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26/06/2013

Une société de gogos

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« La vieille dame à qui vous offrez, dans l’escalier du métro, de porter sa valise, refuse en serrant la main avec énergie sur la poignée de ladite: elle vous a pris pour un détrousseur. La jeune femme à qui vous offrez votre place dans l’autobus ne remercie jamais et s’assoit d’un air pincé: elle vous a pris pour un entreprenant. Le monsieur à qui vous offrez, sur le trottoir, un billet de cinéma qui vous est resté pour compte, parce que Gaby ne veut pas voir de films tristes, et que le cinéma ne rembourse pas, fait beaucoup d’embarras et finalement refuse: il vous a pris pour le revendeur marron d’un billet périmé qui va lui causer des ennuis. Le gosse à qui vous offrez, sur le trottoir, un billet de cirque qui vous a été donné par une oeuvre de bienfaisance, vous regarde avec trouble, pique un fard, refuse, « justement il a une course à faire »: il vous a pris pour un satyre. Bref, à tous les échelons, cette société vit sur ses gardes, contre tout et contre tous, âprement défendu par devant, mais ouverte à qui veut par derrière. Car – et c’est sans doute le plus curieux de l’histoire – cette société de défiants et aussi une société de gogos. »

Henry de Montherlant, Le fichier parisien

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25/06/2013

Sous l’Ancien Régime, les lois de l’Église garantissaient au travailleur 90 jours de repos...

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« Sous l’Ancien Régime, les lois de l’Église garantissaient au travailleur 90 jours de repos (52 dimanches et 38 jours fériés) pendant lesquels il était strictement défendu de travailler. C’était le grand crime du catholicisme, la cause principale de l’irréligion de la bourgeoisie industrielle et commerçante. Sous la Révolution, dès qu’elle fut maîtresse, elle abolit les jours fériés et remplaça la semaine de sept jours par celle de dix. Elle affranchit les ouvriers du joug de l’Église pour mieux les soumettre au joug du travail.



La haine contre les jours fériés n’apparaît que lorsque la moderne bourgeoisie industrielle et commerçante prend corps, entre les XVe et XVIe siècles. Henri IV demanda leur réduction au pape ; il refusa parce que "l’une des hérésies qui courent le jourd’hui, est touchant les fêtes" (lettre du cardinal d’Ossat). Mais, en 1666, Péréfixe, archevêque de Paris, en supprima 17 dans son diocèse. Le protestantisme, qui était la religion chrétienne, accommodée aux nouveaux besoins industriels et commerciaux de la bourgeoisie, fut moins soucieux du repos populaire ; il détrôna au ciel les saints pour abolir sur terre leurs fêtes.



La réforme religieuse et la libre pensée philosophique n’étaient que des prétextes qui permirent à la bourgeoisie jésuite et rapace d’escamoter les jours de fête du populaire. »

Paul Lafargue, Le droit à la paresse

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Aviver les antipathies profondes...

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« C’est un des traits les plus singuliers de notre Etat contemporain : la suppression des distances matérielles, qui paraît confondre les races humaines en les frottant les unes aux autres, ne fait qu’établir et aviver leurs antipathies profondes, comme la suppression des distances légales et constitutionnelles qui fait confondre les classes, en fait mieux éclater les dissentiments radicaux. »

Charles Maurras, Gazette de France, 8 juillet 1902

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Le rêve de ce rassemblement, ce serait cela le fascisme

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« A la fin de la première guerre mondiale, il y avait chez certains hommes de droite le désir de dépasser les classifications d’autrefois et de réconcilier le nationalisme avec un certain socialisme. Livrée sans freins aux mécanismes des marchés, la société économique était d’une cruauté intolérable pour les pauvres. L’Etat avait le devoir de se substituer aux individus défaillants pour assurer un minimum de justice. A l’inverse du communisme qui s’attaquait à la nature même de la société et de l’homme, il fallait imaginer un socialisme moderne qui, tout en mettant un terme à la misère des travailleurs, préserverait les hiérarchies, les inégalités qui sont des faits intangibles.

L’ordre réactionnaire était une apparence stéréotypée qui prolongeait l’existence d’injustices odieuses. Le désordre révolutionnaire en revanche, était une agitation qui s’efforçait de tout niveler. Entre cet ordre imposé par l’esprit mercantile, et ce désordre entretenu par l’esprit de subversion, il importait de découvrir une voie moyenne, en rendant populaires les valeurs d’ancien régime qui étaient dignes de survivre – les métiers et leurs fêtes, les liens de maître à disciple, l’énergie vitale, les élites de la compétence – et en rendant nationales les traditions anarcho-syndicalistes et proudhoniennes – le compagnonnage, les chouanneries ouvrières en lutte pour le pain.

Dans le même temps, à gauche, d’autres hommes accueillaient un projet identique. La machine infernale du communisme avait manqué de les broyer. Ce que le dogmatisme de la secte avait d’accablant, ce que son faux internationalisme avait d’étroitement russe les indisposaient, leur inspiraient du dégoût. La nation, libérées de ses rengaines d’agioteurs, de grippe-sous et de ganaches étoilées, devenait une idée neuve. C’était, pour eux, un nouveau bonheur communautaire. Les antidémocrates, qu’ils fréquentaient, leur redisaient que la route du socialisme ne passerait jamais par le Palais Bourbon. Jadis, les syndicalistes libertaires avaient pendu Marianne à la Bourse du Travail. C’était cela qu’il fallait tenter de refaire. La hardiesse des minorités balayerait les scléroses, les combines, tout ce qui incarne la république de la peur, des salons et des académies.

Drieu, qui avait attendu en vain le six février sur la place de la Concorde la rencontre des foules hostiles, écrivait au lendemain de l’émeute avortée : "La corruption démocratique de la masse de gauche annihile le mouvement des braves d’extrême-gauche, et, d’ailleurs, la subversion déclarée des braves d’extrême-gauche rejetterait la masse de gauche sur la masse de droite. Le monde d’extrême-gauche est incapable de renverser le capitalisme, comme le monde d’extrême-droite est incapable de renverser la démocratie parce que les deux monde moyens de droite et de gauche se tiennent". Mais, ensemble, dans la fraternité d’un combat nouveau, réunis contre les bureaucrates staliniens et les commis de la technocratie, ne pourraient-ils pas venir à bout des fantômes du vieux monde ? Le rêve de ce rassemblement, ce serait cela le fascisme. »

Pol Vandromme, L’Europe en chemise. L’extrême-droite dans l’entre-deux-guerres

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24/06/2013

La tragédie essentielle n’est pas de savoir quels dangers nous menacent, mais de définir d’abord ce qu’ils menacent en nous...

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«  Quand nous parlons d’un temps dramatique, ce mot a un sens précis : il veut dire que nous sommes pris dans une alternative qui ne nous permet plus d’exister médiocrement ; il nous faut vivre plus puissamment, ou bien disparaître, nous surpasser ou nous abolir. (…) La tragédie essentielle n’est pas de savoir quels dangers nous menacent, mais de définir d’abord ce qu’ils menacent en nous, car il importerait assez peu que nous fussions détruits, si nous avions rendu cette destruction légitime en ne valant presque rien. »

Abel Bonnard, Les Modérés

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Ces jeunes femmes qui se rendent à un bureau, sans vocation, ayant oublié jusqu’au poids de leur servitude...

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« Ces jeunes femmes qui se rendent à un bureau, sans vocation, ayant oublié jusqu’au poids de leur servitude, me bouleversent ; je ne puis les croiser dans le métro, le front absent, portant sous leurs bras des livres interminables où chaque signet marque un repas solitaire, sans éprouver un bref dégoût pour les hommes, dont je ne m’abstrais pas. Elles paient pour d’autres créatures qui arrondissent des bouches énormes pour le baiser et, au-delà de chacun de nous, sans bien nous distinguer parfois, cherchent à gober toute la vie entre leurs lèvres de carpes centenaires. »

Antoine Blondin, Un Singe en Hiver

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23/06/2013

La présence de l’harmonie éternelle

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« Il y a des instants, dit-il, ils durent cinq ou six secondes, quand vous sentez soudain la présence de l’harmonie éternelle, vous l’avez atteinte. Ce n’est pas terrestre ; je ne veux pas dire que ce soit une chose céleste, mais que l’homme sous son aspect terrestre est incapable de la supporter. Il doit se transformer physiquement ou mourir. C’est un sentiment clair, indiscutable, absolu… Et une joie si immense avec ça ! Si elle durait plus de cinq secondes, l’âme ne la supporterait pas et devrait disparaître. En ces cinq secondes je vis toute une vie et je donnerais pour elle toute ma vie, car elles le valent. »

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski, Les Possédés

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21/06/2013

Con comme un écolo

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« Une engeance politique a émergé ces dernières années, dont le programme se résume à la plus grosse arnaque depuis la révolution russe : l’écologie. Démagogique au possible, cette idéologie de veaux prébubères a attiré dans ses filets biologiques tout ce que la planète comptait de frileux de l’engagement en créant une nouvelle morale plus duraille que le catéchisme des jésuites : la connerie durable. Pour lapremière fois depuis la Révolution française, on a des militants dont les principaux combats consistent à prendre un vélo pour aller faire leurs courses, à fermer le robinet en se brossant les dents et à jeter la bonne ordure dans la bonne poubelle dans des quartiers où la misère est insupportable. L’essentiel de leurs préoccupations consiste à savoir où jeter le papier, le carton, le verre et le plastique. Ce qui semble être le cœur de leur engagement suffit à satisfaire leur goût de la rébellion. Ces nouveaux cons vivent entre eux, forment de douces milices dans les quartiers et, au nom de la gauche militante et verte, créent plus encore de disparité sociale dans la cité. Plus ils font d’efforts pour être appréciés par les pauvres de quartiers, plus ils sont haïs pour leur pédantisme cynique. Préférer pédaler alors qu’on peut se payer une caisse est un concept tellement absurde pour celui qui rame au RSA, qu’il donne envie de niquer tous les Vélib’ de la terre, au grand dam de ces écolos qui ne peuvent piger la frustration des vrais pauvres. Ce sont des militants qui se battent bec et ongles pour obtenir une « recyclerie » ou un jardin potager dans des villes comptant 50% de chômage chez les jeunes, des militants récoltant leurs tomates sans engrais dans des départements sans écoles et sans crèches.
Rien n’est plus important que la préservation de la nature. Les Verts ont bien essayé de responsabiliser leur discours, mais l’écologie est antinomique à toute forme d’évolution. Les super héros écologistes totalement dogmatiques et sectaires, tels que Hulot ou autres Arthus-Bertrand, ne distinguent même plus la gauche de la droite, et s’allieraient aux pires fascistes si ceux-ci promettaient des pistes cyclables. Les braves gens qui auraient eu tendance à jouer la carte de la solidarité avec les plus démunis d’entre nous, comme le faisaient les gens de gauche, se sont laissés trimbaler par ces nouveaux cons, ils cultivent aujourd’hui les trois mètres carrés de leurs putains de jardins partagés et croient faire de la résistance en bouffant les poireaux issus de l’agriculture biologique.
Les Verts ne sont pas à un paradoxe près. Grâce à l’influence des Grünen, par exemple, l’Allemagne est aujourd’hui le pays le plus polluant d’Europe. Leur obstination maladive à combattre le nucléaire les a conduits à conserver des mines de charbon à ciel ouvert aussi grandes que Paris et à participer ainsi honteusement au réchauffement climatique. Peu leur importe : le dogme n’a pas été trahi, tous les barbus peuvent marcher la tête haute. L’ordre des priorités s’est trouvé brusquement bousculé pour satisfaire ces mous du bulbe. La promesse d’une voiture électrique dans une campagne électorale devient soudain plus importante que l’établissement de logements sociaux, et la promesse de constructions de maisons en bois équipées de panneaux solaires et de chiottes sèches est devenue l’essentiel d’un programme politique, bien avant la promesse de places en crèches pour tous les mômes.
L’écologie est un luxe de bourgeois. Pour y adhérer, il faut avoir réglé tous les autres soucis de survie. Ce luxe est imposé à tous au nom d’une nouvelle morale, qui considère que jeter un papier par terre devrait être sanctionné plus durement que voler dans la poche de son voisin. »

Étienne Liebig, Les nouveaux cons

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L’éducation de masse a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes

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« L’éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes. La société moderne, qui a réussi à créer un niveau sans précédent d’éducation formelle, a également produit de nouvelles formes d’ignorance. Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l’histoire de leur pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autres que rudimentaires. »

Christopher Lasch, La culture du narcissisme

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Des oeuvres subversives...

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« Les grandes oeuvres du théâtre sont toujours des oeuvres subversives qui mettent en cause l'ensemble des croyances, des idées, des modèles, l'image de l'homme, d'une société et d'une civilisation. Certes, avec le temps, les histoires de la littérature effacent ce conflit ou du moins feignent de l'ignorer, pressées qu'elles sont de tranquilliser le lecteur en présentant des oeuvres dans la suite apaisante d'une histoire et d'un déroulement. Mais à l'origine, toute grande oeuvre, même si elle ne s'affirme pas complètement, frappe, gêne, révolte. »

Jean Duvignaud et Jean Lagoutte, Le Théâtre contemporain, Culture et contre-culture

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La transformation d’un mal indéfini, ignoble, en un mal restreint

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« Ce qui est en jeu, c’est la reconnaissance qu’un mal a été commis dans le monde.(…) C’est la reconnaissance, enfin que ce mal est limité ; c’est la transformation d’un mal indéfini, ignoble, en un mal restreint, défini dans l’espace et dans le temps. C’est une tentative d’interruption du déroulement illimité des chaînes causales ; de la reproduction sans fin du malheur et du mal. Certains vont plus loin, et tentent de prendre appui sur ce mal pour se construire ; ils font de leur géniteur indigne un absolu contre-modèle. Certains vont vraiment loin, et je sais que ma sœur (j’espère qu’elle me pardonnera de la citer) est allée jusqu’à refuser de travailler, pour se consacrer à sa seule vocation de mère de famille ; et je sais qu’elle y est parvenue. Une sur mille, peut-être, y serait parvenue ; mais il n’y a pas de fatalité. On peut briser la chaîne de la souffrance et du mal. »

Michel Houellebecq, in Ennemis publics, Correspondance avec Bernard-Henri Lévy

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20/06/2013

Cette connaissance où destin et liberté se rencontrent comme sur le fil du rasoir...

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« A l’extrême proximité de la mort, du sang et de la terre, l’esprit revêt des traits plus durs et des couleurs plus profondes. L’existence est à tous ses niveaux plus crûment menacée, jusqu’à cette forme de faim presque tombée dans l’oubli, devant laquelle toute réglementation économique est en défaut et qui ne laisse à la vie d’autre choix que la disparition ou la conquête.



Une attitude qui veut être à la hauteur de ces décisions doit, au sein d’une destruction dont l’ampleur reste imprévisible, parvenir au point où l’on peut éprouver un sentiment de liberté. Au nombre des signes distinctifs de la liberté se range la certitude de participer au noyau le plus intime du temps - certitude qui, merveilleusement, donne des ailes aux actes et aux pensées, et dans laquelle la liberté de celui qui agit se connaît comme expression particulière de la nécessité. Cette connaissance où destin et liberté se rencontrent comme sur le fil du rasoir est le signe que la vie joue encore son jeu et se conçoit comme porteuse d’une puissance et d’une responsabilité historiques. »

Ernst Jünger, Le travailleur

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Sa pensée ne devait pas végéter sur des systèmes d’idées...

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« Wilfrid faisait le serment de négliger les actions de ses contemporains, afin de n’en pas souffrir. Que l’époque fût bonne ou mauvaise, il trouverait des corps féminins pour une grande quantité de noces, et, à chaque heure nouvelle, des occupations dignes d’enrichir sa connaissance de lui-même et son art de jouir des cadeaux de la terre. D’autres hommes, si cela les amusait, pourraient s’occuper des gestes du gouvernement et se mettre à feu et à sang en l’honneur des théories politiques. Wilfrid ne croyait ni à la politique, ni à la philosophie. Il croyait à l’océan Atlantique, aux oranges, aux fables de La Fontaine, à tout ce qui se touche, s’entend, se goûte, se respire et se voit. Sa pensée ne devait pas végéter sur des systèmes d’idées, mais rechercher les méthodes les plus sûres pour savoir le bon usage des êtres et des choses, femmes, loups au fenouil, navires sur la route de Sydney. »

Kléber Haedens, Salut au Kentucky


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19/06/2013

La France exécutait devant l’Europe entière une grossière pantomime...

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« On assistait toujours à la vieille pitrerie des partis gesticulant des rôles. (…) Les finances étaient pillées, l’économie saccagée, la plus grossière démagogie substituée à toutes les règles du gouvernement des hommes. La politique extérieure, où la gabegie avait des conséquences encore plus sinistres mais moins immédiates, était le fort de ces messieurs, le terrain où ils ne faiblissaient jamais, où ils pouvaient se livrer à toutes leurs lubies et tout leur sectarisme, où leur vénalité devenait la plus profitable, où ils cueillaient à foison les arguments jetés aux prolétaires impatients et qui commençaient à soupçonner la comédie. (…) La France exécutait devant l’Europe entière une grossière pantomime, présentant un derrière fuyard et foireux quand elle devait montrer les dents, clamant qu’elle ne permettrait ni ceci ni cela, et dégringolant dans une trappe à guignol quand ceci ou cela s’était produit. »

Lucien Rebatet, Les Décombres

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Une vaste placidité...

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« Tout cela ressemblait à une vaste placidité. Paris tout entier exhalait l’épatement des viandes et des digestions, des loisirs fades et niais, le ruminement doux et bête de ce gros animal au repos que forment quatre millions endimanchés de bipèdes présumés pensants. »

Lucien Rebatet, Les Décombres

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