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03/07/2014

Le progrès social

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« Le progrès social commence toujours par l’indépendance des fesses. »

Albert Cossery, Le Complot des saltimbanques

 

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Chaque homme qui meurt vit la fin du monde

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« Le pacifisme absolu conduit inévitablement à la guerre totale. »

« Avoir eu 20 ans à l'orée des années 1980, Se retourner et contempler, estomaqué, l'étendue du désastre. Se demander comment on a fait pour passer au travers. »

« Chaque homme qui meurt vit la fin du monde. »

« L'homme est un stratagème de Dieu pour tromper le Diable. »

« Une pensée qui ne provoque pas de désastres ne mérite pas d'être écrite. »

« Tout acte de création est une négation active de soi, et une affirmation absolue du monde. L'inverse exact des préceptes de l'auto-expression qui fondent l'Art moderne. »

Maurice G. Dantec, American Black Box. Le Théâtre des opérations 3 : journal métaphysique et polémique, 2002-2006

 

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Faire tous les matins ma prière à Dieu, réservoir de toute force et de toute justice

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« Je me jure à moi-même de prendre désormais les règles suivantes pour règles éternelles de ma vie :
Faire tous les matins ma prière à Dieu, réservoir de toute force et de toute justice, à mon père, à Mariette et à Poe, comme intercesseurs ; les prier de me communiquer la force nécessaire pour accomplir tous mes devoirs, et d’octroyer à ma mère une vie assez longue pour jouir de ma transformation ; travailler toute la journée, ou du moins tant que mes forces me le permettront ; me fier à Dieu, c’est-à-dire à la Justice même, pour la réussite de mes projets ; faire, tous les soirs, une nouvelle prière, pour demander à Dieu la vie et la force pour ma mère et pour moi ; faire, de tout ce que je gagnerai, quatre parts, - une pour la vie courante, une pour mes créanciers, une pour mes amis, et une pour ma mère ; - obéir aux principes de la plus stricte sobriété, dont le premier est la suppression de tous les excitants, quels qu’ils soient. »

Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu

 

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Sa vie n’est qu’une longue frustration nommée bonheur

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« Je traîne dans Paris abandonné. La femme de Ludo est rentrée, donc il ne peut plus me suivre dans la nuit scintillante. Sa vie n’est qu’une longue frustration nommée bonheur. Son existence est trop simple, la mienne trop compliquée. J’ai beau épuiser mon carnet d’adresses, envoyer des e-mails aux quatre coins de la ville, m’abaisser à rappeler tous les boudins dont seul mon Nokia avait gardé la mémoire, rien n’y fait. J’erre seul parmi les touristes avant d’échouer lamentablement dans un peep-show désinfecté à l’eau de Javel, afin de faire l’amour à un Kleenex. Et dire que Ludo est jaloux de ma liberté ! Tous mes amis se plaignent, qu’ils soient seuls ou en couple. Ludo et moi on se rejoint sur un point. Moi je dis :
- Toute femme nouvelle est préférable à la solitude.
Et lui déclare :
- Toute femme nouvelle est préférable à la mienne. »

Frédéric Beigbeder, L'égoïste romantique

 

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Châtrés

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« Devant moi, je le pressentais sans bien l'imaginer avec précision, s'étendait une vie où je ne vivrais vraiment qu’un jour sur sept, comme tous les gens des villes et des usines, le jour de la grande promenade des petits citadins châtrés. »

Henri Vincenot, La billebaude

 

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Nulle autre femme ne peut pénétrer sur son domaine enchanté

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« Hélas ! le peuple monastique du mont Athos s’amenuise. Quelques dizaines de moines vieillissants arrivent avec peine à entretenir les vastes monastères où ils furent des milliers. Les Russes, les Bulgares, les Roumains ne peuvent plus venir vivre dans cet asile de paix et les jeunes Grecs sont peu enclins à la vie contemplative. Une cause du déclin est peut-être le puritanisme moderne. Il est devenu difficile pour les moines de partager leurs austères cellules avec d’agréables moinillons, comme ce fut la coutume, et ceci rend la vie bien aride dans ce lieu sacré où nul être de sexe féminin n’est admis. La Vierge Marie qui a succédé à Rhéa, la déesse de la montagne, est très exclusive. Nulle autre femme ne peut pénétrer sur son domaine enchanté. »

Alain Daniélou, Le chemin du labyrinthe

 

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Ils s'imaginaient qu'ils souffriraient un mal redoutable s'ils venaient à mourir

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« Et pourtant j'ai souvent vu des citoyens distingués se comporter, au cours de leur procès, de manière étrange au regard de la réputation qui était la leur, parce qu'ils s'imaginaient qu'ils souffriraient un mal redoutable s'ils venaient à mourir, comme s'ils allaient devenir immortels au cas où vous ne les condamneriez pas à mort. »

Platon, Apologie de Socrate

 

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02/07/2014

Les hommes sont des valets de chambre

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« Les hommes sont des valets de chambre... S'il y en a un qui a l'air d'un maître, il y en a d'autres qui en crèvent de vanité... mais... ceux qui ne s'inclinent devant rien sont dans les prisons ou sous terre... et la prison ou la mort pour les uns... ça veut dire la servilité pour tous les autres... »

Georges Bataille, Le Bleu du Ciel

 

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La mort n'a rien de redoutable

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« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur les choses.



Par exemple, la mort n'a rien de redoutable, car, alors, elle serait apparue telle à Socrate. Mais c'est le jugement que nous portons sur la mort, à savoir qu'elle est redoutable, c'est cela qui est redoutable dans la mort.



Donc, quand nous nous heurtons à des difficultés ou que nous éprouvons du trouble ou de la tristesse, n'en rendons jamais un autre responsable, mais nous-mêmes, c'est à dire nos jugements : c'est le fait de quelqu'un qui n'a pas encore reçu d'éducation de rendre les autres responsables du fait qu'il est malheureux ; c'est le fait de quelqu'un qui commence son éducation de s'en rendre responsable lui-même ; c'est le fait de quelqu'un qui a achevé son éducation de n'en rendre responsable ni un autre ni lui-même. »

Épictète, Manuel

 

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L'acte par lequel nous mourons est l'un de ceux dont se compose la vie

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« Qu'il te soit indifférent, quand tu accomplis ton devoir, d'avoir froid ou chaud, de somnoler ou d'avoir assez dormi, d'entendre dire du mal ou du bien de toi, de mourir ou de faire quelque autre chose. En effet, l'acte par lequel nous mourons est l'un de ceux dont se compose la vie. Il suffit donc, pour celui-là aussi, de bien disposer l'affaire présente. »

Marc Aurèle, Pensées, Livre VI, 2

 

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Elle marche devant le cheval

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« - Dans toute l’Afrique du Nord, dit Jack, les indigènes se sont immédiatement accoutumés à la civilisation américaine. Depuis que nous avons débarqué en Afrique, il est indéniable que les populations du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie ont fait de grands progrès.

- Quels progrès ? demanda, étonné, Pierre Lyautey.

- Avant le débarquement américain, dit Jack, l’Arabe allait à cheval, et sa femme le suivait à pied, derrière la queue du cheval, son enfant sur le dos et un gros paquet en équilibre sur la tête. Depuis que les Américains ont débarqué en Afrique du nord, il y a eu un profond changement. Certes, l’Arabe va toujours à cheval, et sa femme continue à l’accompagner à pied, comme par le passé, son enfant sur le dos et son fardeau sur la tête. Mais elle ne marche plus derrière la queue du cheval. Maintenant elle marche devant le cheval. A cause des mines. »

Curzio Malaparte, La peau

 

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Ces étroits cerveaux de négociants

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« Il flairait une sottise si invétérée, une telle exécration pour ses idées à lui, un tel mépris pour la littérature, pour l’art, pour tout ce qu’il adorait, implantés, ancrés dans ces étroits cerveaux de négociants, exclusivement préoccupés de filouteries et d’argent et seulement accessibles à cette basse distraction des esprits médiocres, la politique, qu’il rentrait en rage chez lui et se verrouillait avec ses livres. »

Joris-Karl Huysmansr, A Rebours

 

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Son idéal n’est en effet aucunement le sacrifice, mais la préservation de sa personne

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« La Bourgeoisie est une tentative de trouver une stabilité, une aspiration à atteindre un point d’équilibre entre les attitudes extrêmes et les oppositions innombrables qui caractérisent le comportement des hommes. (...) Le bourgeois tente de trouver une voie moyenne, modérée. Jamais il ne renoncera à lui-même, il ne s’abandonnera à l’ivresse ou à l’ascèse ; jamais il ne sera un martyr ; jamais il ne consentira à son anéantissement.
Bien au contraire. Son idéal n’est en effet aucunement le sacrifice, mais la préservation de sa personne. Il n’aspire ni à la sainteté ni à son opposé, il ne supporte pas l’absolu. »

Hermann Hesse, Le loup des steppes

 

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01/07/2014

On nous arrachait au singularisme païen, pour nous préparer aux fructueux échanges universels

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« A notre insu, lentement, courageusement, opiniâtrement, on nous arrachait au singularisme païen, pour nous préparer aux fructueux échanges universels, c’est à dire, pour pouvoir un jour, tous unis et confondus, nous servir des mêmes barèmes, des mêmes machines et devenir de bons consommateurs inconditionnels, se contentant des mêmes H.L.M. ! »

Henri Vincenot, La billebaude

 

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La plupart des hommes choisissent de ne pas choisir

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« Car Gide fut très différent de l’image que beaucoup se faisaient de lui : il fut le contraire d’un esthète, l’écrivain le plus éloigné de "l’art pour l’art", un homme engagé à fond dans une certaine lutte, dans un certain combat, il n’a pas écrit une ligne qui n’ait prétendu servir la cause à laquelle il s’était donné.

Quelle cause ? Elle s’établissait sur deux plans : le plus apparent, le plus scandaleux aux yeux du monde, tendait non pas seulement à excuser, mais à légitimer, et même à recommander un certain amour. Ce ne fut pas le pire : Gide n’a convaincu que ceux qui l’étaient déjà. Je ne crois pas qu’il ait jamais existé de bossu par persuasion. Mais cet enseignement n’était que l’application à son cas particulier d’un parti infiniment plus grave qu’il avait pris, dès sa jeunesse, de rompre avec la loi morale sous son aspect chrétien, telle que les Eglises l’ont enseignée.

L’extrême importance qu’a prise Gide dans notre vie personnelle vient de ce choix en pleine lumière qu’il fit à un moment de sa vie, choix aussi spectaculaire, si j’ose dire, que le pari de Pascal. On ne saurait avoir parié contre le christianisme avec plus de sang-froid et de raisonnement que Gide, en dépit de ses prudences, de ses repentirs, de ses brèves reprises. Ce cas est plus rare qu’on ne pourrait croire. La plupart des hommes choisissent de ne pas choisir. Très peu osent décider que le mal est le bien et que le bien est le mal. Très peu osent, pour parler comme Bossuet : "renverser ce tribunal de la conscience qui condamnait tous les crimes." Ce qu’a accompli Gide avec une tranquillité, une sérénité, une joie à faire peur. »

Roger Nimier, Les épées

 

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