit rejeté. Pourquoi ? eh bien parce que son premier chapitre traite de l’alcool, du lien qu’il peut y avoir avec le développement de la maladie d’Alzheimer et surtout que les musulmans, quand ils boivent, boivent en grosse quantité et tout le temps. Bref, elle est quasi certaine que ce chapitre risque de planter tout son tirage mais elle n’a pas voulu se courber.

Une autre, qui publie des livres pour enfants, me racontait qu’elle avait sorti un livre sur les conquêtes (Marco Polo, etc.) et sur la couverture, on pouvait apercevoir une petite croix sur un bout de tissu : il a fallu qu’elle sabote tout son tirage pour faire disparaître cette croix trop gênante de sa couverture...

Un autre fléau, enfin, deux autres : le « photocopiage » comme ils l’appellent (autrement dit le « photoco-pillage) et le piratage numérique. C’est également un moyen là-bas de pouvoir se procurer des livres « interdits » tel que par exemple le « Da Vinci Code ».
Ils sont confrontés également au problème de la formation des élites : elle est inexistante, tout comme la production scientifique.
On nous brosse un bilan des plus catastrophique concernant la situation intellectuelle du monde arabe.
On revisite les traditions pour aller vers les nouvelles sciences mais c’est le serpent qui se mord la queue car il n’y a aucune perspective de renouveler la pensée car seuls les textes de la tradition comptent et prédominent et les étudiants n’ont pas été éduqués pour sortir de ce schéma. D’ailleurs, même s’ils le souhaitaient ils ne sauraient pas comment s’y prendre, on ne leur a pas donné les outils pour ça. Il faut que l’éducation change et évolue dès la primaire car on n’apprend pas aux jeunes enfants, ni aux étudiants une ouverture d’esprit. Ils ne comprennent pas qu’aller vers de nouveaux savoirs n’est pas incompatible avec une fidélité aux textes traditionnels. Ce qui les emprisonne est cette compréhension et application totalement littérale de ceux-ci. Impossible pour eux de prendre de la distance, de décortiquer, d'interoger, de douter, de se remettre en question, de comparer. Immobilisme intellectuel qui fiche plutôt la chair de poule quand on y pense et on se demande bien comment ils pourront surmonter cela avec les événements en cours qui ont transformé le "Printemps Arabe" en "Hiver Islamiste".

En conclusion de toutes ces interventions, j’ai constaté que les éditeurs actifs sont ceux du Machrek.

Du fait du manque total d’études des sciences humaines et de la prédominance de Dieu et des grands textes de la tradition arabe dans ces pays, pour tous ces éditeurs, la traduction ne pourra que renouveler la perspective et libérer la pensée arabe ; ils sont en réelle demande de textes occidentaux, surtout en provenance de France et des pays anglo-saxons.
Les intellectuels arabes ont donc besoin d’apporter un souffle nouveau, d’avoir accès à d’autres cultures et d’autres modes de pensées par le biais de la traduction.
Ils ne veulent plus d’une seule école de pensée et ils attendent que nous soyons flexibles dans le marché des droits (leurs moyens sont faibles et les freins sont nombreux).

Malgré toutes ces difficultés et le bilan peu optimiste de leur situation, des contrats sont déjà en cours pour traduire certains de nos ouvrages.

Leur colère, leur franchise et leur volonté tenace à faire évoluer leur situation me rend, moi, confiante et j’espère que mes homologues français les aideront en ce sens (j’ai bon espoir, ces rencontres nous ont tous touchés et je pense que les maisons d’édition françaises poseront des pierres à l’édifice).

A suivre...

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Lisez ou relisez "Les arabes selon Ibn Khaldoun" et l'article assassin du Dr Saleem Farrukh sur l'état culturel et intellectuel du monde musulman...

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10/12/2011

Jean-Louis Murat : "Ça me plaît assez qu'on ne m'aime pas !"

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Lisez, et savourez, cette interview de Jean-Louis Murat pour le journal Le Point. Il taille en pièces nos chers gauchiasses avec une joie pleine et entière...

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Alors que sort son nouvel album "Grand Lièvre", le plus individualiste des chanteurs s'est confié au Point.fr. Interview au lance-flammes.


Jean-Louis Murat sur le plateau de Frédéric Taddéi en septembre dernier. © Lejeune / PhotoPQR/Le Parisien

-- Propos recueillis par MICHEL REVOL --

Jean-Louis Murat travaille comme les paysans dont il célèbre l'existence. D'abord il compose, retiré dans les monts d'Auvergne, puis il enregistre, puis il joue, puis il se terre à nouveau pour reprendre le cycle de sa vie d'artiste. C'est méticuleux, régulier, et toujours talentueux, comme il le prouve avec son dernier album, un petit bijou d'écriture et de mélodie baptisé Grand Lièvre (1). Jean-Louis Murat, un homme rare, mais disert.

Le Point.fr : Vous vous tenez en marge du système. Pourquoi refuser de participer aux opérations caritatives, comme Les Enfoirés ?

Jean-Louis Murat : Je trouve ce système dégoûtant. Les jolis coeurs, les plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n'y crois pas du tout. Tous ces artistes sont des monstres d'égoïsme. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion.

Les artistes qui y participent n'ont aucune volonté d'aider une cause, selon vous ?

Non, ils font de la promo. N'importe quelle maison de disque te dira que la meilleure émission de variétés, c'est "Les Enfoirés", et qu'il serait bien d'y être. Tout est dit.

Même pas un soupçon d'altruisme ?...

Moi, toutes ces qualités-là, l'altruisme, le machin, je m'en bats les c... Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis coeurs, Renaud, je l'ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance. J'ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. "Elle est pour toi ou elle est pour moi ?" Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu'un chien se fait écraser. Dans le business, c'est pire. C'est un milieu où il faut se taire. Ils ne peuvent pas me supporter, je le leur rends bien. Je n'ai pas d'amis là-dedans.

C'est pourquoi vous avez choisi de vivre et travailler en Auvergne ?

Oui. Je ne suis jamais arrivé à me faire à ce milieu. Au début, j'avais un appartement à Paris, parfois je me mélangeais un peu, mais c'était une catastrophe. Je me souviens d'une fois où j'ai mangé avec le patron d'une maison de disque et sa grande vedette. Je n'ai pas passé l'entrée. Je leur ai dit : "Je n'ai rien à voir avec vous, je vous emmerde, au revoir, je me casse."

Vous dénoncez aussi l'engagement politique des artistes.

C'est le triomphe de l'hypocrisie. Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d'artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça.

Tous ne sont pas de gauche !

Non. Tu peux aussi faire une carrière de lèche-cul à la Souchon. C'est le plus grand stratège de la chanson française. Il est passé de Pompidou à Sarkozy sans broncher. C'est un centriste, si on veut. Souchon, c'est le Lecanuet de la chanson, ou alors, pour être plus moderne, c'est le Bayrou de la chanson. Un exemple à suivre si on veut vendre des disques.

Vous ne vous reconnaissez dans aucun parti ?

Je n'ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n'ai jamais été de droite non plus. L'engagement, c'est différent, c'est le pont plus loin. Si tu t'engages, tu dois faire abstraction du fait de savoir si tu es de droite ou de gauche. Ou alors il faut faire de la politique comme Flaubert, c'est-à-dire déceler la connerie, sortir le détecteur. C'est un spectacle tellement ridicule qu'il faut jeter un regard neuf dessus. On aurait besoin de Blake Edwards pour mettre en scène la clownerie de l'accord passé ces derniers jours entre les Verts et le PS, par exemple !

L'artiste n'a rien à dire politiquement ?

Mais quelle est la valeur de l'artiste dans la société ? Qu'est-ce que c'est que ces petits chanteurs de variétés qui font des trucs à la con de trois minutes avant de disparaître, et qui d'un seul coup ont des consciences de Prix Nobel de la paix ? Ça n'est pas sérieux.

Vous faites malgré tout des choix politiques, comme tout le monde...

Idéologiquement, j'aime beaucoup Léon Bloy, Bernanos. Ils ont une façon de penser dans laquelle je me retrouve. Ce sont des pré-communistes, des pro-chrétiens. Si je doute de quelque chose, il suffit de quelques pages de Bernanos, ça me remet à cheval ! Mais ce n'est pas tellement de la politique, c'est plutôt une façon d'envisager la vie et l'individu.

Donc, vous ne vous engagerez pas pour une cause ?

Jamais. L'idéologie chez les artistes, c'est une funeste blague. Ce qu'ils portent vraiment, c'est dans leurs chansons et leur comportement.

Et vous, pourquoi faites-vous des chansons ?

Pour moi. Si elles rencontrent des gens, très bien. Mais je n'ai jamais pensé à quelqu'un d'autre que moi en écrivant une chanson. Même dans la chanson populaire, même Bruant, même Pierre Perret, ils pensent d'abord à leur gueule.

C'est de l'égocentrisme !

Non, c'est la nature des choses. Je ne pense pas qu'un artiste puisse amener quoi que ce soit. Je pense que les enjeux sont ailleurs. Ils sont à l'extrême intérieur, dans le saint des saints de chacun. La seule idée que j'aimerais faire passer, c'est que chacun a en soi une énergie quasi infinie.

C'est ce que vous démontrez sur scène, où vous semblez comme possédé ?

Sur scène, je vais dans une sorte de château-fort intérieur. S'il y a quelque chose qui peut être exemplaire chez l'artiste, c'est ce chemin sportif qui mène vers ce "Fort-Boyard" dans lequel je me mets sur scène. Ce chemin a du sens. Un concert, c'est un meeting d'athlétisme. Je ne l'envisage que comme ça. Je fais un disque tous les ans parce que je défends une idée quasi héroïque de l'énergie. Je peux regarder quinze fois un sprint d'Usain Bolt, et ça me sert pour écrire mes chansons. Je suis dans quelque chose de primitif, d'où vient l'énergie, le feu sacré.

En revanche, vous ne parlez pas pendant un concert. Les spectateurs ont l'impression que vous les méprisez...

Je ne dis plus rien parce que tout le monde filme. Cinq minutes après, tu te retrouves sur Internet. Pourtant, j'ai eu des moments très spectaculaires. Le lundi qui suit la défaite de Jospin en avril 2002, par exemple, je suis en concert à la Cigale. J'attaque par une blague où je dis : 80 ans de communisme, 80 millions de morts, on est bien débarrassé ! Silence de cathédrale dans la salle. Le public ne supporte pas ce genre de truc ! En fait, j'aime beaucoup déclencher le rire jaune, j'aime bien aller à la limite. Il faut être créatif.

Qui sont vos héros personnels ?

Les sportifs, comme Usain Bolt ; peu d'artistes, ou alors des morts. J'aime Proust, par exemple. En musique, j'en ai très peu. J'aime bien les gagnants, mais aussi les losers. Je trouve qu'il y a une abnégation incroyable chez Van Morrison, chez Tony Joe White, chez JJ Cale. Ils ne sont jamais arrivés en haut mais ils s'en foutent, ils rament !

Ils ont cette fameuse énergie, ce feu sacré ?

Voilà ! J'aime aussi les gens qui, comme Bernanos, vont vers le surnaturel ou le mysticisme. Hector, Achille, Léon Bloy, Bahamontès et Usain Bolt, c'est un mélange de tout ça. Mais j'aime pas les lopettes, ce qui semble être la particularité du monde politique : fabricant de lopettes. Même Proust pouvait provoquer quelqu'un en duel et aller au coin du bois. Dans le monde politique d'aujourd'hui, pas un seul serait capable de le faire !

L'une de vos chansons, sur votre dernier album, proclame ceci : "Dans ce monde moderne je ne suis pas chez moi". Vous êtes misanthrope ?

Je dis ensuite : "Merci pour tant de peine, mais je ne t'aime pas." C'est ce que je pense vraiment. C'est même vicieux, puisque ça me plaît assez qu'on ne m'aime pas. Être une vedette dans ce monde pourri, je n'apprécierais pas tellement ! C'est plutôt un honneur d'être détesté. Mais je ne suis pas suicidaire. Je suis un mec simple. Je garde les valeurs paysannes : se lever tôt, travailler. Et ce que les autres en pensent, à vrai dire, on s'en fout.

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(1) Grand Lièvre, Jean-Louis Murat, V2 Music/Polydor

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