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08/10/2013

En littérature je préconise un fanatisme, un nazisme, un fascisme absolu et excessif !

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« En littérature je préconise un fanatisme, un nazisme, un fascisme absolu et excessif ! Toute Littérature est de droite. Toute poésie est profondément fasciste. Si dans la rue, la civilisation nous pousse à pratiquer une politique de gauche, dans la créativité, il n’est d’autre solution que d’être d’extrême-droite. De gauche dans le quotidien et de droite sur le papier. Un créateur ne peut travailler dans la justice. L’Égalité, la Liberté, la Fraternité, il connaît pas. J’estime que tout artiste est fasciste. C’est trop facile à démontrer. C’est l’exigence intime. Le fascisme est la seule issue pour un artiste. 
C’est un humanisme mal digéré qui fait que les gens se croient plus à gauche qu’ils ne le sont réellement. Viscéralement, tout le monde est à droite. L’instinct est de droite. C’est le coeur qui est à gauche. Mais ce ne sont ni mes antécédents ni vraiment ma personnalité qui me font passer pour un fasciste, ce sont mes lectures ! Alors là, on n’a pas fini de m’accuser ! J’irai jusqu’à dire qu’un grand écrivain socio-communiste, ça n’existe pas. Mes admirations plongent plutôt dans les anarchistes (puisque tout écrivain qui se respecte a poussé sur un fumier plus ou moins haut l’anarchie) dont le fascisme est le plus explicite. Encore faudrait-il me prouver qu’il s’agit bien là d’homme de droite !

Si Céline est de droite, alors oui tous les génies littéraires sont de droite. Je prends n’importe qui au poteau ! Qui à gauche alors ? Aragon ? Breton ? Eluard ? Laissez-moi chier ! À "droite" on tape n’importe où, la littérature gicle à grand pus : Bloy, Morand, Pound, Roussel, Nimier, Proust, Drumont, Daudet, Barbey… C’est ça votre charrette ? C’est la Terreur de la Convention ! »

Marc-Edouard Nabe, Au Régal des Vermines

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Je cherche à former des groupes, à faire naître des rêves dans l’âme des garçons

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« Je fais la connaissance de Jean-Louis Foncine, à qui je dis d’emblée mon admiration pour "Le relais de la Chance au Roy". Nous parlons de cette nostalgie d’une chevalerie adolescente qui joue un si grand rôle dans ses livres. - Je lutte de toutes mes forces contre la termitière, me dit-il, et comme je crois qu’un groupe peut lui résister plus efficacement qu’un homme seul, je cherche à former des groupes, à faire naître des rêves dans l’âme des garçons. C’est pourquoi j’emploie souvent un langage fasciste. Le malheur du fascisme est d’avoir été dans les mains de primaires et de fous qui l’ont discrédité. »

Gabriel Matzneff, Cette camisole de flammes

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L’homme prend sa vie dans la tradition et la société

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« L’individualité absolue a été la croyance de la plupart des philosophes du XVIIIe siècle. C’était un axiome en métaphysique , qu’il n’existait que des individus, et que tous les prétendus être collectifs ou universaux, tels que société, patrie, humanité, etc., n‘étaient que des abstractions de notre esprit. Ces philosophes étaient dans une grande erreur. Ils ne comprenaient pas ce qui n’est point tangible par les sens ; ils ne comprenaient pas l’invisible. Parce ce que après qu’un certain temps s’est écoulé, la mère se sépare du fruit qu’elle portait dans ses entrailles, et que la mère et son enfant forment alors deux êtres distincts et séparés, nierez-vous le rapport qui existe entre eux; nierez-vous ce que la nature vous montre même par le témoignage de vois sens, à savoir que cette mère et cet enfant sont l’un sans l’autre des êtres incomplets, malades, et menacés de mort, et que le besoin mutuel, aussi bien que l’amour, en fait un être composé de deux êtres? Il en est de même de la société et de l’humanité. Loin d’être indépendant de toute société et de toute tradition, l’homme prend sa vie dans la tradition et la société. Il ne vit que parce qu’il est à la fois dans un certain présent et dans un certain passé. »

Pierre Leroux, A la source perdue du socialisme français

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07/10/2013

Quant à moi, il m’est impossible de vivre avec quelqu’un...

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« (...) Il faut que tu découvres quelque chose pour te rendre indépendante à Paris. Quant à moi, il m’est impossible de vivre avec quelqu’un - Je ne veux pas te traîner pleurarde et miséreuse derrière moi, tu m’ennuies, voilà tout - ne te raccroche pas à moi. J’aimerais mieux me tuer que de vivre avec toi en continuité - cela sache-le bien et ne m’ennuie plus jamais avec l’attachement, la tendresse - mais bien plutôt arrange ta vie comme tu l’entends. J’ai envie d’être seul, seul, seul, ni dominé, ni en tutelle, ni aimé, libre. Je déteste le mariage, je l’abhorre, je le crache ; il me fait l’impression d’une prison où je crève. (...) »

Louis Ferdinand Céline, Lettre de rupture à sa femme Edith

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Pour supporter Paris, il faut rester enfermé dans sa chambre

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« Grande fureur de Montherlant, au restaurant, parce que le garçon tarde à apporter les frites. Saisi d’indignation, il s’écrie à plusieurs reprises : “J’en ai assez de la France!” Moi qui, débarqué directement de la caserne, suis en uniforme, je me sens un peu empêtré. Montherlant me déroule alors une longue période sur la passion française du travail mal fait, sur le je-m’en-foutisme français : la couronne d’or, posée par un de nos plus fameux dentistes qui ne tient pas deux mois, le vaporisateur qui ne vaporise pas, le stylo qui n’écrit pas… Et d’ajouter :”La vie de garnison qui est vôtre n’est certes pas agréable, mais croyez-vous que la vie à Paris le soit ? Pour la supporter, il faut rester enfermé dans sa chambre. Dès que je sors dans la rue, tout me blesse et me heurte.” »

Gabriel Matzneff, Cette camisole de flammes

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Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu

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« A mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé.
L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente, avec ses phénomènes. Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques.
Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu, ni l’éclair de son projectile vengeur. La rivière n’abrite plus d’esprits, l’arbre n’est plus le principe de vie d’un homme, et les cavernes ne sont pas habitées par des démons. Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent plus à l’homme et l’homme ne s’adresse plus à eux en croyant qu’ils peuvent l’entendre. Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective profonde qu’engendraient ses relations symboliques. »

Carl Gustav Jung, L’homme et ses symboles

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06/10/2013

Machines monstrueuses

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« Notre intellect a créé un nouveau monde fondé sur la domination de la nature, et l’a peuplé de machines monstrueuses. Ces machines sont si indubitablement utiles que nous ne voyons pas la possibilité de nous en débarrasser, ni d’échapper à la sujétion qu’elles nous imposent.
L’homme ne peut s’empêcher de suivre les sollicitations aventureuses de son esprit scientifique et inventif, et de se féliciter pour l’ampleur de ses conquêtes. Cependant, son génie montre une tendance inquiétante à inventer des choses de plus en plus dangereuses qui constituent des instruments toujours plus efficaces de suicide collectif. »

Carl Gustav Jung, L’homme et ses symboles

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Un curieux mélange de caractères acquis au long d’une évolution mentale millénaire

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« Il est essentiel de le comprendre : l’homme moderne est en fait un curieux mélange de caractères acquis au long d’une évolution mentale millénaire. Et c’est de cet être mêlé de cet homme et de ses symboles qu’il nous faut nous occuper, et qu’il faut examiner la vie mentale avec la plus grande attention.
Le scepticisme et la conviction scientifique co-existent chez lui avec des préjugés démodés, des manières de penser et de sentir, dépassées, des contresens obstinés, une ignorance aveugle. »

Carl Gustav Jung, L’homme et ses symboles

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...à la merci de ce monde psychique souterrain...

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« L’homme moderne ne comprend pas à quel point son “rationalisme” (qui a détruit sa faculté de réagir à des symboles et à des idées numineux l’a mis à la merci de ce monde psychique souterrain. Il s’est libéré de la “superstition” (du moins il le croit) mais ce faisant, il a perdu ses valeurs spirituelles à un degré alarmant. Ses traditions morales et spirituelles se sont désintégrées, et il paie cet effondrement d’un désarroi et d’une dissociation qui sévissent dans le monde entier. »

Carl Gustav Jung, L’homme et ses symboles

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Les dieux et les démons ont simplement changé de nom

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« L’homme contemporain soutient sa croyance au prix d’un remarquable défaut d’introspection. Il ne voit pas que, malgré son raisonnement et son efficacité, il est toujours possédé par des “puissances” qui échappent à son contrôle.
Ses dieux et ses démons n’ont pas du tout disparu. Ils ont simplement changé de nom. Ils le tiennent en haleine par de l’inquiétude, des appréhensions vagues, des complications psychologiques, un besoin insatiable de pilules, d’alcool, de tabac, de nourriture, et surtout par un déploiement impressionnant de névroses. »

Carl Gustav Jung, L’homme et ses symboles

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05/10/2013

La publicité pour bien donner tout son effet magique, ne doit être gênée, retenue, divertie par rien...

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« Un minimum d’originalité, mais énormément de réclame et de culot. L’être, l’étron, l’objet en cause de publicité sur lequel va se déverser la propagande massive, doit être avant tout au départ, aussi lisse, aussi insignifiant, aussi nul que possible. La peinture, le battage-publicitaire se répandra sur lui d’autant mieux qu’il sera plus soigneusement dépourvu d’aspérités, de toute originalité, que toutes ses surfaces seront absolument planes. Que rien en lui, au départ, ne peut susciter l’attention et surtout la controverse. La publicité pour bien donner tout son effet magique, ne doit être gênée, retenue, divertie par rien. Elle doit pouvoir affirmer, sacrer, vociférer, mégaphoniser les pires sottises, n’importe quelle himalayesque, décervelante, tonitruante fantasmagorie… à propos d’automobiles, de stars, de brosses à dents, d’écrivains, de chanteuses légères, de ceintures herniaires, sans que personne ne tique… ne s’élève au parterre, la plus minuscule naïve objection. Il faut que le parterre demeure en tout temps parfaitement hypnotisé de connerie. »

Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre

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Oui, c’est cette communication que nous avions à opposer au monde du meurtre

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« C’est pourquoi nous avons cherché ces raisons dans notre révolte même. Et nous avons compris ainsi que nous ne luttions pas seulement pour nous, mais pour quelque chose qui était commun à tous les hommes. Nous avons compris que dans un monde privé de sens, l’homme du moins gardait un sens et plus que jamais nous ne pourrions supporter que des êtres soient torturés, des oreilles déchirées et des fils assassinés devant leur mère. Nous avons compris que puisque certains d’entre nous avaient accepté de mourir pour cette communauté par laquelle tous les hommes communiquaient entre eux, c’est qu’ils y avaient trouvé une valeur plus importante que leur existence personnelle et, par conséquent, sinon une vérité, du moins une règle de conduite. Oui, c’est cette communication que nous avions à opposer au monde du meurtre. Et c’est elle que nous devions maintenir pour nous défendre du meurtre. »

« L’histoire des hommes est l’histoire de leurs erreurs et non de leur vérité. La vérité est probablement comme le bonheur, elle est toute simple et elle n’a pas d’histoire. »

Albert Camus, La Crise de l’Homme

Texte original de la conférence donnée par Albert Camus au McMillin Theater de l’université de Columbia (New-York) le 28 mars 1946 : La crise de l’homme.PDF

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Empêcher que le monde ne se défasse

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« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. »

Albert Camus, Discours de Stockholm lors du prix Nobel, 1957

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Ce qui fait le prix du voyage, c'est la peur

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« Ce qui fait le prix du voyage, c'est la peur. C'est qu'à un certain moment, si loin de notre pays, de notre langue (un journal français devient d'un prix inestimable. Et ces heures du soir dans les cafés où l'on cherche à toucher du coude d'autres hommes), une vague peur nous saisit, et un désir instinctif de regagner l'abri des vieilles habitudes. C'est le plus clair apport du voyage. À ce moment-là, nous sommes fébriles mais poreux. Le moindre choc nous ébranle jusqu'au fond de l'être. Qu'une cascade de lumière se rencontre, l'éternité est là. C'est pourquoi il ne faut pas dire qu'on voyage pour son plaisir. Il n'y a pas de plaisir à voyager. J'y verrais plutôt une ascèse. C'est pour sa culture qu'on voyage si l'on entend par culture l'exercice de notre sens le plus intime qui est celui de l'éternité. Le plaisir nous écarte de nous-mêmes comme le divertissement de Pascal éloigne de Dieu. Le voyage, qui est comme une plus grande et plus grave science, nous y ramène. »

Albert Camus, Carnets I ; janvier 1936

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04/10/2013

Or, à bien y réfléchir, je n'étais pas dans un arbre sec

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« J'ai souvent pensé alors que si l'on m'avait fait vivre dans un tronc d'arbre sec, sans autre occupation que de regarder la fleur du ciel au dessus de ma tête, je m'y serais peu à peu habitué. j'aurais attendu des partages d'oiseaux ou des rencontres de nuages (...). Or, à bien y réfléchir, je n'étais pas dans un arbre sec. il y avait plus malheureux que moi. »

Albert Camus, L'étranger

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