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29/12/2020

Mille délicatesses dont ils ignorent l’usage

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« Et on se venge du luxe ; ceux qui ne savent pas lire déchirent les livres ; d’autres cassent, abîment les statues, les peintures, les meubles, les coffrets, mille délicatesses dont ils ignorent l’usage et qui, à cause de cela, les exaspèrent. »

Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine

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28/12/2020

Une expérience éternelle...

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« C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser : il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites [...] Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

Montesquieu, De l'esprit des lois

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27/12/2020

Des poux...

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« Certes, notre époque réserve une petite place aux écrivains. En ce qui concerne la France, ceux-ci, pour être admis, doivent avoir œuvré à l’extension des valeurs du progrès, de la justice, de la transparence et de l’égalité. Ce qui épargne Voltaire, Hugo, Zola, Sartre ou Camus, et personne d’autre ; mais, bien entendu, pas Céline ; et sans doute, à d’autres titres, ni Baudelaire, ni Sade, ni Bossuet, ni Flaubert, ni Bloy, ni Saint-Simon, ni Balzac, ni Proust, ni Claudel, ni Racine, ni Villon, ni Bataille, ni Chateaubriand, ni beaucoup d’autres encore ; et en fin de compte, peut être même pas Voltaire, Hugo, Zola, Sartre ou Camus, dans la tête desquels il sera toujours possible, en cherchant bien, de trouver des poux d’un ordre ou d’un autre, autrement dit ce qu’ils appellent des dérapages. »

Philippe Muray, Céline

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26/12/2020

Le passage de l’absolu au relatif

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« — Êtes-vous enthousiasmé par une idée ? Voudriez-vous faire triompher une conviction philosophique ?

— Sans doute, dit Rœmerspacher assez froidement, il y a des maîtres que nous admirons…

— Enfin, poursuivit M. Taine, quelles sont les idées philosophiques et politiques des jeunes gens ?

Et, comme l’autre hésitait, il ajouta :

— Voyez-vous qu’ils aient un principe directeur, ou qu’ils se préoccupent plus spécialement de quelque problème ?… Nous, par exemple, à votre âge, dans nos causeries indéfinies, nous revenions toujours sur les mêmes points.

— Je sais, dit le jeune homme, ce sont des problèmes fameux : la grande crise de M. Renan à Saint-Sulpice, et son adhésion à la science ; votre protestation contre la philosophie spiritualiste, quand vous réhabilitiez le sensualisme de Condillac… D’une façon plus générale, la grande affaire pour votre génération aura été le passage de l’absolu au relatif… Permettez-moi de vous le dire, monsieur, c’est une étape franchie, et nous sommes sur le point de ne plus comprendre l’angoisse de nos aînés accomplissant cette évolution. Ce n’est pas que nous voulions restaurer des liens que vous avez coupés, mais enfin nous ne pouvons pas plus être matérialistes que spiritualistes. Qu’est-ce que la matière ?… Il faut vous dire que nous avions pour professeur de philosophie un kantien : il nous a exposé avec une force admirable la critique de toute certitude. Dès lors, comment parler des propriétés de la substance universelle ? ses qualités ne sont rien de plus que des états de notre sensibilité ; nous ne connaissons en soi ni les corps, ni les esprits, mais seulement nos rapports avec les mouvements d’une réalité inconnue et à jamais inconnaissable. Le matérialisme est devenu pour nous une doctrine absolument incompréhensible. Ce n’est plus qu’une conception de la vie dont les parlementaires de toutes nuances et leurs journalistes — je suis renseigné par un de mes camarades, rédacteur à la Vraie République, — sont les représentants. »

Maurice Barrès, Les déracinés

 

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24/12/2020

C'est que des pauvres culs coincés…

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« Souvent j'en croise, à présent, des indignés qui ramènent… C'est que des pauvres culs coincés… des petits potes, des ratés jouisseurs… C'est de la révolte d'enfifrés… c'est pas payé, c'est gratuit… Des vraies godilles…

Ça vient de nulle part… du Lycée peut-être… C'est de la parlouille, c'est du vent. La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense. Alors celle-là qu'on en crève. Y en aura encore si profond qu'il en restera tout de même partout. Il en jutera sur la terre assez pour qu'elle empoisonne, qu'il pousse plus dessus que des vacheries, entre des morts, entre les hommes. »

Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit

 

 

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23/12/2020

Le système...

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« Lorsqu'on pense aux moyens chaque fois plus puissants dont dispose le système, un esprit ne peut évidemment rester libre qu'au prix d'un effort continuel. Qui de nous peut se vanter de poursuivre cet effort jusqu'au bout ? Qui de nous est sûr, non seulement de résister à tous les slogans, mais aussi à la tentation d'opposer un slogan à un autre ? »

Georges Bernanos, La France contre les Robots

 

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22/12/2020

Controverse...

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« La seule parade infaillible est donc celle déjà recommandée par Aristote au dernier chapitre des "Topiques" : ne pas s'engager dans une controverse avec le premier venu, mais seulement avec ceux que l'on connaît et dont on sait qu'ils ont assez de raison pour ne pas étaler au jour des absurdités et se rendre ainsi ridicules ; afin de discuter au moyen de bonnes raisons, et non à coups de rodomontades ; afin d'écouter ces raisons et de leur répliquer ; et de qui l'on sait enfin, qu'ils font grand cas de la vérité, qu'ils aiment entendre de bonnes raisons, même dans la bouche de leur adversaire, et ont assez le sens de la justice pour pouvoir admettre de perdre la partie, si la vérité est dans l'autre camp. Il en résulte que de cent hommes, on en trouvera à peine un seul qui soit digne que l'on discute avec lui. Quant aux autres, qu'on les laisse dire ce qui leur passe par la tête, car "desipere est juris gentium" (c'est un droit de l'homme que d'être un idiot), et qu'on médite ce conseil de Voltaire : "la paix vaut encore mieux que la vérité". Et un proverbe arabe dit : "C'est à l'arbre du silence que pend son fruit : la paix". Il est vrai que la controverse est souvent bénéfique à l'un comme à l'autre, du fait qu'ils frottent leurs têtes entre elles, et lui sert à rectifier ses propres pensées, et aussi à concevoir des vues nouvelles. Simplement, il faut que les deux duellistes soient à peu près égaux en savoir et en intelligence. Si le premier fait défaut à l'un d'eux, il ne comprend pas tout, n'est pas au niveau. Si la seconde lui fait défaut, l'aigreur qu'il en ressentira l'amènera à faire usage de faux-fuyants, d'astuces et de grossièreté. »

Arthur Schopenhauer, L'art d'avoir toujours raison

 

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21/12/2020

Un instrument de musique...

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« Oui, le français est un instrument de musique pour moi. C’est le sentiment que j’ai depuis longtemps, depuis, tout compte fait, le début de mon apprentissage. Pour devenir un bon instrumentiste, il faut de la discipline, je dirai même le sens de l’ascèse. Et c’est ce que je dis à mes étudiants aujourd’hui : maîtriser le français, c’est en jouer comme jouer du violon ou du piano. Chez un bon musicien, l’instrument fait partie de son corps. Eh bien, le français doit faire partie de son corps chez un locuteur qui choisit de s’exprimer en français. En musique, il y a tous les niveaux, du niveau débutant au professionnel en passant par le niveau amateur. C’est pareil en langues. Le niveau professionnel ne s’acquiert pas en deux ou trois ans. Il faut des années de travail et toute une vie pour l’entretenir… Vous aimez le français. D’accord. Mais qu’est-ce que ça veut dire pour vous, "aimer le français" ? Êtes-vous prêt à faire du français comme pour devenir un vrai musicien ? »

Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs

 

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20/12/2020

Esclaves...

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« Les élèves avaient toute liberté, mais ils ne savaient pas que cette liberté était l’autre nom de l’aveuglement esclave. On leur disait : "Vous écrivez librement ce que vous en pensez." Mais on ne leur donnait aucun outil pour être libre, pour penser, c’est-à-dire pour penser contre, pour penser par soi-même, autrement dit pour se libérer de l’emprise des forces obscures qui les empêchaient d’être libres, de penser, ou, cela revient au même, qui les obligeaient à ne pas penser ; bref on ne leur donnait aucun moyen qui leur permît d’accéder à l’autonomie. Est-ce à dire que l’expérience des Lumières n’avait pas pénétré jusqu’au cœur de l’école japonaise ? En tout cas, les élèves se croyaient libres, mais ils étaient esclaves de leur propre ignorance. Certes, ils se bourraient le crâne, mais ils s’enfermaient et se complaisaient par là même dans la non-pensée. Et l’institution scolaire faisait tout pour entretenir cette ignorance et cet état d’esclavage. »

Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs

 

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19/12/2020

La musique...

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« La musique m'accompagnera toujours, me disais-je, tant que je ne sortirai pas de cette langue, tant que je ne cesserai pas de respirer dans cette langue et par cette langue. C'était là une certitude. Le français était un instrument de musique - et il l'est toujours - que j'essayais de faire chanter et résonner au gré de mes émotions quotidiennes. »

Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs

 

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18/12/2020

Salutations...

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« Dans les boulangeries, les bureaux de tabac ou d’autres petits commerces, je fus frappé par le fait que des hommes (et, moins souvent, des femmes) entraient dans la boutique en disant à la cantonade, "Bonjour, messieurs-dames", ou tout simplement "bonjour" ou encore succinctement : "Messieurs-dames". Saluer des personnes inconnues ? Et oui, cela est fréquent en France ; il suffit de se promener dans les rues de Paris ou de prendre le métro, d’être attentif aux spectacles qui s’offrent çà et là dans les lieux publics. Tandis que dans mon pays, un tel geste, potentiellement créateur de liens, serait perçu comme une violence inacceptable tout au moins comme une incongruité suspecte. La vie sociale s’organise de telle manière qu’un individu (pas un groupe constitué comme militants politiques ou syndicalistes…) n’ait pas à s’adresser, autant que faire se peut, à un inconnu, c’est-à-dire à quelqu’un qui n’appartient pas aux mêmes groupes communautaires que lui. Les inconnus sont par définition suspects. »

Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs

 

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17/12/2020

J'ai appris à parler comme un étranger dans ma propre langue...

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« Le jour où je me suis emparé de la langue française, j'ai perdu le japonais pour toujours dans sa pureté originelle. Ma langue d'origine a perdu son statut de langue d'origine. J'ai appris à parler comme un étranger dans ma propre langue. Mon errance entre les deux langues a commencé... Je ne suis donc ni japonais ni français. Je ne cesse finalement de me rendre étranger à moi-même dans les deux langues, en allant et en revenant de l'une à l'autre, pour me sentir toujours décalé, "hors de place". Mais, justement, c'est de ce lieu écarté que j'accède à la parole ; c'est de ce lieu ou plutôt de ce "non-lieu" qie j'exprime tout mon amour du français, tout mon attachement au japonais.
Je suis étranger ici et là et je le demeure. »

Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs

 

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13/12/2020

Que ton ombre...

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« Ce n’est qu’en rêve,

ce n’est que dans l’autre monde du rêve que je te rejoins, à certaines heures,

quand je ferme les portes

derrière moi.

Moi qui ai tant méprisé ceux qui rêvent,

me voici à mon tour ensorcelé,

pris au filet.

Avec quelles délices morbides je te fais entrer

dans la maison abandonnée pour t’aimer mille fois

d’une même façon différente !

Ces endroits que nous connaissons tous deux

chaque nuit nous attendent comme un vieux lit

et dans l’obscurité il y a des choses qui nous sourient.

J’aime te le répéter,

mes mains adorent tes cheveux,

et je te presse doucement contre moi jusqu’à mon sang.

Frêle et douce, tu étreins mon étreinte.

Mes lèvres sur tes lèvres, je te cherche encore et encore.

Parfois, c’est un souvenir. Et parfois,

c’est la fatigue de mon corps qui m’en parle.

Quand vient l’aube cruelle, tu disparais

et je n’ai plus entre mes bras que ton ombre. »

Jaime Sabines, Tarumba

 

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12/12/2020

Il n'y a rien d'autre

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« Il n’y a rien d’autre. Seulement une femme pour le bonheur,
seulement des yeux de femme pour le réconfort,
seulement des corps nus,
territoires où l’homme ne se lasse jamais.
Si on ne peut se consacrer à Dieu
quand on grandit,
que peut-on accorder au coeur affligé
si ce n’est le cercle de mort nécessaire
de la femme ?

Nous sommes dans le sexe, beauté pure,
cœur solitaire et propre. »

Jaime Sabines, Tarumba

 

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11/12/2020

Que nous fondions, tel un seul être, dans le ciel intact...

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« Cours, femme insensée, cours - va-t'en ! Cette pièce, pour la foudre, est un terrain de jeu : où donc es-tu venue ? L'amour peut disparaître dans un souffle, nous réduisant tous deux en cendres et nous pulvérisant. Qui sait?  Il se peut maintenant que nous fondions, tel un seul être, dans le ciel intact ; il se peut aussi que cet aveu de l'inconcevable géant, perçant le coeur comme un épieu, éclate n'importe quand - n'importe quand ! Cours femme, cours ! Ceci, vers toi, est ma parole - pourtant adressée à moi-même. Et pas un son, bien sûr, ne s'échappe de mes lèvres. »

Lokenath Bhattacharya, Le danseur de cour

 

 

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