Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/09/2013

Tout ce qui nous est parvenu des fêtes de Phébus et de Pan se retrouve dans les fêtes de l’Église chrétienne

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Il y a une seule chose dans le monde moderne qui se soit trouvée face à face avec le paganisme, il y a une seule chose dans le monde moderne qui ait, en ce sens, du paganisme une connaissance directe, c’est le christianisme. Ce fait est le point faible de tout ce néo-paganisme hédoniste dont j’ai parlé. Tout ce qui nous reste authentiquement des anciens hymnes ou des anciennes danses de l’Europe, tout ce qui nous est parvenu honnêtement des fêtes de Phébus et de Pan se retrouve dans les fêtes de l’Église chrétienne. Quiconque veut tenir l’extrémité de la chaîne qui remonte réellement aux mystères païens doit saisir une guirlande de fleurs à Pâques ou un chapelet de saucisses à Noël. Pour le reste, tout dans le monde moderne est d’origine chrétienne, tout, même ce qui nous paraît le plus antichrétien. La Révolution française est d’origine chrétienne. Le journal est d’origine chrétienne. Les anarchistes sont d’origine chrétienne. La science physique est d’origine chrétienne. Les attaques contre le christianisme sont d’origine chrétienne. Il y a une seule chose, une seule existant de nos jours, dont on puisse dire en toute vérité qu’elle est d’origine païenne, et c’est le christianisme. »

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

11:20 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Un monde sans contours, un monde sans relief

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« (La famille)c’est un roman parce que c’est un coup de dés. C’est un roman parce qu’il mérite toutes les critiques de ses détracteurs. C’est un roman parce qu’il est arbitraire. C’est un roman parce qu’il existe bel et bien. Tant que vous avez des hommes choisis rationnellement, vous avez une atmosphère spéciale ou sectaire. C’est quand vous avez des hommes choisis irrationnellement que vous avec des hommes (...) Etre né sur terre, c’est être né dans un milieu peu agréable. Etre né sur terre, c’est être né dans un milieu peu agréable, et dés lors être né dans un roman. De toutes ces grandes limitations et de tous ces cadres qui façonnent et créent la poésie et la variété de la vie, la famille est la plus définie et la plus importante. C’est pourquoi elle est incomprise des modernes qui s’imaginent que le roman toucherait à sa perfection dans un état absolu de ce qu’ils appellent liberté. Ils croient que si un homme faisait un geste, ce serait un geste inouï et romanesque que le soleil tombe du ciel. Mais ce qui est inouï et romanesque au sujet du soleil c’est qu’il ne tombe pas du ciel. Ils cherchent sous toutes les formes un monde où il n’y aurait pas de limitation, c’est-à-dire un monde sans contours, un monde sans relief. Il n’y a rien de plus abjecte que cette infinité. »

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/09/2013

Notre voisin...

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Nous nous faisons des amis ; nous nous faisons des ennemis ; mais c’est Dieu qui nous fait un voisin. Ainsi celui-ci nous arrive-t-il revêtu de toutes les terreurs impassibles de la nature ; il est aussi étrange que les étoiles, aussi indolent et indifférent que la pluie. Il est l’Homme, la plus terrible des bêtes. C’est pourquoi les anciennes religions, et l’ancien langage de l’Ecriture faisaient preuve d’une sagesse si clairvoyante quand ils parlaient, non pas de notre devoir envers l’humanité, mais de notre devoir envers notre prochain. Le devoir envers l’humanité peut souvent prendre la forme d’un choix personnel ou même agréable. Ce devoir peut être un passe-temps, et même une distraction (…) Nous pouvons lutter pour la paix internationale parce que nous sommes des fanatiques de la lutte. Le martyre le plus monstrueux, l’expérience la plus repoussante peuvent résulter d’un choix ou d’une espèce de goût (…) Nous pouvons aimer les nègres parce qu’ils sont noirs ou les socialistes allemands parce qu’ils sont pédants. Mais nous devons aimer notre voisin parce qu’il est là. »

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L’individu typiquement moderne

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Si nous étions demain matin bloqués par la neige dans la rue où nous habitons, nous accèderions soudain à un monde beaucoup plus vaste et beaucoup plus extravagant que celui que nous avons jamais connu. Tout l’effort de l’individu typiquement moderne consiste à s’échapper de la rue dans laquelle il vit. D’abord, il invente l’hygiène moderne et se rend à Margate. Ensuite, il invente la culture moderne et se rend à Florence. Puis il invente l’impérialisme moderne et part à Tombouctou. Il va jusqu’aux confins fantastiques de la terre. Il prétend chasser le tigre. Pour un peu, il se déplacerait à dos de chameau. Mais dans l’ensemble, il ne fait que fuir la rue où il est né, et il est toujours prêt à justifier cette fuite à sa manière. Il dit qu’il fuit sa rue parce qu’elle est triste : il ment. En réalité, il la fuit parce qu’elle est beaucoup trop passionnante. Elle est passionnante parce qu’elle est astreignante, et elle est astreignante parce qu’elle vit. Il peut visiter Venise parce que pour lui les Vénitiens ne sont que des Vénitiens, alors que les habitants de sa propre rue sont des hommes. »

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

12:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Mettre un homme à l’aise, c’est le rendre le contraire de sociable

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Quand Londres était plus petit et que ses quartiers étaient plus indépendants et attachés à une paroisse, le club était ce qu’il est encore dans les villages, le contraire de ce qu’il est devenu dans les grande villes. On appréciait alors le club comme un endroit où l’homme pouvait faire preuve de socialité. A mesure que notre civilisation s’étend et devient complexe, le club cesse d’être un endroit où un homme peut avoir une discussion bruyante, pour se transformer de plus en plus en un endroit où un homme peut, comme on le dit s’une manière assez extraordinaire, "manger un morceau en toute tranquillité". Son but est de mettre un homme à l’aise, et mettre un homme à l’aise, c’est le rendre le contraire de sociable. La sociabilité, comme le reste des bonnes choses, est pleine de désagréments, de dangers, et de sacrifices. Le club est propice à la plus décadente des combinaisons : l’anachorète voluptueux, l’homme chez qui se mêlent le sybaritisme de Lucullus et la solitude démente de Saint Siméon Stylite. »

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/09/2013

Leur étroitesse d’esprit est l’étroitesse d’une cohérence et d’une satisfaction spirituelle, comme il en existe en enfer

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Dans toutes les sociétés humaines étendues et hautement civilisées se créent des groupes fondés sur ce qu’on appelle la sympathie, qui excluent plus brusquement le monde réel que les grilles d’un monastère. Il n’y a rien de véritablement étroit dans le clan ; ce qui est vraiment étroit c’est la clique. Les hommes d’un même clan vivent ensemble parce qu’ils portent le même kilt ou descendent de la même vache sacrée ; mais dans leurs âmes, en vertu du hasard divin des choses, il y aura toujours plus de couleurs que dans n’importe quel tissu écossais. Alors que les hommes d’une même clique vivent ensemble parce qu’ils ont le même genre d’âme, et leur étroitesse d’esprit est l’étroitesse d’une cohérence et d’une satisfaction spirituelle, comme il en existe en enfer. Une grande société existe afin de former des cliques. Une grande société est une société où l’on favorise l’étroitesse. C’est un mécanisme dont le but est de prémunir l’individu solitaire et sensible contre l’expérience des transactions amères et fortifiantes de l’humanité. C’est, au sens le plus littéral, une société pour la prévention de la connaissance chrétienne de l’humanité. »

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Nous n'en faisions aucun cas

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. »

Sainte Bible, Isaïe 53,3-5

14:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

"Dieu est mort", sa résurrection dépend de notre fidélité

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Si Dieu semble avoir abandonné l'homme, si les apparences nous crient que "Dieu est mort", sa résurrection dépend de notre fidélité. A travers l'épaisseur du monde conquis par l'homme sur Dieu, j'entends l'appel silencieux, plus déchirant que tous les cris, du Père exilé de sa création : mon Fils, mon Fils pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Gustave Thibon, Aux Ailes de la lettre, pensées inédites 1932-1982

11:29 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les femmes sont étrangement simples, transparentes, pénétrables

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Les femmes sont complexes... Mais non ! Elles sont étrangement simples, transparentes, pénétrables. Nos bras, en se refermant sur elles, les contiennent toutes, un baiser leur va jusqu'à l'âme. C'est nous qui compliquons les choses avec elles, et nous appelons cela leur complexité. La soi-disant complexité des femmes réside uniquement dans l'impuissance des hommes à saisir leur simplicité. »

Gustave Thibon, Ce que Dieu a uni

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/09/2013

Le génie français est un génie facile, aisé, c’est un génie aristocratique

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« J’ai écrit, raconté très souvent les raisons qui m’ont poussé à tourner La Grande Illusion. Je voudrais ne pas me répéter, ces raisons évidemment étaient nombreuses. Il y en a une dont je n’ai peut-être jamais parlé, c’était mon désir de présenter des officiers français tels que je les avais connus lorsque j’étais dans l’armée avant et pendant 1914. Le style militaire a changé, beaucoup plus qu’on ne le croit. La façon dont un soldat, un officier se présente de nos jours n’a absolument aucun rapport avec la façon dont ce même soldat ou ce même officier se serait présenté il y a une trentaine d’années. D’ailleurs pas du tout dans le sens que l’on croit. Les gens se figurent que la tenue était plus rigoureuse, plus raide autrefois, mais c’était absolument le contraire. Il y a une espèce d’aisance qui, me semble-t-il, a disparu. Le mot, la phrase du règlement militaire sur laquelle les instructeurs militaires insistaient le plus, ce sont les mots "sans affection ni raideur". On le voit par exemple dans la façon dont on présente les armes. Qu’est-ce que ça signifie : "Présentez, armes !" ? Eh bien, ça veut dire qu’on présente son fusil ou sa carabine à un officier ou à un supérieur pour qu’il puisse voir s’il y a de la poussière dedans. Et s’il y a de la poussière, il vous flanque huit jours de prison. Voilà exactement ce que ça signifie, "Présentez, armes !" Et c’est devenu une espèce de symbole raidi et à mon avis ça n’a pas de sens. Ça correspond probablement à des idées extrêmement profondes, mais à mon avis celles-ci ne correspondent pas au génie français. Le génie français est un génie facile, aisé, c’est un génie aristocratique. Or cette nouvelle façon raide de se tenir, à mon avis, est plus plébéienne qu’aristocratique. »

Jean Renoir, Entretiens et propos

22:05 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L'attitude humanitaire est donc nécessairement le fait d'un hypocrite

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Parce que Kipling s'identifie à la classe des officiels, il possède une chose qui fait presque toujours défaut aux esprits "éclairés" - et c'est le sens de la responsabilité. Les bourgeois de gauche le détestent presque autant pour cela que pour sa cruauté et sa vulgarité. Tous les partis de gauche dans les pays industrialisés reposent fondamentalement sur une hypocrisie, car ils affichent de combattre quelque chose dont, en profondeur, ils ne souhaitent pas la destruction. Ils ont des objectifs internationalistes, et en même temps ils sont bien décidés à maintenir un niveau de vie qui est incompatible avec ces objectifs. Nous vivons tous de l'exploitation des coolies asiatiques, et ceux d'entre nous qui sont "éclairés" soutiennent que ces coolies devraient être libérés ; mais notre niveau de vie et donc aussi notre capacité de développer des opinions "éclairées" exigent que le pillage continue. L'attitude humanitaire est donc nécessairement le fait d'un hypocrite, et c'est parce qu'il comprenait cette vérité que Kipling possédait ce pouvoir unique de créer des expressions qui frappent.

Il serait difficile de river le clou au pacifisme niais des Anglais en moins de mots que dans la phrase : "Vous vous moquez des uniformes qui veillent sur votre sommeil !" Kipling, il est vrai, ne comprenait pas les aspects économiques des relations entre l'élite intellectuelle et les vieilles culottes de peau ; il ne voyait pas que si le planisphère est peint en rose, c'est essentiellement afin de pouvoir exploiter le coolie. Au lieu de considérer le coolie, il ne voyait que le fonctionnaire du gouvernement indien, mais même sur ce plan là, il saisissait exactement le mécanisme des relations : qui protège qui. Il percevait clairement que, si certains peuvent être hautement civilisés, c'est seulement parce que d'autres, qui sont inévitablement moins civilisés, sont là pour les défendre et les nourrir. »

Georges Orwell, "Rudyard Kipling - Essai", in Œuvres complètes

 

Amis anglophones, voyez : ICI

10:34 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Le gouvernement légal

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

Lors de la victoire aux élections Législatives du Cartel des Gauches, en 1924, le Maréchal Hubert Lyautey fut tenté par le coup d'état. Ce témoignage montre que sa visite à ses pairs afin de recevoir leur soutien moral pour l'action qu'il envisageait ne trouva pas l'approbation du... Maréchal Pétain qui, glacial, ne se réclamait que du pays légal.

Intéressant quant à la psychologie de celui qui allait collaborer pleinement avec l'occupant allemand seize ans plus tard en recevant les pleins pouvoirs par 569 parlementaires républicains, 80 ayant voté contre !

Car Pétain s'est toujours appuyé sur la légalité alors que la résistance s'est, d'entrée, retrouvée hors-la-loi et vue qualifiée de "terroriste".

« Dès l’avènement au pouvoir, en 1924, du Cartel des gauches, le maréchal Lyautey fut convaincu que le sort de son pays allait se jouer dans un avenir prochain et que l’heure était venue de changer la politique de la France. Cette conviction était non seulement partagée par son entourage, mais se traduisait dans de nombreuses lettres arrivant de France, notamment des milieux militaires, faisant appel au patriotisme du "gouverneur" et à son prestige pour tenter de redresser la situation par des moyens qui restaient à déterminer.

Emu par tous ces appels, le maréchal Lyautey mit à profit sa cure habituelle à Vichy pour venir prendre contact avec ses pairs. Bien décidé à agir, mais cependant ne voulant rien entreprendre sans avoir au préalable l’approbation et l’appui des grands chefs de l’armée. Dès son arrivée en France, sa première visite fut pour le maréchal Foch qu’il mit au courant de ses intentions. Non seulement celui-ci l’approuva, mais lui offrit son concours le plus complet. Lyautey répondit : "Je ne vous demande que votre approbation et le soutien de vos amis, car je puis échouer et il importe que votre prestige reste intact. Vous n’êtes pas seulement maréchal de France interallié. Vous êtes pour le pays une force en réserve dont je n’ai pas le droit d’user."
Le maréchal Foch s’inclina et promit son plus absolu concours dans le domaine où on le cantonnait.

La seconde visite fut pour le maréchal Franchet d’Esperey qui, adoptant immédiatement les idées de son interlocuteur, entendait jouer un rôle actif, dût-il être secondaire. Le maréchal Lyautey eut toutes les peines du monde à contraindre le maréchal Franchet d’Esperey à n’apporter qu’un appui moral, toujours pour ne pas compromettre les grands chefs de l’armée en cas d’échec.

La troisième visite fut pour le maréchal Fayolle qui, non seulement approuva les initiatives envisagées, mais assura son interlocuteur d’une sympathie qu’il ne pourrait mieux traduire qu’en intervenant auprès de ses amis dans le sens demandé.

La quatrième et dernière visite fut pour le maréchal Pétain. A l’exposé du "gouverneur", le vainqueur de Verdun opposa le mutisme le plus complet. Devant cette attitude, le maréchal Lyautey reprit toute son argumentation avec une énergie croissante mais le visage de son interlocuteur restait marmoréen. Vous me désapprouvez, trancha tout à coup le visiteur qui commençait à s’agacer de cette attitude. Parfaitement, répliqua le maréchal Pétain, rompant le silence pour la première fois. Dans une atmosphère de plus en plus tendue, le dialogue, enfin engagé, se poursuit : "Si demain je tentais de renverser le gouvernement avec l’approbation de l’armée et que Herriot fasse appel à vous, que faites-vous ?
- J’apporte mon concours à Herriot qui représente le gouvernement légal." »

Raymond Tournoux, Pétain et la France

---------------------

* Ce témoignage est extrait de la revue Histoire de notre temps (n°1. Plon). Il émane de M. Pierre Serment, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen.

---------------------

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/09/2013

Le Principe...

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connaisseurs ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être-même. Une tradition, venue, montée du profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales. »

Charles Péguy, L'Argent

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L’assouvissement des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« C’est notamment aux sommets de la société bourgeoise que l’assouvissement des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées se déchaînait et entrait à chaque instant en conflit avec les lois bourgeoises elle-mêmes, car c’est là où la jouissance devient crapuleuse, là où l’or, la boue et le sang s’entremêlent, que tout naturellement la richesse provenant du jeu cherche sa satisfaction. L’aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n’est pas autre chose que la résurrection du lumpen prolétariat dans les sommets de la société bourgeoise. »

Karl Marx, Les luttes des classes en France

13:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Le fascisme isolé est sûrement un poison. Mais une certaine dose de fascisme circule dans toute société qui se porte bien...

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Tenez, encore un qui, tout sincèrement démocrate qu’il est, a été remué par certains accents du fascisme, ceux qui correspondent d’ailleurs à une vérité humaine : fatigue du bavardage, de la discorde professionnelle, besoin de créer, de construire, désir d’être un chef, petit ou grand, mais qui a une tâche devant lui, et derrière lui une équipe solide. Vous savez, Jerphanion, le vieux syndicaliste que je suis, tout en condamnant le fascisme comme un énorme péril international, n’a jamais pu s’empêcher de reconnaître que certaines réactions fascistes sont normales et salubres. Le fascisme isolé est sûrement un poison. Mais une certaine dose de fascisme circule dans toute société qui se porte bien... Oui, mais essayez de dire cela à la tribune, ou même dans un journal de gauche ! On croira que vous êtes passé à l’ennemi, ce qui est exactement le contraire de la vérité. Ce n’est pas passer à l’ennemi que de lui chiper ce qu’il peut avoir de bien pour en faire profiter la bonne cause... Mais je m’égare. »

Jules Romains, Les Hommes de bonne volonté

11:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (6) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook