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11/03/2019

Début du Grand Carême

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Prière de Saint Ephrem le syrien

"Seigneur et Maître de ma vie,
ne m'abandonne pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
de domination et de vaines paroles ! (Une métanie)

Mais accorde-moi un esprit d'intégrité, d'humilité,
de patience et d'amour, à moi ton serviteur ! (Une métanie)

Oui, Seigneur-Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles ! Amen. (une métanie)

Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis. (Inclination)
Ô Dieu, purifie-moi pécheur. (Inclination)
Toi qui m'a créé, ô Dieu, sauve-moi. (Inclination)
J'ai commis des péchés innombrables, Seigneur, pardonne-moi. (Inclination)

Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis. (Inclination)
Ô Dieu, purifie-moi pécheur. (Inclination)
Toi qui m'a créé, ô Dieu, sauve-moi. (Inclination)
J'ai commis des péchés innombrables, Seigneur, pardonne-moi. (Inclination)

Ô Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis. (Inclination)
Ô Dieu, purifie-moi pécheur. (Inclination)
Toi qui m'a créé, ô Dieu, sauve-moi. (Inclination)
J'ai commis des péchés innombrables, Seigneur, pardonne-moi. (Inclination)

Seigneur et Maître de ma vie,
ne m'abandonne pas à l'esprit d'oisiveté, d'abattement,
de domination et de vaines paroles !

Mais accorde-moi un esprit d'intégrité, d'humilité,
de patience et d'amour, à moi ton serviteur !

Oui, Seigneur-Roi,
donne-moi de voir mes fautes
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles ! Amen. (une métanie finale)"

 


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03/03/2019

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23/02/2019

François Gervais : « On met cette histoire du réchauffement climatique à toutes les sauces. »

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Écologie. Le physicien, ancien membre du GIEC, dénonce le discours alarmiste sur l’urgence climatique.

C’est un livre d’actualité : tandis que les Gilets jaunes s’insurgent contre les taxes écologiques, le physicien François Gervais, ancien membre du GIEC, publie un ouvrage dans lequel il dénonce la propagande autour de l’urgence climatique. Selon lui, « la lutte contre le réchauffement climatique est vaine et l’impact de ces lois n’est pas mesurable pour la planète ». De plus, « toutes les annonces du GIEC ne reposent que sur des modélisations informatiques qui sont régulièrement démenties par les observations ». Ainsi, « la lutte contre le réchauffement climatique est une aubaine extraordinaire, la Banque mondiale a calculé le montant global des investissements destinés à la « lutte contre le réchauffement » : 89 000 milliards de dollars d’ici à 2030, qui seront payés par les contribuables. Le « green business » est déjà une très juteuse affaire pour tous ceux qui ont investi dans des « fermes » éoliennes et solaires dont le surcoût des prix de production est facturé aux consommateurs d’électricité ». François Gervais signale aussi que le CO2 n’est pas un poison, mais qu’il s’agit d’un composant essentiel du cycle de la vie et il souligne que l’augmentation du taux de CO2 constitue donc une chance pour tous les affamés de la planète, laquelle a déjà connu des taux de CO2 très supérieurs dans le passé.

François Gervais est physicien, professeur émérite à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Tours et expert reviewer du 5e rapport sur les changements climatiques du GIEC. Alors, pourquoi ne s’exprime-t-il que maintenant ? Il apparaît que le poids du politiquement correct et les pressions politiques empêchent de nombreux spécialistes de prendre la parole et, si lui-même peut le faire, c’est parce qu’il est professeur émérite. Son livre, qui n’a pas été beaucoup présenté par les médias institutionnels, se retrouve pourtant en ce début d’année en tête des ventes sur Amazon.

« L’urgence climatique est un leurre » de François Gervais est publié aux Éditions L’Artilleur.

Kernews : De plus en plus de scientifiques démontent le mythe de l’urgence climatique, mais souvent en off, en confiant qu’ils ne peuvent pas le déclarer publiquement, par crainte des pressions qu’ils pourraient subir après… Alors, pourquoi avez-vous pris un tel risque ?

François Gervais : L’essentiel des scientifiques qui peuvent s’exprimer sur cette question sont souvent des professeurs émérites : c’est-à-dire qu’ils sont déjà retraités, ils continuent de travailler bénévolement et ils n’ont plus à se soucier, comme cela a été mon cas pendant plusieurs années, de mettre leur laboratoire en danger. J’imagine que bien d’autres scientifiques sont dans le même cas de figure car, hélas, il est très difficile de s’exprimer sur ce sujet si vous n’êtes pas déjà dégagé des contraintes budgétaires et de toutes les autres contraintes que l’on peut avoir quand on dirige un laboratoire. Quelques jeunes courageux qui ont fait l’impasse sur un certain nombre de choses – je pense à mon collègue Benoît Rittaud, qui est maître de conférences et mathématicien, qui s’est vraiment engagé, mais en sachant que c’est au détriment d’un certain nombre de choses – constituent une exception. Il y a le courage vis-à-vis de soi-même, c’est à chacun de l’apprécier, mais je parle surtout du fait d’engager un laboratoire, c’est-à-dire toute une communauté.

On a le sentiment que tout ce que l’on nous raconte dans les médias sur ce sujet est souvent fantaisiste. D’abord, un premier point : vous ne niez pas le réchauffement climatique…

Il y a une variabilité naturelle du climat dont l’amplitude est plus importante que les faits anthropiques liés aux activités humaines. C’est surtout depuis la sortie du quatrième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) que les choses ont commencé. Auparavant, le GIEC était quand même plus prudent, mais à partir du quatrième rapport, qui a valu au GIEC un prix Nobel de la paix, en même temps qu’Al Gore, effectivement les choses ont commencé et je me demande si les journalistes des médias institutionnels pratiquent vraiment l’investigation, car il y a un défaut de culture scientifique dans notre pays qui explique pourquoi on en arrive là. Les journalistes se contentent de répéter ce que disent l’Agence France Presse, Reuters ou d’autres, sans la moindre investigation. J’invite tous les journalistes à consulter le corpus de plus de 3000 publications dans les revues internationales qui tiennent justement un discours qui n’a rien d’alarmiste et qui n’adhèrent pas au prétendu consensus catastrophiste : à ce moment-là, ils commenceraient à faire œuvre utile…

On nous assène à longueur de temps qu’il faut économiser du CO2. Dans les transports en commun, on vous dit que notre voyage a permis d’économiser tant de taux de CO2 par rapport à l’automobile, mais vous nous expliquez que cela ne sert à rien puisque le CO2 n’est pas nuisible…

Le CO2 n’est pas nuisible. Toutes les politiques qui visent à implanter des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, avec plusieurs milliards de subventions chaque année, quand on fait le calcul, même en reprenant le chiffre du GIEC sur le doublement du taux de CO2 dans l’atmosphère qui entraînerait une hausse de la température entre 1 et 2,5 degrés, c’est déjà une énorme incertitude qui est avouée et, même si on fait le calcul avec cela, toutes les politiques françaises ne changeraient pas la température de la planète de plus de l’ordre d’un millième de degré. Donc, tout cela ne sert strictement à rien puisque, dans le même temps, l’Inde et la Chine, qui ont besoin de ressources fossiles, construisent pratiquement une centrale à charbon chaque semaine et ils investissent dans ce dont ils ont besoin pour développer leur économie. De toute façon, toutes les réductions que l’on peut imaginer en France, non seulement ne changeront pas la température de la planète de plus de l’ordre d’un millième de degré mais, en plus, ces mesures se retrouvent contrariées par un facteur 100 par les politiques indiennes, chinoises et d’autres pays.

Ainsi, même si nous étions les meilleurs élèves du monde, cela ne changerait rien au sort de la planète… N’est-ce pas là une forme de prétention très française ?

Oui, on prétend donner le « bon exemple » aux autres ! Il faut aussi rappeler que le CO2 que nous expirons, cela fait tout de même partie de la vie, pour tous les animaux et tous les êtres humains. Nous inspirons de l’oxygène et nous expirons du gaz carbonique et, dans notre haleine, au moment de l’expiration, il y a une trentaine de fois plus de CO2 que dans l’air ! Sur l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, si l’on fait un micro-trottoir, rares sont les gens qui connaissent la réponse, il faut savoir que le taux de CO2 dans l’air est passé en un siècle de 0,03 % à 0,04 % ! Enfin, il faut savoir que s’il n’y avait pas de CO2 dans l’atmosphère, il n’y aurait pas de végétation sur Terre… C’est aussi simple que cela.

Vous démontrez dans votre livre, non seulement l’inefficacité des éoliennes, mais vous allez plus loin en estimant qu’elles sont même nuisibles et qu’elles ne visent qu’à servir quelques intérêts financiers…

Tout à fait, nous en sommes là… Dans l’énergie dépensée pour se déplacer, pour se chauffer et avoir une activité économique basée sur l’énergie, il faut bien savoir que l’on utilise l’énergie électrique à hauteur d’un quart. Or, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne fabriquent que de l’énergie électrique. Cette énergie est fournie à 85 % environ par le nucléaire et l’hydroélectrique. Donc, la part de l’éolien et du photovoltaïque n’est pas près de devenir dominante. En plus, cela ne représente qu’un quart de l’énergie. D’ailleurs, la Cour des comptes a dénoncé cela dans un rapport d’avril dernier, en expliquant que ce n’est pas là qu’il faut mettre l’effort, mais ailleurs.

Votre livre a été boycotté par de nombreux médias institutionnels, or il figure pratiquement en tête des ventes de ce début d’année… Alors, on nous raconte tout cela pour augmenter la fiscalité et nous faire investir dans des énergies vertes. À qui profite le crime ?

C’est une question que je me pose depuis plus d’une dizaine d’années et je ne pense pas qu’il y ait une réponse unique. Il y a bien évidemment, derrière, un énorme business économique, mais il ne faut pas oublier, en ce qui concerne la France, que les éoliennes sont importées d’Allemagne et que les panneaux photovoltaïques sont essentiellement importés de Chine. Derrière, il y a un énorme business financier. Je reçois un papier de ma banque qui m’incite à acheter des obligations vertes, je ne vois pas ce qu’elles peuvent avoir de vert en l’occurrence, mais il s’agit d’investir toujours plus d’argent dans ces choses alors que l’on sait déjà que c’est plus que discutable. Mais cela dépasse ma compétence de physicien.

Vous dénoncez le discours alarmiste sur la montée des océans. On nous présente toujours des films avec des îles qui disparaissent, or vous estimez que, contrairement aux idées reçues, l’élévation du niveau des mers n’est pas mesurable et, par ailleurs, que la planète est de plus en plus verte…

Tout à fait. On peut le chiffrer au cours de ces 33 dernières années. On a observé un verdissement de la planète qui a été évalué à l’équivalent d’un sixième continent vert de 18 millions de kilomètres carrés, c’est-à-dire plus de 30 fois la superficie de la France métropolitaine, d’autre part, cela se recoupe très bien, puisqu’une partie du CO2 que nous émettons va dans la végétation qui se jette là-dessus avec avidité. Dans l’histoire de la planète, il y a des époques où il y a eu beaucoup plus de CO2, la végétation était luxuriante et c’est ce qui a créé ce que l’on appelle aujourd’hui les gisements fossiles. Il y avait plus de CO2 dans l’air à ce moment-là et cela a pu permettre cette végétation luxuriante.

Dans le contexte de l’immigration, on évoque maintenant le réchauffement climatique : est-ce aussi un prétexte, selon vous ?

On met cette histoire du réchauffement climatique à toutes les sauces. Depuis le début de l’accélération des émissions de CO2, que l’on peut situer à 1945, la température de la planète a augmenté de 0,4 degré ! Est-ce que 0,4 degré provoque des migrations ? Il y a des tas de raisons économiques, mais dire que c’est la faute de 0,4 degré, permettez-moi d’en douter ! De la même façon, il y a eu une hausse des océans il y a 12 000 ans, avec une fonte des glaces et le niveau des mers qui a augmenté de 120 mètres. Cela a beaucoup ralenti depuis. Maintenant, quand on regarde tous les marégraphes, sur toutes les côtes de la planète, on observe une hausse de 1 millimètre par an ! Cela représente 8 centimètres d’ici à la fin du siècle… Là encore, quand on regarde l’amplitude des marées au moment des grandes marées, c’est complètement noyé… On monte en épingle quelque chose qui est un non-événement.

Vous rappelez que l’on nous parle aujourd’hui du réchauffement climatique, mais qu’il y a 40 ans, les scientifiques se plaignaient du refroidissement climatique… Vous avez même retrouvé une couverture de Time Magazine annonçant, dans les années 70, que la Terre allait mourir de froid…

Il y a eu plusieurs couvertures… Cela montre bien qu’à l’époque, le catastrophisme allait dans le sens inverse et c’est ce qui est intéressant. Lorsqu’en 1945 les émissions de CO2 se sont mises à accélérer, la température de la planète a baissé pendant 30 ans, de 1945 à 1975. Cela procède de la variabilité naturelle, bien sûr.

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Source : Kernews

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22/02/2019

Le capitalisme vert utilise Greta Thunberg

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Quand des écolos t'expliquent qu'il y a un business avec l'écologie...

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Notre chroniqueuse a vécu plusieurs années en Laponie suédoise et a présidé le groupe d’amitiés France-Suède à l’Assemblée nationale. C’est donc avec un regard attendri qu’elle s’est penchée sur l’histoire de la jeune militante écologiste Greta Thunberg...

Isabelle Attard a été députée écologiste du Calvados. Elle se présente comme « écoanarchiste ».


Isabelle Attard.


Depuis environ cinq mois, une jeune Suédoise de 16 ans, autiste Asperger, se retrouve sous les projecteurs médiatiques du monde entier. Elle fait la « grève de l’école » pour se faire entendre et son combat est juste. Il s’agit pour elle de passer un message aux milliardaires, aux décideurs politiques, que ce soit à la COP24 en Pologne ou dernièrement à Davos afin qu’ils respectent leurs engagements sur le climat. Son dernier discours a ému quasiment tous les militants écologistes de la planète :

Je ne veux pas que vous soyez désespérés, je veux que vous paniquiez. Je veux que vous ressentiez la peur qui m’habite chaque jour et que vous agissiez, comme s’il y avait le feu, parce que c’est le cas. […] Il y a encore une petite chance de stopper les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter des souffrances pour une grande partie de la population de la planète. »

Derrière ces moments forts, on trouve un petit génie suédois des « public-relations », Ingmar Rentzhog. L’envers du conte de fées est moins joli, mais plus intéressant.

Le journaliste d’investigation suédois Andreas Henriksson est, d’après mes recherches, le premier à avoir enquêté sur ce sujet et son article a été publié sur le blog de Rebecca Weidmo Uvell, le 11 décembre 2018.

Tout a été finement programmé pour transformer la jeune Suédoise en héroïne internationale


Greta Thunberg en grève devant le Parlement suédois.

La belle histoire de Greta Thunberg commence le 20 août 2018. Ingmar Rentzhog cofondateur de la start-up We Don’t Have Time (Nous n’avons pas le temps) croise Greta Thunberg devant le Parlement suédois et publie un post émouvant sur sa page Facebook. Nous sommes le 1er jour de la grève commencée par Greta. Le 24 août, sort en librairie une autobiographie mêlant crise familiale et crise climatique, Scener ur hjärtat, corédigée par Malena Ernman la mère de Greta, Svante Thunberg son père, Beata, sa sœur, et Greta. Les parents artistes - chanteuse lyrique et acteur - sont très connus en Suède ; Greta, pas encore.

En fait Ingmar Rentzhog et la famille de Greta se connaissent déjà et on participé ensemble à une conférence sur le climat le 4 mai 2018. Peu de place au hasard donc, dans la rencontre à Stockholm, sur le trottoir devant le Parlement entre Ingmar et Greta.

Tout a été finement programmé pour transformer la jeune Suédoise en héroïne internationale, et ce, dès le 1er article paru dans le quotidien le plus lu dans le pays, Aftonbladet, quelques heures seulement après le post Facebook de Rentzhog.

We Don’t Have Time, la start-up qu’il a cofondée en 2016, a l’ambition de créer un réseau social de plus de 100 millions de membres, qui influencera les hommes et femmes politiques et les chefs d’entreprise pour qu’ils agissent davantage contre le réchauffement climatique. C’est ce qui apparaît en tout cas dans leur plaquette web.

C’est la que ça se complique. Parmi les actionnaires de la start-up, on trouve les membres de deux familles interconnectées : les Persson, enfants du milliardaire Sven Olof Persson, qui a fait fortune, entre autres, dans la vente de voitures (Bilbolaget Nord AB) et les Rentzhog. Les deux familles d’investisseurs, qui se sont rencontrées dans la région du Jämtland, n’ont aucun lien avec l’écologie, ce sont des spécialistes de la finance.

Sauver la planète tout en maintenant la croissance économique et en réclamant encore plus de mondialisation


Ingmar Rentzhog, ou comment utiliser Greta Thunberg pour promouvoir la croissance verte.

En mai 2018, Ingmar Rentzhog est recruté comme président-directeur du think tank Global Utmaning, faisant la promotion du développement durable et se déclarant politiquement indépendant. Sa fondatrice n’est autre que Kristina Persson, fille du milliardaire et ex-ministre social-démocrate chargée du développement stratégique et de la coopération nordique entre 2014 et 2016. Via l’analyse des tweets du think tank, on observe un engagement politique fort, à l’aube des élections européennes, envers une alliance qui irait des sociaux-démocrates à la droite suédoise. L’ennemi étant « les nationalismes » émergeant partout en Europe et dans le monde. Des idées qui ne déplairaient pas à notre cher président Macron.

Le 16 janvier 2019, Global Utmaning était fière d’annoncer sur les réseaux sociaux sa nouvelle collaboration avec Global Shapers, une communauté de jeunes dirigeants de 20 à 30 ans « dotés d’un grand potentiel pour jouer un rôle dans l’avenir de la société et qui travaillent à améliorer la situation des populations autour d’eux ». Ce réseau a été créé de toutes pièces par le Forum économique mondial en 2011. Ses leaders entendent bien sauver la planète tout en maintenant la croissance économique et en réclamant encore plus de mondialisation. Tout un programme.

Je résume. Nous avons d’un côté une plateforme numérique en construction, We Don’t Have Time, qui a pris un réel essor il y a quelques mois grâce à Greta Thunberg, « jeune conseillère » de la fondation dirigeant cette plateforme. J’ai oublié de préciser au passage que les centaines de milliers d’adresses mail collectées par Rentzhog valent de l’or. Et de l’autre, nous avons une famille de milliardaires comptant une ex-ministre qui investit dans cette start-up, puis qui embauche Ingmar Rentzhog dans un think tank développant les thèmes de la croissance verte, de l’économie circulaire, bref, de greenwashing.

Ce greenwashing qui permet au capitalisme de perdurer. Greta Thunberg se retrouve à conseiller ceux qu’elle fustige. Comme disait l’auteur du Guépard, « si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change » (Guiseppe Tomasi Di Lampedusa).

  • Post-scriptum : Que les choses soient claires : le combat de cette adolescente et de tous les jeunes qui lui emboitent le pas, partout dans le monde, est sain et une formidable source d’espoir pour la prise de conscience écologiste.
    Par contre, je pense qu’il ne faut pas être dupe du rôle de certains adultes autour d’elle, spindoctor, mentor, spécialistes du greenwashing, de la croissance verte et du capitalisme. Pour lutter efficacement, ne pas être dupe est une nécessité.

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Source : Reporterre

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21/02/2019

Nouvelle génération : les djihadistes nés depuis les années 1980 ne veulent plus être kamikazes

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GÉNÉRATION Y
Nouvelle génération : les djihadistes nés depuis les années 1980 ne veulent plus être kamikazes

Une étude du King Faisal Center for Research and Islamic Studies, en Arabie saoudite, s'est penchée sur plus de 700 personnes ayant rejoint l'Etat islamique, principalement entre 2013 et 2014.

Atlantico : Une étude du King Faisal Center for Research and Islamic Studies, en Arabie saoudite, s'est penchée sur plus de 700 personnes ayant rejoint l'Etat islamique, principalement entre 2013 et 2014. Cette explique que les djihadistes saoudiens sont plutôt éduqués. Comment l'expliquer ? Est-ce une différence avec les djihadistes français ?

Jean-Marc Lafon : L'Arabie Saoudite est une société islamique sunnite et wahhabite. L'une des raisons pour lesquelles Ben Laden a rompu avec la famille royale des Saoud, c'est la question de l'alliance avec les Etats-Unis et la présence "d'infidèles" en terre sainte. Cette idée demeure prégnantedans la population, il y a une connexion entre cela et le nombre de jeunes diplômés qui partent. Le djihadisme est une idéologie, un projet révolutionnaire qui rencontre une forte adhésion en Arabie Saoudite.Certains chercheurs ont affirmé qu'à cause d'internet, un djihadiste arabe et un djihadiste français, c'était la même chose. En réalité, il y a une différence importante entre un diplômé saoudien qui part faire le djihad, et un trafiquant de drogue français qui "cherche un sens à sa vie". [Les diplômés sont plus rares chez les djihadistes occidentaux].

Comment expliquer que seulement 9% de ces combattants aient choisi de devenir kamikazes, et que la majorité ait choisi de devenir combattants ? Ne souhaitent-ils pas mourir en martyrs ?

9%, ce n'est pas si faible que ça. Le but d'un djihadiste n'est pas de mourir en martyr mais de vivre en moudjahid, et la vie d'un moudjahid c'est d'abord de se battre, ce n'est pas lui qui décide de mourir, c'est Allah qui l'appelle. Ces données ne sont pas faciles à interpréter : ceux qui se portent volontaire pour des attentats-suicides sont-ils moins éduqués ? [L'étude ne le précise pas, ndlr] Les études qui se sont basées sur les documents internes de l'Etat islamique montrent que les djihadistes qui ont été orientés vers l'attentat-suicide, c'étaient ceux qui n'étaient pas vraiment capables de faire autre chose. En revanche, parmi les kamikazes, on trouve aussi des combattants endurcis qui se portent volontaires après avoir été au front, mais ne ils ne sont pas kamikazes "en première intention" [à l'inverse des 9% cités ici, ndlr].

Quelles sont les spécificités du contexte saoudien ? Cette étude contient-elle des informations intéressantes pour la compréhension du djihad global, notamment en occident ?

Ce que cette étude nous enseigne, c'est que les cadres des organisations djihadistes sont plus proches de cet échantillon saoudien que des djihadistes occidentaux. La société saoudienne est en quelque sorte plus proche des organisations djihadistes pour des raisons culturelles, religieuses et géographiques. Il existe une parenté entre la société saoudienne et les organisations djihadistes : leurs cadres sont majoritairement desindividus diplômés issus de cette région. On ne peut pas dissocier Oussama Ben Laden de l'éducation qu'il a reçue en Arabie Saoudite, de l'islam wahhabite. La mouvance djihadiste internationale est l'héritière des Saoudiens qui sont partis combattre les Soviétiquesen Afghanistan à partir de 1979. Nombre de cadres djihadistes puisent leurs références et religieuses et culturelles en Arabie Saoudite, comme Iyad Ag Ghali [chef de l'organisation djihadiste sahélienne GSIM, ndlr].

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Source : Atlantico

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20/02/2019

"Que les nations arabo-musulmanes se penchent enfin sur leurs traites négrières"...

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Chercheur, anthropologue, économiste et écrivain franco-sénégalais, Tidiane N’Diaye a publié de nombreux essais sur l’esclavage des Noirs. L’un d’eux, Le Génocide voilé (2008), est une brillante enquête historique sur les traites négrières arabo-musulmanes

 

Entretien avec l'auteur du "Génocide voilé", Tidiane N'diaye
par Alexis Brunet

-- Dans Mémoire d’errance (1998), vous aviez écrit que « malgré son isolement, l’Afrique a vu de grandes civilisations se développer sur son sol. Mais elle est longtemps restée méconnue de l’Europe et plus généralement du monde ». En savons-nous maintenant plus sur ces civilisations ?

-- Tidiane N’Diaye : Avant d’être asservie, l’Afrique fut le siège de civilisations grandioses. Selon certains scientifiques, qui font de l’Afrique le berceau de l’humanité, l’histoire des peuples noirs commence même bien avant celle des peuples indo-européens. Il est temps de revisiter ces remarquables civilisations que sont les royaumes du Grand Zimbabwe, de l’Egypte négro-africaine (25ème dynastie nubienne des pharaons noirs), d’Ethiopie, du Ghana, du Mali. L’Empire du Ghana est considéré comme le premier Etat structuré de l’Afrique de l’Ouest. L’Empire du Mali a été fondé au XIIe siècle. Tombouctou, ville du Mali, a connu un âge d’or au cours duquel des milliers de livres auraient été écrits. Ces livres, près de 100 000 manuscrits qui commencent à être exhumés, vont permettre de mieux connaître l’histoire de l’Afrique. Leurs contenus, qui couvrent les domaines de l’astronomie, de la musique, de la botanique, du droit, des sciences, de l’histoire, de la religion, du commerce, témoignent d’une Afrique qui écrit sa propre histoire. Hélas, l’histoire des royaumes subsahariens des deux derniers millénaires, est mal connue par manque de sources écrites ou de vestiges archéologiques.

-- Au début du VIIe siècle, dans quel état se trouve l’Afrique ?

-- Tidiane N’Diaye : Pendant plusieurs siècles, le continent noir a vécu en quasi-autarcie. Il fut coupé du reste du monde du néolithique à l’âge de fer. Grecs et Romains n’avaient visité que les régions de la partie nord, sans pousser plus en avant leurs entreprises. L’usage de l’oralité n’a jamais empêché la pratique de bon nombre de disciplines scientifiques au sein des civilisations africaines. Pendant très longtemps, cette tradition orale a également servi de vecteur naturel dans la transmission des connaissances en Europe où, jusqu’au XIIIe siècle, seule une minorité d’aristocrates savait lire et écrire. À Tombouctou, haut lieu de culture, dès le XIIe siècle l’université de Sankoré soutenait avantageusement la comparaison avec les universités européennes. Là s’enseignait depuis bien longtemps la géométrie, l’astronomie et l’arithmétique.

-- Dans Le Génocide voilé (2008), vous situez le début de la traite négrière arabo-musulmane au moment de l’islamisation du continent. Vous évoquez l’année 711, où les Arabes reviennent de la péninsule ibérique pour islamiser les peuples africains…

-- Tidiane N’Diaye : La conquête arabe du continent s’était déroulée à l’Est et au Nord. Selon des sources orales que nous avons difficilement vérifiées, il semblerait qu’au moment où, sous le commandement du gouverneur Hasan, les Arabes occupaient l’Afrique du Nord en 703, une autre tentative d’invasion militaire ait eu lieu vers le Sud du continent. Mais elle fut stoppée par la mouche tsé-tsé, qui sévit dans les forêts. Si cette bestiole a la particularité de transmettre la maladie du sommeil à l’homme, elle tue les chevaux. Ainsi, l’action des forces d’invasion arabes s’arrêtera, dans un premier temps, aux territoires situés à la limite du Sahara et, d’une façon marginale, à l’Est africain. Par la suite, les Arabes, ayant conquis l’Égypte, allaient y asservir de nombreux peuples venant de la Nubie, de Somalie et du Mozambique ou d’ailleurs, au cours de la première expansion islamique.

Pour les soldats de la guerre sainte islamique, le monde est divisé en deux parties : il y a les territoires de l’Islam et le reste. Pour ces fous de Dieux, il était du devoir des musulmans de soumettre et de convertir tous ceux qui ne l’étaient pas. Aussi, devant les assauts répétés des « djihadistes » arabes, les Nubiens préférèrent négocier la paix en concluant en 652 un traité connu sous le nom de « Bakht ». Ce traité inaugurait une traite négrière en grand, car l’émir et général Abdallah ben Saïd imposa aux Nubiens, par ce « Bakht », la livraison annuelle et forcée de 360 esclaves. La majorité des hommes objets de ce contrat, était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui sera effectuée non seulement dans toute la bande soudanaise, mais aussi de l’océan Atlantique à la mer Rouge passant par l’Afrique orientale. Cette ponction se répartira soit localement, soit beaucoup plus loin que toutes les régions du monde musulman et ce, du VIIe au XXe siècle.

-- Dix-sept millions de victimes tuées, castrées ou asservies pendant plus de treize siècles sans interruption. Le Génocide voilé contient de nombreuses horreurs qui font froid dans le dos. Comment se fait-il que cette page sombre de l’Histoire reste encore peu connue ?

-- Tidiane N’Diaye : Un tel génocide, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient le voir recouvert à jamais du voile de l’oubli, souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse voire politique. L’Afrique compte aujourd’hui entre 500 et 600 millions de musulmans. Raison pour laquelle la plupart des historiens africains ou autres, ont restreint le champ de leurs recherches sur les traites négrières à celle pratiquée par les nations occidentales. Notre propos n’a rien de moralisateur, car comment comparer ce qui fut, compte tenu des mentalités et des sensibilités de l’époque, avec notre présent. Le souhait est que les générations futures soient informées de l’antériorité et de la dimension de la traite transsaharienne et orientale. Et que les nations arabo-musulmanes se penchent enfin sur cette sinistre page de leur histoire, assument leur responsabilité pleine, entière et prononcent un jour leur aggiornamento comme les autres et c’est cela aussi, l’Histoire.

-- Vous avez écrit trois ouvrages sur la traite transatlantique. On ne peut donc absolument pas vous soupçonner de complaisance envers cette dernière. Mais vous racontez dans Le Génocide voilé que c’est la colonisation européenne, notamment française, qui a mis fin à la traite arabo-musulmane…

-- Tidiane N’Diaye : Après les abolitions occidentales, des traités furent signés pour éradiquer cette ignominie. Au congrès de Vienne, en 1815, et à celui de Vérone, en 1822, l’horreur de la traite négrière fut dénoncée comme « un fléau qui a longtemps désolé l’Afrique, dégradé l’Europe et affligé l’humanité ». Par la suite, la publication des récits de voyages de David Livingstone et de Henry Stanley incita sans doute le roi des Belges, Léopold II, à agir. Du moment que la traite arabe ne pouvait plus trouver de débouchés sur l’océan Indien, le souverain belge se proposait d’en extirper les dernières racines dans l’Est du Congo. Il entreprit d’inviter à Bruxelles la Conférence internationale de Géographie. Préparée par Émile Banning, cette rencontre se déroula du 12 au 19 septembre 1876 et rassemblait des personnalités aussi éminentes que Georg Schweinfurth (Allemagne), Verney Cameron (Grande-Bretagne) et le vice-amiral de la Roncière-le Noury (France). Une « Association Internationale pour l’Exploration et la Civilisation de l’Afrique centrale » fut créée. Les Arabes seront battus et chassés du Congo. Le 1er aout 1890, les Anglais poussèrent officiellement – comme les Français en Afrique du Nord – le sultan de Zanzibar à promulguer un décret, interdisant la traite et l’esclavage.

-- Ceci étant, l’abolition de la traite transatlantique n’a pas mis fin à des rapports pervers et déshumanisants entre colons français et colonisés africains. Sans même se référer à des études historiques, il suffit de relire l’aventure coloniale de Céline en Afrique relatée dans Voyage au bout de la nuit pour en avoir le cœur net…

-- Tidiane N’Diaye : Au XIXe siècle, l’Europe était en pleine révolution industrielle et urbaine. Ses puissances tentaient de convaincre qu’un tel tournant dans l’histoire de l’humanité était lié au triomphe de leur civilisation. Du fait de la toute nouvelle industrialisation, comme des avancées scientifiques et techniques, elles prétendaient apporter le progrès à des « peuples attardés ». Alors qu’après l’abolition de l’esclavage, l’intérêt que ces pays portaient encore à l’Afrique, était éminemment mercantile. L’horreur passée, que des raisons économiques avaient engendrée, les mêmes raisons aidèrent tout simplement à la défaire. L’abolition de l’esclavage devait beaucoup plus à l’économie qu’à la morale. Elle intervenait, à un moment où la révolution industrielle opérait une grande mutation. Et les industries de transformations nées de cette révolution avaient besoin d’autres choses que de bras serviles à mener par le fouet. Elles étaient tributaires d’un nouveau type de main-d’œuvre, de matières premières et de débouchés. Comme par malédiction, tous ces éléments indispensables à la nouvelle économie se trouvaient encore en Afrique. Les rapports entre Européens et Africains seront donc pendant longtemps ceux de dominants à dominés.

-- L’actuel racisme anti-noirs des pays du Maghreb est-il lié aux très longues traites arabo-musulmane auxquelles ces pays ont participé ?

-- Tidiane N’Diaye : Dans l’inconscient des Maghrébins, cette histoire a laissé tellement de traces que, pour eux, un « nègre » reste un esclave. Ils ne peuvent pas concevoir de noirs chez eux. Regardons ce qui se passe en Lybie, au Maroc ou ailleurs dans les pays du Golfe. On retrouve des marchés d’esclaves en Libye ! Seul le débat permettrait de dépasser cette situation-là. En France, pendant la traite et l’esclavage, il y a eu des philosophes des Lumières, comme l’abbé Grégoire ou même Montesquieu, qui ont pris la défense des noirs alors que, dans le monde arabo-musulman, les intellectuels les plus respectés, comme Ibn Khaldoun, étaient aussi des plus obscurantistes et affirmaient que les « nègres » étaient des animaux. Cette posture a survécu au temps et dans l’esprit des arabo-musulmans en général.

-- Revenons chez nous : le 7 novembre 2018, la Cour de Cassation de Paris a rejeté une demande de réparation et d’indemnisation des descendants d’esclaves de la traite transatlantique. Que vous inspire le rejet de cette demande ?

-- Tidiane N’Diaye : Les Antilles françaises ont enregistré un boom économique sans précédent grâce aux esclaves africains. Le travail de ces déportés a fait la fortune des colons et des maîtres créoles mais aussi de la France. À la fin du XVIIIe siècle, les échanges de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue avec l’étranger, constituaient les deux tiers du commerce extérieur français. Grâce à l’économie des îles antillaises, la France des négociants de 1787 était le plus grand distributeur d’Europe de produits exotiques. Après l’abolition, en compensation de leur « perte de main d’œuvre », la France a versé aux anciens maîtres esclavagistes, la somme de 6 millions de francs, ce qui, en franc constant converti à l’Euro actuel, est énorme. Dans le même temps, les noirs ou « nouveaux libres », seront jetés dans la rue comme si la liberté seule pouvait gommer toutes les horreurs du passé. A ces esclaves libérés, rien ne fut accordé. Au demeurant, si réparations il doit y avoir, cela devrait concerner avant tout les descendants de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes, dont la vie a basculé sans retour dans l’horreur et la désolation. Ils vivent aujourd’hui aux Antilles, en Guyane et à la Réunion. Quelles formes pourraient prendre ces réparations ? Aux autorités françaises d’examiner un jour la question.

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SOURCE : CAUSEUR

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19/02/2019

Annick de Souzenelle : "Le Seigneur et le Satan - Au-delà du Bien et du Mal

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18/02/2019

Matzneff - Les intellos et leurs généreuses illusions

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CHRONIQUE. « Je n'ai converti personne, éclairé personne. » L'écrivain ne se fait plus d'illusions sur l'utilité de l'engagement politique des intellectuels.
Par Gabriel Matzneff

De même que le désir d'avoir bonne conscience nous pousse à nous convaincre que nos mauvaises actions ne sont pas si coupables que ça, de même nous sommes maîtres dans l'art de nous persuader, tant nous les croyons justes, que les idées qui nous sont chères sont partagées par un très grand nombre de nos compatriotes. Nos généreuses illusions sont tenaces, elles nous collent à l'âme comme la tunique de Déjanire à la peau d'Hercule. J'en donnerai ici deux illustrations.

La première est la spectaculaire naïveté des hommes politiques de droite et de gauche qui, ces derniers jours, font de belles phrases sur l'amour que le peuple français porte à Simone Veil, sur l'immense popularité dont celle-ci a joui de son vivant, dont elle jouit depuis sa mort. Je ne crois ni à cette popularité ni à cet amour. Que nous soyons tous écœurés, indignés par la bassesse, l'infamie des profanations néonazies dont les portraits de Simone Weil ont été souillés, cela va de soi ; mais que le peuple français nourrisse pour cette femme courageuse un amour vif et serait transporté de joie si celle-ci devait servir de modèle à une prochaine Marianne, je ne le crois pas.

C'est sans doute regrettable, mais c'est ainsi. Les personnages officiels, blanc-bleu, admirés et honorés par la bourgeoisie bon chic bon genre, suscitent rarement la ferveur. On les respecte, on les honore, mais la ferveur, elle, est le privilège des irréguliers, des scandaleux, des maudits. Si le Bon Dieu existe, il aura illico accueilli Simone Veil dans son paradis, j'en suis certain, mais le charmeur, l'enchanteur, le tentateur, ce n'est pas Dieu, c'est le Diable. Les Français de sept à soixante-dix-sept ans furent jadis enchantés d'avoir une Marianne qui avait la bouille de Brigitte Bardot ; Simone Veil, franchement, cela ne leur fera ni chaud ni froid.

J'avais l'ingénuité de croire que mon témoignage était utile, fécond

Autre illustration de mon propos. Dès l'âge le plus tendre, élevé comme tous les enfants d'émigrés russes dans le culte de l'amitié franco-russe, j'ai cru dur comme fer aux liens particuliers qui unissaient mon pays et celui de mes ancêtres. Jusqu'à une date récente, je rompais des lances passionnées en faveur de l'alliance entre la Russie et la France, l'Europe orientale et l'Europe occidentale, si indispensable à l'équilibre européen ; j'exaltais les trésors esthétiques, théologiques, spirituels dont, par sa lumineuse présence, l'Église orthodoxe enrichit le patrimoine religieux de la France. Je le faisais dans mon travail d'écrivain, dans ma vie de laïc militant (la création du Comité de coordination de la jeunesse orthodoxe, celle de l'émission Orthodoxie à la télévision), et j'avais l'ingénuité de croire que mon témoignage était utile, fécond.

Aujourd'hui, mes illusions se sont dissipées. Je n'ai converti personne, éclairé personne. Qu'ils soient de droite ou de gauche les intellos et les politiciens français demeurent étrangers à l'univers et à la sensibilité slavophiles ; ils n'aiment pas la Russie, ils lui sont déterminément hostiles, et leur obstiné aveuglement (si j'étais méchant j'écrirais « leur mauvaise foi », mais je ne crois pas qu'il s'agisse toujours de mauvaise foi, j'ai au moins deux proches amis qui refusent sincèrement d'admettre que la Russie de Poutine est un paradis de liberté comparée à l'Union soviétique totalitaire de Brejnev) me persuade que – c'est le mot de Bolivar sur son lit de mort – j'ai labouré la mer.

Du point de vue de l'art, cela est certes sans importance : si une page est belle, c'est l'essentiel ; mais du point de vue de l'engagement politique et métaphysique, c'est décourageant. Être irrémédiablement la Vox clamantis in deserto évoquée dans l'Ancien Testament par le prophète Isaïe, quelle barbe ! Mieux vaut revisser le capuchon de notre stylo et aller au cinéma, soit pour revoir un vieux et génial Lubitsch soit pour découvrir la nouvelle comédie de Fabien Onteniente. Bref, se réciter à mi-voix le « Suave mari magno » de Lucrèce. Au vestiaire, notre absurde envie de convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit !

 

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SOURCE : Le Point

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Russie : l'influence de l'Église orthodoxe

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Reportage suivi d'un débat sur la chaîne Public Sénat...

C’est une religion dont on parle peu. Pourtant, au cœur de l’Europe, la Russie compte 80% d’orthodoxes, également majoritaires dans de nombreux pays de l’Est. Aidée par un Poutine qui a vu en elle le ciment utile d´une Russie en quête d’identité après la chute de l’URSS, en 2009, l’Eglise russe porte à sa tête, Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie… Quelle est la nature des liens entre ces deux hommes qui partagent un goût prononcé pour les valeurs traditionnelles ? Quel poids pour l’Eglise orthodoxe dans les sociétés russe et européenne ? Quels jeux d’influence le patriarche de Moscou opère-t-il dans les relations diplomatiques de la Russie ? Jérôme Chapuis et ses invités ouvrent le débat.

Avec :

Cécile VAISSIÉ : Professeure des universités en études russes et soviétiques
Christophe LEVALOIS : Rédacteur en chef de Orthodoxie.com
Antoine ARJAKOVSKY : Historien spécialiste de l’Eglise orthodoxe, de la Russie et de l’Ukraine
Galia ACKERMAN : Essayiste et historienne, spécialiste de la Russie et de l’Ukraine
Présenté par Jérôme CHAPUIS

 

 

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17/02/2019

Racisme autorisé...

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« Le blanc est stupide... » : chroniques du racisme anti-blanc tristement ordinaire

 

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Gilles-William Goldnadel revient sur le passage de Nell Irvin Painter, écrivain américaine, dans l'émission Quotidien, expliquant que «le blanc est stupide, il ment, il est corrompu, il harcèle les femmes…» (sic).

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Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, vient de paraître chez Plon.

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Le racisme anti-blanc, ou la détestation anti-occidentale, pour l'appeler moins crûment, présente une triple spécificité.

La première, il est nié telle une pure chimère.

La deuxième, celui qui l'évoque est réprouvé et frôlerait le racisme.

La troisième, est qu'il est véhiculé largement par les blancs eux-mêmes.

Dans mes derniers ouvrages (« Réflexions sur la Question Blanche », « Névroses Médiatiques »), j'ai tenté de montrer que cette spécificité a pour fondement la redoutable croyance moderne que l'homme blanc, couleur d'Adolf Hitler, avait inventé le racisme et qu'il ne pouvait donc en être la victime puisqu'il en était l'unique auteur. J'ai également suggéré que ladite croyance, d'origine traumatique, avait pénétré profondément l'inconscient collectif occidental.

Deux événements médiatiques de la semaine écoulée sont de nature à donner quelque chair à mon ingrate thèse.

La dernière fois que je tentais une telle démonstration appuyée sur un exemple, il s'agissait de ce rappeur nommé Nick Conrad qui se proposait en chantant de pendre les enfants blancs.

Mais un journaliste du soir, sans doute rebuté par ma thèse, me fit le reproche d'avoir rendu public un geste isolé commis par un total inconnu. Étrange reproche de la part de gens qui ne répugnent pas à publiciser le moindre tag raciste ou les éructations antisémites de deux gilets jaunes avinés dans le métropolitain.

En réalité, qu'il s'agisse de Nick Conrad ou de « Nique la France », tous les prétextes sont bons pour ne pas les entendre et interpréter les indignations qu'ils suscitent pour les fantasmes pervers de la fâcheuse sphère.

Au passage, on remarquera que la justice française, une fois encore, semble bonne fille avec les méchants propos sur les blancs, puisque le rappeur lyncheur se voit menacé par le parquet de la condamnation très platonique à 500 € d'amende avec sursis.

Mais cette fois, mes détracteurs vespéraux auront quelques difficultés à prétendre que les exemples que je vais prendre auront été commis en catimini.

Le premier dévoiement médiatique à décrire se situe en effet le 8 février dans le cadre de l'émission télévisée à succès « Quotidien » animée , on le sait, par Yann Barthès.

Celui-ci recevait Nell Irvin Painter, écrivaine noire américaine et auteur d'une « Histoire des Blancs ».

Dans un français bien châtié, la dame noire fustigea bien les blancs.

À partir de sa description de Donald Trump et des nombreuses turpitudes qu'elle lui prête, elle en déduisit expressément qu'on pourrait en conclure que : « le blanc est stupide, il ment, il est corrompu, il harcèle les femmes… »

Mon imagination est impuissante à décrire la réaction médiatique, politique ou intellectuelle si, à partir des actes reprochés à l'acteur noir américain Bill Cosby ou plus récemment encore à l'élu démocrate afro-américain Justin Fairfax, tous deux poursuivis pour viols, une personnalité blanche prêtait les mêmes turpitudes à l'ensemble des noirs.

Je gage, qu'à bon droit, sa réputation serait perdue à jamais.

Or le plus terrible, le plus consternant, habite dans le fait que les animateurs et le public se pâmaient extatiquement.

Pour faire bonne mesure, l'écrivaine célébrée expliqua ensuite tranquillement à son public acquis que les blancs, aux visages trop pâles pour se protéger du réchauffement climatique, devaient impérativement se croiser sans tarder avec des êtres à la peau plus brune.

Et le gentil public, antiraciste forcément antiraciste, s'interdisant ordinairement d'accorder quelque importance à la couleur de peau ou à toute notion de race interdite de cité ou même d'être citée, d'applaudir à tout rompre cette injonction thérapeutique à la disparition d'une vile espèce humaine devenue trop fragile pour nos temps difficiles.

En réalité, et à ce degré d'indigence intellectuelle et morale, cette scène tristement ridicule aura au moins le mérite de mettre le doigt très exactement sur le mal névrotique de l'époque présente.

Une époque qui à la fois et en même temps traque le moindre soupçon, la moindre imputation d'a priori raciste lorsqu'il s'agit des peuples supposés victimes du racisme blanc et s'autorise les préjugés les plus grossiers et stéréotypés jusqu'à l'appel à la disparition lorsqu'il s'agit de ces gens supposément détenir le monopole du racisme pour l'avoir inventé.

La même semaine, un autre exemple montre que cette pathologie névrotique de la dilection pour l'altérité ne concerne pas, loin s'en faut, la télévision populaire mais que le monde intellectuel ou qui se prétend tel est également frappé. C'est ainsi que France Culture considère désormais que le racialisme est une pensée politique dont on devait débattre tranquillement le 7 février, y compris avec cette dame noire d'Amérique qui n'aime pas trop les blancs. Mieux encore: sur son Twitter notre radio culturelle de service public reprenait à son compte la théorie racialiste : « Penser la question Blanche, c'est être capable de se questionner sur une partie de l'identité française. Prendre conscience par exemple qu'être blanc est un privilège, le blanc n'ayant jamais eu à se poser la question de la couleur de sa peau. ».

Racialisme obsessionnel, racisme anti blanc stupide sur la radio d'État: un « babtou » qui se fait frapper en banlieue ou des policiers blancs lynchés comme cela est arrivé un 31 décembre à Champigny, des fermiers blancs assassinés en Afrique du Sud ou au Zimbabwe, des privilégiés, vraiment ?

Et inversement, un noir au Togo, se pose donc tous les jours la question de sa couleur de peau ?

Bref, pour mesurer cet indigénisme indigent qui s'étend, je recommande la lecture édifiante de l'article publié le 6 décembre 2018 par Matthieu Aron dans l'Obs et intitulé « Menace décoloniale à l'université ». Je citerai l'introduction : « "Racialisé", "Racialisation" "Islamophobie"… Ce vocabulaire qui s'est installé dans le débat public, est issu d'une mouvance qui gagne du terrain dans les facs. À tel point que les opinions divergentes n'osent plus s'exprimer…»

D'évidence, cette menace « décoloniale » a pris confortablement ses quartiers à Radio France.

Mais le pire, dans ces théâtres de la sottise populaire ou prétentieuse, n'est pas que telle raciste noire anti- blanc ou telle militante islamo-gauchiste des Indigènes de la République puisse exprimer ses méchancetés.

Le pire du pire, ce sont ces sombres idiots à la peau pâle qui tirent un masochiste et raciste plaisir à se haïr la peau.

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Source : Le Figaro

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16/02/2019

Brigitte Dutheil : L'Homme Superlumineux...

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15/02/2019

Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique

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BEAUCOUP PLUS QU’UNE CASE SUR UN FORMULAIRE
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique

Dans le cadre du débat sur le projet de loi "L'école de confiance", à l’Assemblée Nationale, les députés ont voté un amendement proposé par la députée LREM Valérie Petit stipulant que dans les formulaires scolaires, les entrées "père" et "mère" devront désormais être remplacées par "parent 1" et "parent 2".

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Atlantico : Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer est opposé à cet amendement, mais l'assemblée a jugé bon "d'ancrer dans la législation la diversité familiale" selon les mots de Mme Petit à Ouest France. Au delà du projet de société sous-jacent, en quoi cet amendement serait-il problématique s'il venait à être définitivement voté ?

 

Bertrand Vergely. Quand le mariage pour tous a été proposé, ceux qui ont critiqué ce projet ont fait remarquer que le problème de fond n’était pas celui de la tolérance envers les couples gays, mais des conséquences que ce mariage allait avoir. Ils ont notamment fait remarquer que, deux hommes, deux femmes, ne pouvant pas avoir d’enfants, si l’on voulait passer outre, on allait devoir nécessairement rentrer dans la fiction en faisant comme si l’impossible pouvait être possible. Avec l’amendement voté à l’assemblée par la REM, on a un exemple saisissant des problèmes que pose ce mariage dès lors que l’on persiste à ne pas vouloir entendre la voix de la raison.

Soyons d’abord clair sur le fond de la question qui se pose : quel est l’enjeu de l’amendement voté par la REM, à savoir que, désormais, dans les documents officiels de l’Éducation Nationale, il ne soit plus question de père et de père mais de parent 1 et de parent ? Selon LREM, il s’agit d’ancrer la diversité familiale dans la législation. Projet qu’il convient de traduire ainsi : il faut faire évoluer la société et lui faire accepter la nouvelle famille. Pour cela, la loi doit montrer l’exemple. Mais aussi il importe de conditionner les consciences dès le plus jeune âge. Si nos petites têtes enfantines sont habituées dès leur plus jeune âge à ne plus entendre parler de père et de mère mais de parent 1 et de parent 2, pour sûr, la société va changer et la nouvelle famille sera acceptée. À la mairie de Paris, Anne Hidalgo a déjà montré l’exemple, les documents officiels de la mairie ne parlant plus de père et de mère mais de parent 1 et de parent 2, qui plus est, sur fond d’écriture inclusive. Il s’agit pour la REM d’étendre cet exemple.

Quand le transhumanisme se propose de supprimer la mort, il est stupéfiant d’apercevoir que ceux-ci n’ont absolument pas songé aux conséquences de leur projet en se demandant ce que pourrait être une humanité qui ne meurt plus. Quand la REM vote cet amendement concernant la réforme du langage, quand on a quelque bon sens, une chose vient à l’esprit : ont-ils réfléchi deux minutes à ce qu’ils faisaient ? À l’évidence non, sinon ils auraient aperçu l’irréalité, le tissu d’absurdités et la sidérante désinvolture que comporte ce projet.

S’agissant de l’irréalité, constatons le, nos chers députés de la REM vivent dans un monde où la réalité n’existe pas. Et ce parce qu’ils sont dans la pensée magique en s’imaginant que, par une loi, le monde va changer. En quoi ils rêvent en faisant preuve d’une confiance délirante dans leur toute puissance de législateurs, assaisonnée d’une overdose de naïveté.

Pendant que la loi va interdire de parler de parent 1 et de parent 2, que va-t-il se passer dans le monde réel où vivent des personnes réelles menant une vie réelle ? Ce qui se passe dans la cour de récréation où les enfants posent toujours deux questions à leurs petits copains et à leurs petites copines : « C’est qui ton père ? C’est qui ta mère ? »Pendant que la loi fait mine d’ignorer l’existence d’un père et d’une mère, les enfants eux ne l’ignorent pas.

Ils ne sont pas les seuls. Les adultes non plus ne l’ignorent pas. Dans les cabinets de psychanalyse de quoi parlent ceux et celles qui s’y rendent parce qu’ils souffrent ? De ne pas avoir eu de père ni de mère. Pendant que la loi fait mine d’ignorer la réalité d’un père et d’une mère, eux ne l’ignorent pas. Ils ne sont pas les seuls, là encore.

Quand une femme homosexuelle veut un enfant et se fait faire une PMA pour cela, de quoi rêve-telle ? D’être mère. Et quand un homosexuel fait faire un enfant par une GPA, de quoi rêve-t-il ? D’être père. D’où un paradoxe surréaliste. Alors que le législateur va très certainement faire voter la PMA puis la GPA permettant aux couples homosexuels d’être mère pour les femmes et père pour les hommes, la loi va interdire d’utiliser ces termes afin de les protéger.

À cette ignorance du monde réel de la part de nos députés de la REM s’ajoute le tissu d’absurdités auquel va inévitablement donner lieu cet amendement si il est définitivement adopté.

Si cet amendement est adopté, soyons clair, le but de ce projet étant de modifier les mentalités en commençant par la loi, celui-ci ne va pas en rester là. Il va donc falloir modifier toute la langue française et toute la culture qui, depuis des millénaires, utilise les termes de père et de mère. Comment va-t-on faire ? Si le législateur ne fait rien, la situation va être d’un grotesque achevé. Alors que la société continuera de parler de père et de mère, la loi les ignorera. Si bien que la loi sera schizophrène et la société sera condamnée à le devenir. Si, pour mettre la société en accord avec la loi, le législateur décide d’agir en mettant la société aux normes, il est fort à parier qu’elle ne rencontrera pas le même succès que la mise aux normes des sanitaires pour les handicapés. Si le législateur veut vraiment agir, il sera obligé de sanctionner la prononciation des termes père et mère dans l’espace public. S'il sanctionne, il fera haïr la diversité en montrant que pour vacciner les Français contre elle, il n’y a pas mieux. La diversité sera ancrée dans la législation tandis que la haine de la diversité s’ancrera dans les esprits. Quand on entend changer le monde, bravo ! Joli résultat…

Il y a la loi, mais il y a aussi le langage. Le langage est rempli de mots parlant de père et de mère, notamment la littérature. Que va-t-on faire ? Va-t-on mettre la littérature aux normes ? Pour parler de Dieu le Père et du Père Noël, comment va-t-on faire ? Dieu sera-t-il parent 1 ou parent 2 ? Et le père Noël ? Parent 1 ? Parent 2 ? Marcel Pagnol a écrit La gloire de mon père et Le château de ma mère. Va-t-on devoir rebaptiser ses romans « La gloire de mon parent 1 » et « Le château de mon parent 2 » ? Et le chef d’œuvre d’Albert Cohen Le livre de ma mère, va-t-il falloir le rebaptiser « Le livre de mon parent 1 ou 2 » ? Quand Victor Hugo écrit « Mon père, ce héros au sourire si doux » va-t-on rectifier son poème en écrivant « Mon parent 1 ou 2 au sourire si doux » ? Quand à la bouleversante chanson de Charles Aznavour« Comme ils disent », chanson culte des milieux gays, qui commence par « J’habite encore avec maman » va-t-il falloir la réécrire en la faisant commencer par « J’habite encore mon parent 1 ou 2 » ?

Cette question épineuse en matière de langage va poser des problèmes dans les couples ainsi que dans la société. Quand dans les couples gays la question parent 1, parent 2 ne devrait pas poser de problème, dans les couples hétéros, cela ne sera pas si évident. Être parent 1 est tout de même plus valorisant qu’être parent 2. Qui va être parent 1 ? Si c’est l’homme, la femme va faire la tête et trouver qu’une fois de plus la femme passe au second plan Et si c’est la femme, c’est l’homme qui va faire la tête et devenir antiféministe.

Dans les milieux « bobos », cela ne posera certainement pas de problème, mais dans les milieux populaires ? Qui va aller expliquer aux gilets jaunes que désormais l’un d’entre eux devra s’appeler parent 1 et l’autre parent 2 ? Ne sont-ils pas déjà assez énervés, est-il besoin de rajouter une louche d’huile sur le feu ?

Jean-Michel Blanquer, qui est un grand ministre de l’Éducation Nationale et un fin politique, s’est opposé à ce projet, signe que dans le gouvernement, tout le monde n’est pas d’accord avec cette absurdité. Il est tragique de constater que sa voix n’a pas été entendue, cet amendement portant tort à la crédibilité du politique et, par là même, à la stabilité des institutions.

Il convient de s’interroger : quand des politiques se mettent à vouloir dicter ses lois à la réalité ainsi qu’aux consciences, en décidant pour cela de supprimer des mots, pour qui nous prennent-ils, nous les électeurs ? Pour des abrutis qu’il s’agit de conditionner afin de les faire bien penser. Non contents de décider que désormais un homme et une femme et un père et une mère ne sont plus indispensables pour faire un enfant et l’élever, ceux-ci veulent supprimer jusqu’au souvenir des notions de père et de mère en rendant la loi amnésique à ce sujet. Soljenitsyne a écrit L’archipel du Goulag pour lutter contre Staline qui expliquait que le Goulag n’avait pas existé. Raymond Aron a lutté toute sa vie pour montrer à quels désastres conduisait l’idéologie quand celle-ci dirige le monde. Notre monde n’est pas le communisme de Staline. Il n’empêche. Cette façon de vouloir corriger le langage pour nous faire bien penser est le signe que notre monde a basculé dans un totalitarisme soft. Avec Staline, c’était l’horreur, mais les choses au moins étaient claires. On savait à quoi s’en tenir. Aujourd’hui, ce n’est pas l’horreur. Mais rien n’est clair. Tout est pernicieux, sournois. Beaucoup de ceux qui ont connu la dictature stalinienne et qui regardent ce qui se passe actuellement en France n’hésitent pas à le dire : « Le climat idéologique qui règne actuellement en France rappelle étrangement les heures sombres du communisme que nous avons vécu. Avec un détail alarmant : le politique se permet des choses que les communistes n’auraient pas osé faire ».

Atlantico : L’amendement voté par les députés REM aurait pu éviter d'effacer les termes pères et mères sans pour autant nier l'existence des familles homoparentales. Il ne l’a pas fait. Pourquoi ? N’est-ce pas pour des raisons idéologiques ?

Bertrand Vergely. L’idéologie est ce qui se passe quand les idées utilisant le pouvoir politique, et le pouvoir politique utilisant les idées, la pensée devient ce que tout le monde répète sans s’en rendre compte. C’est, en un mot, le pouvoir de l’idée au service d’une certaine idée du pouvoir.

Dans le cadre de cet amendement, on trouve trois manifestations de l’idéologie.

La première est elle de la LGBTQ parmi un certain nombre de députés et de politiques. La LGBTQ qui entend défendre les Lesbiennes, les Gays, les Bisexuels, les Transsexuels et les Queer (les étranges) a décidé d’être une idéologie c’est-à-dire une idée prenant le pouvoir et s’imposant par la force dans les esprits en utilisant pour cela avant tout le lobbying, c’est-à-dire l’action souterraine auprès des medias et des politiques. Dans la vie quotidienne, cette action souterraine se voit de par le fait qu’il est continuellement question de lutte contre l’homophobie et les discriminations. À force de marteler cette lutte à tout bout de champ, celle-ci finit par rentrer dans les esprits. Par exemple, par peur de paraître homophobe, si on déclare ouvertement être contre la suppression des mots père et mère, tout le monde va se taire, parler d’autre chose, dire que ce n’est pas grave, que la famille avec papa-maman après tout c’est relatif.

Habituons les esprits à avoir inconsciemment peur d’être taxé d’homophobe, comme on a inconsciemment peur d’être taxé de réac, soudain il n’est pas étonnant de voir apparaître un projet de loi décidant de changer les mots dans les documents de l’Éducation Nationale et ce afin de conditionner les esprits et notamment les enfants. Le but de la LGBTQ est clair : que le libéralisme absolu en matière de mœurs devienne la norme en faisant disparaître la sexuation homme-femme et son caractère fondateur en matière de vie au profit du transgenre.

Par ailleurs, autre manifestation de l’idéologie : le paraître et derrière lui le poids de l’opinion, des medias, de l’époque. Être ouvert aux nouvelles parentalités, c’est cool, c’est tendance, cela fait jeune, dynamique. C’est être ouvert, large d’esprit, « open minded » comme on dit aux États-Unis.

Auprès des medias et des jeunes ça passe. Bien mieux que le fait d’être contre le mariage pour tous qui donne l’impression d’être le fait d’un nid de réacs aussi ringards et à côté de la plaque que ceux qui sont contre l’avortement.

Il est frappant d’apercevoir qu’un homme de la qualité d’Edouard Philippe qui était contre la PMA il y a cinq ans est maintenant pour, en expliquant qu’il faut y aller parce qu’il a, dit-il, évolué. Ce terme d’évolution est frappant. C’est ce terme même qu’Elisabeth Guigou a utilisé pour expliquer, elle aussi, son revirement.

Alors qu’en 1998 elle soutient haut et fort devant l’Assemblée Nationale qu’elle est pour le PACS afin que le mariage gay n’ait pas lieu. Alors qu’elle explique que « le mariage est autre chose qu’un contrat entre deux individus de par le fait d’institutionnaliser la différence des sexes afin de faire naître l’enfant comme promesse au sein de la transmission entre générations », en 2012 plus rien. Elle a évolué et soutient François Hollande avec son projet de mariage pour tous. Le mariage réduit à un simple contrat ? Pas de problème. La fin de l’institutionnalisation de la différence des sexes afin de faire un enfant ? Pas de problème non plus. Dans la société du spectacle qui est la nôtre, un politique, s’il veut survivre, se doit de ne pas être un ringard. Il se doit pour cela d’évoluer afin d’être en phase avec son temps.

Laurence Ferrari, du temps où elle animait le journal de 20h, avait commencé ainsi l’un de ses journaux du soir : « La France est en retard ». À l’époque, le mariage pour tous n’était pas encore légalisé. Et la France était, selon elle, dramatiquement en retard.

S’il y a le poids du lobbying exercé par la LGBTQ, ne négligeons pas le poids du regard exercé par les medias, le modernisme, l’époque, l’évolution, le fait d’être de son temps. Surtout, ne pas déplaire à ce regard. Etre bien vu par ce regard qui voit tout, si l’on veut se faire bien voir.

Troisième manifestation enfin de l’idéologie : la mauvaise conscience. Toute cette agitation autour des nouvelles parentalités ! Quand on a une vraie pensée, on ne recourt pas à la contrainte pour l’imposer. Quand on n’a pas de pensée, quand on est un amateur, on se débat comme on peut. Hegel disait : « À la facilité avec laquelle un esprit se satisfait peut se mesurer l’étendue de sa perte ». Cette réforme absurde transpire l’indigence et l’ineptie qui n’osent pas dire leur nom.

Atlantico : N'y a-t-il pas une injonction paradoxale dans notre société où on demande à désexualiser la parenté mais au non de l'égalité, on demande par exemple au père de prendre une place plus importante (congé de paternité...) ?

Bertrand Vergely. Nous vivons un véritable paradoxe. Dans le féminisme, ce paradoxe est criant, le féminisme pour libérer la femme allant jusqu’à dire que la femme n’existe pas, histoire de la délivrer de ses stéréotypes. Attitude que Simone de Beauvoir dénonçait déjà quand, à la fin du Deuxième sexe, elle s’élève contre les excès du féminisme américain qui invite les femmes à consulter un psy quand elles osent se prendre pour une femme. Aujourd’hui, au nom de la libération sexuelle totale, on fait de la neutralité sexuelle qui désexualise totalement la sexualité le fondement de la sexualité libérée. Être sexuellement libre consistant à pouvoir choisir non seulement sa sexualité mais son sexe, être sexuellement libre n’est possible que si à la base de la sexualité on met un sujet sexuellement neutre décidant de choisir son sexe selon son bon plaisir. Le choix des termes parent 1 et parent 2 pour désigner les parents est à cet égard significatif.

On veut libérer la parentalité mais pour cela que fait-on ? On la désexualise. Ce qui est aberrant. Pour qu’il y ait famille il faut qu’il y ait un homme et une femme pour produire l’enfant qui sera à la base de la famille. Supprimons la sexuation homme-femme. Faisons la disparaître. C’est la famille que l’on rend impossible. La loi est, de ce fait, aujourd’hui, aussi folle que l’idéologie trans. En décidant de ne plus reconnaître officiellement les notions de père et de mère, c’est sa propre possibilité qu’elle ruine.

Personne n’est jamais né d’un parent 1 et d’un parent 2. Personne n’est jamais né d’un couple sexuellement neutre qui ne connaît ni homme, ni femme, ni père, ni mère. En décrétant que désormais, le père et la mère n’ont plus d’existence légale, la loi fait naître les hommes d’une humanité qui n’existe pas. Alors que le réel (un père et une mère) devient fictif, le fictif (parent 1 et parent 2) devient réel. En outre, la loi se rend coupable non seulement d’un acte délirant mais d’un mensonge pur et simple. Dans une PMA, le père réel existe. Et dans une GPA, la mère réelle existe. Désormais, grâce à la loi, ils n’existent plus. La loi les a fait disparaître.

Le mariage pour tous n’est pas un progrès sociétal. C’est une rupture d’humanité que l’on veut faire passer pour un progrès sociétal. On s’en aperçoit avec le passage au concret de ce mariage. On est dans la violence. Celle d’une minorité qui a pris en main la morale de toute la société en imposant ses vues minoritaires à la majorité. Celle d’une majorité condamnée à devoir renoncer à être ce qu’elle est pour obéir aux nouvelles normes édictées par cette majorité.

Les gilets jaunes réclament plus de démocratie et proposent un RIC, un Référendum d’Initiative Citoyenne. Et si on faisait un référendum pour demander aux Français s'ils sont d’accord pour que l’on supprime les notions de père et de mère du vocabulaire législatif de la République ? Pour le coup, on aurait une vraie question concernant tout le monde. Et l’on aurait l’occasion de montrer que l’on est vraiment démocrate.

On connaît la réponse. Ce référendum n’aura pas lieu. Parce que les politiques qui aujourd’hui proposent de supprimer les notions de père et de mère savent fort bien quelle serait la réponse du peuple s'il était consulté sur ce sujet.

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SOURCE : ATLANTICO

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[Tribune] : « La Belgique finira arabe »

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« La Belgique finira arabe »...

Cette phrase, prononcée par un chauffeur de taxi à Bruxelles, est le signe que l’islamisation des esprits a gagné le Nord comme le Sud. De jeunes immigrés trimbalent une mentalité de « daéshistes » sans le savoir, selon Fawzia Zouari.

J’étais de passage à Bruxelles. Je n’aime pas beaucoup Bruxelles. C’est une « capitale pour rire », disait Baudelaire. Elle est faite de tunnels et de voies de sortie sombres, de ponts moches, de trottoirs défoncés, les belles bâtisses y sont noyées sous des buildings à l’architecture foireuse et la gare du Midi est une horreur. Cependant, j’adore les Belges ! Je trouve que c’est le peuple le plus doux et le plus innocent de la terre.

Et c’est sans doute pour cette raison que je me suis fâchée avec le chauffeur de taxi qui m’emmenait au lieu de conférence où je devais me rendre. Le chauffeur en question est tunisien, comme moi. La trentaine, il est installé depuis dix ans à Bruxelles. Dès qu’il a su d’où je venais, il a fait l’Arabe, a abandonné la langue de Molière pour ne parler que la langue du Coran, avec les expressions, les jurons, les wallah et les inchallah à tout bout de phrase. J’avais l’impression de me retrouver au cœur de la médina de Tunis. Je l’ai branché sur Bruxelles. Il a dit  :

« J’y suis très bien, al hamdoullah  ! J’ai un travail, une femme et des enfants. En plus, il y a plein de Maghrébins, m’a-t-il répondu.

– Tant que ça  ?

– Ah  ! oui, ma sœur, nous allons devenir majoritaires ! J’ai quatre enfants, mon voisin marocain en a six. Si Dieu le veut, la Belgique finira arabe et musulmane.

– Et ça te plairait  ?

– Ben oui. Nous sommes appelés à peupler la terre entière. »

Islamisation des esprits

J’ai regardé le jeune homme. Il n’avait ni barbe ni trace sur le front attestant de sa pratique de la prière. Et j’ai compris le mal. Insidieusement, l’islamisation des esprits a gagné le Nord comme le Sud. De jeunes immigrés trimbalent une mentalité de « daéshistes » sans le savoir.

« Pourquoi as-tu quitté la Tunisie  ? l’ai-je interrogé.

– Pour être tranquille. Travailler avec des gens sérieux, pas corrompus, et des administrations qui marchent. »

Jugeant inutile de le raisonner, je me suis contentée de le taquiner à la façon de l’humoriste algérien Fellag : « Tu imagines le jour où la Belgique sera gérée par des Arabes  ? Tu crois que tu vas continuer à jouir de ces privilèges  ? » Il a calé. J’ai ajouté : « Et puis, ils iront où, les Belges  ? »

Soudain, il m’a semblé triste et désorienté. J’ai détendu l’atmosphère en lui racontant l’histoire de l’un de mes oncles qui avait décidé de ne plus aller à la mosquée après un prêche du vendredi lors duquel l’imam avait affirmé que le bon croyant était destiné d’office à retrouver au paradis ses cousins, ses voisins et toute la smala : « Si c’est pour tomber sur ces mêmes idiots qui me pourrissent la vie ici-bas, merci ! » Nous avons ri.

Théorie du remplacement

Après la conférence, il y a eu un cocktail et une rencontre avec le public. Là, un gars du même âge que mon chauffeur de taxi s’est avancé vers moi, un verre de champagne à la main. C’était un Tunisien… Ils sont tous en Belgique ou quoi  ? Et il va falloir que je demande pour quelles raisons mes compatriotes ont quitté aussi nombreux la Tunisie alors qu’il y a eu la révolution et que Ben Ali est parti.

Je pose la question à mon interlocuteur en train de savourer ses bulles  : « Il n’y a pas que la politique, madame. “Là-bas”, c’est la corruption à plein régime et “ces gens-là” ne fichent rien de la journée. De toute façon, moi, si je suis venu ici, ce n’est pas pour fréquenter mes coreligionnaires, c’est pour vivre parmi les Belges. Les Arabes, je ne veux plus les voir, même pas en photo  ! » Voilà qui est clair.

Je suis rentrée à l’hôtel en repensant à la fameuse théorie du remplacement tenue par l’un et au rejet des siens exprimé par l’autre. Et j’ai dû m’avouer que je ne comprenais pas ce qui passe dans la tête de ces jeunes immigrés, moi qui fais partie de la vieille immigration.

Par Fawzia Zouari

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SOURCE : Jeune Afrique

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14/02/2019

Laurent Fabius fixe les règles d'un éventuel référendum

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Le socialiste Laurent Fabius, vous savez... celui qui a du sang contaminé plein la conscience mais qui apparemment dort tranquille... président non-élu d'un Conseil non-élu ayant droit de décision, de vie ou de mort sur les lois votées par les représentants du peuple, Conseil (quel mot !) qui comprend notamment des membres comme le langoureux trotskiste Lionel Jospin et, à présent, cette sinistre guimauve d'Alain Juppé... Laurent Fabius, donc, nous explique qu'un éventuel référendum "doit porter sur un certain nombre de thèmes et pas d'autres", qui devront être préalablement avalisés par le Conseil...

Tout ça, bien entendu, pour "démocratiser la démocratie".

Y'a pas à dire... ces gens-là sont magnifiques...

 

 

Le président du Conseil constitutionnel avertit l'exécutif quant aux principes d'un tel scrutin.

Laurent Fabius ne prend pas souvent la parole depuis qu'il est président du Conseil constitutionnel. Quand il le fait, c'est pour recadrer le débat public.

Ainsi ne s'est-il pas privé mercredi sur RTL de souligner que l'organisation d'un référendum - auquel pense l'exécutif - devait répondre à plusieurs règles strictes. Si Emmanuel Macron voulait qu'il se tienne le 26 mai prochain, en même temps que les élections européennes, «ça serait possible à condition de s'y prendre très vite, ces jours-ci, parce qu'un référendum ça suppose toute une série de préparatifs», a-t-il noté.

Mais Laurent Fabius a surtout rappelé que l'exécutif ne pourrait pas poser n'importe quelle question aux citoyens. « Nous devons regarder si, oui ou non, la question posée correspondrait à la Constitution, si elle rentre dans les clous. » Or une idée circule au sein de l'exécutif de soumettre un QCM avec plusieurs questions. « C'est un bémol que j'apporte par rapport au débat. La Constitution ne permet pas de poser une question d'ordre général. Le référendum doit porter sur un projet de loi », a soufflé l'ancien premier ministre.

« Aérer la démocratie »

Pas question, par exemple, de demander aux Français s'ils sont pour ou contre la proportionnelle. « La question est "approuvez-vous, oui ou non, ce projet de loi ?" », a corrigé Laurent Fabius qui a par ailleurs indiqué qu'un référendum « doit porter sur un certain nombre de thèmes et pas d'autres ».

Et de citer « l'organisation des pouvoirs publics, les réformes en matière économique, social ou environnemental, les services publics et les traités qui y concourent ». S'il y avait un QCM, chacune des questions devrait répondre à ces critères et le Conseil constitutionnel serait chargé de les avaliser : « C'est assez précis, c'est même très précis et nous sommes chargés de vérifier tout ça. »

Interrogé sur les aspirations des «gilets jaunes», Laurent Fabius a dit sentir «une aspiration à démocratiser la démocratie». Pour l'ancien premier ministre, «il n'y a pas tellement de contacts» entre les responsables politiques et les citoyens entre chaque scrutin. « Ça peut être amélioré, pas nécessairement par le référendum », a-t-il préconisé. Le socialiste a évoqué la possibilité de généraliser les «budgets participatifs ou les conférences de consensus». « Aérer la démocratie, je pense que c'est une demande légitime qui existe depuis longtemps », a-t-il glissé.

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SOURCE : Le Figaro

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« "Aérer la démocratie, je pense que c'est une demande légitime qui existe depuis longtemps", a-t-il glissé. »

A-t-il glissé... a-t-il glissé... IL NOUS EN GLISSE SURTOUT, UNE FOIS DE PLUS, UNE ENORME DANS LE CUL !

 

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"Humble comme ce petit enfant"...

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Regardez comment l'Esprit Saint caresse cette jolie petite fille (nommée "Nikê") au jour heureux de son Baptême Chrétien Orthodoxe, ici dans une Paroisse serbe... Regardez la belle annonciation que comporte son nom qui veut dire : "La Victoire"... Son visage radieux... son regard fasciné... son sourire solaire... son baiser spontané qui surprend tout le monde à la Croix du Salut qui est le sien... du Salut qui est le nôtre... Elle voit ce que tout croyant désire voir...

Paix aux hommes et aux femmes de Bonne Volonté...

"Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux."

Matthieu 18 : 2-4

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Gilets jaunes : c'est l'État-providence, non le libéralisme, qui est en cause

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TRIBUNE - L'État, en devenant une nouvelle Providence, a tout étouffé autour de lui et s'est chargé d'un fardeau qu'il ne peut assumer. Paradoxalement, la fronde des "gilets jaunes" le vérifie, argumente l'essayiste libéral Erwan Le Noan.

Pour répondre à la crise sociale que nous vivons depuis plus de cinq semaines, encore faut-il poser le bon diagnostic et saisir l'ampleur de la faillite. Celle-ci est le résultat de la déliquescence de l'État-providence, qui avait émergé dès la fin du XIXe siècle. C'est luiqu'il faut réinventer.

L'économiste Karl Polanyi (1886-1964) considérait que l'histoire moderne était marquée par la distinction progressive de la sphère économique. Cette "grande transformation" a émergé dès le Moyen Âge, en lien consubstantiel avecl'affirmation progressive de l'État de droit et de la démocratie. L'émancipation des marchands a fait émerger les institutions qui, favorisant la confiance entre inconnus, ont permis la pleine expansion du commerce. Le développement des contrats a fait croître le besoin de droit et de juges, les échanges lointains le besoin d'information et de presse, les nécessités financières les exigences comptables et les organisations bancaires. Progressivement, la "dynamique du capitalisme" que décrivait Braudel s'est étendue. Nous avons pu nous enrichir, nous instruire, nous soigner.

Cette dynamique s'est déployée sous trois aspects : économique, social et politique. La Révolution industrielle a accéléré le mouvement économique, dans une croissances chumpétérienne où l'innovation chasse ce qui l'a précédée. Chaque surgissement technologique est venu bouleverser les modes de production. La nouveauté a déstabilisé les relations de travail. Le chemin de fer a favorisé la structure pyramidale et décentralisée des entreprises, tout en créant le prolétariat. L'électricité a permis l'autonomisation de chaque machine, tout en générant le travail à la chaîne.

Les chocs économiques actuels ne sont que l'écho de cette dynamique : ouvrant des possibilitéslarges d'externalisation dans d'autres pays ou vers l'univers numérique, ils restructurentles fonctions de l'entreprise. Ils modifient la conception de l'emploi (plus souple,indépendant, moins hiérarchique). Cette course alimente aussi une demande de sens de l'engagement salarié.

La puissance déstabilisante de ces transformations a alimenté une demande du peuple souverain : réaffirmer qu'en démocratie son pouvoir est décisif et ultime. La constitution des géants industriels du XIXe siècle aux États-Unis, dans le rail ou le pétrole par exemple, a inquiété et produit le droit de la concurrence dans ce pays puis dans tout le monde occidental. Ce mouvement n'est pas sans faire écho aux craintes contemporaines relatives au succès des "géants" du numérique et les projets de réglementations qu'elles suscitent. Chacune de ces révolutions a fait naître des revendications politiques. À la findu XIXe siècle, le socialisme a ainsi traduit l'aspiration des classes laborieuses à une protection face à la déstabilisation permanente.

Ainsi est né l'État-providence. Face aux risques d'un nouveau monde en changement, il a développé un système de régulation capable de garantir la confiance des citoyens et un régime d'assurances qui s'est affirmé avec force après la Seconde Guerre mondiale. Il s'est substitué aux institutions de solidarités traditionnelles et aux corps intermédiaires : l'État est un Salut monopolistique, qui évince les organisations concurrentes.
Ne cessant de se déployer, porté par une élite technocratique qu'il a captée pour dérouler des plans savants prétendant maîtriser les aléas de l'existence, il a institué une relation verticale entre les citoyens et lui-même. La puissance publique a ainsi tué le sens des responsabilités : quand tout est organisé pour son bien, le citoyen se retrouve dans une attente passive.

Cet équilibre s'est effondré à partir de la fin du XXe siècle. Deux bouleversements technologiques majeurs ont métamorphosé nos économies : la mondialisation, favorisée par la disparition de l'oppresseur communiste, et la digitalisation, induite par l'innovation numérique. La conjonction de ces phénomènes a été d'une ampleur radicale.

Or l'État-providence, lui, n'a pas changé. Confronté à une mutation de son environnement, il a conservé les mêmes règles de fonctionnement. Pour faire accepter des transformations qu'il ne maîtrisait plus - parce qu'il ne les comprenait pas -, il a accru en vain les dépenses publiques et les impôts afin de les compenser. Espérant rendre la situation plus acceptable, il n'a contenu les inégalités qu'au prix d'une stagnation sociale qui obstrue les perspectives d'avenir : en France, les pauvres ne le sont pas trop, mais ils le restent. Faute de réforme, les finances publiques ont filé dans une danse folle au bord du précipice.

Cet écroulement, accéléré par le déclin organisé des corps intermédiaires, laisse les citoyens seuls face à eux-mêmes et leurs angoisses. Il laisse également un immense vide politique et conceptuel. Le mouvement des "gilets jaunes" n'est ainsi pas révélateur d'une prétendue crise du libéralisme : il est le fruit de l'agonie de l'État-providence, qui se matérialise par la déliquescence des services publics et illustre l'incapacité des élites à proposer des perspectives susceptibles de donner du sens à l'exigence de changement comme de l'accompagner efficacement. La France doit donc réinventer son État, à travers ses deux fonctions modernes principales : assurer la cohésion populaire et maîtriser les risques.

Ce renouvellement ne peut naître que d'une libération de la société. Celle-ci frémit déjà : dynamisme de l'entrepreneuriat, fleurissement des associations, prise en charge de la transformation environnementale s'inventent tous les jours en son sein. L'intervention des acteurs privés renouvelle déjà les services publics, en valorisant la qualité de la prestation, en réinventant le service aux citoyens.

Le défi du XXIe siècle est là. La question pourrait structurer les clivages politiques pour les décennies à venir. Déjà, la Silicon Valley dessine imperceptiblement ses pistes, et les régimes autoritaires les leurs.

L'enjeu est immense : accompagner et gérer le changement, ou le laisser se réaliser dans le chaos. Partout dans le monde occidental, les populistes proposent une voie défensive, plus ou moins ordonnée ; mais c'est une impasse. Si le président Macron est sincère dans sa volonté de 'bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la nation', la France a peut-être l'opportunité d'en proposer une version alternative. L'enjeu de la mutation en cours est d'organiser le retrait progressif mais franc de la puissance publique, afin que la société puisse s'exprimer, se déployer et redonner des perspectives positives aux citoyens.

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Erwan Le Noan, consultant en stratégie. Membre du conseil scientifique de la Fondation pour l'innovation politique (think-tank libéral). Maître de conférences à Sciences Po et auteur de La France des opportunités (Les Belles Lettres, 2017). Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 31/12/2018.

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SOURCE : Le Figaro

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13/02/2019

Renaud Camus & Philippe Muray - Entretien (En vivant en écrivant...)

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12/02/2019

Philippe Bilger soumet à la question Renaud Camus

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11/02/2019

"Juste une jolie Parisienne de gauche tendance écolo-quinoa-Naturalia"...

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Ces nimbus sont tellement pathétiques que je n'éprouve qu'une seule envie, profonde et intransigeante : les laisser mariner un bon moment au milieu de l'univers que leur pitoyable idéologie a contribué à instaurer dans notre beau pays... car Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes...

 

 

Agressions : “Pour la première fois, ma compagne souhaite que nous quittions le quartier” l’élu Pierre Liscia témoigne

 

“Je ne veux pas que notre enfant grandisse ici, au milieu des immondices, de la crasse, de la drogue et de la violence, sans jamais pouvoir aller au parc puisque tous nos parcs sont squattés par des toxicos et des dealers”. La compagne de Pierre Liscia, élu du XVIIIe arrondissement, est enceinte et ne supporte plus ni les agressions, ni le harcèlement. Cette femme de gauche qui “n’a jamais cédé ni à la peur ni au sentiment d’insécurité” est aujourd’hui à bout. Dans le nord de Paris en effet, le quotidien des femmes ressemble de plus en plus à un épisode de The Walking Dead. Sur Twitter, l’élu a publié le témoignage suivant :

“Ces derniers temps, je ne me sens plus en sécurité. J’ai peur.“Pour la première fois, ma compagne souhaite que nous quittions le quartier.

J’habite à Paris. Ma compagne est enceinte. Et aujourd’hui, elle a peur. Elle a peur quand elle va allant travailler et qu’elle se retrouve au milieu d’une dizaine de toxicomanes qui occupent les quais du métro Marx Dormoy dès 8h du matin.

Peur de se retrouver au milieu d’une énième rixe entre trafiquants et vendeurs à la sauvette et de risquer d’y être à nouveau bousculée, comme ce fût le cas il y a une dizaine de jours.

Cet après-midi, je l’ai accompagnée en voiture à la maternité. Angoissée à l’idée de passer par la Porte de La Chapelle, notre itinéraire habituel, j’ai fait un détour. Avec la “colline du crack”, la Porte de La Chapelle est devenu un véritable enfer.

Ce soir, nous sommes allés diner vers Pigalle. En rentrant, les stations Marcadet et Marx Dormoy étaient littéralement envahies de toxicomanes. Dans la rame, un homme s’est assis à côté d’elle et a allumé sa pipe à crack.

En sortant de la rame, un autre nous a interpellé en balbutiant des phrases incompréhensibles. Il était particulièrement agressif. J’ai senti ma compagne tressaillir quand il a tendu vers nous sa main pleine de sang.

Dans la rue, un homme nous a suivi sur une cinquantaine de mètre pour nous demander d’abord si nous attendions une fille ou un garçon, avant de se montrer plus oppressant pour nous réclamer de l’argent.

En arrivant chez nous, ma compagne me dit : “Je ne veux pas que notre enfant grandisse ici, au milieu des immondices, de la crasse, de la drogue et de la violence, sans jamais pouvoir aller au parc puisque tous nos parcs sont squattés par des toxicos et des dealers”.

Ma compagne est de gauche.

Pas une socialiste. Juste une jolie Parisienne de gauche tendance écolo-quinoa-Naturalia. Elle a toujours aimé notre quartier, certes difficile, mais qui a un certain charme. Elle n’a jamais cédé ni à la peur ni au sentiment d’insécurité.

J’habite à Paris.

Ce soir, pour la première fois, ma compagne veut quitter notre quartier parce qu’elle ne s’y sent plus en sécurité : elle a peur pour elle et pour notre bébé.

Franchement. Qui peut le lui reprocher ?
Et vous Anne Hidalgo, qu’en pensez-vous ?

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SOURCE : Bellica, Femmes Entières

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10/02/2019

Réchauffement climatique : le pavé dans la mare !

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Comment le GIEC s’y est-il pris pour calculer la température moyenne dont il prétend qu’elle a augmenté d’environ 1° C au cours du dernier siècle ?

Par Thierry Godefridi

 

Si vous vous êtes demandé pourquoi il est difficile de prédire la météo sous nos latitudes à plus de quelques jours alors qu’il serait possible de prévoir le climat à l’échéance de plusieurs siècles, voire seulement quelques dizaines d’années, sur la Terre entière, Jean-Marc Bonnamy vous rassure : vous avez raison de vous interroger et il explique pourquoi dans Réchauffement climatique : Le pavé dans la mare ! », innocentant au passage le CO2 de toute responsabilité dans un « réchauffement » – ou « changement », ou « dérèglement »… – de la planète, à l’encontre des allégations du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, créé en 1988 pour se pencher sur la question.

La question du rôle du CO2 est emblématique de la tournure politique, idéologique, quasi-religieuse du débat climatique. Dans la foulée du GIEC, les réchauffistes interprètent la corrélation statistique entre la courbe de l’élévation des températures et celle de la teneur en CO2 de l’atmosphère comme une loi physique de cause à effet, le CO2 provoquant cette élévation.

Le rôle du CO2

Ne pourrait-on pas en déduire l’inverse, à savoir que la teneur en CO2 de l’atmosphère augmente en fonction de l’élévation de la température ? Une corrélation ne peut à elle seule servir de preuve. D’ailleurs, comment s’expliquent les périodes de décorrélation entre températures et teneurs en CO2 dans les données dont fait état le GIEC lui-même ?

Jean-Marc Bonnamy résume la thèse du GIEC comme suit : la Terre se réchauffe, ce réchauffement entraînera des catastrophes, il est dû à l’effet de serre du CO2 et ce dernier résulte du développement de l’activité humaine. Et il entreprend de démontrer, dans les premiers chapitres de son livre, qu’un phénomène physique de saturation de l’effet de serre, que personne ne nie, exonère le CO2, au-delà de ce qu’il accomplit déjà, de toute incidence dans un quelconque réchauffement climatique au sens dans lequel le GIEC l’entend et que, si tant est qu’il y a réchauffement de la Terre, c’est ailleurs qu’il faut en chercher la raison.

Mais, au fait, comment le GIEC s’y est-il pris pour calculer la température moyenne dont il prétend qu’elle a augmenté d’environ 1° C au cours du dernier siècle ? Il s’est servi de donnés relevées à des dates et endroits divers par des stations météorologiques disparates, données qu’il a traitées (sans en communiquer la manière) et dont il a établi une moyenne qui est une fiction puisqu’une moyenne de températures n’est pas une température moyenne.

Mépris des données scientifiques

Et les objectifs de limitation de ladite température qui en découlent sont absurdes, outre le fait que les échelles de température Celsius et Fahrenheit sont arbitraires. Si l’on entend parler scientifiquement, ne conviendrait-il pas de parler en Kelvins ?

Jean-Marc Bonnamy dit sa surprise d’avoir constaté dans les rapports du GIEC disponibles sur la toile combien le rapport pour les décideurs politiques s’affranchissait des rapports scientifiques qui étaient supposés lui servir de base. Quand bien même les scientifiques admettent qu’aucune donnée ne permet de confirmer la réalité d’un réchauffement climatique, ni d’attribuer ce réchauffement à l’activité humaine, cela devient dans le rapport destiné aux décideurs politiques « le réchauffement climatique ne fait aucun doute et son attribution à l’activité humaine est prouvée ». Qui convient-il de croire ? Le GIEC ou le GIEC ? « Il faut cesser de considérer le GIEC comme un établissement scientifique, conclut Jean-Marc Bonnamy, et le prendre pour ce qu’il est : un lobby politique. »

Un chiffre notoirement faux

C’est en ce sens que se comprend la décision du président américain Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique.

Le chiffre de 0,6 °C de réchauffement de la planète sur un siècle avancé par le GIEC sans intervalle de précision dans son rapport initial signifiait que la donnée comportait une précision de l’ordre de l’arrondi de la décimale suivante, en d’autres mots que le GIEC prétendait à une précision de l’ordre de 0,05° – 5 centièmes de degré ! Mais, outre ce chiffre d’une précision invraisemblable, le GIEC en a avancé d’autres qui étaient notoirement faux. Jean-Marc Bonnamy en dresse une liste. Les constructivistes, quel que soit l’horizon idéologique auquel ils appartiennent, ne sont jamais à court de conjectures, ni d’aplomb.

Le problème fondamental n’est-il pas que le climat, comme la météo, est un phénomène chaotique, c’est-à-dire ni stationnaire, ni cyclique, qui dépasse les limites épistémologiques de la connaissance humaine car il comprend un nombre infini de variables connues et inconnues d’une précision infinie dont le déterminisme inhérent se manifeste sur des durées de plusieurs milliers, dizaines de milliers, centaines de milliers d’années et échappe totalement à l’entendement humain ?

Reste à écrire le livre sur la question de savoir à quoi servent et, surtout, à qui profitent le GIEC ainsi que les accords, les politiques et l’agit-prop écologiste qui s’en prévalent.

 

Réchauffement climatique : Le pavé dans la mare ! (Jean-Marc Bonnamy), 164 pages, Éditions L’Harmattan.

 

Sur le Web

 

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SOURCE : Contrepoints

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09/02/2019

La virilité, premier pouvoir et dernier tabou du monde musulman

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Dans un nouvel essai, la philosophe Nadia Tazi développe l’hypothèse que la virilité dans le monde musulman serait non seulement le principe déterminant du rapport entre les hommes et les femmes, mais aussi celui du despotisme politique et social.

 

Nous avons rencontré Nadia Tazi dans le cadre des Rencontres d’Averroès à Marseille en novembre 2018 sur le thème des relations entre les sexes, d’hier à aujourd’hui, en Méditerranée. Philosophe, journaliste, essayiste, elle vient de publier Le genre intraitable. Politiques de la virilité dans le monde musulman (Actes Sud, 2018), fruit d’un travail de quinze ans.

 

Dans votre nouvel essai, vous écrivez que « la virilité est restée le premier pouvoir et le dernier tabou » . En quoi cette question est-elle taboue ?

Cette question n’est jamais politiquement énoncée comme telle. On parle de la condition des femmes, de l’inégalité entre les sexes, de l’homosexualité, mais la question des masculinités est évacuée. D’abord parce que c’est nouveau. En Occident même, cette recherche vient plus tard que celle des femmes, en réaction ou parallèlement au féminisme. De plus, on ne peut pas plaquer les schémas occidentaux sur l’Orient musulman. Évidemment, le machisme existe partout, mais il n’a pas du tout la même portée, pas les mêmes sources ni les mêmes lois. Il faut déjà commencer par poser la question dans les différents pays musulmans et réfléchir sur leur point commun : le despotisme politique. Lors de la table ronde « Des relations entre les sexes fondées sur des imaginaires et des valeurs » aux Rencontres d’Averroès, on a bien perçu les différences entre les musulmans eux-mêmes. Sur le voile, les points de vue des intervenantes turque, marocaine, algérienne n’étaient pas du tout identiques. Le voile est un joker, on lui donne le sens qu’on veut ; c’est aussi ce qui explique sa perpétuation.

 

Vous consacrez un chapitre passionnant à la complexité du voile, « une coutume immémoriale ou une surdétermination identitaire face à la menace de l’étranger – ou encore un retournement ironique au nom de la liberté et de l’identité (…) » ?

En France, le voile a une connotation identitaire : si vous l’expliquez à une Afghane qui se bat contre la burqa et qui a des problèmes pour éduquer sa fille, ou à une Pakistanaise qui constate l’accroissement du féminicide ou des crimes d’honneur, elles vous regardent comme si vous arriviez de la planète Mars…

 

Vous mettez en rapport désert et virilité. Pourquoi ?

Le désert est essentiellement rareté. Lawrence d’Arabie a eu une formule terrible : c’est « la mort vivante ». L’homme est perpétuellement sous la menace de la Nature. Pour révoquer l’idée de survie, le Bédouin, l’homme du désert, va développer une économie de la dépense. Puisqu’il ne veut pas être comme l’animal dans la seule logique de survie, il est dans l’excès. Et cet excès farouche se manifeste dans la bravoure au combat et de manière somptuaire dans l’hospitalité – des valeurs que l’islam gardera en leur donnant un sens nouveau. La virilité est née d’un parallélisme avec le désert, de la volonté de l’homme de s’élever à hauteur de cette Nature exorbitante, par lui même, sans Dieu, par la voie de son ethos, de ses mœurs et du langage qui les glorifie. D’où tant de poèmes et de récits hallucinés, une mythologie à laquelle on se réfère encore sans le savoir.

Au VIIe siècle, avec la révélation faite à Mahomet, va naître l’islam. En 630, à la tête d’une armée, le Prophète conquiert La Mecque qu’il avait dû fuir en 622 (l’Hégire) et il convertit à l’islam les tribus d’Arabie dont il devient le chef à la fois religieux, politique et militaire. Les Bédouins vont sortir du désert – une sortie physique et symbolique – et, en moins d’un siècle, les premiers califes conquièrent le monde. Inscrit dans l’inconscient collectif, cet âge d’or est d’autant plus célébré que les sociétés se vivent comme déchues. La conquête représente l’expression de la virilité archaïque du désert.

 

Vous évoquez la différence, mais aussi l’imbrication entre deux concepts au cœur de votre livre : la masculinité et la virilité…

L’islam et la Cité vont offrir un autre voie que la virilité, celle du masculin qui s’élève contre l’excès, contient la violence par la fraternité, et sublime l’honneur en le haussant jusqu’à la chevalerie. L’islam donne aux masculinités une éthique qui interdit le meurtre, invite à la tempérance et institue une communauté. L’hybris (la démesure), la dépense et la violence sont contrariés par l’idée de juste milieu, par la mesure, la modestie, la décence, constitutives de ce que je désigne comme masculin. Et ce masculin est appuyé par la prééminence de la communauté sur l’individu. La communauté qui est conservatrice (elle se fonde sur le consensus) établit une masculinité vertueuse et apaisée. Mais les normes pondératrices de l’islam ne pourront entièrement contenir les débordements des conquérants et des despotes qu’ils soient petits (domestiques) ou grands (à la tête de l’État). Il y aura toujours coexistence et balancement du viril et du masculin. La norme viriliste ne cessera de hanter l’islam, en particulier à travers la coutume.

 

Cependant, avant la tragique dérive de l’islamisme, tout ne se passait pas si mal dans la société et dans l’intimité… La virilité fait-elle de tels ravages ?

Il existait un certain équilibre autour des valeurs patriarcales fondées sur les prescriptions de l’islam et sur les lois coutumières. Au fond, comme l’avait montré l’ethnologue Germaine Tillion (1907-2008), la question des femmes dans le monde musulman était alors proche de ce qui se passait dans la plupart des sociétés méditerranéennes. À partir du partage des rôles, chacun y trouvait son compte. On estimait l’homosocialité (la non-mixité) normale : que les femmes soient à la maison, qu’elles remplissent leur rôle de mère et d’épouse et s’accomplissent ainsi, et que les hommes puissent avoir les deux sphères : le public et le privé. Plus les femmes étaient riches, plus elles vivaient cloîtrées. Mais elles avaient leur vie propre, un entre-soi agrémenté par l’art de vivre qu’elles avaient su tisser. Et elles gagnaient du pouvoir en devenant mères, c’est-à-dire en accédant à l’unicité : contrairement à l’épouse dans certaines sociétés polygamiques, la mère sera toujours l’Unique pour ses fils. Consciemment ou inconsciemment, pour asseoir ce pouvoir d’influence, elle s’attache ses garçons, les éduque et les « revirilise » en permanence. C’est auprès d’elle surtout que l’homme trouve réconfort et soutien. On aime également rappeler que les mères des sultans ottomans, par exemple, avaient des droits et des revenus importants ; elles ne régnaient pas seulement sur le harem impérial, elles fondaient des monuments, elles assistaient derrière le voile aux réunions du gouvernement… Le problème se pose de manière beaucoup plus aiguë avec l’arrivée de la modernité.

 

Pourquoi ?

Parce qu’en principe, la modernité politique ne reconnaît pas ces valeurs patriarcales. Elle met à mal le pacte implicite selon lequel l’homme est dominant / protecteur. Il est contraint par la loi musulmane de subvenir aux besoins de la femme et doit répondre de son éducation morale et religieuse. Cette prise en charge matérielle et spirituelle justifierait son pouvoir. Tout se complique quand les femmes sortent de la maison, qu’elles accèdent à l’éducation, au travail, à la contraception, etc. Mais la question du dehors-dedans est restée fondamentale. Chez soi, on fait ce que l’on veut, et on n’a de comptes à rendre qu’à Dieu, à sa conscience. Et les rapports entre les sexes y sont négociés individuellement, de manière empirique.

La virilité est par définition extravertie. Mieux, elle est ostentatoire, elle doit être reconnue comme telle par autrui, par opposition au masculin qui renvoie au for intérieur, à l’intime. À l’extérieur, l’homme doit montrer qu’il est le maître et veiller à la réputation de sa femme, sa fille ou sa sœur. Traditionnellement, la femme n’a accès au monde que voilée, protégée, c’est-à-dire contrôlée. Elle doit donner l’image d’une femme raisonnable qui, comme le disent les mollahs, «reste à sa place». À l’intérieur, elle a peu de droits, mais elle s’appuie sur l’attachement sexuel et affectif, sur l’éducation des enfants, et elle est supposée gardienne des traditions (morales, culturelles, esthétiques…). Elle conquiert son territoire. Cette séparation problématique du public et du privé, de l’apparence et de la réalité, du dire et du faire, est instituée au départ pour protéger la communauté. Avec la modernité, ces arrangements ne marchent pas.

 

Selon vous, ce principe de virilité serait au fondement du despotisme politique et social.

D’un côté, l’homme est élevé dans le culte de la virilité ; de l’autre, il est castré par les pouvoirs despotiques en place. Dans le cadre familial, le père commande le fils, lequel fils, pour assurer son pouvoir, va à son tour commander les plus jeunes, les cadets, la sœur, la femme. Comment voulez-vous que cet autre clivage ne produise pas de problèmes ? Et hors de la maison, l’homme du commun n’a pour ainsi dire pas de vie politique.

 

Jusqu’à cette démence meurtrière de l’islamisme ?

Comme le dit l’islamologue François Burgat, « on a les islamistes qu’on mérite ! » Si vous considérez les pouvoirs en place, ils ont tous sans exception matraqué leur population. Bien sûr, auparavant, la colonisation a humilié les hommes et fait des ravages à tous points de vue. Au moment des indépendances, on attendait des nouveaux régimes qu’ils améliorent le sort de la population. Ce n’est pas ce qui s’est passé. La désillusion et l’amertume ont été énormes, dévastatrices.

Il faut noter que tous les chefs historiques des islamistes ont fait de la prison. Ce ne sont pas des lettrés, formés dans les instituts de théologie ou les universités, mais des gens simples pour la plupart, élevés contre la colonie et ensuite contre l’État, qui ont passé des années derrière les barreaux et y ont produit un corpus théorique très pauvre. Si l’islam devient « politique », c’est pour une large part qu’il est depuis toujours le premier et le dernier recours contre l’oppression. Ce sont des hommes frustrés, enfermés dans les « passions tristes » : la haine, le ressentiment, l’humiliation, le sentiment d’échec. Pour fabriquer un ordre viriliste, quel qu’il soit, il faut au départ un état d’exception : des conditions extrêmes telles que le désert, la guerre, un régime tyrannique, la colonie, des mutations anthropologiques et culturelles brutales…

 

Pourquoi l’Occident est-il au centre de la haine islamiste ?

Les islamistes sont virilistes, et l’Occident, hégémonique, sécularise les sociétés, envahit les territoires et les esprits, émancipe les femmes, humilie les perdants.

Qu’ont les Occidentaux à proposer aux populations de ces pays, hormis globalement la consommation et le sexe ? Où sont les gauches et que font-elles ? L’avènement des islamistes traduit un double malaise, à la fois par rapport à leurs dirigeants et leurs sociétés en panne et par rapport à l’Occident. À l’homme ordinaire qui ne sait plus où il en est, qui a perdu ses repères, qui a été rabaissé par une modernisation exogène et par l’État, l’islamisme redonne fierté, autorité, dignité.

 

Vous commencez votre livre en évoquant Saddam Hussein. Existe-t-il un personnage plus emblématique de la virilité ?

Il est hallucinant, monstrueux, c’est un personnage shakespearien. Il faut rappeler ses mérites : en dix ans, il a amélioré le sort des femmes, a effacé totalement l’analphabétisme, a aménagé Bagdad qui était dans un état pitoyable. Mais sa virilité l’a amené à être le premier importateur d’armements au monde et à se lancer dans une guerre absurde contre l’Iran : un million de morts pour un motif ridicule. Il pensait faire une guerre éclair à l’israélienne ! « Je serai à Téhéran dans huit jours ! » La guerre a duré huit ans. Tout ce qu’il avait investi d’un côté, il l’a détruit de l’autre. Puis il y eut deux autres guerres, dont la première en particulier qui, avec l’invasion du Koweït, fut motivée par son hybris, son orgueil narcissique de macho. Il a été une calamité pour son peuple. Aujourd’hui encore, l’Irak paie le prix d’une folie viriliste.

 

Pas une folie tout court, une folie viriliste ?

C’est ce qui l’anime jusqu’au bout. Souvenez-vous quand il est pendu. Tandis que les bourreaux l’injurient et chantent le nom de leur champion chiite, il dit : « C’est ça pour vous la virilité ? » et il affronte, fait littéralement face ; on lui met la corde au cou et il refuse la cagoule qu’on lui présente. Avant, il y a deux scènes étonnantes : celle où il est déguisé en clochard, où on va le déloger de sa tanière et lui inspecter les dents comme une bête ; puis la scène du procès où, rasé et élégant, il fait face là encore, en voulant sauver l’honneur, rester le chef, le vainqueur… C’est ce qui m’a donné envie de faire ce livre et c’est ainsi qu’il commence. Je me suis demandé : c’est quoi cette histoire ? Comment en arrive-t-on là ? Saddam Hussein ne s’est pas appuyé sur l’islam – c’est un nationaliste arabe. Tous les nationalismes sont virilistes : une nation, même démocratique, c’est toujours une force face à une autre force. Mais la mémoire de l’islam joue aussi sa part.

 

Comment sortir de cette prégnance de la virilité, particulièrement lourde dans l’islam, même si elle existe ailleurs ? Vous évoquez longuement la figure du Prophète à la fois viril, masculin et féminin…

Une partie de son âme est féminine. Le culte de la vierge Marie existe en islam, et dans la légende, Mahomet est comme une page blanche, une page vierge ensemencée par la parole de Dieu que convie l’ange Gabriel. Quand il reçoit la Révélation, il est dans une posture de pur abandon et de félicité, mais aussi de crainte. Lorsqu’il est pris de tremblements, transporté comme un chamane par ce qui lui arrive, il a peur. Peur d’être possédé par un djinn, une force maléfique. C’est alors que son épouse Khadidja, la première des convertis de l’islam, le protège, l’entoure de ses bras ou de son voile, et lui dit : « C’est l’ange ! ». Elle le rassure, lui donne quelque chose d’essentiel : la confiance, soit étymologiquement la foi en quelque chose ou en quelqu’un. C’est donc une femme qui va soutenir le Prophète et cela est rarement dit, sauf par les mystiques.

 

Le Prophète est donc porteur d’une certaine douceur…

Les mystiques disent : « Dieu est doux et il aime la douceur en toute chose. » Autrement dit, Dieu n’aime pas la force, le pouvoir, l’excès ; et c’est la douceur qui constitue la vraie puissance. L’accueil du féminin peut contribuer à dissoudre l’injonction viriliste, à faire que le masculin s’enrichisse loin du bruit et des turbulences surmâles, et que l’homme se libère du fardeau qu’il s’est imposé à lui-même.

 

Concrètement, cela peut se traduire de quelle manière ?

C’est à chaque fois le retour au politique qui s’impose. Il faut développer un minimum de maturité dès la petite école pour sortir de l’infantilisme viril. Il y a une action pédagogique à conduire de toute urgence pour briser le cercle infernal où d’un côté la mère pousse en avant son fils – un demi-dieu à ses yeux – et où de l’autre, le père l’enfonce. Où sont partout disséminés des rapports de pouvoir. Je caricature, évidemment, mais ce sont ces logiques qu’on voit à l’œuvre.

Les femmes sont la clé : il est plus facile d’agir positivement, de s’appuyer sur un désir de liberté que de contraindre un genre aussi enraciné. Si on émancipe les femmes, elles ouvrent la maison au monde, et n’ont plus besoin de pousser et de reviriliser leurs fils. Et les hommes ne doivent plus se montrer à tout prix comme des maîtres. Si on va dans le sens de la liberté des femmes, on avance dans l’émancipation générale. Car le viril ordinaire ne rabaisse pas seulement les femmes ; pour s’affirmer, il rabat tout ce qui n’est pas lui et qu’il considère comme « efféminé » : l’esclave autrefois, l’intellectuel, l’artiste, les minorités sexuelle, ethnique et religieuse, le juif en particulier, l’étranger… À partir du moment où on éduque les peuples dans un sens non despotique, on en finit avec la logique selon laquelle l’homme doit retrouver sa virilité chez lui parce qu’il est opprimé au dehors. Si on donne de l’espace au masculin, on l’amène à la citoyenneté, à une responsabilité citoyenne. Et tout le monde respire. C’est assez simple en théorie, mais très compliqué à mettre en œuvre.

 

L’émancipation démocratique ne se décrète pas !

Elle se conquiert. On n’est pas très inspiré en ce moment, il n’y a pas de modèle adéquat. Et les islamistes sont d’une grande habileté politique : ils ne font pas seulement de la pédagogie on line et dans leurs mosquées, ils prennent les gens en charge, ils leur donnent une sécurité psychique et matérielle, et ils vont partout.

 

Selon vous, la montée de l’islamisme exprime plus un regain de virilisme qu’un réveil de la foi.

On ne le dit pas, mais on le pense tout bas. C’est flagrant, les seuls projets politiques de ces populistes sont l’assujettissement des femmes et le djihad. Je me suis dit : on traite toujours des opprimés. Il ne s’agit pas que des femmes, il y a les fils aussi, tout ce qu’ils subissent avant de s’affranchir du père ou du frère aîné, et les minorités en général. Le temps est venu de s’intéresser aux maîtres, aux despotes politiques et familiaux …

 

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SOURCE : LE MONDE DES RELIGIONS

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08/02/2019

Le Sénat de New York adopte un projet de loi permettant l’avortement jusqu’à la naissance

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Le Sénat de New York a adopté mardi un projet de loi qui autoriserait l’avortement jusqu’au dernier jour du terme.

Aujourd’hui, les avortements tardifs sont illégaux à New York. Si ce projet de loi aboutissait, ils seraient désormais autorisés et les non-médecins seraient autorisés à les pratiquer. Cette mesure serait la concrétisation de l’engagement du gouverneur Andrew Cuomo, accompagné de Hillary Clinton, relayé par le NY Times, qui s’était engagé dès le lundi 07 janvier à protéger et à étendre les lois sur l’avortement de l’État dans les 30 premiers jours de la nouvelle session législative.

Selon Metro USA, le projet de loi stipule que les habitants de New York auront ​​le droit de demander un avortement dans les 24 semaines suivant le début de leur grossesse, ou à tout moment si la grossesse n’est pas viable ou si existe un risque pour la santé.

Mais selon New York Right to Life, l’exception pour cause de « santé » après les 24 semaines est décrite de manière particulièrement floue. Cette clause autoriserait les femmes à avorter les bébés à naître jusqu’à l’âge de neuf mois de grossesse pour « des facteurs d’âge, économiques, sociaux et émotionnels, plutôt que la définition biologique de ‘santé’ qui vient normalement à l’esprit ».

L’organisation a publié un mémo d’opposition au projet de « Reproductive Health Act » (RHA), dénonçant les nouvelles mesures en 5 points :

  • RHA établirait l’avortement comme un droit fondamental à NY
  • RHA autoriserait l’avortement jusqu’au jour du terme
  • RHA autoriserait n’importe quel soignant à pratiquer un avortement
  • RHA limiterait les protections des femmes et des enfants à naître des avortements illégaux
  • RHA abrogerait la protection médicale standard des mères et des enfants

Un autre risque serait donc qu’une famille abusive ou un praticien malhonnête par exemple, ne soit plus jugé pour avoir tué illégalement un bébé contre la volonté de la mère. Le Catholic News Service rapporte une histoire pour illustrer le problème :

« Début décembre, un résident du comté de Saratoga a été arrêtée pour avoir frappé l’estomac d’une femme enceinte de 26 semaines dans le but de provoquer une fausse couche. L’homme a été accusé d’avortement au deuxième degré, mais sous le régime de la RHA, l’attaquant n’aurait pas été accusé de crime. »

À l’annonce de la validation du projet de loi, Karen DeWitt, une journaliste de la radio publique raconte avoir entendu une voix dans l’assemblée s’écrier.

« Que le Dieu tout-puissant aie pitié de cet État. »

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SOURCE : Info Chrétienne

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07/02/2019

Répliques : Le mystère Houellebecq

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Emission du 2 Février 2019... Que signifie être houellebecquien ? Alain Finkielkraut s'entoure d'Agathe Novak-Lechevalier et Frédéric Beigbeder pour l'éclairer.

 

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06/02/2019

Répliques : Demeurer ou partir

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Emission du 24/11/2018... Alain Finkielkraut recevait François-Xavier Bellamy et Sylvain Tesson

 

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05/02/2019

Michèle Tribalat : « Débattre de l'immigration c'est bien, se donner les moyens d'agir c'est mieux ! »

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FIGAROVOX/ENTRETIEN - Un grand débat sur l'immigration ? Michèle Tribalat reste sceptique : elle rappelle que l'État a les mains liées, notamment par ses engagements internationaux et l'interprétation qu'en font les juges français. La démographe pointe aussi les difficultés à mesurer avec précision l'immigration.

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Michèle Tribalat a mené des recherches sur les questions de l'immigration en France, entendue au sens large, et aux problèmes liés à l'intégration et à l'assimilation des immigrés et de leurs enfants. Elle est notamment l'auteur de Statistiques ethniques, une querelle bien française (éd. L'Artilleur, 2016).

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FIGAROVOX.- L'immigration sera finalement bel et bien au menu du «grand débat» proposé par Emmanuel Macron. Cette perspective vous réjouit-elle? Qu'attendez-vous d'un débat sur ce sujet ?

Michèle TRIBALAT.- L'appellation «grand débat» me gêne. En fait, il s'agit soit d'une manière pour l'État de faire baisser la température et tenter de changer l'image d'un président jugé arrogant, méprisant et ne s'intéressant guère à ce que pensent, veulent et souhaitent les Français, soit d'une consultation des Français visant à remédier à l'éloignement du pouvoir afin de recueillir leurs propositions et, éventuellement, d'en tenir compte. Mais, le mode de consultation des Français pour le Président en cours de mandat, c'est, normalement, le référendum.

Par principe, ce n'est pas à l'État d'animer la société, de lui dire quand, comment et sur quoi elle est autorisée à débattre. Les palinodies autour de «fallait-il que l'immigration soit au programme?» en disent long sur la conception qu'a l'État du débat et sur la difficulté pour lui de s'affranchir des normes antiracistes qui gendarment la manière dont on peut s'exprimer sur le sujet. Je suis pour ma part assez perplexe sur ce qui pourra en sortir, particulièrement sur la question de l'immigration.

Le Président pose en particulier la question de l'instauration de quotas, fixés par le Parlement. Est-ce souhaitable selon vous? Pourquoi ?

Quotas ou pas, ce qui est souhaitable est que la question migratoire redevienne une question politique, contrairement à ce que veulent faire croire ceux qui la décrivent comme un phénomène naturel, sur lequel nous ne pouvons pas avoir plus de prise que sur le fait de vieillir. Cette naturalisation du phénomène présente l'immigration comme une fatalité démographique qu'il serait vain et moralement condamnable de vouloir maîtriser, contre laquelle, au fond, on ne peut rien. Elle nourrit ce contre quoi elle a l'air de batailler constamment: la théorie du grand remplacement. Elle délégitime profondément le sentiment de perte ressenti à la perspective de changements démographiques présentés comme à la fois irréversibles et bénéfiques.

Nous sommes dans la situation où les politiques, même ceux qui le voudraient, sont incapables de répondre à la demande des citoyens qui veulent que l'immigration ralentisse. Il est donc périlleux de poser une question sur la maîtrise des flux sur lesquels le pouvoir exécutif n'a pratiquement aucun levier pour agir. Que fera Emmanuel Macron si l'idée de fixer un objectif annuel d'entrées recueille un assentiment massif ?

Ce qu'on attend des politiques c'est qu'ils nous expliquent comment et pourquoi ils se sont laissés dépouiller de leurs prérogatives. S'ils s'en contentent, qu'ils se justifient autrement que par des mensonges de circonstance. Ou qu'ils nous expliquent s'ils sont en mesure de recouvrer des marges de manœuvre et comment ils pourraient s'y prendre.

Nicolas Sarkozy l'avait déjà proposé en 2009, mais l'idée avait été jugée inutile et/ou inefficace… est-ce aussi votre avis ?

En 2008, la commission Mazeaud, à laquelle Brice Hortefeux, avait confié, notamment, la mission de réfléchir à la possibilité d'introduire des quotas, avait jugé ceux-ci impossibles à mettre en œuvre et sans intérêt. Mon avis est que, politiquement, il serait normal de répondre à la demande des électeurs de ralentir les flux, mais que l'exécutif, en l'état, n'en a tout simplement pas les moyens, le pouvoir législatif étant considérablement réduit par l'action des juges. La France est liée par ses engagements européens et ligotée par la place démesurée qu'ont pris les juges dans l'interprétation de ces engagements ou du droit interne.

La question se pose aussi de la compatibilité avec nos principes constitutionnels et nos engagements internationaux…

Je ne suis pas juriste, mais il ne me semble pas que les Cours nationales (Conseil constitutionnel, Conseil d'État et Cour de Cassation) soient tellement en retard aujourd'hui sur les Cours internationales auxquelles nos décisions politiques sont soumises, qu'il s'agisse de la Cour de justice européenne chargée d'interpréter la législation européenne et d'en garantir l'application uniforme dans toute l'UE ou de la Cour européenne des droits de l'homme. Michel Bouleau, magistrat administratif, a publié un article dans le recueil Dalloz dont le titre dit à peu près tout: «La loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France ou les illusions du législateur».

Dans sa formulation, Emmanuel Macron laisse entendre que l'octroi d'un droit d'asile est une «obligation»: les citoyens n'ont donc aucun pouvoir de contrôle sur le droit d'asile ? Auriez-vous souhaité que la question du regroupement familial soit également posée ?

Mais les citoyens n'ont aucun pouvoir de contrôle sur la quasi-totalité des flux migratoires, pas seulement l'asile. L'asile a été complètement dévoyé, à la fois par son extension et par le fait qu'il est devenu la filière par excellence d'entrée illégale en Europe. Les déboutés du droit d'asile n'étant que rarement renvoyés dans leur pays, mettre un pied en Europe donne à peu près la garantie de pouvoir y rester. En vertu de l'article 19 de la charte des droits fondamentaux de l'UE, nul ne peut être expulsé ou extradé vers un État où il existe un risque sérieux qu'il soit soumis à la peine de mort, à la torture ou à d'autres peines ou traitements dégradants. L'immigration illégale a noyé notre système juridique, dont il serait présomptueux de dire qu'il reflète une politique migratoire. La «baisse de température» qui a suivi l'accord négocié par Merkel est-il durable ? Quelles couleuvres devrons-nous avaler pour que l'autocrate Erdogan retienne les passeurs ? Que valent les accords avec les Libyens ? Quid du ‘front' espagnol ?

Quant aux flux familiaux, qui ne se limitent pas à la procédure de regroupement familial, ils découlent de droits accordés et garantis par le droit français et le droit européen, tels qu'interprétés par les juges français et européens. Il n'est pas nécessaire d'en dire plus !

Débattre de l'immigration suppose aussi d'avoir une connaissance précise du problème: vous dites régulièrement que les flux migratoires sont difficilement prévisibles ? Souhaitez-vous également davantage d'outils pour mesurer l'importance et l'impact de l'immigration en France ?

Difficilement prévisibles, ils le sont certainement. Mais ils ne sont pas facilement mesurables non plus.

Les estimations du nombre de premiers titres de séjour délivrés en 2018 qui viennent d'être mises en ligne par le ministère de l'Intérieur ne disent pas tout. Par exemple, les demandeurs d'asile qui ont obtenu le statut de réfugié ou une protection subsidiaire entrent bien dans les statistiques diffusées, à l'occasion de l'attribution d'un titre de séjour. Mais les demandeurs d'asile déboutés n'y figurent pas. Ils y entreront au fil des ans lorsqu'ils obtiendront un titre de séjour, s'ils en obtiennent un. Les mineurs n'apparaissent pas non plus, sauf lorsqu'ils ont l'âge d'être en possession d'un titre de séjour et ne sont pas devenus Français avant leur majorité. Sans parler des mineurs non accompagnés confiés à l'aide sociale, lorsque leur minorité est confirmée. L'IGAS a dénombré, en 2017, 54 000 évaluations de minorité (dont certaines sont doublonnées) et le nombre de mineurs pris en charge par les services d'aide sociale à l'enfance à la fin 2017 était de 21 000. Les statistiques de délivrance de titres de séjour du ministère de l'Intérieur donnent donc une idée de l'évolution des flux (doublement depuis le milieu des années 1990), mais se trouvent de plus en plus déphasées par rapport à la réalité en raison de l'immigration illégale.

On a cru pouvoir compter sur les estimations faites par l'Insee à partir des enquêtes annuelles de recensement. Mais la réintroduction d'un ajustement pour tenir compte des effets des modifications du questionnaire en 2018, dont on a pris connaissance dans le bilan démographique publié il y a quelques jours, me plonge dans un abîme de perplexité. Le solde migratoire qu'il publie ne correspond pas à la définition qu'en donne l'Insee dans sa publication (entrées moins sorties du territoire). Il n'est que le résidu de l'équation démographique de l'année, une fois décompté le solde naturel. Ce résidu encaisse toutes les variations de la qualité de la collecte. Il aurait été négatif sans l'ajustement introduit par l'Insee.

Une alternative consiste à juger de l'intensité de l'immigration étrangère à partir de l'évolution du nombre d'immigrés recensés. C'est ce que je privilégie. Les données montrent que la France connaît, depuis la fin du siècle, une vague migratoire d'ampleur comparable à celle des Trente Glorieuses.

On aimerait faire aussi bien que les pays du nord de l'Europe qui disposent de registres de population, mais nous en sommes loin. Les imperfections du système statistique français et la faible transparence de l'Insee sur ses pratiques participent à la méfiance qu'ont les Français de la statistique dite «officielle».

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SOURCE : Le Figaro

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